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Lechat, Julien, traducteur de la « Philosophie de l'Histoire » de Schlegel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Professeur de philosophie au collège de Nantes, Julien Lechat a laissé un nom dans l'histoire littéraire, en étant un des traducteurs en français du philosophe allemand Friedrich von Schlegel. Il fait ainsi partie du petit nombre de ceux qui acclimatent dans la culture française la pensée scientifique, romantique, littéraire, religieuse et catholique de Schlegel [1772-1829]. 

Ces différents traducteurs en français sont : l'Irlandais William Duckett [1768-1841], avec la traduction en 1829, de l'Histoire de la littérature ancienne et moderne ; Joël Cherbuliez [1806-1870], avec la traduction en 1831, du Tableau de l'histoire moderne ; Adolphe Mazure [1799-1870], avec la traduction, en 1837, de l'Essai sur la langue et la philosophie des Indiens ; l'abbé Charles Guénot, avec la traduction, en 1838, des deux volumes de la Philosophie de la Vie. 
  
CHRONOLOGIE.
Abbé Julien [Pierre Louis] Lechat [1794-1849] : Né le 7 messidor an III [25 juin 1794], à Fougères [Ille-et-Vilaine] ; mort le 8 octobre 1849.

Régent de seconde au collège communal de Vitré [Ille-et-Vilaine ; académie de Rennes], pendant un an.

Puis, pendant huit ans, régent de seconde à l'Institution de Saint-Malo [Ille-et-Vilaine].

En 1823, Julien Lechat est professeur à Nantes [Loire-Inférieure ; académie de Rennes], à l'École primaire de la Loire. Il y reste après 1828, lorsque l'École primaire changeant de nom devient École primaire supérieure de Nantes. Il y enseigne jusqu'en 1846, tout en ayant son poste comme professeur de philosophie au collège.

1826-1847. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU COLLÈGE DE NANTES.
Le collège de Nantes, fondé par décret du 1er vendémiaire an XII [24 septembre 1803], et par un autre décret du 23 septembre 1807, a été ouvert le 1er avril 1808.
L'enseignement de la philosophie y débute dans l'année universitaire 1810/1811, avec Étienne Poirier [1768-1852], antérieurement professeur de philosophie à Angers, chronologiquement le premier professeur de philosophie du lycée de Nantes. Celui-ci reste en poste jusqu'au 5 octobre 1819. Il est remplacé en 1819/1820 par Alexandre Guillaume [1785-1869], antérieurement censeur du collège royal [de novembre 1816 au 16 octobre 1819].

L'abbé Julien Lechat, chronologiquement le troisième professeur de philosophie, est nommé professeur au collège de Nantes [département de Loire-Inférieure ; académie de Rennes] en 1825/1826, en remplacement de l'abbé Alexandre Guillaume [1785-1869], en poste de 1820 à 1825.
Administrativement, Julien Lechat est nommé « provisoirement », d'autant qu'il n'est pas agrégé, et qu'une ordonnance royale de 1821 impose l'agrégation pour tout professeur de collège.
Julien Lechat reste en fonction jusqu'en 1847 au collège de Nantes, devenu depuis 1830 collège royal [de troisième classe]. L'établissement porte aujourd'hui le nom de lycée Georges Clémenceau.
Julien Lechat est remplacé, en 1847, par Charles Du Bouzet [1817-1883], puis en 1848 par Albert Lemoine [1824-1874], ancien élève de l'École normale [1844], agrégé de philosophie [1847].

L'abbé Julien Lechat y prononce, le 20 août 1838, le Discours à la distribution des prix du collège royal de Nantes : De la métaphysique [Nantes : imprimerie de C. Mellinet. In-16, 16 p., s.-d.]. 

1833. DOCTORAT ÈS-LETTRES.
En 1833, six thèses de doctorat ès-lettres sont soutenues à la Faculté des Lettres de Paris, par : 
Louis Henri* Monin [1809-1866], avec une Dissertation sur Le Roman de Roncevaux ; Pierre Benjamin Lafaye [1809-1867], avec une Dissertation sur la philosophie atomistique ; Émile Egger [1813-1885], avec une Étude sur l'éducation littéraire chez les Romains ; Jean Pierre Bazy [1804-1883], avec De l'Épopée ancienne et moderne ; Jean Louis Auguste Vincens de Gourgas [1798-1865], avec un Essai sur la poésie pastorale ; l'abbé Julien Lechat [1795-1849], avec une thèse Du Beau.

L'abbé Julien Lechat est docteur ès-lettres [Paris, mai 1833], avec une thèse latine : °De Humanorum cogitationum origine et principiis.
Sur la page de titre [en français] : °Université de France. Académie de Paris. Faculté des Lettres. Thèse de philosophie pour le doctorat, proposée par J. Lechat, officier de l'Université, professeur de philosophie au collège royal de Nantes, licencié, aspirant au grade de Docteur [À Nantes : Imprimerie d'Hérault, rue de Guérande, près de la Place Royale. In-4, 28 p., 1833].
La thèse n'est pas dédiée. 

La thèse, en français [Paris, 30 août 1833], a pour titre : Du Beau.
Sur la page de titre : °Université de France. Académie de Paris. Faculté des Lettres. Thèse de philosophie pour le doctorat, proposée par J. Lechat, officier de l'Université, professeur de philosophie au collège royal de Nantes, licencié, aspirant au grade de Docteur [À Nantes : Imprimerie d'Hérault, rue de Guérande, près de la Place Royale. In-4, 28 p., 1833].
La thèse n'est pas dédiée. 

On peut noter qu'autour de 1830, plusieurs thèses sont consacrées à l'esthétique : en 1831, la thèse de Joseph Tissot : Du Beau, particulièrement en littérature [Dijon, 22 août 1831] ; en 1833, la thèse de l'abbé Julien Lechat : Du Beau [Paris, 30 août 1833] ; en 1834, la thèse de Théophile Lodin Lalaire : Quelques idées sur l'esthétique [Caen, 3 janvier1834] ; en 1835, la thèse de J. A. Schwalbé : Sur le Beau [Paris, 27 juillet 1835] ; en 1838, la thèse d'Eugène Rosseeuw Saint-Hilaire : Quid sit in artibus pulchritudo [Du Beau dans les arts] [Paris, novembre 1838] ; en 1839, la thèse d'Edgar Quinet : Considérations sur l'art [Strasbourg, 1er février 1839].

1836. TRADUCTEUR DE LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE DE SCHLEGEL.
L'abbé Julien Lechat fait paraître en 1836, alors qu'il est professeur de philosophie au collège royal de Nantes, une traduction de leçons prononcées par Frédéric Schlegel : Philosophie de l'histoire : professée en dix-huit leçons publiques, à Vienne / par Frédéric de Schlégel ; ouvrage traduit de l'allemand en français / par M. l'abbé Lechat, / Docteur de la Faculté des Lettres de Paris. Officier de l'université, Professeur / de philosophie au collège royal de Nantes, etc, etc. / [A Paris : Chez Parent-Desbarres, éditeur, rue de Seine-Saint-Germain, 48. Deux volumes in-8, XVI-397+410 pp., 1836]. Comporte une Préface du Traducteur et une Préface de l'Auteur, signée à Vienne le 6 septembre 1828.
Numérisé : Hathi Trust.
https://catalog.hathitrust.org/Record/005544664?type%5B%5D=author&lookfor%5B%5D=lechat&ft=ft
Numérisé : Google Books.
Selon Brian Judet, dans son livre, publié en 1971, sur les Traditions orphiques et tendances mystiques dans le romantisme français [1800-1855], l'abbé Lechat « rattache les principes de F. Schlegel à la recherche de la parole primitive, l'unité du Verbe divin ». 

L'ouvrage est réédité en 1841, avec la même pagination [Paris : Paul Mellier, libraire-éditeur, Place Saint-André des Arts, n° 41. Deux volumes in-8, XVI-397+410 pp., 1841].
Numérisé : Hathi Trust.
https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=ucm.5325903187;view=1up;seq=7

L'ouvrage de Frédéric de Schlegel fait l'objet d'un assez long compte rendu, mais réservé, en 1837, dans la livraison d'avril de la Revue des Deux-Mondes, rubrique La Presse française. 

1836. RÉÉDITION BELGE À LOUVAIN ET COMPTE RENDU.
L'ouvrage « Philosophie de l'histoire : professée en dix-huit leçons publiques » fait l'objet d'une édition en Belgique : [Louvain : Vanlinthout et Vandenzande. Deux volumes in-8, 280+288 pp., 1836].
Numérisé : Google Books.

À partir de cette édition en Belgique [sans doute une contrefaçon], l'ouvrage fait l'objet, en octobre 1836, d'un compte rendu détaillé dans le Journal historique et littéraire, pages 503-510.

1829. PHILOSOPHIE DER GESCHICHTE SIGNALÉ DANS LA REVUE GERMANIQUE.
L'ouvrage de Friedrich von Schlegel [1772-1829] : Philosophie der Geschichte, in achtzehn Vorlesungen, gehalten in Wien, im Jahre 1828, von Friedrich von Schlegel [Vienne : chez C. Schaumburg et Comp. Deux volumes in-8, 1829] avait été signalé dans le bulletin bibliographique de la Nouvelle Revue germanique dès 1829 [Tome I].

L'article, signé C. C., indique : « Dans un moment où les hautes études académiques semblent se diriger plus particulièrement en France vers la philosophie de l'histoire, un ouvrage de M. Frédéric de Schlegel  sur cette importante matière ne peut manquer d'intéresser nos lecteurs. Devenu célèbre par ses écrits et par la direction de ses idées,  M. de Schlegel est un de ces écrivains allemands qui, comme Werner et Stolberg, ont abjuré le protestantisme pour se jeter dans le sein de l'Église romaine. Cette circonstance  peut déjà faire pressentir la tendance caractéristique qui distingue le livre que nous annonçons : elle est analogue à celle que l'on remarque dans les écrits de M. le Baron d'Eckstein.

Le grand problème de la philosophie, selon M. de Schlegel est le rétablissement dans l'homme de l'image de Dieu qu'il a perdue, en tant que cet objet se rattache à la science et rentre dans son domaine. La philosophie pure a pour but de nous faire connaître, comprendre et, s'il se peut, goûter par la conscience cette régénération de notre être. Quant à la philosophie de l'histoire, elle suit historiquement la marche de cette régénération de l'humanité dans le développement des peuples aux différentes époques de l'histoire du monde. Prenant cette idée pour base de tout son travail, l'auteur remonte aux données de la tradition mosaïque sur la chute de l'homme ; il rappelle l'opposition primitive qui se manifeste dès le premier âge entre Caïn et son frère Abel, entre les descendants de Caïn et les descendants de Seth, que la tradition appelle les enfans de Dieu ; puis il prétend retrouver dans l'histoire de toutes les nations des traces de cette tradition primitive, altérée plus ou moins par les divers peuples de l'antiquité, excepté par les Hébreux, qui en ont conservé le précieux dépôt. 
M. de Schlegel s'attache ensuite à montrer comment le christianisme a fait entrer en circulation, parmi les peuples du moyen-âge et des temps modernes, les véritables principes de vie seuls capables de régénérer l'humanité progressivement.

Nous ne donnerons point ici une analyse détaillée de ce livre, qui nous a paru écrit d'une manière traînante et embarrassée, nous dirions même, si nous osions porter un jugement sur le fond d'après une première lecture, qu'il n'a pas entièrement rempli notre attente. Nous pensions trouver quelque chose de plus dans un travail de cette nature, publié par un homme justement célèbre. Quoiqu'il en soit, ce travail mérite l'attention sous plusieurs rapports, et nous nous proposons d'en donner prochainement la substance dans un article de ce journal ».

L'ÉCOLE PHILOSOPHIQUE DE SCHLEGEL SELON JULIEN LECHAT.
Dans la Préface du traducteur, l'abbé Julien Lechat indique : « Le nom de F. Schlégel est un des plus illustres de l'Allemagne. Mais la traduction de plusieurs de ses ouvrages, de l'Histoire de la littérature ancienne et moderne, du Tableau de l'histoire moderne, en le popularisant en France a fait connaître surtout le critique et l'érudit. Or F. Schlégel est aussi un philosophe : de là sans doute la haute portée de sa critique et de ses vues historiques.
En philosophie, il appartient à cette école éminemment religieuse et catholique qui, prenant la parole comme le caractère distinctif de l'humanité, pense qu'avec elle toutes les vérités religieuses, morales et sociales ont été primitivement révélées à l'homme ; école à laquelle se rattachent aussi diversement et plus ou moins Goerres et Baader en Allemagne, MM. De Maistre, de Bonald et d'Eckstein en France ».

BRÈVE BIOGRAPHIE DE SCHLEGEL.
De même, l'abbé Julien Lechat  fournit une brève note biographique sur Friedrich von Schlegel [1772-1829] : « Né à Hanovre en 1772. De 1802 à 1803 il fit un voyage à Paris où il ouvrit un cours et publia des ouvrages. Il avait épousé la fille du célèbre Mendelshon, laquelle se convertit ainsi que lui à la foi catholique, dans la ville de Cologne ».

1847. RECUEIL DE SERMONS.
L'abbé Julien Lechat fait paraître en 1847 :  Recueil de sermons et d'instructions religieuses, à l'usage des maisons d'éducation et des familles, par l'abbé Lechat, docteur ès-lettres  [Nantes : L. Guéraud ; Paris : L. Hachette et Cie. In-8, X-436 p., 1847].

L'ouvrage fait l'objet, en septembre 1847, d'un compte-rendu élogieux, dans les Musée des Familles, périodique fortement illustré, fondé par le journaliste Émile de Girardin [1806-1881] : 
« Voici un ouvrage qui ne s'est point présenté à l'Académie, mais que l'opinion publique a déjà couronné, c'est le Recueil de sermons et d'instructions religieuses, à l'usage des maisons d'éducation et des familles, par M. l'abbé Lechat, professeur de philosophie au collège royal de Nantes. Les anciens élèves de ce maître éminent connaissaient déjà sa science profonde, son indulgente onction, sa douce et forte éloquence, son style digne des meilleurs temps de notre langue. Grâce à la publication qui résume toutes ces qualités, elles seront appréciées désormais du public, et du public le plus littéraire et le plus élevé, comme du plus modeste et du plus ignorant. En effet, les instructions de M. Lechat, si graves par le fond, mais si familières dans la forme, sont à la portée de tout le monde. C'est un cours complet de religion et de morale, et nous n'en sachions pas de meilleur à mettre entre les mains de la jeunesse. Publié à Nantes par M. Guéraud, il se répandra dans toute la France chrétienne sous les auspices de M. Hachette, le digne libraire de l'Université. Avis aux instituteurs, aux mères de famille et à tous nos lecteurs ».

1837. SOCIÉTÉ ROYALE ACADÉMIQUE DE NANTES.
La Société royale académique de Nantes et du département de Loire-Inférieure reçoit, en 1837, l'abbé Julien Lechat comme membre résidant.
La commission, chargée d'examiner sa candidature sur le rapport du Dr. Thibeaud, secrétaire général, l'admet à l'unanimité. L'assemblée des membres de la Société, votant à bulletin secret, confirme cette admission dans la séance du 4 décembre 1837. 

En 1845, la Société est constituée de trois sections, avec pour chacune d'elle un « comité central » : Agriculture, commerce et industrie ; Médecine ; Sciences, lettres et arts. 
L'abbé Julien Lechat fait partie de ce comité central pour la section  Sciences, lettres et arts, avec Huette ; Pecot ; Lambert.

1837. MARONCELLI ET LES CONSIDÉRATIONS SUR L'ESTHÉTIQUE.
Préparant son élection à la Société royale académique de Nantes, l'abbé Julien Lechat, dans la séance du 1er mars, donne lecture de Considérations philosophiques sur l'esthétique.

De même, il communique à la Société des « Extraits de Maroncelli » traduits librement. Le texte en est publié dans les Annales de la Société royale académique de Nantes. Huitième volume. 1837. Pages 378-399.
Numérisé : Gallica BNF
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2073580/f377.image.r=lechat?rk=193134;0
Pietro Maroncelli [1795-1846] est un musicien et un écrivain italien connu pour avoir été le compagnon de prison de Silvio Pellico [1789-1853], patriote et poète italien, célèbre pour son ouvrage : Mes prisons ou Mémoires de Silvio Pellico.

1843. SUR LE CRITÉRIUM DE VÉRITÉ.
Sur le critérium de la vérité, ou Principe fondamental de la certitude, communication faite à la Société académique [de Nantes], par M. l'abbé Lechat, dans la séance du 15 février 1843.

Publié dans les Annales de la société royale académique [Nantes : de l'imprimerie de Camille Mellinet, imprimeur et membre de la Société académique. 1843]. Quatrième volume de la deuxième série ; quatorzième volume de la première série. Pages 237-259.
Repris en tiré à part : [Nantes : impr. de C. Mellinet. In-8, 23 p., 1843]. 
Dans une note, indiquée dès le départ, l'abbé Julien Lechat précise : « Ce travail appartient à un de mes élèves de l'année dernière, le jeune Galles, Félix, de Vannes ; je ne puis y revendiquer d'autre part, que de l'avoir inspiré, et d'en avoir surveillé et corrigé la rédaction ». 
L'article est cité dans le premier numéro [6 janvier 1843] de la Literarische Zeitung de Karl Brandes à Berlin, au même titre que Le Cartésianisme ou la Véritable rénovation des sciences de Bordas-Dumoulin ; les Études philosophiques de C. Mallet ; le Précis analytique des leçons de philosophie […] de l'abbé Flottes.

DÉCORATION.
Officier de l'Université.
Chevalier de la Légion d'honneur [6 mai 1846].

SOURCE : 
Jean Guiffan, Joël Barreau, Jean-Louis Liters. Nantes, le lycée Clémenceau, Nantes : 200 ans d'histoire. [Édité par le] Comité de l'histoire du Lycée Clémenceau de Nantes [Nantes : Coiffard. In-8, 491 p., 2008].

SITOLOGIE.
Dossier Lechat dans la base Léonore.
http://www.culture.gouv.fr/LH/LH126/PG/FRDAFAN83_OL1527039v006.htm
 
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