Accueil arrow Histoire de l'éducation arrow Savy, Dominique Marie (1771-1842), du Supérieur à l'Excellence

Tous les articles

Savy, Dominique Marie (1771-1842), du Supérieur à l'Excellence Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Déjà entreprise par le Premier Empire et poursuivie par la Restauration, la politique de nomination des fonctionnaires d'autorité de l'Instruction publique est constante : privilégier les ancien émigrés, les prêtres, à tout le moins des anciens membres de la Congrégation des Doctrinaires rompus à la pratique de l'enseignement. D'où ce parcours malgré tout assez inattendu : un proviseur du lycée impérial de Toulouse qui termine sa carrière comme évêque d'Aire, dans les Landes.

 
Dominique Marie Savy [1771-1842] [écrit aussi Savi].
Né le 8 mai 1771, à Toulouse [Languedoc, aujourd'hui département de Haute-Garonne], sur la paroisse Saint-Sernin ; mort le 13 décembre 1842, à Aire [Landes].

Il est neveu, par sa mère, de Mathieu, curé du Taur, et se destine à la prêtrise.
Elève du collège de l'Esquille à Toulouse, tenu depuis 1654 par la Congrégation des Doctrinaires, puis élève du grand séminaire de Toulouse.
Dominique Marie Savy reçoit la tonsure le 20 mars 1790 et les quatre ordres mineurs le samedi de la Pentecôte, dans la chapelle de l'Archevêché, des mains de Mgr. Alexandre Henri de Chauvigny de Blot [1751-1805], évêque de Lombez [Gers], en l'absence de Mgr. François de Fontanges [1744-1806], retenu à Paris par ses fonctions législatives.
Simplement clerc minoré au moment de la Révolution, est incorporé dans un régiment.  Mais, réformé à cause de sa santé, devient élève en médecine sous la direction de d'Alexis Larrey [1750-1827], chirurgien en chef de l'Hôpital de La Grave à Toulouse. Il écrit un traité sur le pouls et ses pulsations. Mais il donne son manuscrit à un de ses amis et renonce à la carrière médicale pour se préparer de nouveau au sacerdoce.

1800. DIRECTEUR D'ÉCOLE RELIGIEUSE À TOULOUSE.
Dominique Marie Savy, ancien collaborateur de Ponthier, ouvre un établissement en 1799, à Toulouse, rue Saint Rémésy, en association avec un autre clerc, Léger Gary, ancien émigré, comme lui affilié à l'Aa [Assemblée d'amis, association secrète de piété], futur chanoine, spécialiste du patois du Tarn. 
En 1800, et jusqu'en 1810, Dominique Marie Savy est directeur de l'école St. Remy à Toulouse. Il en confiera la direction en 1810 à son confrère Léger Gary. 

1808-1810. CENSEUR DES ÉTUDES AU LYCÉE DE TOULOUSE.
En 1808, tout en gardant pendant deux ans la direction de son propre établissement, Dominique Marie Savy est nommé le second censeur des études au lycée impérial de Toulouse, en remplacement de Méric Calvet [1760-1835], chronologiquement le premier censeur, nommé en 1804 et en poste jusqu'en 1808.
Il travaille auprès de Nicolas Rémy Paulin [1752-1840], proviseur du 17 mai 1804 au 20 juillet 1809, puis auprès de Gary, proviseur du 20 juillet 1809 à 1810.
Dominique Marie Savy reste en fonction comme censeur jusqu'en 1810, date de sa nomination comme proviseur au même lycée. Il est remplacé comme censeur par l'abbé Batbie, en poste jusqu'au 21 septembre 1815.

1810-1814. PROVISEUR DU LYCÉE IMPÉRIAL DE TOULOUSE.
Nommé en 1810, proviseur de lycée impérial de Toulouse, Dominique Marie Savy succède à Gary, le second proviseur, en poste du 20 juillet 1809 à 1810.
Reste en fonction jusqu'au 11 juin 1814, date de sa nomination comme inspecteur d'académie. 
Il est remplacé comme proviseur par l'abbé Maurice Ranc [1764-1841], proviseur du 11 juin 1814 au 21 septembre 1815, puis par Batbie, proviseur du 21 septembre 1815 à 1820.

1814-1817. INSPECTEUR D'ACADÉMIE À TOULOUSE.
En 1814, le ressort de l'académie de Toulouse [département de Haute-Garonne] s'étend sur les départements suivants : Ariège [chef-lieu : Foix] ; Haute-Garonne [chef-lieu : Toulouse] ; Tarn [chef-lieu : Albi] ; Tarn-et-Garonne [chef-lieu : Montauban].

Dominique Marie Savy est nommé, le 11 juin 1814, l'un des deux inspecteurs de l'académie de Toulouse, auprès d'Alexandre Auguste Jamme [1736-1818], recteur de l'académie de Toulouse de 1809 à septembre 1815 ; puis auprès de Louis Marie Joseph Ferrand-Puginier [1768-1825], recteur d'octobre 1815 au 23 septembre 1825.
L'autre inspecteur est Louis Marie Joseph Ferrand [1768-1825], puis François de Chabrier [1789-1871].
S'étant retiré pendant les Cent-Jours [20 mars-7 juillet 1815], Dominique Marie Savy est rétabli dans ses fonctions à la seconde Restauration.

Dominique Marie Savy reste en poste jusqu'en 1819, date de sa nomination comme vicaire général de l'évêque de Toulouse. Il est alors remplacé comme inspecteur d'académie par d'Esclignac [de Pressac Fézensac Marestang], ancien inspecteur de l'académie de Pau.

1817-1819. FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE TOULOUSE.
En même temps qu'il est inspecteur de l'académie de Toulouse, Dominique Marie Savy assure une fonction de suppléant à la Faculté de Théologie de Toulouse [Haute-Garonne].

1819-1827. VICAIRE GÉNÉRAL DE L'ÉVÊQUE DE TOULOUSE.
Tout d'abord nommé chanoine, Dominique Marie Savy, ayant abandonné ses fonctions universitaires, devient en 1819 Vicaire général de l'évêque de Toulouse, d'abord auprès de Mgr. François de Bovet [1745-1838], en fonction jusqu'en 1820, puis auprès d'Anne Antoine Jules de Clermont-Tonnerre [1749-1830], évêque de Toulouse de 1820 à 1830, élevé au cardinalat en 1822. Dominique Marie Savy accompagne ce dernier lorsqu'il se rend à Rome.

En septembre 1824, après la mort de Louis XVIII, survenue le 16 septembre, prononce son oraison funèbre dans l'église métropolitaine de Toulouse. 

1827-1839. ÉVÊQUE D'AIRE.
Par une ordonnance de Charles X, en date du 13 décembre 1826, Dominique Marie Savy est nommé à l'évêché d'Aire où il succéde à Mgr. Jean François Marie Le Pappe de Trévern [1754-1832], transféré à l'évêché de Strasbourg. 
L'évêché d'Aire [Landes], rétabli en 1822, est évêché suffragant de l'Archevêché d'Auch [Gers], au même titre que celui de Tarbes [Hautes-Pyrénées] ; de Bayonne [Basses-Pyrénées]. 
Dominique Marie Savy est sacré à Paris, le 29 juillet 1827, dans la chapelle des Filles-de-la-Charité, rue du Bac, par le Cardinal de Clermont-Tonnerre, dont il était grand-vicaire.
Reste en poste jusqu'en septembre 1839, date à laquelle il est démissionnaire, pour des raisons de santé. 
Dominique Marie Savy est remplacé sur le siège épiscopal par François [Adélaïde Adolphe] Lanneluc [1793-1856], qui était depuis peu son co-adjuteur, évêque d'Aire de septembre 1839 au 30 juin 1856, date de son décès. 

1827. MANDEMENT.
Mandement de Monseigneur l'évêque d'Aire [Dominique-Marie Savy] au sujet des prochaines élections [...] donné à Dax [...] le 9 novembre 1827 [Dax : chez Delaroy , 1827].

1836. CATÉCHISME À ÊTRE ENSEIGNÉ. 
Fait publier en 1836, dans la lignée des catéchismes diocésains de l'époque, un Catéchisme, ou Abrégé de la foi et des vérités chrétiennes, approuvé par Monseigneur Dominique Marie Savy, évêque d'Aire, pour être seul enseigné, dans la partie du diocèse d'Aire qui formait l'ancien diocèse de Dax [Toulouse : Imp. de Ph. Montaubin. In-18, 1836]. Réédité en 1837.
Le titre : Catéchisme, ou Abrégé de la foi et des vérités chrétiennes est un titre générique que l'on trouve notamment après 1815 dans les différents diocèses 
[Dax ; Tarbes ; Le Mans ; Rouen ; Bayeux ;  Autun ; Clermont-Ferrand ; Sens ; Versailles ; Lyon ; Saint-Dié ; etc.] soit approuvé, soit imprimé par ordre de l'évêque, à chaque fois avec l'expression « pour être le seul enseigné » dans le diocèse.
La couverture imprimée porte : "Catéchisme de Dax".

LA QUESTION DES CATÉCHISMES DIOCÉSAINS.
Après la publication par Martin Luther [1483-1546], en janvier 1529, de : Enchiridion, der kleine Catechismus für die jungen Knaben und Mägdlein aufs einfältigte in Fragsücke verfasset, samt elichten schönen Gebetlein, sous forme de questions-réponses, appelé plus simplement en français Petit Catéchisme, et en réaction à cette publication et à celle du Grand Catéchisme [1529], la pratique du catéchisme commence à s'installer chez les catholiques, à la suite du Concile de Trente [1542-1563]. Ce dernier édite un premier catéchisme romain destiné aux prêtres : Catechismus Ex Decreto Concilii Tridentini Ad Parochos [1566]. Mais il est également demandé aux évêques de s’assurer que dans chacune de leurs paroisses, au moins les dimanches et fêtes, les enfants soient instruits des rudiments de la foi. 
Cependant ce n'est qu'au XVIII ème siècle que le catéchisme diocésain s'installe durablement en France. Avec l'interruption, entre 1806 et 1814, provoquée par la publication du « Catéchisme à l'usage de toutes les Églises de l'Empire français » décrété le 4 avril 1806 et en vigueur jusqu'à la Restauration de 1814.
A partir de 1937, les divers textes des catéchismes diocésains disparaissent au profit d'un seul texte fixé dans le Catéchisme à l'usage des diocèses de France, revu et corrigé en 1947. Ce catéchisme est imprimé et édité à l'échelle des différents diocèses.
Enfin un Catéchisme de l'Église catholique est publié en décembre 1992, dans le prolongement du Concile Vatican II [1962-1965].

1838. STATUTS DU DIOCÈSE D'AIRE.
Publie également : Statuts du Diocèse d'Aire, suivis des cas réservés, par Dominique Marie Savy [Toulouse : Impr. de Ph. Montaubin. In-8. 1838].

1862. DE LA VIE SURNATURELLE DE NOS ÂMES.
Publication posthume :  De la vie surnaturelle de nos âmes, par Mgr Savy, ancien évêque d'Aire [Librairie catholique de Perisse Frères, imprimeurs de N. S. P. Le Pape. Paris : Nouvelle maison. Régis Ruffet et cie, succ. Rue Saint-Sulpice, 38 ; Lyon : Ancienne maison. Rue Mercière, 49, et Rue Centrale, 34. In-8, 46 p., 1862].

DÉCORATION.
Officier de l'Université.
Chevalier de la Légion d'honneur [1er mai 1838].

SOURCE.
1894. Charles Fierville. Archives des lycées, proviseurs et censeurs, 1er mai 1802-1er juillet 1893 : documents administratifs recueillis et classés pour la première fois [Paris : Firmin-Didot. In-4. LXXXV-526 p., 1894]. Quatrième partie : notices individuelles. 

SITOGRAPHIE.
Léonore.
http://www2.culture.gouv.fr/LH/LH260/PG/FRDAFAN83_OL2473032V002.htm

 
< Précédent   Suivant >