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Rebitté, Dominique (1810-1885), professeur de lettres à Marseille Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
C’est sa thèse française de 1846 « Guillaume Budé. Restaurateur des études grecques en France ; essai historique » qui assure, encore aujourd’hui une certaine notoriété à Dominique Rebitté, professeur de rhétorique au collège royal, puis lycée impérial de Marseille. L’ouvrage, réédité chez Slatkine en 1969, est constamment citée dans les bibliographies concernant Guillaume Budé [1467-1740], maître de la librairie de François Ier, fondateur de l’actuel Collège de France. Dominique Rebitté. Né en 1810, à Saint-Pé [Hautes-Pyrénées] ; mort en mars 1885, à Marseille [Bouches-du-Rhône]
[Écrit parfois Rébitté].
Licencié ès-lettres.

RÉPÉTITEUR À PARIS.
Sauf à accéder à des archives qui permettraient, comme toujours, d'en connaître davantage, de Dominique Rebitté on sait seulement sur le plan scolaire, qu'il est bachelier, et qu'après des études universitaires, faites sans doute à Toulouse ou à Bordeaux, il est licencié ès-lettres, ce qui l'autorise à enseigner.
Il « monte » à Paris, où il est déclaré comme « répétiteur ».

1840. SE PRÉSENTE À L'AGRÉGATION DES LETTRES.
Cependant, pour pouvoir faire une meilleure carrière au sein de l’Université, Dominique Rebitté se présente au concours d’agrégation des classes supérieures des lettres [août-septembre 1840]. Il fait partie des trente-six candidats autorisés à se présenter aux épreuves orales, mais ne fait pas partie des huit finalement reçus.
Il se représentera à nouveau en 1843, cette fois avec succès. Et entre temps obtient un premier poste à Angoulême, puis un second poste à Tours.

1840. PROFESSEUR DE TROISIÈME AU COLLÈGE D'ANGOULÊME.
Par l'ordonnance du 5 avril 1840, le collège communal d'Angoulême [département de la Charente ; académie de Bordeaux] est déclaré collège royal [de troisième classe].
En octobre 1840, à la veille de l'ouverture du collège royal Dominique Rebitté, ancien répétiteur à Paris, est chargé du cours dans la chaire de troisième au collège royal d'Angoulême [département de la Charente ; académie de Bordeaux].
Dominique Rebitté reste en poste jusqu'en septembre 1842, date de sa nomination à Tours.
Il est alors remplacé, en 1842, comme professeur de troisième au collège d'Angoulême par Emery de Chaumont [1815-1889], licencié ès-lettres, chargé du cours.

1841. ENSEIGNEMENT DE L'ANGLAIS AU COLLÈGE D'ANGOULÊME.
Dominique Rebitté, chargé du cours, dans la chaire de troisième au collège royal d'Angoulême est chargé en outre de l'enseignement de la langue anglaise, par arrêté en date du 20 janvier 1841, en remplacement de Rewes, appelé à d'autres fonctions.

1842. PROFESSEUR DE SECONDE AU COLLÈGE ROYAL DE TOURS.
Chargé de la chaire de seconde au collège royal de Tours [département d’Indre-et-Loire ; académie d’Orléans], en remplacement de Pierre Tiercelin [c.1809-1849], nommé au collège royal d’Orléans.
Dominique Rebitté reste en poste, comme chargé de cours, jusqu'à fin septembre 1843, date de sa nomination à Caen.

Dominique Rebitté est remplacé comme professeur de seconde au collège royal de Tours par Émile Desprez, licencié ès-lettres, antérieurement chargé de la classe de quatrième au collège royal d'Amiens. Émile Desprez, après avoir obtenu l'agrégation des lettres en septembre 1846, sera confirmé comme « professeur » en octobre 1846.

1843. AGRÉGATION DES LETTRES.
Dominique Rebitté est reçu troisième sur huit à l’agrégation des lettres en septembre 1843.
Alors que Paul François Dubois [1793-1874], membre du Conseil royal, est président du jury, la liste des agrégés des classes supérieures des lettres, par arrêté en date du 20 septembre 1843, s'établit comme suit, dans l'ordre de classement :
Julien Girard [1820-1898], élève sortant de l'École normale ; Charles Jacques Aubert-Hix [1820-1880], élève sortant de l'École normale [1840] ; Dominique Rebitté [1810-1885], chargé de la chaire de seconde au collège royal de Tours ; Constant Martha [1820-1895], élève sortant de l'École normale [1840] ; Charles Herbette [1809-1879, professeur de cinquième au collège royal Bourbon ; Ferdinand* [Joseph Sosthène] Colincamp [1821-1879], élève sortant de l'École normale [1840] ; Demange, chargé de la chaire de seconde au collège royal de Pau ; Désiré Saucié [1818-1855], ancien élève de l'École normale [1839], déjà agrégé de grammaire [1841], professeur de quatrième au collège royal de Tournon, futur professeur de rhétorique au lycée de Tours.

1843. PROFESSEUR DE TROISIÈME AU COLLÈGE DE CAEN.
Après l'agrégation des lettres [septembre 1843], Dominique Rebitté est nommé
« provisoirement » professeur de troisième au collège royal de Caen [département du Calvados ; académie de Caen], en remplacement d'Auguste Materne [1812-1893], nommé professeur de seconde au collège de Dijon [1843-1846].
Dominique Rebitté reste à Caen, jusqu'au 29 septembre 1845, date de sa nomination à Besançon.
Dominique Rebitté est alors remplacé comme professeur de troisième à Caen par Barthélemy Bonnieux, ultérieurement professeur de seconde à Caen.

1845. VERS LE DOCTORAT ÈS-LETTRES.
Dans sa livraison du 22 août 1845, le Journal général de l'Instruction publique et des cours scientifiques et littéraires [Volume 14, n° 68] signale, dans sa « Partie non officielle » [page 433] :
« M. Rebitté, professeur de troisième au collège royal de Caen, soutiendra demain samedi, à 7 heures du matin à la Sorbonne, devant la Faculté de Paris, ses thèses pour le grade de docteur ès-lettres ».
La thèse française du candidat est intitulée : Essai sur la poésie et la poétique.

Le sujet de la thèse latine porte sur Hermogène de Tarse [vers 161-225], philosophe et rhéteur grec établi à Tarse (aujourd’hui Tarsus, en Turquie) :  De Hermogene, atque in universum de scriptarum a technicis, apud Graecos, artium utilitate, vel inutilitate, disquisitio.
[Parisiis ; Cadomi : Dezobry et Magdeleine. Typis expressit Carolus Woinez. In-8, 156 p., 1845].

La thèse latine est validée. Mais la thèse française est refusée.
Dominique Rebitté présentera l'année suivante [1846] une autre thèse française, intitulée : Guillaume Budé restaurateur des études grecques en France ; essai historique [Paris : Joubert. In-8, 280 p., 1846].
La thèse française est rééditée en 1969, comme fac-simile de l’édition de Paris. [Genève ; Paris : Slatkine. In-8, 280 p. 1969].
Dominique Rebitté sera définitivement docteur ès-lettres, à Paris, le 24 octobre 1847.

1845. ESSAI SUR LA POÉSIE ET LA POÉTIQUE.
Dominique Rebitté fait éditer le texte de la thèse française prévue pour la soutenance de 1845 :
Essai sur la poésie et la poétique, par D. Rebitté.
[Paris : chez Dezobry, Magdeleine et Cie ; Caen : Imprimerie de Charles Woinez, rue Notre-Dame, 98. In-8, 111 p., 1845]. Table des matières.
Numérisé :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6323953n/f11.image.texteImage
L'ouvrage numérisé, dont dispose la Bibliothèque Nationale de France, est dédicacé, sur sa couverture conservée, à « M. Dutrey, inspecteur général des études, hommage de mon profond respect. D. Rebitté ».

1845. PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE AU COLLÈGE DE BESANÇON.
En septembre 1845, Dominique Rebitté est nommé professeur de rhétorique au collège royal de Besançon [département du Doubs ; académie de Besançon], en remplacement d'Alphonse François Agnant, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Il y reste jusqu'en septembre 1846, date de sa nomination à Marseille.

Dominique Rebitté est remplacé, comme professeur de rhétorique au collège de Besançon, par Auguste Materne [1812-1893], antérieurement professeur de seconde au collège royal de Dijon.

1846. DOCTORAT ÈS-LETTRES.
Sa thèse française, sur la Poésie et la Poétique, ayant été refusée, Dominique Rebitté présente en octobre 1846, une autre thèse. Cette thèse, en français, [24 octobre 1846] a pour titre : Guillaume Budé restaurateur des études grecques en France. Essai historique par D. Rebitté
[Paris : Joubert, Libraire-Éditeur. Rue des Grès, 14. In-8, 280 p., 1846].
Avec, en exergue, sur la page de titre, une citation d’Andrieux : « Les immenses travaux de Budé, les services qu’il a rendus aux lettres, aux bonnes études, à la saine philosophie, à la raison humaine, peuvent à peine être appréciés aujourd’hui ».
Numérisé :
https://archive.org/details/guillaumebudres00rebigoog/page/n12

La thèse sur Budé est dédiée, sous forme d'une lettre adressée : « A M. J. F. Boissonnade, Membre de l'Institut, Professeur de littérature grecque au collège de France, et à la Faculté des Lettres de Paris ».

La thèse française est rééditée en 1969, comme fac-simile de l’édition de Paris. [Genève ; Paris : Slatkine. In-8, 280 p. 1969].

JEAN FRANÇOIS BOISSONNADE DÉDICATAIRE DE LA THÈSE.
En 1846, l’helléniste Jean François Boissonnade [1774-1857] est titulaire de la chaire de Langue et Littérature grecques du collège de France, depuis 1829. Chaire occupée antérieurement par Jean Baptiste Gail [1755-1829] depuis 1791 jusqu’au 5 février 1829, date de son décès.
Boissonade est également titulaire de la chaire de Littérature grecque, à la Faculté des lettres de Paris, du 28 décembre 1812 au 24 janvier 1855, où il a succédé à Pierre Henri Larcher [1726-1812], qu’il a suppléé dès le 6 mai 1809, comme professeur-adjoint.
Jean François Boissonade avait été élu, le 15 janvier 1813, membre de la Classe d'Histoire et de littérature ancienne [troisième classe]. Nommé, par ordonnance royale du 21 mars 1816, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres [fauteuil 30], en remplacement de Pierre Henri Larcher [1726-1812], décédé le 22 décembre 1812.

Monsieur,
Je n'ai pu m'occuper du grand helléniste qui a ouvert pour nous la carrière de la philologie, sans songer à l'homme éminent qui a, plus que personne, soutenu en
France, au xix e siècle, cette tradition de savoir et de talent.
En m'autorisant avec tant de bonne grâce à vous dédier ce travail, vous m'avez fait une récompense de ce qui me semblait un devoir.
D'autres feront plus et mieux que moi pour la mémoire de Guillaume Budé. J'ai tenté ce qui m'était possible loin des riches dépôts d'où vous avez tiré tant de trésors, loin
des conseils de cette critique élégante et profonde, de cette critique toute française dont vous êtes le modèle.
Profiter de plus près de ces précieux avantages serait mon unique ambition ; mais quoi qu'il m'arrive, je m'honorerai toujours d'avoir obtenu les encouragements de votre bienveillance.
D. Rebitté.
Professeur de rhétorique au collège royal de Besançon ».

1846. PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE AU COLLÈGE DE MARSEILLE.
Dominique Rebitté est nommé, en septembre 1846, professeur de rhétorique au collège royal de Marseille, en remplacement de Norbert Alexandre Bonnafous [1809-1882], nommé professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres d'Aix.

DES DISCOURS DE DISTRIBUTION DES PRIX.
Tout au long du XIXème siècle, la tradition universitaire impose dans les lycées et les collèges, présidée par une personnalité [le préfet, le recteur, etc.], la séance solennelle du Discours de distribution des prix, qui clôt au mois d’août l’année scolaire. Discours d’usage moralisateur souvent prononcé par un professeur nouvellement nommé, le professeur de rhétorique ou encore le professeur de philosophie.

En 1847.
À la distribution des prix du collège de Marseille, en 1847, discours de M.Rebitté, professeur de rhétorique, Sur les études littéraires comparées avec les études tant scientifiques qu'industrielles, et de leur supériorité comme moyen d'éducation publique.

En 1849.
À la distribution des prix du lycée de Marseille, en 1849, en présence du recteur, discours de M. Rebitté, professeur de rhétorique, Sur la poésie populaire.

1852. ÉLOGE DE FÉLIX DE BEAUJOUR.
Sur le Rapport de Paul Autran [1780-1869] secrétaire-perpétuel de la classe de Littérature et d’Histoire [1841-1869] de l’Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Marseille, concernant le concours littéraire « Éloge de M. Félix de Beaujour », Dominique Rebitté, agrégé des classes supérieures au collège de Marseille, reçoit le prix.
Le diplomate et historien Félix de Beaujour [1765-1836], Pair de France [1835], ancien consul général de Smyrne [Izmir], député des Bouches-du-Rhône [1831-1834], avait fondé en 1832, auprès de l’Académie de Marseille, un prix de 600 francs, concernant la relance du commerce.
Avait été élu à Paris, le 10 mai 1834, correspondant de l'Académie des Sciences morales et politiques, section d’Économie politique et statistique [place 7], au moment de la création des places de correspondant.
Puis, le 19 mars 1836, élu membre libre de l’Académie des Sciences morales et politiques, au fauteuil 3, rendu vacant par le décès de Joseph Carnot [1752-1835], survenu le 31 juillet 1835.
À l’Académie de Sciences morales et politiques Félix de Beaujour avait également fondé un prix. Ce prix décerné au meilleur ouvrage se rapporte au programme général : « Quels sont les meilleurs moyens de prévenir la misère dans les divers pays, mais plus particulièrement en France ; et, là où l'on n'a pu la prévenir, quels sont les meilleurs moyens de la soulager ? ».
Félix de Beaujour est décédé le 1er juillet 1836, à Paris.

1853. PROFESSEUR DE PREMIÈRE CLASSE.
Par arrêté ministériel, en date du 30 septembre 1853, Dominique Rebitté est classé professeur agrégé de première classe.

1855. DIRECTEUR D’INSTITUTION LIBRE A MARSEILLE.
Démissionnaire après l’année scolaire 1853-1854, Dominique Rebitté est remplacé comme professeur de rhétorique par Lanzi, antérieurement professeur de seconde au même lycée.
Dominique Rebitté ouvre à Marseille une institution libre d’enseignement. Et rejoint ainsi la vingtaine d’établissements privés [Daumont, Spiès, Donaday, etc.] qui existent encore à cette époque.
Dans son institution, comme l’indiquent les gazettes de l’époque : « Il dirigea plusieurs générations de jeunes Hellènes, appartenant aux meilleures familles de la Colonie grecque de Marseille ».

JUGEMENT.
Dans une Monographie de Saint-Pé de Bigorre en 1887, retranscrite par Jean Marc Nouguès, l’auteur, anonyme, écrit : « A proprement parler, Saint-Pé n’a pas donné le jour à ce qu’on nomme des grands-hommes.
Je vais pourtant en citer cinq dont la réputation a franchi les limites de leur province ou qui se sont rendus recommandables par leurs bienfaits : Les voici par ordre de date : Pierre Nicolau [1734-1810] ; le général Vergès, né en 1757 ; François Estarac [1758-1819] ; L’abbé Procope Lassalle, [mort en 1831] ; Dominique Rébitté [1810-1885].
[…] Dominique Rébitté [1810-1885], docteur ès lettres, ancien professeur de rhétorique au lycée de Marseille, et ancien chef d’institution, était un homme d’une grande érudition. « Non seulement il savait le latin et le grec comme un sorboniste, mais il possédait encore le sanscrit et parlait couramment les principales langues modernes.
Suivant de très près le mouvement littéraire et philologique, il était lié avec les érudits en renom, avec Burnouf, avec Egger, avec Renan (!) surtout, qui ne manquait jamais de descendre chez lui quand il débarquait à Marseille au retour de ses voyages en Orient. (Sémaphore de Marseille).
Notre compatriote était en même temps un écrivain.
M. Rébitté avait publié plusieurs brochures et aussi un travail remarquable sur Guilhaume Budé qui lui fit parmi les savants une certaine notoriété.
De modeste origine et sans ressources personnelles, Mr Rébitté ne dut qu’à son intelligence et à un travail opiniâtre de fournir une belle carrière ».

SOCIÉTÉ SAVANTE.
Membre de la Société de Géographie de Marseille, fondée en 1876/1877.
 
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