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Vigué Pierre (1753-1832), secrétaire de l’académie de Cahors Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Il est peu fréquent, pour un simple secrétaire d’académie, de figurer dans un Dictionnaire biographique. Pierre Vigué fait exception, car il a été aussi professeur suppléant d’Histoire à la Faculté des Lettres de Cahors, pendant les six ans d’existence de cette faculté, de 1810 à 1815.

Pierre Vigué [Écrit aussi parfois Viguié]. Né le 20 janvier 1753, à Villeneuve-sur-Lot [Agenais, aujourd'hui Lot-et-Garonne] ; mort le 19 février 1832. Certaines sources indiquent comme lieu de naissance : Agen.

1781. PROFESSEUR DE MATHÉMATIQUES AU COLLÈGE D’AGEN.
En 1781, Pierre Vigué est professeur de mathématiques au collège d’Agen, tenu depuis peu par la Congrégation des Oratoriens, communauté religieuse spécialisée dans l’enseignement.
Pierre Vigué reste en poste jusqu’en 1791, date à laquelle le collège réduit le nombre de ses enseignants, avant d’être détruit en 1792, alors que la Congrégation est supprimée.

L’ÉCOLE CENTRALE DU DÉPARTEMENT DU LOT-ET-GARONNE.
Les Écoles centrales créées, sous la Convention nationale, par le décret du 7 ventôse an III [25 février 1795] s’établissent à raison d’une par département.
Leur date d’ouverture varie d’un département à l’autre : l'École centrale du département du Lot-et-Garonne, établie à Agen, préfecture du département, est inaugurée le 21 fructidor an VI [7 septembre 1798]. Elle fermera ses portes le 13 fructidor an X [30 août 1802].

Comme toutes les Écoles centrales, réparties sur la territoire national, l’École centrale du département du Lot-et-Garonne comprend trois sections :
Une première section ouverte aux élèves ayant au minimum douze ans : Dessin [Jacques Parfait-Lumière] ; Histoire naturelle [Jean Florimond Boudon de Saint-Amans] ; Langues anciennes [Jean Baptiste Pérès].
Une deuxième section ouverte aux élèves ayant au minimum quatorze ans :
Élements de mathématiques [Louis Puissant] ; Physique et Chimie expérimentale [Antoine Lomet].
Une troisième section ouverte aux élèves ayant au minimum seize ans :
Grammaire générale [Jean Gaspard Julien Godailh] ; Belles-Lettres [Alexandre Jarente] ; Histoire [Joseph Justin Lacoste] ; Législation [Caylar].
Les Écoles disposent d’une Bibliothèque avec un Bibliothécaire [Louis Alexandre Delsoert] et d’un Jardin botanique.

Des remplacements de professeurs ont lieu selon les besoins. C’est le cas de Pierre Vigué qui remplace, en 1800, Jean Gaspard Julien Godailh [1764-1840], premier titulaire de la chaire de Grammaire générale.

PROFESSEUR DE GRAMMAIRE GÉNÉRALE DU LOT-ET-GARONNE.
Pierre Vigué remplace, à partir du 11 messidor an VIII [30 juin 1800], Jean Gaspard Julien de Godailh [1763-1840], premier titulaire de la chaire de Grammaire générale, nommé Secrétaire général de la Préfecture de Lot-et-Garonne, auprès du préfet Jean Pieyre [1755-1839], nommé comme tous les préfets, le 2 mars 1800.
Pierre Vigué enseigne à Agen, à l'École centrale du Lot-et-Garonne, jusqu'à sa fermeture, le 13 fructidor an X [30 août 1802].

1809. SECRÉTAIRE DU RECTORAT DE CAHORS.
Les académies universitaires sont créées par le décret impérial du 17 mars 1808, en application de la loi du 10 mai 1806 organisant l'Université impériale.

Le rectorat de l’académie de Cahors, créé en 1809, s’étend sur les départements : du Gers [Auch] ; du Lot [Cahors] ; du Lot-et-Garonne [Agen].
Nicolas Rémy Paulin [1752-1840], ancien professeur de mathématiques à l'École centrale du Tarn [1795-1804], puis proviseur du lycée de Toulouse [mars 1804-août 1809], est nommé recteur de l’académie, dans une deuxième vague de nominations, le 24 août 1809.
Il est assisté par deux inspecteurs d’académie : Louis Alexandre de La Laurencie [1768-1829] et Hippolyte Baudus [1794-1878].
Pierre Vigué est le secrétaire du rectorat.

LA FACULTÉ DES LETTRES DE CAHORS.
Créée dans la cadre de l’Université impériale, la Faculté des lettres de Cahors [Lot] fonctionne de juillet 1809 au 31 octobre 1815.
Elle comporte quatre chaires : Philosophie, avec l’abbé Jean Pierre Desaux [1751-1826] ; Littérature latine, avec Joseph Couanne [1759-NNN] ; Littérature française, avec Antoine Doussot [1752-1831] ; Histoire, avec Nicolas Paulin [1752-1840].
Contrairement à un grand nombre de Facultés [Besançon ; Bordeaux ; Bourges ; etc.] il n’y a pas de chaire de Littérature grecque.

Mais Nicolas Paulin, en même temps qu’il est professeur d’Histoire à la Faculté des Lettres de Cahors, et doyen de la Faculté, est nommé, un mois plus tard, le 24 août 1809, recteur de l’académie, dont le ressort s’étend sur le Gers [Auch] ; le Lot [Cahors] ; le Lot-et-Garonne [Agen]. Aussi, la charge de recteur s’imposant à temps plein, Nicolas Paulin a besoin d’être suppléé pour son poste d’Histoire à la Faculté. Il fait appel à Pierre Vigué, qui sera également, dès le mois suivant, secrétaire du rectorat.

PROFESSEUR SUPPLÉANT D’HISTOIRE À LA FACULTÉ DES LETTRES DE CAHORS.
Ainsi, après la suppression de l'École centrale, Pierre Vigué est nommé professeur suppléant d'Histoire, à la Faculté des Lettres de Cahors [1810-1815], auprès de Nicolas Paulin [1752-1840], titulaire de la chaire, mais qui assure principalement ses fonctions de recteur de l’académie.
Cette suppléance prend fin officiellement le 31 octobre 1815, à la suite de la suppression de la Faculté des Lettres.
En effet, un arrêté de la Commission royale de l’Instruction publique du 31 octobre 1815, présidée par Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], arrêté confirmé par l’ordonnance royale du 18 janvier 1816, décide de la suppression de Facultés au sein de dix-sept académies : Amiens ; Bordeaux ; Bourges ; Cahors ; Clermont ; Douai ; Grenoble ; Limoges ; Lyon ; Montpellier ; Nancy ; Nîmes ; Orléans ; Pau ; Poitiers ; Rennes ; Rouen.
Sont maintenues, en Lettres, seulement six Facultés : les Facultés de Besançon, Caen, Dijon, Paris, Strasbourg, Toulouse.

UN DESTIN ASSEZ SEMBLABLE.
Comme il a été indiqué précédemment il est assez rare, pour un simple secrétaire de rectorat de figurer dans un Dictionnaire biographique.
Le cas de Pierre Vigué est assez comparable, très exactement à la même époque, à celui de Louis Antoine Donzel [1767-1834], secrétaire du rectorat de Nîmes, en poste auprès de l’abbé Pierre Tédenat [1755-1832], ancien proviseur du lycée de Nîmes [août 1806-août 1809], tout à la fois professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Nîmes, et recteur de l’académie.
Louis Antoine Donzel, en même temps qu’il est, secrétaire du rectorat, procureur-gérant du lycée, est professeur suppléant dans la chaire de Philosophie de la Faculté des Lettres. Et figure du même coup dans un Dictionnaire biographique.

SOCIÉTÉ SAVANTE.
Membre de la Société académique de l’Agenais.
Pierre Vigué publie des poésies dans le Recueil des travaux de la société d’Agriculture, Sciences et Arts d’Agen.

SITOLOGIE.
•Les chaires des Facultés de Lettres et de Sciences en France au XIXème siècle :
http://facultes19.ish-lyon.cnrs.fr/fiche.php?indice=1470

• Benjamin Paumès. Le Collège Royal et les origines du Lycée de Cahors. 1763-1815 [Cahors : J. Girma ; J. Brassac. In-8, 262 p., 1907].
https://archive.org/details/lecollgeroyalet00paumgoog/page/n10/mode/2up

• https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33831s/f226.image

 
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