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L'École centrale du département de l'Aisne (Soissons) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Présentation

DURÉE DE L'ÉCOLE CENTRALE DE L'AISNE.
L'École centrale du département de l'Aisne, établie à Soissons, est ouverte à partir de son inauguration le  le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], dans des locaux du palais de l'ancienne Intendance, devenu Hôtel du District.
À la suite de la loi du 2 floréal an X [1er mai 1802], votée sous le Consulat, d'après un projet d'Antoine François Fourcroy [1755-1809], établissant les «lycées», un arrêté du préfet du département est pris en date du 14 fructidor an X [1er septembre 1802], pour la suppression des postes de professeurs de l'École. Cependant l'École continue de fonctionner quelques mois encore.
Un nouvel arrêté en date du 23 fructidor an XI [9 septembre 1803] décide de la fermeture définitive de l'École centrale du département de l'Aisne [Soissons] le 1er vendémiaire an XIII [23 septembre 1804]. 

RÉPARTITION DES ENSEIGNEMENTS.
Selon l'Almanach national de France de l'an VI [1797-1798], les chaires de l'École centrale de l'Aisne sont distribuées, selon les trois sections canoniques, de la manière suivante : 

PREMIÈRE SECTION.
Première section ouverte aux élèves ayant au minimum douze ans.
Dessin, Noyer [lire Hoyer] ; Histoire naturelle, Poiret ; Langues anciennes, Levavasseur.

DEUXIÈME SECTION.
Deuxième section ouverte aux élèves ayant au minimum quatorze ans.
Élements de mathématiques, Dastru [lire Dastin] ; Physique, Mollé. 

TROISIÈME SECTION.
Troisième section ouverte aux élèves ayant au minimum seize ans.
Grammaire générale, Debrun ; Belles-Lettres, Curaté ; Histoire, Langlet [lire Lenglet] ; Législation, Legrand-Delaleu [lire Legrand de Laleu] ; Bibliothécaire, Melurolle [lire : Mezurolle].

LES TITULAIRES DES CHAIRES.
LE DESSIN.
Hoyer, Joseph Jean Louis [1762-1829].
[écrit aussi Royer ; Hoya].
Né le 1er février 1762, à Lausanne [Suisse] ; mort le 10 juillet 1829, à Soissons [Aisne]. 
Élève de l'Académie royale des Beaux-Arts. Professeur à l'École gratuite de dessin de Soissons [1784]. Titulaire de la chaire de Dessin de l'École centrale du département de l'Aisne, de l'inauguration de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'à sa fermeture définitive le 1er floréal an XII [21 avril 1804].
Après la suppression de l'École centrale, Joseph Jean Louis Hoyer est nommé directeur de l'École de dessin de la municipalité de Soissons, par arrêté municipal du 1er frimaire an XIII [22 novembre 1804], fonction qu'il occupe jusqu'à son décès. 

L'HISTOIRE NATURELLE.
Poiret, Jean Louis Marie [1755-1834].
[écrit parfois improprement Point].
Né le 11 juin 1755, à Saint-Quentin [Picardie, aujourd'hui département de l'Aisne] ; mort le 7 avril 1834, à Paris.
Ancien abbé, Jean Louis Marie Poiret est naturaliste, botaniste et explorateur. Est envoyé en 1785 et 1786, par le Roi, en mission  dans la région de La Calle [El Kala, Algérie] <en Barbarie> pour inventorier la flore. Il mène ses explorations dans l'est algérien et le nord tunisien. 
Titulaire de la chaire d'Histoire naturelle de l'École centrale du département de l'Aisne, de l'inauguration de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'à sa fermeture définitive le 1er floréal an XII [21 avril 1804].
Collaborateur et continuateur du Dictionnaire encyclopédique de botanique par M. le Chevalier de Lamarck [1804-1808]. Auteur de plusieurs ouvrages de sciences naturelles, concernant la flore, ainsi qu'un : Voyage en Barbarie, ou Lettres écrites de l'ancienne Numidie pendant les années 1785 & 1786, sur la Religion, les Coutumes & les mœurs des Maures & des Arabes-Bédouins, avec un Essai sur l'histoire naturelle de ce Pays, par l'abbé Poiret [Paris : J. B. F. Née de la Rochelle, libraire, rue du Hurepoix, près du Pont S. Michel. Avec Approbation, et Permission. Deux tomes en 1 volume in-8, 1789]. Publié aussi en allemand [Strasbourg]. Réédité en 1802. Réédition française, en 1980, édition Le Sycomore.
Histoire philosophique, littéraire et économique des plantes de l'Europe [Paris : Ladrange et Verdière. Sept volumes in-8, + atlas. 1825-1829].

LES LANGUES ANCIENNES.
Levavasseur, Urbain Jacques Joseph [1758-1807].
[écrit aussi Levasseur].
Né le 11 mars 1758, à Le Mans [Maine, aujourd'hui département de la Sarthe] ; mort en mars 1807, à Saint-Cyr, près de Versailles [Seine-et-Oise].
Originaire de Le Mans [diocèse de Laval]. Agrégé de Belles-lettres [1781]. Ancien professeur à l'Université de Paris. 
Titulaire de la chaire de Langues anciennes de l'École centrale du département de l'Aisne, de l'inauguration de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'à sa fermeture définitive le 1er floréal an XII [21 avril 1804].
Après la suppression de l'École centrale, Urbain Jacques Joseph Levavasseur est nommé sous-directeur des études du Prytanée de Saint-Cyr [près de Versailles]. 

LES ÉLÉMENTS DE MATHÉMATIQUES.
Dastin, Charles [1767-1803].
Né le 4 janvier 1767, à Caen [Normandie, aujourd'hui département du Calvados] ; mort le 17 septembre 1803.
Élève de l'École militaire de Beaumont, et de Paris. Ancien officier d'artillerie, <bon mathématicien et bon dessinateur>. Incarcéré quelques mois en 1793. Titulaire de la chaire de Mathématiques de l'École centrale du département de l'Aisne, de l'inauguration de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'à sa fermeture définitive le 1er floréal an XII [21 avril 1804].
Son discours, lors de l'inauguration de l'École centrale du département de l'Aisne, paraît dans la brochure éditée en 1796, à cette occasion. Les discours sont ceux de Letellier, A. Silvy, Jouveneau [lire Joveneau], François Lobjoy, Guinot, Lalourcet, Louis Auguste Legrand de Laleu, A. Curaté, Charles Dastin.
Auteur d'un manuscrit sur les mathématiques. Également auteur de poésies «insérées dans les journaux et dans les recueils du temps».   

LA PHYSIQUE.
Delattre.
Premier titulaire de la chaire de Physique et Chimie expérimentales à l'École centrale du département de l'Aisne. Commence ses cours, à l'ouverture de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796]. Mais ne semble y enseigner que très peu de temps.  
Est remplacé, comme professeur de Physique et Chimie expérimentales à l'École centrale du département de l'Aisne, par Mollé.

Mollé. 
Mollé succède, comme professeur de Physique et Chimie expérimentales à l'École centrale du département de l'Aisne, à Delattre, premier titulaire du poste. Mollé enseigne jusqu'à la fermeture définitive de l'École le 1er floréal an XII [21 avril 1804].

LA GRAMMAIRE GÉNÉRALE.
Debrun, Benoni [1765-1845].
Né le 16 octobre 1765 ; mort le 18 novembre 1845. 
Vicaire à La Fère [département de l'Aisne]. Curé de Poix-du-Nord [département du Nord]. Ancien élève de la première École normale de l'an III [janvier-mai 1795], où il suit les cours de Dominique Joseph Garat [1749-1833]. 
Titulaire de la chaire de Grammaire générale à l'École centrale de l'Aisne [Soissons] puis à l'École centrale des Deux-Sèvres [Niort]. Dans ce second poste, Benoni Debrun est nommé en remplacement de Joseph Minault.
Après la suppression de l'École centrale, Joseph Debrun est nommé professeur de mathématiques au lycée de Metz [Moselle]. 
Auteur de : Cours de <psycologie>. Traité de psycographie, par Benoni Debrun [...] Traité de grammaire [Laon : Derbigny. In-12, 382 p., an IX-1801]. Réédité en 2003 [Paris : L'Harmattan].

LES BELLES-LETTRES.
Curaté, A. 
[écrit aussi Curate].
Ancien membre de la Congrégation des Oratoriens. Principal du collège de Péronne. Professeur de Belles-Lettres au collège de Soissons.  Prêtre assermenté. Marié. 
Titulaire de la chaire de Belles-Lettres de l'École centrale du département de l'Aisne, de l'inauguration de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'à sa fermeture définitive le 1er floréal an XII [21 avril 1804].
Son discours, lors de l'inauguration de l'École centrale du département de l'Aisne, paraît dans la brochure éditée en 1796, à cette occasion. Les discours sont ceux de Letellier, A. Silvy, Jouveneau [lire Joveneau], François Lobjoy, Guinot, Lalourcet, Louis Auguste Legrand de Laleu, A. Curaté, Charles Dastin.
Hommage allégorique rendu au premier-consul Bonaparte à son passage à Soissons, le 23 thermidor an XI, par M. A. Curaté, ex-principal du Collège de Péronne, et professeur de Belles-Lettres à l'École centrale de l'Aisne [In-8, 8 p., 1803]. Poésie en forme d'églogue : Daphnis sur les bords de l'Aisne.

L'HISTOIRE.
Lenglet, Étienne Géry [1757-1834].
Avocat au Conseil d'Artois [1781]. Juge au tribunal de Bapaume [1791]. Commissaire national auprès du tribunal du district d'Arras. Suspendu de ses fonctions en 1793. Juge à Saint-Omer [Pas-de-Calais].
Nommé titulaire de la chaire d'Histoire à l'École centrale du département de l'Aisne. Il y enseigne quelques mois, à dater de l'ouverture de l'École le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'en germinal an VI [avril 1798], date à laquelle il est désigné pour le Conseil des Anciens.
Désigné en l'an VI [1797-1798] par le collège électoral du Pas-de-Calais, lors d'un renouvellement par tiers, comme député au Conseil des Anciens [avril 1798-novembre 1799].
Après le 18 brumaire an VIII [9 novembre 1799] et l'établissement du Consulat, Étienne Géry Lenglet est nommé professeur d'Histoire à l'École centrale du Panthéon, en remplacement de Jacques François Marie Vieilh de Boisjolin [1761-1841], nommé membre du Tribunat.
Après la suppression de l'École centrale, devient président du Tribunal d'appel de Douai, puis président de Chambre à la cour impériale [1811]. Garde cette fonction en 1815, après la seconde Restauration.

Mareschal, Lazare François [1770-1831].
Ancien membre de la Congrégation de l'Oratoire. Professeur au collège de Vendôme [Loir-et-Cher]. 
Succède vers 1799 à Étienne Géry Langlet [1757-1834], comme professeur d'Histoire à l'École centrale du département de l'Aisne, alors que ce dernier vient d'être nommé à Paris, comme professeur d'Histoire à l'École centrale du Panthéon. 
Après la suppression de l'École centrale , Lazare François Mareschal est nommé directeur du Collège de Vendôme [Loir-et-Cher]. 
Auteur de : Principes d'orthographe, à l'usage des élèves du pensionnat de Vendôme, par le cit. C.-F.-D. Mareschal […] [Vendôme : impr. de Morard-Colas. In-8, 51 p., an VI-1797].
Essai d'une grammaire latine élémentaire et raisonnée [Paris : Auguste Delalain. In-12. 1808].

LA LÉGISLATION.
Legrand de Laleu, Louis Auguste [1755-1819].
[écrit aussi Legrand-Laleu, Legrand-Delaleu]. 
Né le 18 mai 1755, à Nouvion-en-Thiérache [Picardie, aujourd'hui département de l'Aisne] ; mort le 13 juin 1819, à Laon [Aisne].
Avocat au Parlement de Paris [1779]. Président du Tribunal. Titulaire de la chaire de Législation de l'École centrale du département de l'Aisne, de l'inauguration de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'à sa fermeture définitive le 1er floréal an XII [21 avril 1804].
Après la suppression de l'École centrale devient premier Président de la Cour de justice criminelle, département de l'Aisne.
Louis Auguste Legrand de Laleu est élu, le 24 février 1796, à l'Institut national, associé non-résidant de la Classe des Sciences morales et politiques [deuxième classe], section de Science sociale et Législation. 
Nommé, en 1803, correspondant de la Classe d'Histoire et de Littérature ancienne [troisième classe]. En 1816, correspondant de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-lettres.
Ode sur la Révolution française, lue à la séance publique du mois de janvier 1792. Extrait du tribut de la Société nationale des neuf sœurs [Paris : Imprimerie de la Société nationale des neuf sœurs. Quai des Miramiones, n°19. In-8, 8 p., 1792]. 
Son discours, lors de l'inauguration de l'École centrale du département de l'Aisne, paraît dans la brochure éditée en 1796, à cette occasion. Les discours sont ceux de Letellier, A. Silvy, Jouveneau [lire Joveneau], François Lobjoy, Guinot, Lalourcet, Louis Auguste Legrand de Laleu, A. Curaté, Charles Dastin.
Auteur de différents textes sur la justice criminelle et d'une Dissertation historique et politique sur l'ostracisme et le pétalisme. Par L. A. Legrand de Laleu, membre associé de l'Institut national, et professeur de législation de l'école centrale du département de l'Aisne. Lue à l'Institut national / A Paris: de l'imprimerie d'Egron, rue des Noyers, n°. 24, et se trouve chez les marchands de nouveautés. An VIII [1799].
Ode à S. M. l'Empereur et roi, à l'occasion du "Te Deum" ordonné par son décret du 7 décembre 1808. [Signé : L.-A. Legrand-Delaleu].
Recherches sur l'administration de la justice criminelle chez les Français avant l'institution des Parlemens... et sur l'usage de juger les accusés par leurs pairs ou jurés... par M. Le Grand de Laleu,... Ouvrage posthume précédé d'une notice sur la vie et les écrits de l'auteur [par C.-L. Lesur] [Paris. 1822].

LE BIBLIOTHÉCAIRE.
Mézurolle, George Louis. 
[s'écrit aussi : Mezurolles, Mesurolles, Melurolle].
Abbé. Ancien membre de la Congrégation des Franciscains [cordeliers]. Docteur en Sorbonne. 
Titulaire du poste de Bibliothécaire de l'École centrale du département de l'Aisne, de l'inauguration de l'École, le 4 vendémiaire an V [25 septembre 1796], jusqu'à sa fermeture définitive le 1er floréal an XII [21 avril 1804].
Après la suppression de l'École centrale, George Louis Mezurolle devient Bibliothécaire de la ville de Soissons. 
A laissé de nombreux manuscrits, dont une Notice historique sur la ville de Soissons ; des poésies ; des chansons ; de petites pièces galantes.
Auteur de Réfutation d'une instruction pastorale de Monsieur l'évêque d'Amiens [Paris : chez Crapard , par la société des Amis de la Constitution d'Amiens, deuxième édition, [par Mezurolle]. 1790.
Discours sur les avantages de la Constitution françoise, prononcé dans la paroisse Notre-Dame cathédrale, le 20 février 1791, pour la solennité civique de la Société des amis de la Constitution, par George-Louis Mézurolle [Amiens : de impr. de Fr. Caron-Berquier. In-8, 29 p.,1791]. Réédité en 1989 : Les Archives de la Révolution française. 
Membre du Club des Jacobins de Soissons.

Silvy, A.
Ancien membre de la Congrégation des Oratoriens à Soissons. Professeur de Belles-Lettres. Commissaire du pouvoir exécutif près de la municipalité de Laon, accusateur public près du tribunal criminel. Membre du Jury d'Instruction du département de l'Aisne.
Nommé, le 6 vendémiaire an V [27 septembre 1796], sous-bibliothécaire, pour seconder le bibliothécaire George Louis Mezurolle.
Son discours, lors de l'inauguration de l'École centrale du département de l'Aisne, où il récite une Ode sur l'éducation régénérée, paraît dans la brochure éditée en 1796, à cette occasion. Les discours sont ceux de Letellier, A. Silvy, Jouveneau [lire Joveneau], François Lobjoy, Guinot, Lalourcet, Louis Auguste Legrand de Laleu, A. Curaté, Charles Dastin.  
 
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