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Matinée, Auguste (1829-1895), proviseur du lycée Corneille à Rouen Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Du simple emploi de maître d'études au collège du Havre [1849] au provisorat du lycée Corneille à Rouen [1874], telle est en bref la carrière d'Auguste Matinée. Jalonnée par un doctorat ès-lettres [Rennes, 1864] et après l'enseignement de la philosophie plusieurs postes de censeur et de proviseur.

Auguste Matinée [1829-1895]. Né le 20 janvier 1829, à Saint-Lô [Manche] ; mort le 19 février 1895.

1849. MAÎTRE D'ÉTUDES AU COLLÈGE DU HAVRE.
Le 14 octobre 1849, Auguste Matinée, alors âgé de vingt-ans, est maître d'études au collège du Havre [département de Seine-Inférieure ; académie de Rouen].
Il y reste en poste jusqu'au début de l'année 1852, date à laquelle il est nommé sous-principal au collège d'Avranches [département de la Manche ; académie de Caen] .

1852. SOUS-PRINCIPAL AU COLLÈGE D'AVRANCHES. 
Auguste Matinée est nommé, le 17 janvier 1852, sous-principal au collège d'Avranches.
Il y reste jusqu'en mars 1853, date à laquelle il est nommé dans l'administration de l'académie départementale de la Manche.

1853. SECRÉTAIRE DE L'ACADÉMIE DÉPARTEMENTALE DE LA MANCHE.
En 1853, et depuis la loi organique du 15 mars 1850, inspirée par Alfred de Falloux [1811-1886], et mise en œuvre par Félix Esquirou de Parieu [1815-1893], ministre de l’Instruction publique et des Cultes [octobre 1849-janvier 1851], le fonctionnement universitaire a été profondément modifié : les académies, jusqu’alors regroupement de départements, voient leur ressort considérablement restreint. Conçues pour un encadrement plus étroit du personnel enseignant, elles deviennent strictement départementales et de « petits recteurs », aux attributions réduites, sont nommés.
L'article 7 de la loi stipulant qu'il est établi une académie par département, quatre-vingt sept académies sont créées [dont celle d’Alger]. Quatre-vingt-sept postes de recteurs sont à pourvoir, dont beaucoup sont seront occupés par d'anciens proviseurs ou d'anciens inspecteurs d'académie, promus à la fonction de recteurs. Ces recteurs départementaux disposent parfois d'un inspecteur d'académie, mais le plus souvent seulement d'un secrétaire.

Le 1er avril 1853, Auguste Matinée est nommé secrétaire de l'académie départementale de la Manche, établi au chef-lieu académique de Saint-Lô. Le recteur de l'académie est, depuis le 10 août 1850, l’abbé Auguste Alexis Paimblant [1809-1878], ancien principal du collège de Coutances [octobre 1837-août 1850], en poste comme recteur jusqu'au 24 août 1854, et qui ne dispose pour l'assister que d'un secrétaire d'académie en la personne d'Auguste Matinée.

Auguste Matinée succède à Couvrechef, ancien premier commis de l'académie de Caen [troisième classe], nommé secrétaire de l'académie de la Manche le 19 août 1850.
Auguste Matinée est secrétaire de l'académie départementale de la Manche du 1er avril 1853 au 18 octobre 1854.

1854. PROFESSEUR DE LOGIQUE AU COLLÈGE D'AVRANCHES.
Mais en 1854, la loi du 14 juin 1854, complétée par le décret impérial du 24 août, met fin aux dispositions antérieures prévues par la loi organique du 15 mars 1850. 
Dans son article 1, cette loi fait passer de quatre-vingt-six à seize le nombre d'académies, en supprimant les académies départementales et en créant des grandes académies s'étendant sur plusieurs départements.
Les chefs-lieux des nouvelles académies sont : Aix, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont, Dijon, Douai, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nancy, Paris, Poitiers, Rennes, Strasbourg, Toulouse.
Auguste Matinée quitte son ancien poste administratif pour reprendre une fonction enseignante, mais à un niveau beaucoup plus élevé que celui de maître d'études. En effet, en 1854, il est nommé professeur de logique au collège d’Avranches, où il avait été sous-principal en 1852-1853.

Professeur de logique et non professeur de philosophie, car l'enseignement de la philosophie en tant que telle a été ramené en 1852 au seul enseignement de la logique ; en même temps que l'appellation de classe de « philosophie » disparaît, remplacée par celle de « logique-lettres ». Ce n'est qu'en 1863, par le décret du 29 juin [article 1] que « la classe de logique dans les lycées reprend son ancien nom de classe de philosophie » .  
Auguste Matinée reste en poste de 1854 à 1857, année où il est nommé Inspecteur primaire à Vire.  

1857. INSPECTEUR PRIMAIRE DANS L'ACADÉMIE DE CAEN.
En 1857, Auguste Matinée est nommé inspecteur primaire à Vire [département du Calvados]. Il est ainsi un des vingt-cinq inspecteurs primaires de l'académie de Caen, dont le recteur est depuis le 24 août 1854 Achille François [1809-1865]. 
Auguste Matinée succède dans ce poste d'inspecteur primaire à l’abbé Auguste Alexis Paimblant [1809-1878], ancien recteur départemental de l'académie de la Manche, dont il a été à cette époque le secrétaire.
Mais il ne reste à Vire que quelques mois, en étant remplacé par Ernouf, ancien inspecteur primaire de Savenay [Loire-Inférieure].

1859. SOUS-PRINCIPAL DU COLLÈGE DU HAVRE.
Sous-principal du collège du Havre [département de Seine-Inférieure ; académie de Caen] du 7 février 1859 au 4 août 1861.
Auguste Matinée est en même temps, chargé de la classe de logique en 1860-1861.

1861. CENSEUR DES ÉTUDES AU LYCÉE DU HAVRE.
Le décret du 22 juillet 1861 érige le collège en lycée. Auguste Matinée, déjà en poste comme sous-principal est nommé le 5 août 1861, le premier censeur du lycée du Havre 
Il travaille auprès de Louis Sauvion [1815-1871], premier proviseur du lycée, en poste du 17 août 1861 au 21 septembre 1868 ; puis quelques mois auprès de Jules Nomy [1829-1883].
Auguste Matinée reste en poste jusqu'au 23 février 1869, date de sa nomination comme proviseur suppléant à Coutances. Il est remplacé comme censeur au Havre par Jean Baptiste Faurie [1820- ], en poste jusqu'au 7 février 1870.

1864. DOCTORAT ÈS-LETTRES A LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES.
En 1864, Auguste Matinée est le seul impétrant docteur à la Faculté des Lettres de Rennes.

Docteur ès-lettres [Rennes, juillet 1864] avec une thèse latine : S. Augustinus Aurelius in Soliloquiis qualis philosophus appareat, qualis vir ? Thesim proponebat Faculti Litterarum Redonensi [Le Havre : Imprimerie  Alph. Lemale. Quai d'Orléans, 9. In-8, 51 p., 1864]. 
Avec, en exergue sur la page de titre, une citation d'Erasme : « Infans in Christo, vel novus tiro » (Erasmus. Praef. In August.). 
La thèse n'est pas dédiée.
Numérisé : Google Books.
« M. Matinée, dans cette étude, se propose de suivre le travail de trandformation qui s'opère dans l'âme d'augustin et le fait passer peu à peu de la vie de la raison à la vie de la grâce, de la philosophie à la Foi ». [Athénaïs Mourier. Notice sur le doctorat ès-lettres]. 

La thèse, en français, a pour titre : Examen du Parménide [Le Havre : impr. de A. Lemale. Quai d'Orléans. 9. In-8, 123 p., 1864].
Avec, en exergue sur la page de titre, une citation en français [de Platon] : « Tu auras de l'indulgence et tu voudras bien te contenter du peu que nous pourrons tirer d'un sujet si difficile » [Soph. 241. Tr. Cousin].
Sur la dernière page sont imprimés les mentions : 
Cette thèse sera soutenue par A. Matinée, licencié ès-lettres, aspirant au grade de docteur, le … 1864.
Vu et lu. À Rennes, le 5 juillet 1864, par le doyen de la Faculté des lettres de Rennes. H. Martin.
Vu : Permis d'imprimer. Le Recteur de l'Académie. A. Mangin.
La thèse n'est pas dédiée.

RÉFLEXION SUR LE PROJET CENTRAL D'UNE THÈSE SUR PARMÉNIDE.
L'exemplaire de la thèse en français, Examen du Parménide, disponible à la Bibliothèque de l'École normale supérieure, comporte en plus, collé à un onglet, un manuscrit de la main d'Auguste Matinée d'une écriture soignée, penchée et régulière, texte de deux pages et demi, signé le 3 octobre 1877, définissant le projet souhaitable d'une thèse prolongeant la sienne.
En voici le texte intégral : 
« Aujourd'hui plus fortement encore/ qu'il y a  treize ans, je demeure convaincu/ de la vérité des propositions suivantes :
I. Le Parménide n'est autre chose qu'une démonstration/ par l'impossible de la vraie nature de l'Unité/ il écarte les hypothèses inadmissibles pour ne/ laisser place qu'à la solution platonicienne./
II. Les hypothèses que Platon renverse/ l'une après l'autre sous le ridicule de leur/ conséquences, ne sont pas une œuvre/ d'imagination. Il serait sans doute possible/ d'y reconnaître les solutions du problème proposées/ par quelques Écoles contemporaines ou antérieures,/ par les Éléates, par les Mégariques, par/ quelques Ioniens, Héraclite en première ligne./
III. Les Alexandrins ne sont pas  des/ Platoniciens, si la ferme intention de l'être/ ne suffit pas pour justifier cette prétention./ Platon ne leur fournit guère qu'un cadre/ dans lequel ils rangent de leur mieux/ les idées d'Aristote. Ce sont plutôt des Péripatéticiens// qui errent dans le jardin d'Académos, invoquant/ à chaque pas le nom du Maître, mais tout/ imprégné de l'esprit du Disciple./
Si ces conjectures verraient quelque/ jour à prendre du crédit, on voit aisément quelles/ en seraient les conséquences./
- Faire mieux connaître le divin Platon ;/ mettre en lumière l'accord des diverses formes/ de la Dialectique et par là écarter pour toujours/ ces soupçons d'incertitude, d'incohérence ou de/ contradiction, qui sont plus compromettantes pour/ l'honneur de la Critique que pour la gloire du/ Philosophe. - Restituer en partie diverses doctrines/ très peu et très mal connues, en comparant les/ hypothèses du Parménide et le débat auquel/ elles donnet lieu, avec les rares fragments qui/ nous ont été conservés et les appréciations que nous/ a léguées l'antiquité. - Déterminer avec plus de/ précision le caractère de l'École d'Alexandrie/ et la part d'influence  qui revient en propre à ces/ Philosophes qui fusionnent le plus sincérement du monde/ presque à leur insu, les deux grands courants// de la Philosophie grecque :
Telle est la tâche que j'ai entrevue./ Elle était trop lourde pour un censeur en 1864./
Elle ne l'est pas moins aujourd'hui pour un/ proviseur pénétré de l'importance des devoirs/ que lui impose la direction d'un grand lycée./ Je fais des vœux pour qu'elle n'efraie pas/ trop des esprits plus claivoyants, mieux préparés,/ amoureux de la Philosophie et libres de lui/ consacrer le meilleur de leur temps.//
Rouen, 3 octobre1877.
A. Matinée

LOCALISATION EN BIBLIOTHÈQUE DE LA THÈSE SUR PARMÉNIDE.
• Lille 3. BU.
• Bibliothèque de l'École normale supérieure, ULM LSH, salle 4 [cote : Thèse 428].
Les deux thèses reliées. À consulter sur place.
• Strasbourg BNU.
• Toulouse 2 BUC Mirail.

1869. PROVISEUR SUPPLÉANT AU LYCÉE DE COUTANCES.
Auguste Matinée est nommé proviseur suppléant au lycée Impérial de Coutances [département de la Manche ; académie de Caen] le 23 février 1869, en remplacement de l'abbé Édouard Lair [1816-1890], proviseur depuis août 1853, qui vient d'obtenir un congé.
Auguste Matinée reste en fonction comme proviseur suppléant jusqu'au 10 août 1869.
Il est assisté par Charles Fierville [1833-1904], censeur des études, du 10 septembre 1868 au 12 décembre 1874.
Ensuite de quoi, l'abbé Édouard Lair reprend son poste, qu'il conserve jusqu'au 19 septembre 1874, date de sa mise à la retraite. 

1869. PROVISEUR AU LYCÉE DE RENNES.
Auguste Matinée est nommé le 16 août 1869, proviseur du lycée impérial de Rennes, en remplacement de Pierre [François] Legagneur [1811-1871], proviseur du 12 février 1862 au 11 août 1869.

Travaillent auprès de lui successivement, comme censeurs des études, Louis Gabriel Le Renard [1833-1933], censeur du 20 août 1868 au 26 septembre 1871 ; Alphonse Lair [1834-1900], censeur du 26 septembre 1871 au 14 mars 1874, et enfin Ernest Alphonse Debrun [1829- ], anciennement censeur au lycée de Pontivy, censeur au lycée de Rennes du 14 mars 1874 au 2 août 1876.

Auguste Matinée reste en poste jusqu'au 5 décembre 1874, date de sa nomination à Rouen.
Il est remplacé comme proviseur par Gustave Brunet [1838-1877], ancien élève de l'École normale [1860], agrégé de grammaire [1863], antérieurement censeur des études au lycée au lycée de Nancy [1871-1874].

1874. PROVISEUR AU LYCÉE CORNEILLE À ROUEN.
Auguste Matinée devient proviseur [de deuxième classe] au lycée Corneille à Rouen, le 16 décembre 1874, en remplacement d'Alexandre Pierre Gautier [1822-1910], proviseur du 8 janvier 1866 au 3 décembre 1874, nommé à Paris, au lycée Saint-Louis. 

Travaillent auprès de lui, comme censeurs des études, successivement : Victor Émile Debaise [1830-1893], du 19 septembre 1874 au 30 novembre 1875 ; Pierre Bos [1832- ], du 30 novembre 1875 au 4 mai 1878 ; René Desfours [1848- ], du 4 mai 1878 au 12 août 1881.

Auguste Matinée reste en poste jusqu'au 12 août 1881, date de sa mise à la retraite.
Il est remplacé comme proviseur par Emma Alexis Méalin [1830-1905], nommé le 12 août et en poste jusqu'au 7 août 1883.

1879. PLATON ET PLOTIN.
Auguste Matinée fait paraître en 1879 : Platon et Plotin : Étude sur deux théories philosophiques, par A. Matinée, Docteur ès-lettres [Paris : Librairie Hachette et Cie. 79, Boulevard Saint-Germain. In-12, XII-161 p., 1879]. Table des matières.
Avec, en exergue sur la couverture et sur la page de titre, une citation en traduction française : « L'homme libre ne doit rien apprendre en esclave » (Platon : République VII). 
Numérisé : https://archive.org/stream/platonetplotint00matigoog#page/n11/mode/2up

1885. AUTRE PUBLICATION.
Anecdotes de la révolution de Saint-Domingue racontées par Guillaume Mauviel, évêque de la colonie (1799-1804). Communication faite à la Société d'archéologie de la Manche par M.A. Matinée, vice-Président. [Saint-Lo : Imp. d'Élie fils, rue des Prés, 5. In-8, 156 p., 1885].
Réimprimé du volume VI des "Notices mémoires et documents publiés par la Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle du départment de la Manche" [1885]. Tiré à 120 exemplaires.
Numérisé : Gallica BNF ; HathiTrust.
Il s'agit d'une Communication faite à la société d'Archéologie de la Manche.

Un médecin-poète du XVIIIe siècle [Saint-Lô : impr. de Jacqueline fils. In-8, 98 p., 1887].
Extrait des "Mémoires de la Société d'archéologie de la Manche". La communication porte sur Jean-Baptiste Dubois.

SOCIÉTÉ SAVANTE.
Société d'archéologie de la Manche. Vice-Président.

DÉCORATION.
Officier d'académie [29 août 1864].
Officier de l'Instruction publique [29 juillet 1870].
Chevalier de l'Ordre National de la Légion d’Honneur [14 octobre 1873].

SOURCE.
1880. Athénaïs Mourier. Notice sur le doctorat ès-lettres suivie du Catalogue et analyse des thèses latines et françaises admises pour le doctorat par les Facultés des Lettres, depuis 1810 [...] [Paris : Delalain frères. Quatrième édition, in-8, XII-442 p., 1880].

1894. Charles Fierville. Archives des lycées, proviseurs et censeurs, 1er mai 1802-1er juillet 1893 : documents administratifs recueillis et classés pour la première fois [Paris : Firmin-Didot. In-4. LXXXV-526 p., 1894]. Quatrième partie : notices individuelles.

SITOLOGIE.
Base Léonore [Légion d'honneur].
http://www.culture.gouv.fr/LH/LH163/PG/FRDAFAN83_OL1793053V007.htm
 
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