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Robert, Louis (1828-1895), de simple maître d’études à doyen de Faculté Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
C’est certes un parcours exceptionnel, mais il est rendu possible par une double agrégation [lettres en 1856, et philosophie en 1863] et un doctorat ès-lettres [Paris, 1869]. Trente ans après son premier poste, Louis Robert devient doyen de la Faculté des Lettres de Rennes, de 1880 à 1885. Claude Joseph] Louis Robert. Né le 10 février 1828, à Mâcon [Saône-et-Loire] ; mort le 17 mars 1895, à Rennes [Ille-et-Vilaine].

1848. MAÎTRE D'ÉTUDES PUIS SUPPLÉANT DE SECONDE À ROANNE.
Louis Robert commence sa carrière, en 1848, comme maître d'études à Roanne [département de la Loire ; académie de Lyon].
La position de maître d'études correspond au rang le plus bas de l'échelle définie à l'article 31 du décret, du 17 mars 1808, portant organisation de l'Université impériale. Cependant elle n'est accessible qu'à des bacheliers. En ce qui concerne l'enseignement, le niveau juste au-dessus est celui de « régent de collège ».

Mais, après un court passage comme « suppléant » de rhétorique à Brioude [Haute-Loire, académie de Lyon], de mai à octobre 1849, Louis Robert revient à Roanne, en étant nommé suppléant de seconde.
Il y reste jusqu'en 1851, date à laquelle il est régent de rhétorique à Aurillac.

1851. RÉGENT DE RHÉTORIQUE À AURILLAC
Louis Robert est nommé régent de rhétorique à Aurillac [Cantal, chef-lieu de l'académie départementale du Cantal].
Il y reste jusqu'en 1852, date à laquelle il est nommé régent de rhétorique à Bourg-en-Bresse.

1852. RÉGENT DE RHÉTORIQUE À BOURG-EN-BRESSE.
Louis Robert est nommé régent de rhétorique au collège communal de Bourg-en-Bresse [Ain, chef-lieu de l'académie départementale de l'Ain].
Il y reste d'abord quatre ans, de 1852 à 1856.

Pour un court intermède, est nommé à Rodez, en 1856 ; d'abord comme chargé de seconde, puis enfin comme professeur. Il y reste jusqu'en décembre 1856. Puis est à nouveau nommé à Bourg-en-Bresse, mais cette fois comme professeur de Logique, dans la classe appelée traditionnellement « philosophie ».

1852-1863. SUPPRESSION ET RÉTABLISSEMENT DES AGRÉGATIONS
À la suite de l’échec d’Hippolyte Taine [1828-1893], en août 1851 l'agrégation de philosophie est supprimée en 1852.
Ancien élève de l'École normale supérieure, reçu major en 1848, son échec est provoqué en août 1851, à l’oral de l’agrégation de philosophie. À la suite de cet incident et de la polémique considérable provoquée par cette injustice flagrante, l'agrégation de philosophie est supprimée l'année suivante, en 1852.
L'agrégation de philosophie ne sera rétablie qu'en 1863 par Victor Duruy [1811-1894] prenant ses nouvelles fonctions de Ministre de l’Instruction publique [1863-1869].
Ce sont toutes les agrégations qui sont supprimées en 1852.
En 1853, et jusqu’à 1856 inclus, il n’y a plus que deux agrégations : l’agrégation de Lettres et l’agrégation de Sciences.
Les autres agrégations sont rétablies progressivement L’agrégation de grammaire en 1857 ; l’agrégation de physique en 1858 ; l’agrégation d’histoire et de géographie est rétablie en 1860 ; l'agrégation de philosophie en 1863, après une circulaire adressée aux recteurs, en date du 10 juillet 1863, et un arrêté portant règlement pour l’agrégation de philosophie.
 
DOUBLE AGRÉGATION, LETTRES ET PHILOSOPHIE.
Un certain nombre d'élèves qui ont été reçus à l'agrégation des lettres, entre 1853 et 1863, se présentent à partir de septembre 1863 à l'agrégation de philosophie.
 
C'est le cas pour l'agrégation de philosophie en 1863, de Jules Lachelier [1832-1918], agrégé des lettres en 1856 ; Pierre Leune [1825-1912], agrégé des lettres en 1851 ; Louis Robert [1828-1895], agrégé des lettres en 1856.
 
C'est le cas pour l'agrégation de philosophie en 1864, de Léon Ollé-Laprune [1839-1898], agrégé des lettres en 1861 ; d'Émile Charles [1825-1897], agrégé des lettres en 1854 ; Jacques Maillet [1837-1897], agrégé des lettres en 1860.
 
Enfin, c'est le cas pour l'agrégation de philosophie en 1865, de Jules Gérard [1837-1898], agrégé des lettres en 1861 ; de Théophile Desdouits [1836-1898], agrégé des lettres en 1858.
 
1856. LOUIS ROBERT D'ABORD AGRÉGÉ DES LETTRES.
Louis Robert est reçu à l'agrégation des lettres en 1856.
Sont reçus cette année, dans l'ordre de classement : Jules Lachelier, ancien élève de l'École normale ; Henri Pigeonneau, ancien élève de l'École normale ; Jean Edouard Goumy, ancien élève de l'École normale ; Léon Crouslé, ancien élève de l'École normale ; Maximilien Fischer ; Eugène Bellin, ancien élève de l'École normale ; Achille Beauvallet, ancien élève de l'École normale ; Antoine Joseph Emile Jacob, ancien élève de l'École normale ; Louis Jules Labbé, ancien élève de l'École normale ; François Clément Gindre de Mancy, ancien élève de l'École normale ; Augustin Jacquet, ancien élève de l'École normale ; Antoine Fournet, ancien élève de l'École normale ; Michel Bréal, ancien élève de l'École normale ; Victor Cucheval, ancien élève de l'École normale ; Edouard Tournier, ancien élève de l'École normale ; Benjamin Virenque ; François Gauthiez, ancien élève de l'École normale ; Emile Brémond ; Louis Robert [1828-1895] ; Charles Vinnac ; Jean-Baptiste Réthoré ; Joseph Guibout, ancien élève de l'École normale ; Aristide Constantin ; Jacques Busquet.

1856. PROFESSEUR DE LOGIQUE AU COLLÈGE COMMUNAL DE BOURG.
Après l’agrégation des lettres, Louis Robert est nommé professeur de Logique au collège communal de Bourg en décembre 1856.
Il y reste jusqu'en 1863, date du concours rétabli de l'agrégation de philosophie.
 
1863. AGRÉGATION DE PHILOSOPHIE.
Louis Robert est reçu à l'agrégation de philosophie en 1863, classé huitième sur dix reçus.

Sont reconnus, en 1863, aptes à l’agrégation des lycées, pour l’ordre de la philosophie, dans l'ordre de classement :
Jules Lachelier [1832-1918], ancien élève de l'École normale, agrégé des lettres [1856], professeur au lycée de Caen, en congé ; Pierre Leune [1825-1912], ancien élève de l'École normale [1845], agrégé des lettres [1851], professeur de logique au lycée d’Amiens ; Émile Segond [1839-1927], ancien élève de l'École normale, chargé de la classe de seconde au lycée de Nice ; Thomas Charpentier [1841-1900], élève de l’École normale supérieure ; Désiré Nolen [1838-1904], ancien élève de l'École normale, chargé du cours de logique au lycée de Carcassonne ; Henry Joly [1839-1925], élève de l’École normale supérieure ; Édouard Bohn, chargé de la classe de logique au lycée de Mâcon ; Louis Robert [1828-1895], agrégé des lettres [1856], professeur de logique au lycée de Bourg ; Émile Grucker [1828-1904], professeur de philosophie au gymnase de Strasbourg ; Louis Saisset, chargé du cours de philosophie au lycée de Laval.
 
L’arrêté de Victor Duruy, en date du 15 septembre 1863, paraît dans le Journal général de l’instruction publique, volume 32, n° 75, jeudi 17 septembre 1863, page 727*.
 
1863. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU LYCÉE IMPÉRIAL DE TOURS.
En 1863, après son agrégation de philosophie en 1863, Louis Robert est nommé professeur de philosophie au lycée impérial de Tours [académie de Poitiers, département de l'Indre-et-Loire].
Il y remplace Jacques Alphonse Aulard [1819-1897], futur inspecteur d'académie à Lons-le-Saulnier, qui y était chargé de cours de logique. Louis Robert reste en poste jusqu'en 1871, date à laquelle il est nommé « chargé de cours » de philosophie [1871-1873] à la Faculté des Lettres de Rennes.
 
1869. DOCTEUR ÈS-LETTRES.
Docteur ès-lettres [Paris, 1869] avec une thèse latine : De Aegritudine Lenienda [des Affections]. Disseruit L. Robert. In lycaeo Turonensi philosophiae professor
[Parisiis : Apud L. Hachette,Bbibliopolam. In-8, 129 p., 1869].
Avec en exergue sur la page de titre : « Quidquid peccatur, perturbatione peccatur rationis atque ordinis » Ciceron. Paradoxes III, 2.
La thèse n’est pas dédiée.
Numérisé :
https://books.google.com/.../De_Aegritudine_lenienda....

La thèse, en français, a pour titre : Les Théories logiques de Condillac.
Elle est éditée : Les Théories logiques de Condillac. Thèse présentée à la Faculté des Lettres de Paris, par Louis Robert, professeur au lycée impérial de Tours, agrégé des lettres et de philosophie
[Paris : L. Hachette et Cie, libraires-éditeurs, 77, boulevard Saint-Germain. In-8, 444 p., 1869].
La thèse est dédiée à Francisque Bouillier [1813-1899], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Lyon [1838-1864] : < Au savant professeur/ de la/ Faculté de Lyon/ Monsieur Francisque Bouillier/ souvenir d'un ancien auditeur >.
 
1871. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE À LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES.
Louis Robert est nommé à la Faculté des Lettres de Rennes. D'abord comme chargé de cours [1871-1873], puis comme professeur titulaire [1873-1885].
Il remplace Emmanuel Chauvet [1819-1910], professeur suppléant de 1858 à 1860, puis professeur titulaire de 1860 à 1871. Emmanuel Chauvet vient d'être nommé professeur de philosophie titulaire à la Faculté des lettres de Caen [1871-1890], sa place est libérée et occupée par Louis Robert.

1880. DOYEN DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES.
En 1880, Louis Robert est élu doyen de la Faculté des Lettres de Rennes, en remplacement de Thomas Henri Martin [1813-1884], professeur de Littérature ancienne [1838-1880], doyen de 1844 à 1880.
 
SUPPRESSION ET RÉTABLISSEMENT DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES.
La Faculté des Lettres de Rennes avait été créée en 1810, et avait fonctionné jusqu'en 1815. Elle faisait partie des dix-sept facultés des lettres supprimées en 1815 : Amiens ; Bordeaux ; Bourges ; Cahors ; Clermont ; Douai ; Grenoble ; Limoges ; Lyon ; Montpellier ; Nancy ; Nîmes ; Orléans ; Pau ; Poitiers ; Rennes ; Rouen.
Seules avaient été maintenues, en lettres, les facultés de Besançon, Dijon, Paris, Strasbourg, Toulouse.
Le premier professeur de Philosophie de la Faculté des Lettres de Rennes est l'abbé Jacques Joseph Molle [1764-1834], ancien bénédictin, également professeur de philosophie au lycée de Rennes.
 
La Faculté des Lettres est rétablie par l’ordonnance royale du 24 avril 1838, contresignée par Achille de Salvandy [1795-1856], ministre de l'Instruction publique [15 avril 1837-31 mars 1839].
Sont rétablies par la même ordonnance : Bordeaux, Lyon, Montpellier, Rennes.
 
Ce mouvement de rétablissement des Facultés se poursuivra en 1845, avec Poitiers ; en 1846, avec Aix ; en 1847, avec Grenoble.

LES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE À LA FACULTÉ DE RENNES.
Les professeurs de Philosophie, qui se succèdent à la Faculté des Lettres de Rennes, sont  les suivants : Félix Ravaisson [1813-1900], chargé des fonctions de professeur [1838-1839], professeur titulaire [1839-1840], mais qui n’occupant pas le poste est suppléé par François Riaux ; François Riaux [1810-1883], professeur suppléant [1838-1840], professeur titulaire [1841-1847] ; Charles Jeannel [1809-1886], professeur titulaire [1848-1856] ; Jean Maurial [1816-1874], professeur suppléant [1856-1858] ; Emmanuel Chauvet [1819-1910], professeur suppléant [1858-1860], professeur titulaire [1860-1871] ; Louis Robert [1828-1895], chargé de cours [1871-1873], professeur titulaire [1873-1885].
 
LES DOYENS DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES.
La liste des doyens, après le rétablissement de 1838, s'établit comme suit :
Pierre Varin [1802-1849], professeur d'Histoire [1838-1844], qui reste en fonction comme doyen jusqu'en septembre 1844.
Thomas Henri Martin [1813-1884], professeur de Littérature ancienne [1838-1880], doyen de 1844 à 1880.
Louis Robert [1828-1895], professeur de Philosophie [1871-1885], doyen de 1880 à 1885.
Antoine Dupuy [1835-1891], professeur d'Histoire [1880-1891], doyen de 1885 à 1890.
Joseph Loth [1847-1934], professeur de Langue et institutions grecques [1884-1890], doyen de 1890 à 1910, jusqu’à sa nomination au collège de France.
Georges Dottin [1863-1928], professeur de Langue et de Littérature grecques, doyen en 1911 à 1928.
 
CONTRE LE MATÉRIALISME ET LE SCEPTICISME.
Comme il est d'usage, Louis Robert en tant que doyen de la Faculté est amené à prononcer un Discours à la séance de rentrée des Facultés. Il le fait en 1875, en prenant pour thème : L'Âme prouvée par la science du corps.
[Rennes : impr. de Oberthur et fils. In-12, 19 p., 1875].

De même en 1880 : De la Certitude et des formes récentes du scepticisme, par L. Robert [...]
[Paris : E. Thorin. In-8, VIII-567 p., 1880]

1886. ÉDITION DE TEXTES PHILOSOPHIQUES DE BLAISE PASCAL.
Louis Robert édite en 1886, un ouvrage rassemblant plusieurs textes de Blaise Pascal :
Pascal. De l'autorité en matière de philosophie ; De l'esprit géométrique ; Entretien avec M. de Sacy. Nouvelle édition avec une introduction et des notes historiques et philosophiques, par L. Robert. Doyen de la faculté des lettres de Rennes. Agrégé des lettres et de philosophie.
[Paris : Félix Alcan, Éditeur. 108, boulevard Saint-Germain, 108. Collection : Bibliothèque classique d'ouvrages philosophiques. In-18, 100 p., 1886]. Avant-propos. Table des matières.
Numérisé : Gallica BNF.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5496421v/f3.image.texteImage

Réédité en 1892.

SITOLOGIE.
Françoise Huguet et Boris Noguès « Les professeurs des facultés des lettres et des sciences en France au XIXe siècle (1808-1880) », juin 2011
[en ligne] http://facultes19.ish-lyon.cnrs.fr/
La notice concernant Louis Robert est accessible :
http://facultes19.ish-lyon.cnrs.fr/fiche.php?indice=1331

 

 
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