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Magnin, Charles (1793-1862), bibliothécaire, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
C’est à la protection du conservateur de la Bibliothèque impériale de l’époque, familier d’un de ses oncles, que Charles Magnin doit l’entrée dans la carrière, qui le fera passer, à la sortie du lycée, de simple « Aide aux Imprimés » [1813] à la position de « Conservateur » du Département des Imprimés [1832] de ce qu’aujourd’hui on appelle la BnF [Bibliothèque Nationale de France].
En même temps Charles Magnin mène méthodiquement une carrière d’écrivain, de journaliste, de professeur, publiant des études savantes sur la littérature et l’histoire du théâtre, qui le conduit à être élu membre de l’Institut. 

Charles Magnin [1793-1862]. Né le 4 novembre 1793, à Paris [Seine] ; mort le 8 octobre 1862, à Paris [Seine].

PREMIÈRES ÉTUDES.
Fréquente à Paris l'institution Pitre-Chevalier, puis le collège Sainte-Barbe Delanneau, au quartier latin, dont les pensionnaires sont élèves du lycée Henri-IV.
Élève du lycée Napoléon [actuel lycée Henri-IV], où il est, pour le grec, élève de Joseph Victor Leclerc [1789-1865], futur professeur d'Éloquence latine à la Faculté des lettres de Paris.
Charles Magnin remporte en 1812, alors qu'il est en rhétorique, le premier prix des nouveaux pour le Discours français au Concours général et un accessit en Version grecque.

1813. EMPLOYÉ À LA BIBLIOTHÈQUE IMPÉRIALE.
Charles Magnin entre, à dix-neuf ans, à la Bibliothèque impériale comme « Aide aux imprimés », le 25 mars 1813.
Il y fait carrière jusqu'à devenir en novembre 1832, et jusqu'à son décès survenu le 8 octobre 1862, l'un des deux conservateurs au Département des Livres imprimés [appelé plus brièvement les Imprimés] de la Bibliothèque royale. Il est nommé conservateur en 1832, à la mort de Louis Demanne [1773-1832], survenue le 23 juillet 1832.

Lorsqu'il est nommé « conservateur » à la Bibliothèque royale, dont Jean Antoine Letronne [1787-1848] est le directeur, celle-ci comprend quatre départements : les Livres imprimés ; les Manuscrits ; les Médailles et Antiques ; les Estampes, Cartes géographiques et Plans.
Le Département des Livres imprimés comprend en 1832 deux Conservateurs-Administrateurs : Charles Magnin [1793-1862] ; Charles Lenormant [1802-1859], et deux conservateurs adjoints : Alexandre Ballin [1783-1863] ; Louis Dubeux [1798-1869].

La notice, très complète, « Sur la vie et les travaux » que lui consacre Henri Wallon, dans la séance du 27 novembre 1874 de l'Académie des Inscriptions, fournit, dans une note en bas de page, le détail de la carrière :
Du 25 mars 1813 au 5 mars 1815, aide aux imprimés, aux appointements de 1 800 francs ; du 5 mars 1815 au 23 décembre 1824, troisième employé, aux appointements de 2 000 francs ; du 23 décembre 1824 au 1er juin 1831, deuxième employé, aux appointements de 2 400 francs ; du 1er juin 1831 à novembre 1832, premier employé, aux appointements de 2 600 francs ; enfin à partir de novembre 1832, l'un des deux conservateurs du département des Imprimés.

1815. LE CONCOURS DE POÉSIE DE L'INSTITUT.
Participe en 1815 au concours de poésie de la seconde classe de l'Institut royal de France [Classe de la Langue et de la Littérature française] : « Sur les derniers moments du chevalier Bayard ».
Les prix sont décernés au cours de la « Séance publique » du 5 avril 1815. Charles Magnin obtient un accessit, tandis que Mme Adélaïde Gillette Dufresnoy [1765-1825] et le poète et dramaturge Alexandre Soumet [1786-1845] se partagent le prix.

Charles Magnin publie sa poésie : Les derniers moments du chevalier Bayard ; pièce qui a obtenu l'accessit du prix de poésie française, décerné par la seconde classe de l'Institut, dans la Séance publique du 5 avril 1815, par Charles Magnin [In-8, 8 p., 1815].
Numérisé : Gallica BNF.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57229607.r=magnin%2C%20charles?rk=600861;2

Il donne l'argument : « Le Connétable, traître à sa patrie, est blessé à mort au siège de Rome, et rapporté dans sa tente par les complices de sa trahison. C'est là que, repassant dans sa mémoire les dernières paroles du chevalier Bayard, qu'il avait vu mourir trois ans auparavant, il s'écrie dans l'excès de sa douleur : [le texte de la poésie] ».
Avec en exergue une citation du poète latin Perse, Satire III : Virtutem videant, intabescantque relicta [Qu'ils voient la vertu, et se consument de l'avoir abandonné].

1820. LE CONCOURS D'ÉLOQUENCE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE.
En 1820, Charles Magnin participe au prix de l'Académie française sur l'Éloquence : « Déterminer et comparer le genre d'éloquence et les qualités morales de l'orateur du barreau et de l'orateur de la tribune ».
Sur le Rapport de François Just Marie* Raynouard [1761-1836], secrétaire perpétuel de l'Académie, rapport lu dans la séance publique du 24 août 1820, Charles Magnin n'obtient qu'une mention, tandis que le prix est remporté par Gaspard Gilbert Delamalle [1752-1834], conseiller d'État, membre du Conseil royal de l'Université.

Vingt-quatre ouvrages ont été envoyés au concours. Quatre sont distingués : Le discours de l'avocat Gaspard Gilbert Delamalle [1752-1834], qui obtient le prix ; celui de l'homme de lettres et journaliste Pierre Armand Malitourne [1797-1866], qui reçoit une mention honorable ; celui d'un auteur resté anonyme, qui reçoit une seconde mention honorable ; enfin celui de Charles Magnin [numéro 16] qui « mérite des encouragements ».

Le Rapport de François Just Marie Raynouard indique : « L’auteur du n° 16 a choisi la forme du dialogue, forme peu favorable aux discours académiques ; il a trop généralisé le sujet, et il n’est pas arrivé à la solution précise des questions proposées. Toutefois l’Académie a cru qu’il méritait des encouragements à raison de quelques parties de son ouvrage, où l’on remarque des sentiments nobles, touchants, exprimés d’un style élégant et gracieux.
Cet ouvrage est de M. Charles Magnin, qui avait obtenu cinq ans auparavant, en 1815, l’accessit au concours de poésie, sur : Les derniers moments de Bayard ».

1820. PUBLICATION DE L'ENTRETIEN SUR L'ÉLOQUENCE.
Charles Magnin, ayant obtenu des encouragements de l'Académie française, publie son texte : Entretien sur l’éloquence. Pièce qui a obtenu une mention de l'Académie française, dans la séance du 24 août 1820. Par M. Charles Magnin [A Paris : chez de Bure frères, libraires du roi et de la bibliothèque du roi, rue Serpente, n° 7. In-8, 35 p., 1820]. 
En exergue, sur la page de titre : Homo duplex ... duplex eloquentia.
L'entretien a lieu entre un jeune Polonais et un doux vieillard, dans l'île des Peupliers, dans la Parc d'Ermenonville, auprès du monument où Jean Jacques Rousseau avait été inhumé en 1778.
Numérisé : Google Books.
https://books.google.fr/books?id=VWQmBxo9znMC

1824. UNE COMÉDIE SUR RACINE, DE TROIS ACTES À UN ACTE.
En 1824, Charles Magnin écrit une comédie en trois actes et en prose, intitulée : Racine, et la troisième représentation des Plaideurs.
Présentée au second Théâtre-Français [aujourd'hui Odéon] elle est reçue « à correction » le 2 août 1824, et, réduite à un acte, sur les conseils de l'auteur dramatique François Andrieux [1759-1833], de l'Académie française est reçue définitivement le 20 octobre.
Elle est jouée à l'Odéon le 14 février 1826, et connaît, avec un succès d'estime, seulement une douzaine de représentations.
Le texte en est publié : Racine, ou la Troisième Représentation des Plaideurs [Paris : J.-N. Barba, éditeur. 1826]. Comédie en trois actes.
Numérisé : https://books.google.fr/books?id=41FoAAAAcAAJ

1824-1830. LE GLOBE, JOURNAL LITTÉRAIRE.
Le journal « Le Globe, journal littéraire », devant paraître tous les deux jours, est créé à l'initiative d'une part de Paul François Dubois [1793-1874], devenu journaliste depuis sa destitution de l'Université en 1821, et d'autre part de Pierre Leroux [1797-1871], et avec des capitaux apportés par l’imprimeur Alexandre Lachevardière [1795-1855].
Son premier numéro paraît, sur quatre pages in-quarto, le mercredi 15 septembre 1824.
Après un long « éditorial » exceptionnel de deux pages, le journal consacre ses articles à la Russie, à l'Allemagne, à la Grèce, à l'Angleterre, à la France.

Y écrivent des personnalités dont beaucoup deviendront des célébrités : Adolphe Thiers [1797-1877] ; Théodore Jouffroy [1796-1842] ; Tanneguy Duchâtel [1803-1867] ; Charles de Rémusat [1797-1875] ; Ludovic Vitet [1802-1873] ; Prosper Duvergier de Hauranne [1798-1881] ; Charles Augustin Sainte-Beuve [1804-1869], etc.

1824-1830. JOURNALISTE AU GLOBE.
Charles Magnin, dès le 30 octobre 1824, est invité aux « lundis » de Paul François Dubois, sorte de conférences de rédaction qui se tiennent au 10 de la rue Saint-Benoît, dans les locaux du journal, où Dubois dispose d'un appartement. Charles Magnin entre officiellement à la rédaction du Globe, à la fin de l'année 1824. Il devient actionnaire du journal en 1826, et fait ainsi partie du petit groupe des actionnaires : Dubois, Pierre Leroux, Rémusat, Vitet, Guizot, Lafitte, Sautelet, Duchâtel, Duvergier de Hauranne fils, Jouffroy. 
Charles Magnin acquiert une « action de seconde création » en février 1830.

Journaliste littéraire, Charles Magnin, avec une centaine d'articles [le premier en date du 14 décembre 1824 ; le dernier en date du 16 octobre 1830], rend compte notamment des représentations de Shakespeare, des pièces du théâtre anglais et du théâtre français : Mérimée, Hugo, Scribe, Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, etc. Il signe des comptes rendus d'ouvrages sur Virgile, et sur quelques poètes contemporains.

Certains de ces articles sont repris dans les deux volumes de ses Causeries et Méditations historiques et littéraires, parues en 1843 [Paris : Benjamin Duprat, Libraire de l'Institut, de la Bibliothèque royale et de la Société asiatique de Londres. In-8, 507+539 pp., 1843].
Le tome premier pour la partie française ; tome second pour la partie étrangère.
Numérisé : 
Tome premier : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k118315s
Tome second : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1183165

MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ « AIDE-TOI LE CIEL T'AIDERA ».
Coopère, en août 1827, à la fondation de la société « Aide-toi, le ciel t'aidera », société formée à l'initiative de François Guizot [1787-1874] ; Charles Paravey [1801-1877], avocat à la cour royale de Paris ; Camille de Montalivet [1801-1880] pair de France, et quelques autres, pour défendre la liberté des élections législatives à venir, élections qui auront lieu les samedis 17 et 24 novembre 1827.

Charles Magnin se retire de la Société, dès la nomination de la nouvelle Chambre des députés, qui se réunit le 5 février 1828 ; Chambre qui voit la formidable progression des libéraux et doctrinaires avec cent quatre-vingt sièges, contre dix-sept dans la précédente législature [1824-1827], et le tassement des ministériels et doctrinaires avec cent quatre-vingt sièges contre quatre cent treize dans la précédente législature.

1832. JOURNALISTE AU NATIONAL.
Charles Magnin donne aussi, en 1832, quelques articles au National, journal d'opposition libérale, fondé en janvier 1830, par Adolphe Thiers [1797-1877], François Auguste Alexis Mignet [1796-1884], et Armand Carrel [1800-1836].
Ainsi, le 18 juillet 1832, un compte rendu de l'ouvrage de Pierre Simon Ballanche [1776-1847] L'Homme sans nom, épisode de 1793 ; dont une nouvelle édition en deux volumes vient de paraître à Paris, chez l’imprimeur-libraire Le Normant.

Et le 27 août 1832, un compte rendu d'Histoire du Cercle de craie, drame en prose et en vers traduit du chinois et accompagné de notes, par le sinologue Stanislas Julien [1799-1873], ouvrage paru en français à Londres, en 1832.

1831. SUPPLÉANT DE JEAN JACQUES AMPÈRE À L'ÉCOLE NORMALE.
Charles Magnin est nommé suppléant de Jean Jacques Ampère, dans la conférence de Littérature étrangère à l'École normale [1831-1832].
Jean Jacques Ampère [1800-1864], après son enseignement à l'Athénée de Marseille, sur la poésie scandinave, et son retour à Paris, est nommé maître de conférences de Littérature étrangère à l'École normale, de 1830 à 1832, puis maître de conférences de Littérature française, en remplacement de Claude Fauriel [1782-1844].

1832. CONSERVATEUR AUX IMPRIMÉS À LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE.
En remplacement de Louis Demanne [1773-1832], l'un des deux conservateurs au département des Imprimés depuis le 23 novembre 1820, et décédé le 23 juillet 1832, Charles Magnin devient en novembre 1832 l'un des deux conservateurs au département des Imprimés de la Bibliothèque royale.
L'autre conservateur est Joseph Van Praet [1754-1837], entré à la Bibliothèque en 1784, et premier à porter le titre de « conservateur » des Imprimés depuis 1795. Après la mort de Joseph* Van Praet, survenue le 5 février 1837, Charles Magnin rédigera une notice sur Van Praet, en date du 4 novembre 1845, publiée dans la Biographie universelle [Tome LXXVIII] et reprise en tiré à part [Paris : imprimerie de E. Duverger. In-8, 7 p., 1845].
Charles Magnin, d'abord adjoint de Joseph Van Praet, puis son collègue, reste en poste au département des Imprimés jusqu'à son décès, survenu le 8 octobre 1862.

La tradition veut que Charles Magnin, de par sa position de Conservateur des Imprimés « devint le documentaliste attitré de sainte-Beuve, lui fournissant chaque semaine les livres dont celui-ci avait besoin pour ses feuilletons ».

1834. SUPPLÉANT DE CLAUDE FAURIEL À LA FACULTÉ DES LETTRES.
Charles Magnin est nommé suppléant de Claude Fauriel dans la chaire de Littérature étrangère de la Faculté des Lettres de Paris, en 1834 et 1835.
Claude Fauriel [1772-1844] avait été nommé titulaire de la chaire, au moment de sa création en 1830, restant professeur en titre jusqu'au 15 juillet 1844, date de son décès.
Mais, Charles Magnin n'étant pas docteur ès-lettres, sa suppléance ne peut être que provisoire. La suppléance de Claude Fauriel sera ultérieurement assurée par Frédéric Gustave Eichhoff [1799-1875], en 1839 et 1840, puis par Frédéric Ozanam [1813-1853], suppléant de 1840 à 1844.
L'enseignement de Charles Magnin porte sur l'Histoire du génie dramatique, depuis le 1er jusqu'au XVIème siècle, précédé d'une introduction contenant des études sur les origines du théâtre antique. Autrement dit : « Sur les origines du théâtre moderne » [Sainte-Beuve].

1838. LES ORIGINES DU THÉÂTRE MODERNE.
C'est sur ce même thème, et à partir de ses cours à la Faculté des Lettres, que paraîtra de Charles Magnin, en 1868, son ouvrage : Les origines du théâtre antique et du théâtre moderne, ou Histoire du génie dramatique depuis le Ier jusqu'au XVIe siècle par Charles Magnin, membre de l'Institut [Paris : Auguste Eudes, Libraire. 3, Place de la Sorbonne. In-8, XXXII-522 p., 1838]. Errata. Avertissement.
L'ouvrage est dédié : « A Monsieur Fauriel,/ Professeur à la Faculté des Lettres de Paris,/ Auteur de l'Histoire de la Gaule méridionale, etc.// Hommage ».
Sur la couverture, en encadré : Agrionies ; Choeurs tragiques ; Danses comiques ; Gladiateurs ; Jeux séculaires ; Mystères et initiations ; Mimes ; Pantomimes obscènes et sanguinaires. Apparition du Christianisme.
Numérisé : 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204351h

L'introduction de l'ouvrage reprend le texte de la leçon d'ouverture à la Faculté des Lettres de Paris.
Un très long article d'Henri Patin [1793-1876], paru en janvier 1839, dans le Journal des Savants, fait un compte rendu élogieux de l'ouvrage : « Ce livre, l'un des plus remarquables qui aient paru l'année dernière ».
Également Eugène Bareste [1814-1861] écrit dans la Revue de Paris le compte-rendu de l’ouvrage de Charles Magnin sur les Origines du théâtre.

1838. JOURNALISTE À LA REVUE DES DEUX-MONDES.
Charles Magnin écrit régulièrement dans la Revue des Deux-Mondes, depuis mars-avril 1838. Avec d'abord deux longues Études sur les origines du théâtre antique pour servir d'introduction à l'histoire du théâtre moderne ; des compte rendus de réception à l'Académie française en 1840 [Flourens ; Victor Hugo] ; différents articles sur Victor Hugo, les Rayons et les Ombres [juin 1840], les Burgraves [mars 1843] ; plusieurs articles sur l'Histoire des marionnettes, dans l'Antiquité [juin 1850], au Moyen-âge en Italie et en Espagne [août 1850], en France [septembre 1850], en Angleterre [juin 1851], en Allemagne et les Pays du Nord [mars 1852] ; divers articles de critique littéraire.

L'article sur La comédie au IV ème siècle, Querolus, paraît dans le numéro du 15 juin 1835, de la Revue des Deux-Mondes.
La publication du texte De la mise en scène chez les anciens se répartit sur trois numéros de la Revue des Deux-Mondes : sur le numéro du 1er septembre 1839, pour Présentation des pièces, comités de lecture, censure dramatique ; sur le numéro du 14 avril 1840, pour Distribution des rôles, directeur de troupes, acteurs ; enfin sur le numéro du 1er novembre 1840, pour Affiches, annonces, billets d'entrée.

1838. ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES.
Charles Magnin est élu le 30 novembre 1838, membre ordinaire de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, au fauteuil IV, rendu vacant par le décès d'Antoine Isaac Silvestre de Sacy [1758-1838], élu en 1803, et dont la mort est survenue le 21 février 1838 à Paris.
Il est ainsi le second occupant de ce fauteuil : Antoine Isaac Silvestre de Sacy, le premier occupant avait été nommé associé libre de l'Académie royale dès le 15 janvier 1785.

Charles Magnin y fait plusieurs lectures. Notamment dans les séances du 21 février et 28 février 1840, la lecture d'un troisième mémoire sur la Mise en scène chez les anciens.

Après son décès, survenu le 8 octobre 1862, Charles Magnin est remplacé à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres par l'orientaliste William Mac Guckin de Slane [1801-1878], élu le 5 décembre 1862.

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES ET SCIENTIFIQUES.
Dans la continuité d'une réflexion engagée dès 1833 François Guizot, à la suite de différents rapports soumis au Roi, obtient des crédits spéciaux sur le Budget de 1835, pour la publication de « Documents inédits sur l'histoire de France ».
Ces travaux se divisent en deux séries distinctes. L'une comprend les documents relatifs à l'histoire politique et sociale du pays, à sa législation, à ses institutions. L'autre s'occupe de l'histoire des sciences des lettres des arts et de leurs monuments.
A chacune des séries correspond un Comité.

Premier Comité.
Un premier Comité des travaux historiques et scientifiques [CTHS], chargé de concourir, sous la présidence du Ministre, à la recherche et à la publication des documents relatifs à l'histoire politique et sociale du pays, à sa législation, à ses institutions. La composition de ce comité est arrêtée le samedi 10 janvier 1835 :
Abel François Villemain [1790-1870], vice-président du Comité en l'absence du ministre ; Pierre Claude François Daunou [1761-1840] ; Joseph Naudet [1786-1878] ; Benjamin Guérard [1797-1854] ; François Auguste Alexis Mignet [1796-1884] ; Jacques Joseph Champollion-Figeac [1778-1867] ; Claude Fauriel [1772-1844] ; Ludovic Vitet [1802-1873] ; Jules Desnoyers [1800-1887] ; Bernard Adolphe de Granier de Cassagnac [1806-1880].
Le secrétaire en est Gustave Fallot [1807-1836].

Second Comité.
Un second Comité des travaux historiques et scientifiques [CTHS], chargé de concourir, sous la présidence du Ministre, à la recherche et à la publication des monuments inédits de la littérature, de la philosophie, des sciences et des arts, dans leur rapport avec l'histoire générale de la France. La composition de ce comité est arrêtée le samedi 10 janvier 1835 :
Victor Cousin [1792-1867], vice-président du comité ; Ludovic Vitet [1802-1873] ; Auguste Le Prévost [1787-1859] ; Prosper Mérimée [1803-1870] ; Victor Hugo [1802-1885] ; Charles Lenormand [1802-1859] ; Albert Lenoir [1801-1891].
Le secrétaire en est Adolphe Napoléon Didron [1806-1867].

1838. MEMBRE DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES.
En 1838, Charles Magnin est nommé membre du Comité des travaux historiques et scientifiques. Il reste membre de ce comité jusqu'en 1856.

Le 22 février 1858, avec une quinzaine d'autres personnalités, Charles Magnin « de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, conservateur à la bibliothèque impériale » est nommé membre honoraire du Comité des travaux historiques, par arrêté de Gustave Rouland [1806-1878], ministre d'État au département de l'instruction publique et des cultes [10 octobre 1860-24 juin 1863].

1840. RÉDACTEUR AU JOURNAL DES SAVANTS.
Après le décès de Pierre Claude François Daunou [1761-1840], survenu le 20 juin 1840, Charles Magnin le remplace comme rédacteur au Journal des Savants, alors que le poète dramatique Pierre Antoine Lebrun [1785-1873] en est le nouveau directeur depuis 1838.
Charles Magnin y fait paraître plusieurs contributions :
• Un compte rendu de l'ouvrage de Antoine Auguste Renouard, intitulé Annales de l'imprimerie des Estienne et de leurs éditions, paraissant dans les numéros de novembre 1840, janvier et mars 1841 du Journal des Savants.
• Un compte rendu de l'ouvrage publié par le vicomte de Carreira, avec une introduction du vicomte de Santarem, intitulé La Chronique de la découverte et de la conquête de la Guinée, paraissant dans les numéros de juillet et décembre 1841.
• Un compte rendu de l'ouvrage, paru en 1843, d'Edélestan du Méril, Poésies populaires latines antérieures au XII ème siècle, paraissant dans les numéros de janvier, mars, mai 1844.
• Un compte rendu de l'ouvrage, intitulé Barzaz-Breiz, chants populaires de la Bretagne, recueillis et publiés par Th. Hersart de la Villemarqué, paraissant dans les numéros de mars et août 1847.
• Un compte rendu de l'ouvrage, intitulé Le Ménager de Paris, traité de morale et d'économie domestique composé vers 1393 par un Parisien pour l'éducation de sa femme, publié par la Société des bibliophiles français, paraissant dans le numéro de novembre 1848.
• Un compte rendu de l'ouvrage de Prosper Tarbé, Collection des poètes champenois antérieurs au XVIème siècle, paraissant dans les numéros de juillet et août 1851.
• Un compte rendu de La Chanson de Roland, publiée par Génin, paraissant dans les numéros de septembre et décembre 1852, puis de mars 1853.
• Un compte rendu de La Satire en France au moyen âge par C. Lenient, paraissant dans le numéro d’octobre 1859.  

1843. CAUSERIES ET MÉDITATIONS HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES.
Charles Magnin publie en 1843 : Causeries et méditations historiques et littéraires, par M. Charles Magnin [Paris : Benjamin Duprat, libraire de l'Institut, de la Bibliothèque royale et de la Société asiatique de Londres. N° 7, rue du Cloître Saint-Benoît. In-8. Deux volumes. XII-507+538 pp., 1843]. Avertissement. Table. Errata. Ouvrage dans lequel il réédite un certain nombre d'articles parus dans le  journal Le Globe et dans la Revue des Deux-Mondes.
Le tome premier pour la partie française ; tome second pour la partie étrangère.
Numérisé : Gallica BNF.
Tome premier : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k118315s
Tome second : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1183165

1843. COMPTE RENDU DANS LA REVUE DES DEUX-MONDES.
L'ouvrage Causeries et méditations historiques et littéraires, de Charles Magnin, sous la rubrique Écrivains critiques et historiens littéraires de la France, fait l'objet d'un long compte rendu détaillé et favorable de Sainte-Beuve dans la livraison du 15 octobre 1843, page 245-261 de la Revue des Deux-Mondes. L'article, qui se termine par une intéressante apologie de la critique littéraire, s'achève sur ce compliment :
« Lors même que le feu des premières illusions est passé, lorsqu'on n'épouse plus ardemment une cause et qu'il n'y a plus de cause, la jouissance de la curiosité et de l'expression critique reste tout entière. On prend un livre, on s'y enfonce, on s'y oublie ; on médite alentour, on y muse et s'y amuse, desipere in libro ; puis insensiblement la pensée se prend, une idée sourit, on veut l'étendre, l'achever ; déjà la plume court, la déduction ingénieuse et industrieuse se poursuit, et quand on s'y entend aussi aisément que M. Magnin sait le faire, si désintéressée que soit d'ailleurs cette douce passion, il est difficile d'y résister ».

1844. NOTICE SUR LA VIE ET LES OUVRAGES DE CAMOENS.
Les Lusiades ou les Portugais. Poëme en dix chants par Camoens. Traduction de J.B.J. Millié, revue, corrigée et annotée par M. Dubeux […] ; précédée d'une notice sur la vie et les ouvrages de Camoens par M. Charles Magnin.
[Paris : Charpentier, Libraire-Éditeur. Quai de l’École, 28. In-12, LIX-363 p., 1844].

Une édition de la traduction des Lusiades de Luís de Camões [1525-1580], était parue en 1825, traduction faite l’année même par Jean Baptiste Joseph Millié [1773-1826], et revue par Louis Dubeux [1798-1863], conservateur à la Bibliothèque nationale, depuis 1835.
[Paris : Firmin Didot Père et Fils, rue Jacob, n° 24. De l’Imprimerie de Firmin Didot. Deux volumes in-8, 397+413 pp., 1825].

Quant au texte de Charles Magnin, on en trouve la préfiguration dans l’article que Charles Magnin publie en 1832, dans la Revue des Deux-Mondes [Tome 6, pages 145-182], intitulé Luiz de Camoëns.

Réédité en 1862.
Les Lusiades ou les Portugais. Poëme en dix chants par Camoens ; Traduction de J.B. J. Millié, revue, corrigée et annotée par M. Dubeux de la Bibliothèque impériale ; précédée d'une notice sur la vie et les ouvrages de Camoens par M. Charles Magnin, Membre de l’Institut. 
[Paris : Charpentier, Libraire-Éditeur. Quai de l’École, 28. In-12, LX-369 p., 1862].
Numérisé : 
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6485225f.texteImage
 
1845. THÉÂTRE DE HROTSVITHA.
Théâtre de Hrotsvitha, Religieuse allemande du Xe siècle traduit pour la première fois en français, avec le texte latin revu sur le manuscrit de Munich, précédé d’une introduction et suivi de notes par Charles Magnin, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
[A Paris : chez Benjamin Duprat, Libraire de l'Institut et de la Bibliothèque royale. Rue du Cloître Saint-Benoît, n° 7. In-8, LXIV-484 p., pl., 1845]. Notes et éclaircissements. Table des matières. Errata.
Numérisé : Archive.org
https://archive.org/stream/thtredehrot00hrot#page/n7

1851. NOTE EN RÉPONSE.
Note en réponse à une des questions posées par les membres de la commission chargée de l’examen du catalogue de la Bibliothèque nationale.
[Signé : Ch. Magnin, 17 mars 1851]. 
[Paris : Imprimerie de Palis. In-folio, 11 p. Lithographié].

1852. HISTOIRE DES MARIONNETTES EN EUROPE.
Histoire des marionnettes en Europe : depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, par Charles Magnin, membre de l'Institut. 
[Paris : Michel Lévy frères. In-8, 346 p., 1852]. Sommaire. Errata.
Numérisé : 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8825257.image

Réédité dix ans plus tard en 1862, « Deuxième édition, revue et corrigée [Paris : Michel Lévy frères, libraires-éditeurs. Rue Vivienne, 2 bis et boulevard des Italiens, 15. A la Librairie nouvelle. In-8, 356 p., 1852].
Numérisé : 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k882536z/f9.image

LEGS DES LIVRES ET DES MANUSCRITS.
La collection de livres et de manuscrits rassemblée par Charles Magnin fut léguée à la ville de Salins en 1862. La Bibliothèque municipale de Salins, a constitué un Fonds Charles Magnin qui recueille tous ses manuscrits.

CÉLÉBRATION DE CHARLES MAGNIN PAR SAINTE-BEUVE.
Au lendemain de la mort de Charles Magnin, survenue le 8 octobre 1862, à Paris, Charles Augustin Sainte-Beuve [1804-1869] consacre un long article de célébration dans la livraison du 15 mai 1863 de la Revue des Deux-Mondes, intitulé « Un Érudit écrivain-Charles Magnin ».
Revue des Deux-Mondes. Deuxième période Tome 45, 1963, pp. 299-320.
Numérisé : https://fr.wikisource.org/wiki/Un_Erudit_%C3%A9crivain_%E2%80%93_Charles_Magnin.
L’article sera repris par Sainte-Beuve dans les Nouveaux Lundis, tome cinquième, édition de 1884, page 440 sq.

Sainte-Beuve avait déjà consacré un article à Charles Magnin dans la livraison de la Revue des Deux-Mondes du 15 octobre 1843 [pages 245-277], comme compte rendu des Causeries et méditations historiques et littéraires qui venaient de paraître : « Il est tout à fait impersonnel, grande qualité pour le genre. Lorsque tant d’autres oracles prêchent pour leur saint, lui, li n’a pas de saint ; il n’accuse aucune préférence naturelle qui vienne traverser ou commander son examen. Cette indifférence philosophique que Descartes réclamait comme la première condition à la recherche de la vérité, il la réalise dans la pratique de la littérature ; et comme en même temps il a l’humeur vive et curieuse, la plume facile et prompte, une telle disposition neutre l’a conduit très loin. Sur une foule de points et de sujets, lui, sorti primitivement du giron classique et fidèle à bien des préceptes d’autrefois, il s’est trouvé un des plus avancés et des plus osés, l’un des moins prévenus contre l’idée ou la forme survenante, un des plus accueillants et des plus patients des chercheurs. Tel il s’est montré dans tout son rôle, depuis Miss Smithson jusqu’à Mlle Rachel, depuis Hernani jusqu’à Lucrèce ; sur Homère, sur l’abbesse Hroswhita, sur la reine Nantechild, sur Ahasvérus, il a émis, accepté et soutenu des doctrines, des vues, qui témoignent de l’ouverture de sa pensée et de sa flexibilité ingénieuse presque indéfinie ».

AUTRES PUBLICATIONS.
Dans le tome 1er de la Bibliothèque de l'École des Chartes, Charles Magnin fait paraître : Fragment inédit d'un comique du VII ème siècle.

DÉCORATION.
Nommé chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur, le 30 avril 1835, est promu officier le 26 octobre 1847.

SOURCE.
1893. Notice Charles Magnin, pages 111-116 dans Jean-Jacques Goblot. Le Globe, 1824-1830. Documents pour servir à l'histoire littéraire 
[Paris : Honoré Champion éditeur. 7, Quai Malaquais. Collection Bibliothèque de Littérature moderne. In-8, 353 p., 1993] Avant-propos. Sommaire. Index des noms de personnes.

SITOLOGIE.
1820. Rapport sur le concours d'Éloquence de l'Académie française en 1820.
http://www.academie-francaise.fr/rapport-sur-les-concours-deloquence-et-de-poesie-de-lannee-1820

15 mai 1863. Article de Sainte-Beuve : « Un Érudit écrivain-Charles Magnin ». Revue des Deux-Mondes. Deuxième période Tome 45, 1863, p. 299-320
Numérisé : https://fr.wikisource.org/wiki/Un_Erudit_%C3%A9crivain_%E2%80%93_Charles_Magnin

1874. Notice sur la vie et les travaux de M. Charles Magnin, membre ordinaire de l'Académie, par M. H. Wallon, secrétaire perpétuel. Séance du 27 novembre 1874.
http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1874_num_18_4_68182

15 mai 1863. Article de Sainte-Beuve.
http://obvil.paris-sorbonne.fr/corpus/critique/sainte-beuve_nouveaux-lundis-05/body-18

 
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