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Mauger, Georges Gabriel (1774-1861), professeur de philosophie au collège Henri-IV Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La création de nouvelles institutions, dans la cadre de l'Université napoléonienne fondée par la loi du 10 mai 1806, crée des centaines d'emplois. Pour les premières nominations une recommandation auprès du Grand-Maître, Louis de Fontanes, peut jouer un rôle décisif. Tel est le cas pour Georges Gabriel Mauger, qui, officier de génie à l'origine, deviendra maître de conférences à l'École normale, enseignant de philosophie au collège Henri-IV, puis finalement inspecteur de l'académie de Paris.
Georges Gabriel Mauger [1774-1861]. Né le 23 avril 1774, à Seignelay [Bourgogne, aujourd'hui département de l'Yonne] ; mort le 29 novembre 1861, à Paris.

1793-1808. UNE PREMIÈRE CARRIÈRE MILITAIRE.
Reçu sur concours, élève sous-lieutenant à l’École du génie militaire de Metz [1793]. Participe à la campagne d'Italie, comme capitaine en premier, puis chef d’état-major du génie. Quitte la carrière militaire le 1er février 1808, avec le grade de capitaine.
Il est alors employé au cabinet de Nicolas François Mollien, ministre du Trésor de Napoléon.

1812. MAÎTRE DE CONFÉRENCES À L'ÉCOLE NORMALE.
Georges Gabriel Mauger, est recommandé, dès 1811, par le mathématicien Joseph Fourier [1768-1830], alors préfet de l'Isère [1802-1815], auprès de Louis de Fontanes [1759-1821], Grand-Maître de l'Université depuis le 17 mars 1808, « comme très capable de rendre soit dans ses leçons, soit dans ses ouvrages d'excellents services à notre enseignement universitaire » [Egger].
C'est peut-être à cette recommandation que Georges Gabriel Mauger doit d'être nommé en 1812, et ce jusqu'en 1815, l'un des quatre maîtres de conférences à l'École normale, comme maître de conférences en Philosophie.

LES PROFESSEURS DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS.
On sait que dès la création de l'École normale, ses élèves, pensionnaires et boursiers pour une durée initiale de deux ans, doivent obligatoirement suivre les cours de la Faculté des Lettres de Paris, assurés, depuis le début du mois de mai 1809, soit par les professeurs en titre soit par leurs suppléants. 

Ainsi doivent-ils suivre les cours d'Éloquence latine avec Pierre Antoine* Guéroult [1749-1816], également professeur d'Éloquence latine du collège de France [1809-1816] et François de La Place* [1757-1823], également professeur de rhétorique au lycée Napoléon [aujourd'hui Henri-IV] ; d'Éloquence française avec Jean Nicolas Marie* de Guerle [1766-1824] ou son adjoint Jean Louis* Laya [1761-1833] ; de Poésie latine, avec Nicolas Eloi* Lemaire [1767-1832], qui vient de succéder à Luce de Lancival [1764-1810] ; de Poésie française avec Jacques* Delille [1738-1813], également professeur de Poésie française du collège de France [1778-1795 et 1802-1813]  ou son adjoint Joseph* Esmenard [1767-1811], adjoint de 1809 à 1811 ; de Littérature grecque, avec Pierre Henri* Larcher [1726-1812] ou plutôt son adjoint Jean François* Boissonade [1774-1857].

LES RÉPÉTITEURS DE L'ÉCOLE NORMALE.
ll y a à l'École normale, comme répétiteurs des cours de la Faculté des Lettres de Paris, l’enseignement supplémentaire des maîtres de conférences : en Littérature Jean Louis Burnouf [1775-1844], de 1810 à 1816 ; Abel François Villemain [1790-1870], de 1810 à 1816 ; en Langue grecque l’abbé Beato Mablini [1774-1834], de 1810 à 1822 ; en Philosophie Pierre Laromiguière [1756-1837], de 1811 à 1812.
Ainsi, en 1812, Georges Gabriel Mauger [1774-1861], succède en Philosophie, à Pierre Laromiguière, qui à partir de cette date se consacre uniquement à son enseignement à la Faculté des Lettres de Paris, où il est titulaire de la chaire de « Philosophie » depuis le 19 septembre 1809. 
Georges Gabriel Mauger va rester en poste à l'École normale jusqu'en 1815. Et sera remplacé, de 1815 à 1822, comme maître de conférences de philosophie, par Victor Cousin [1792-1867], alors à peine âgé de vingt-trois ans.

1809. LA NAISSANCE DE L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE DANS LES LYCÉES.
La première organisation de l'enseignement des lycées comporte dans le domaine des lettres, à côté de l'enseignement des sciences, et dans une hiérarchie descendante, un enseignement de Belles-Lettres [avec un professeur d'Éloquence et Poésie latine et un professeur d'Éloquence et Poésie française], et un enseignement de Langues anciennes [première classe, deuxième classe, troisième classe, quatrième classe, cinquième et sixième classe].

Cette structure se modifie, par décret impérial pris en mars 1808, avec une nouvelle liste des enseignements : Langues anciennes, Histoire, Rhétorique [anciennement Belles-Lettres], Logique, et les éléments des Sciences mathématiques et physiques. 
Cet enseignement de la Logique est à comprendre encore dans l'esprit de la Grammaire générale, entendue au sens des Idéologues, comme analyse du jugement.

Une inflexion du contenu de l'enseignement, dans un sens plus conforme à la tradition des collèges royaux d'avant la Révolution française, apparaît dans le règlement du 19 septembre 1809, qui organise l'enseignement. L'article 5 indique : « Il y aura une année de philosophie dans les lycées chefs-lieux d'académies ». Soit trente-cinq lycées situés dans les frontières, et hors frontières, de la Révolution.

1817. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU COLLÈGE HENRI-IV.
A la fin de l'année 1817, Georges Gabriel Mauger est nommé professeur de philosophie au collège royal de Henri-IV, en remplacement de Charles Louis Saturnin Marie Fercoc [1764-1841], professeur de philosophie au lycée Napoléon [collège Henri-IV] depuis la création de la chaire en 1809.
Pour l'année 1816/1817, Fercoc était suppléé par Genty « agrégé » pour la philosophie et les mathématiques.

Il fait ainsi partie du tout petit groupe des professeurs de philosophie des quatre collèges royaux de la capitale. Dans l'ordre habituellement suivi, et tel qu'on le trouve dans l'Almanach royal : collège royal de Louis-le-Grand, avec Jean Baptiste Maugras [1762-1830], nommé dès la fin 1809 ; collège royal de Henri-IV, avec Georges Gabriel Mauger [1774-1861], nommé fin 1817 ;  collège royal de Bourbon [Condorcet], avec Jean Jacques Séverin de Cardaillac [1766-1845], nommé fin 1811, en remplacement de Desfontaines ; collège royal de Charlemagne, avec Charles Millon [1754-1839], nommé dès la fin 1809.

Georges Gabriel Mauger reste officiellement en poste à Henri-IV jusqu'à la fin de l'année universitaire 1928/1929, étant nommé le 7 octobre 1829, inspecteur-adjoint de l'académie de Paris.
Cependant, tombé malade en 1828, il est suppléé à Henri-IV par Alexandre Edme Gibon [1798-1871], qui le remplacera en octobre 1829. 

1818. LES VUES SUR L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE, PREMIÈRE ÉDITION.
Le Journal des savans annonce, en septembre 1818, page 571, dans la rubrique livres nouveaux, les Vues sur l'enseignement de la philosophie [sans nom d'auteur]. 
Ce livre fait l'objet, en treize lignes, d'une brève analyse non signée [mais sans doute due à la plume de Victor Cousin, dans la rubrique « Livres nouveaux, France », dans la livraison d'octobre 1818, page 635.

1818. LES VUES SUR L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE, DEUXIÈME ÉDITION.
Une deuxième édition paraît la même année, deux mois après, chez le même éditeur, avec le nom de l’auteur sur la page de titre : Vues sur l’enseignement de la philosophie ; par Georges Gabriel Mauger, Professeur de Philosophie au Collège royal de Henri IV à Paris, et Chevalier de la Légion d’honneur. Seconde édition, revue et augmentée [Paris : chez Deterville, Libr., rue Hautefeuille, n°8 ; et Delaunay, Libr., Galerie de bois, Palais-Royal. In-8, 52 p., 1818]. Avec un Avant-propos de deux pages, signé de juillet 1818, où l’auteur expose son projet.
Sur la page de titre est portée l'incipit : Rectè sapere. [La citation « Rectè sapere » [le bon sens], est extraite de la phrase d'Horace : Scribendi recte sapere est et principium et fons. Le bon sens, est le principe et la source du bien écrire].

Dans l'Avant-propos, il est indiqué que cet opuscule est le texte du « discours prononcé à l'ouverture du Cours de philosophie, en 1816, au Collège royal de Bourbon [Condorcet], et en 1817 au Collège royal de Henri IV, à Paris ». 

• Numérisé par Google Books, pour la seconde édition.

1818. COMPTE RENDU CRITIQUE PAR VICTOR COUSIN DANS LES ARCHIVES.
En 1818, à peine un mois après sa sortie, comme on l'a vu, l'ouvrage fait l'objet d'une brève analyse dans le Journal des savans.

De plus, la même année, paraît dans les Archives philosophiques [1818, tome IV, pages 177-185], signé par Victor Cousin, un compte-rendu du livre : « Quoique ce petit ouvrage ne contienne que des vues sur l'enseignement de la philosophie, le succès mérité qu'il a obtenu, et les changements graves qu'il propose dans l'état actuel de  l'enseignement, nous ont engagés à l'examiner avec un soin particulier. Ce sont les résultats de cet examen que nous présentons ici avec la franchise et l'indépendance dont l'auteur use lui-même très largement à l'égard de ses devanciers. »
Ainsi, dans son analyse, Victor Cousin, collaborateur des Archives philosophiques, politiques et littéraires dès leur création en juillet 1817, s'oppose à l'idée, suggérée dans les Vues, d'un abrégé de Thomas Reid pour base commune de l'enseignement philosophique en France.
En remarquant que c'est Victor Cousin qui, en 1815, a succédé à Gabriel Mauger, comme maître de conférences de philosophie à l'École normale. Victor Cousin, qui depuis le 13 décembre 1815, assure l'enseignement de l'Histoire de la philosophie moderne dans la chaire de la Faculté des Lettres de Paris, dont Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845] est le titulaire depuis octobre 1810.

Le même texte de Victor Cousin paraît en février 1819, dans le Journal des savans [pages 65-71]. 
Enfin, on trouve ce compte rendu republié dans la première édition des Fragmens philosophiques de Victor Cousin [Paris : A. Sautelet et compagnie, libraires, Place de la Bourse. Un volume in-8, I-L+438 pages, 1826] pages 161-167.

1829. INSPECTEUR DE DE L'ACADÉMIE DE PARIS.
Georges Gabriel Mauger est nommé, par arrêté ministériel, en date du 7 octobre 1829, inspecteur-adjoint de l’académie de Paris, tout en gardant son titre de professeur de philosophie.
Il est remplacé comme professeur de philosophie au collège Henri-IV, par Alexandre Gibon [1798-1871], agrégé de philosophie en 1825, régent de philosophie au collège de Châlons-sur-Marne, qui avait déjà suppléé Georges Gabriel Mauger en 1828. 

Georges Gabriel Mauger est nommé inspecteur de l’académie de Paris en même temps que Jean Jacques Séverin de Cardaillac [1766-1845], suppléant de 1824 à 1829 de Pierre Laromiguière [1756-1837] dans la chaire de « Philosophie » à la Faculté des Lettres de Paris.
 
Les deux noms de Georges Gabriel Mauger et de Jean Jacques Séverin de Cardaillac  viennent ainsi s'ajouter à la liste des neuf autres inspecteurs de l'académie de Paris en poste dans les premiers mois de l'année 1829 : Frédéric Cuvier [1773-1838], inspecteur de l'académie depuis 1809 ; François Becquey [1759-1834], inspecteur  depuis 1809 ; abbé Louis Gabriel Taillefer [1767-1852], inspecteur depuis le 29 mars 1819 ; Augustin Létendart, ancien professeur de rhétorique à Charlemagne,  inspecteur depuis 1820 ; l'abbé Charles Marie* de Féletz [1767-1850], inspecteur depuis 1820 ; Pierre Louis Marie Bourdon [1779-1854], inspecteur depuis le 29 octobre 1821 ; l'abbé Marie Nicolas Silvestre* Guillon [1749-1857], inspecteur depuis 1824 ; Jean Louis Burnouf [1775-1844], inspecteur adjoint [1817], puis inspecteur titulaire depuis 1828 ; Joseph Naudet [1786-1878], inspecteur adjoint en 1829.

Georges Gabriel Mauger reste en fonction jusqu'en 1837. Année dans laquelle il est admis à faire valoir ses droits à la retraite.

1837. CONSEILLER GÉNÉRAL DE COULANGES-LA-VINEUSE.
Georges Gabriel Mauger est élu au suffrage censitaire, conseiller général du canton de Coulanges-la-Vineuse [de l'arrondissement d'Auxerre] est membre de l'assemblée délibérante du Conseil général du département de l’Yonne, de 1837 à 1848.
En 1848, est remplacé par Marie Denis Larabit [1792-1876], de la « majorité dynastique », député puis sénateur.

1837. ÉLOGE DE JOSEPH FOURIER DANS L'ANNUAIRE DE L'YONNE.
L'Annuaire statistique du département de l'Yonne fait paraître dans son volume de l'année 1837 une notice sur le mathématicien et physicien Joseph Fourier, membre de l'Académie française, né à Auxerre le 21 mars 1768, et décédé le 16 mars 1830, à Paris.
« Nous devons [cette notice], indiquent les éditeurs, à l'un des élèves [de Joseph Fourier] les plus distingués, M. Georges Gabriel Mauger, membre de la Légion d'Honneur, ancien officier du Génie et inspecteur de l'Université, membre du Conseil général du département de l'Yonne ». 
Ce long article de sept pages  est le premier d'une série de biographies que l'Annuaire statistique du département de l'Yonne décide de publier à partir de 1837.

1862. LA VENTE DE LA BIBLIOTHÈQUE DE GEORGE GABRIEL MAUGER.
Quelques mois après le décès de Georges Gabriel Mauger, survenu le 29 novembre 1861 à Paris, a lieu la vente de son abondante bibliothèque, composée à l'origine de près de quarante mille volumes. Dans le Journal des Débats politiques et littéraires du 28 mars 1862 paraît un assez long article d'Émile Egger [1813-1885] annonçant cet événement : « Sa bibliothèque, toute d'utilité journalière, nous apprend mieux par quelle forte éducation cet esprit calme et grave s'était préparé au plus difficile de tous les enseignements, quelles études constantes le tenaient au courant des idées de son siècle, quelles lectures l'occupèrent jusqu'au dernier moment, toujours attentif à rechercher le vrai, comme il l'était dans sa vie, à pratiquer le bien ». 

La vente des livres de Georges Gabriel Mauger commencera le 1er avril 1862, par les soins de J. F. Delion, libraire établi à Paris, au 47 quai des Augustins, en succession de Merlin.

DÉCORATION.
Chevalier de la Légion d'honneur, à titre militaire [1814].

SOURCES.
http://facultes19.ish-lyon.cnrs.fr/fiche.php?indice=1159

Nécrologie de Georges Gabriel Mauger par Émile Egger, dans le numéro du 28 mars 1862, Journal des Débats politiques et littéraires. 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453012x/texteBrut  
 
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