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Poirson, Auguste (1795-1870), ou la naissance de l’enseignement de l’histoire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ce sont d’anciens élèves de l’École normale qui se voient chargés, en 1818, par la Commission royale de l’Instruction publique de mettre au point le nouvel enseignement d’histoire qui doit prendre place dans l’enseignement des collèges royaux. Auguste Poirson à Henri-IV ; Charles Cayx à Charlemagne ; Chrysanthe Ovide Des Michels, à Condorcet, font partie de ces pionniers qui enseignent l’histoire dans les collèges parisiens.
 
Auguste Simon Jean Chrysostome Poirson [1795-1870]. Né le 20 août 1795, à Paris ; mort en décembre 1870, à Versailles.

Études à Paris, au lycée Impérial [Louis-le-Grand] et au lycée Napoléon [Henri-IV]. 

1812. ANCIEN ÉLÈVE DE L’ÉCOLE NORMALE.
Ancien élève de la troisième promotion de l’École normale [1812], où, selon la pratique de l’époque, il est sélectionné par un Inspecteur général et admis sans concours.

Sont élèves à l’École, pour cette promotion 1812, dans l’ordre alphabétique : Pierre Albrand [ -1855], adjoint au maire de Marseille ; Louis Artaud [1794-1861], futur Inspecteur général de l’Instruction publique ; Auguste Baron [1794-1862] Professeur de Littérature à l’Université de Bruxelles, puis doyen de la Faculté des Lettres de Bruxelles ; Casimir Bonjour [1795-1856], conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève ; Charles Cayx [1793-1858], futur Inspecteur général de l’Instruction publique ; Charles Colmache, professeur en Angleterre ; Achille Darmaing [1794-1856], homme de lettres, fondateur de la Gazette des tribunaux ;  Pierre Fabius de Calonne [1794-1856], professeur au collège Henri-IV ; Eugène Delahaye, magistrat ; Pierre Delestre, libraire à Paris ; Louis Demensy, professeur à l’École des Beaux-Arts ; Chrysanthe Ovide Des Michels [1793-1866], recteur de l’Académie d’Aix, et de Rouen ; Jean Destouet, docteur en médecine ; Paul François Dubois, futur directeur de l’École normale ; Charles Dumoulin [1793-1857], recteur de l’Académie de l’Ardèche ; Nicolas Gardien, banquier à Chaumont ; Pierre Gheerbrand [1791- ], avoué à Paris ; François Eugène Jarry, professeur d’histoire à Condorcet ; Paul Lacourt-Delacour [ -1815], avocat ; Vincent Largé [1792-1879] ; Théodore Lerebours [ -1879], avocat ; Pierre [Alphonse] Martin, recteur de l’Académie d’Amiens ; Georges Ozaneaux [1795-1852], Inspecteur général de l’Instruction publique ; Auguste Poirson [1793-1871], proviseur du lycée Charlemagne ; Rabany, professeur de lettres à La Réunion ; [Augustin] Charles Renouard [1794-1878], procureur général à la Cour de cassation ; Régis Salanson [ -1860], professeur de lettres ; Victor Quintius Thouron [1794-1872], avoué à Toulon ; Auguste Trognon [1795-1873], Professeur d’histoire au collège royal Louis –le-Grand.
 
Auguste Poirson restera lié à l’École, deviendra correspondant de l’Association des anciens élèves de l’École normale supérieure et sera même membre du Conseil d’administration de la Caisse des secours mutuels des anciens élèves. 

À la sortie de l’École [1814], les études à l’École durant alors seulement deux ans, est nommé répétiteur, puis professeur suppléant de rhétorique au collège royal de Henri-IV, alors que Jean-Louis Laya [1761-1833], est titulaire de la chaire. 

1818. ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE.
Auguste Poirson devient professeur d’histoire, en octobre 1818, dès que l’enseignement de l’histoire est organisé par Royer-Collard. 
En effet, Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], président de la Commission de l’instruction publique [du 15 août 1815, jusqu’au 29 décembre 1818], veille avec l’Inspecteur général de l’Université Philibert Guéneau de Mussy [1776-1834] à la création d’un enseignement de l’histoire dans les collèges. 
La nouvelle Commission de l’Instruction publique charge plusieurs anciens élèves de l’École normale, qui ont suivi à partir de 1812, les cours d’Histoire moderne de François Guizot [1787-1874] à la Faculté des Lettres de Paris, de préparer les programmes de l’enseignement de l’histoire qui doit devenir effectif dans les collèges royaux. 
C’est le cas d’Auguste Poirson [1795-1870], de Charles Caix [1793-1858], ainsi que de Chrysanthe Ovide Des Michels [ou Desmichels] [1793-1866], tous anciens élèves de l’École normale de la promotion 1812. Ils y ont connu le futur historien Augustin Thierry [1795-1856], élève de la promotion 1811.

Ainsi, si l’on prend les cinq grands collèges parisiens [dans l’ordre canonique : Louis-le-Grand, Henri-IV, Saint-Louis, Charlemagne, Condorcet], la chaire de Louis-le-Grand est assurée par Charles Durozoir [1790-1844], et celle de Saint-Louis par Édouard Dumont. Mais les autres chaires sont toutes prises en charges par d’anciens normaliens : Auguste Poirson à Henri-IV ; Charles Caix, à Charlemagne ; Chrysanthe Ovide Desmichels, puis François Philibert Ragon [promotion 1813] à Condorcet.


PUBLICATIONS D’OUVRAGES D’HISTOIRE.
Dès 1819, Auguste Poirson publie avec Charles Cayx, son camarade de promotion à l’École normale, un Tableau chronologique pour servir à l'étude de l'histoire ancienne [Paris : L. Colas. In-8, 48 p., 1820]. Réédité en 1820, en 1823, en 1824, comme deuxième édition. 

En 1820, publie, pour le compte de la Commission de l’instruction publique, présidée du 29 décembre 1818 au 21 février 1820, le Programme pour l'enseignement de l'histoire ancienne dans les collèges royaux. En 1825-1826, publie les deux volumes d’une Histoire romaine, depuis la fondation de Rome jusqu'à l'établissement de l'Empire [Paris : L. Colas. Deux volumes in-8, 1825-1826].
 
Puis un Précis de l'histoire ancienne, par MM. Poirson et Cayx [Paris : L. Colas. In-8, 276 p.,1827], réédité en 1831, 1846, 1853, avec un texte remanié et plus important.
 
Quelques années plus tard publie, toujours avec Charles Cayx, dans le prolongement  du Précis de l’histoire ancienne, un Précis de l'histoire de France depuis les temps les plus anciens jusqu'à la Révolution de 89, pour servir à l'enseignement. Première partie, comprenant l'histoire de France au moyen âge, par M. Cayx. Deuxième  partie, comprenant l'Histoire de France pendant les temps modernes, par M. Poirson. [Paris : L. Colas. 2 parties en 1 volume in-8, 1834]. Réédité en 1840, en 1852.

1833. PROVISEUR DU COLLÈGE DE SAINT-LOUIS.
En décembre 1833, Auguste Poirson est nommé proviseur du collège Saint-Louis, fonction qu’il occupe jusqu’en mars 1837.
Il succède à Arsène Liez [1790-1838], lui aussi ancien élève de l’École normale, professeur d’Humanités [classe de seconde] à Charlemagne et à Condorcet, proviseur du collège Saint-Louis de septembre 1830 à décembre 1833.
Auguste Poirson quitte ses fonctions à Saint-Louis, en mars 1837, pour être remplacé par Paul Lorain [1799-1861] proviseur du 1er mars 1837 au 14 février 1848.

1837. PROVISEUR DU COLLÈGE CHARLEMAGNE.
En mars 1837, Auguste Poirson est nommé proviseur au collège Charlemagne.
Il succède à Joseph Dumas [1755-1837], proviseur depuis août 1815, et qui vient de mourir le 24 février 1837.

Auguste Poirson  reste proviseur du lycée Charlemagne jusqu’ au 19 avril
 1853, date à laquelle il est mis à la retraite d’office, par Hippolyte Fortoul, ministre de l’Instruction publique et des Cultes, nommé au lendemain du coup d’État de Louis Napoléon.
< Ainsi, lorsqu’un ministre dont la mémoire est restée justement impopulaire dans l’Université […] voulut porter atteinte [aux vieilles traditions], il trouva dans le proviseur du lycée Charlemagne un obstacle qu’il crut devoir briser, en mettant M. Poirson à la retraite avant l’âge légal.C’est ainsi que fut retranché du sein de l’Université un de ses serviteurs les plus dévoués, un des hommes qui l’honoraient le plus par leur mérite et leur caractère. Il avait prévu combien durerait la prétendue réforme de M. Fortoul,c’est à dire autant que le ministre lui-même ; et, de sa retraite, il applaudit à la ruine de ce fragile édifice, commencée sous le ministère réparateur de M. Rouland et achevé sous M. Duruy > [Alexis Chassang].
Poirson reçoit cependant le titre de proviseur honoraire du lycée Charlemagne.
C’est Auguste Nouseilles [1798-1881], ancien recteur, qui lui succède.

1845. CONSEILLER DE L’UNIVERSITÉ.
Entre temps Auguste Poirson devient, en décembre 1845, conseiller ordinaire de l'Université. 

On sait que le Conseil de l’Université est alors composé d’un très petit nombre de  < conseillers titulaires >, répartis dans l’une des quatre sections du Conseil et de vingt < conseillers ordinaires > nommés chaque année pour une durée d’un an, et renouvelables à la discrétion du ministre de l’Instruction publique.
Les conseillers titulaires sont : Louis Jacques Thénard, chancelier ; Ambroise Rendu, trésorier ; Mathieu Joseph Bonaventure* Orfila, doyen de la Faculté de Médecine de Paris ; Saint-Marc Girardin, de l’Académie française, professeur à la Faculté des Lettres de Paris ; Paul François Dubois, directeur de l’École normale supérieure ; Louis Poinsot, pair de France, de l’Académie des Sciences ; Victor Cousin, pair de France, de l’Académie française et de l’Académie des Sciences morales et politiques, professeur à la Faculté des Lettres ; Charles Giraud, de l’Académie des Sciences morales et politiques. 

Auguste Poirson est reconduit plusieurs années, 1846, 1847, 1848, 1849 comme conseiller ordinaire. Cependant Auguste Poirson n’est pas reconduit en 1850. Il reçoit le titre de conseiller honoraire de l’Université en janvier 1850.
La loi Falloux, promulguée le 15 mars 1850, supprime le Conseil de l’Université et le remplace par un Conseil supérieur de l’Instruction publique. Auguste Poirson ne fait pas partie de cette nouvelle instance.

COMMISSION D’ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL.
En juin 1850, Auguste Poirson est nommé membre de la commission d'organisation de l'enseignement professionnel. Cet intérêt pour l’enseignement professionnel est signalé dans la notice que lui consacre Hoefer : « [Poirson] honora son administration eu instituant parmi ses élèves une quête annuelle, dont le produit, s'élevant environ à 5.000 francs, était consacré ä placer en apprentissage des enfants d'ouvriers et à faire aux meilleurs d'entre eux une première mise à la caisse d'épargne. »

1856. HISTOIRE DU RÈGNE DE HENRI-IV.
À sa retraite, travaille sur Henri-IV, et publie en 1856 une Histoire du règne de Henri-IV, par M. A. Poirson, ancien proviseur des Lycées Saint-Louis et Charlemagne. Conseiller honoraire de l’Université [Paris : Louis Colas et Cie, libraires-éditeurs. Rue Dauphine, 26. In-12. 1856]. 

L’ouvrage obtient, en 1857 et en 1858, le grand prix Gobert de l’Académie française. 
Republié en 1865, sous le titre : Histoire du règne de Henri IV. Atlas pour la guerre, les travaux publics, les beaux-arts, pendant ce règne, publié sous la direction de M. A. Poirson, avec les textes et les légendes des auteurs contemporains.
Édité en 1857, puis en 1862, trois volumes in-8, puis quatre volumes [troisième édition, 1865-1866].

AUTRES PUBLICATIONS. 
En 1837, publie dans la Revue française un article : Examen de divers points du gouvernement et de l'administration de la République romaine et de l'ouvrage de M. Niebuhr [?Römische Geschichte?]. Publié également sous forme de brochure  [Paris : impr. de P. Dupont. In-8, 36 p., 1837].

En 1839, fait paraître Observations sur le règne de Louis XIII et le ministère de Richelieu, et sur l'ouvrage de M. Bazin, suivies de pièces justificatives [Paris : impr. de H. Fournier. in-8, V-58 p., 1839].

Dans le Journal général de l'Instruction publique, publie [vers 1821 ?] un article intitulé Philologie. [Examen de l'ouvrage portant pour titre : ?Nouveau choix des poésies originales des troubadours?, par M. François Juste Marie Raynouard tome II, contenant le Lexique roman. Publié sous forme de brochure [Paris : impr. de P. Dupont, (s. d.) In-8, 15 p. ]. L’ouvrage de François Juste Marie Raynouard [1761-1836], est paru, en 6 volumes, de 1816 à 1821.

En 1858, fait paraître Introduction à l'histoire du règne de Henri IV [In-8, 1858]. 

En 1863 édite le Mémoire placé en tête du volume des dépêches de Villeroy (1595-1598), publié pour la première fois sur le manuscrit de la Bibliothèque impériale, accompagné de notes et d'un commentaire, par M. Auguste Poirson [Versailles : Impr. de Beau jeune. in-8 °. 1863]. Puis en 1868, de Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy [1542-1617] : Mémoires de Villeroy et de Sancy. Documents divers [Paris. In-4. 1868]. 

En 1877, fait paraître, dans la collection Mémoires et documents sur la sériciculture, un Essai historique sur l'industrie de la soie en France au temps de Henri IV [Montpellier : C. Coulet. In-8, 60 p., 1877].

CONTRIBUTION. 
Articles dans la Revue française, le Journal de l’Instruction publique, la Revue des Deux-Mondes.

DÉCORATION. 
Officier de la Légion d'honneur, en 1843.

SOURCE.
Annuaire de l’Association des anciens élèves de l’École normale  [1872. Notice rédigée par Alexis Chassang, page 13-14].

J. C. F. Hoefer. Nouvelle biographie générale, depuis les temps les plus reculés […] Paris.

Gustave Vapereau : Dictionnaire universel des contemporains. 1-4

 
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