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Joubert, Joseph (1754-1824). Inspecteur général de l’Université Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Inspecteur général de l’Université pendant plus de sept ans [1808-1815], Joseph Joubert a rempli des fonctions administratives qui font incontestablement de lui un homme d’action. Mais la postérité a plutôt mis en avant l’image d’un penseur mêlant l’élégance de l'homme de salon du XVIII ème siècle finissant, et l’attirance pour l’introspection rêveuse propre aux romantiques à l'aube du XIXème siècle.


Né le 7 mai 1754, à Montignac-le-Comte [devenu Montignac-sur-Vézère], dans le Périgord [aujourd’hui département de la Dordogne] ; mort le 4 mai 1824, à Paris.
Son père, Jean Joubert, est un ancien maître-chirurgien de l'armée. Joseph est le second d'une famille de onze enfants.

Joseph Joubert
Dessin attribué à Sophie Joubert, une des sœurs de Joseph Joubert. C'est l'unique portrait connu de l'écrivain. La lithographie de Charles Vogt [1810-1890] publiée en frontispice de l'édition de 1850 des Pensées, essais, maximes et correspondance de J. Joubert et la lithographie de Léopold Massard [1812-1889] ont été faites d'après ce dessin.

 
1768-1776. PREMIÈRES ÉTUDES
Ses premières études, dirigées par un répétiteur, sont effectuées à Montignac. Ses parents le destinant au barreau l’envoient, en octobre 1768, à Toulouse, au collège de l’Esquille, tenu par les Pères de la Doctrine chrétienne, autrement dit les Doctrinaires. Un frère plus jeune, né le 2 décembre 1867, Arnaud Joubert [1767-1854], sera magistrat.

Pourtant Joseph Joubert abandonne cette voie, et se consacre au professorat au collège de l’Esquille, où il exerce jusqu‘en 1776. Entre-temps revêt la soutane [mai 1772], et pendant un an suit le noviciat, qu’il abandonne vers le printemps 1773. Cependant il reste au collège comme frère laïc et continue d'enseigner.
Jouissant d'une certaine liberté, il se lance dans la bonne société toulousaine.

En 1776, Joseph Joubert quitte définitivement les Doctrinaires, et revient à Montignac, où il passe les deux années suivantes [1776-1778].
 
1778. LA MONTÉE À PARIS.
Au commencement de 1778, vers le moi de mai, Joseph Joubert se rend à Paris. Il est introduit dans les milieux littéraires et philosophiques. Il y rencontre des célébrités de l’époque, parmi lesquels d’Alembert et Diderot. Sous l’influence de ce dernier, qui dans l'Encyclopédie définit la bienveillance comme le « sentiment que Dieu imprime dans tous les cœurs, par lequel nous sommes portés à nous vouloir du bien les uns aux autres » Joseph Joubert prépare [1779] un Traité sur La Bienveillance universelle, inachevé.
 
1779. EN RELATION AMICALE AVEC LE POÈTE LOUIS DE FONTANES.
Il est en relation, dès 1779, avec le poète Louis* de Fontanes [1759-1821] âgé d’un peu plus de vingt ans, qui deviendra sous le régime napoléonien, Grand-Maître de l’Université [de 1808 à 1815], et qui jusqu'à la fin restera un ami fidèle. Joseph Joubert fréquente le poète et romancier Jean François Marmontel [1723-1799], déjà membre de l’Académie française [1763], futur secrétaire perpétuel [1783] ; le poète et critique littéraire La Harpe [1739-1803] membre de l’Académie française [1776] ; l'avocat et écrivain Grimod de la Reynière [1758-1838] ; le dramaturge et romancier Louis-Sébastien Mercier [1740-1814].

Sans oublier l’écrivain Nicola Edme Rétif de la Bretonne [1734-1806], de la femme duquel, Agnès, il deviendra quelque temps le consolateur et l’amant [1783-1786]. Cette liaison est évoquée à plusieurs reprises par Rétif de la Bretonne, dans La Femme infidèle [1786], signée du pseudonyme Maribert-Courtenay, et dans des passages de Monsieur Nicolas , ou le cœur humain dévoilé [1794-1797].

PREMIERS TRAVAUX.
Joseph Joubert rédige quelques textes, et esquisse quelques projets d'articles :

En 1784, il rédige pour Dominique Audibert [1736-1821], secrétaire perpétuel de l'Académie de Marseille, un Éloge du peintre Dandré-Bardon, recteur de l'Académie royale de peinture. Le texte en sera lu par Audibert, à la séance publique du 6 avril 1785, et est imprimé dans le Recueil de l'Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Marseille, pour les années 1783, 1784 et 1785 [Aix : J. B. Mouret fils. in-8, 1785].

En 1785-1786, sous l'influence probable de Diderot, il commence à rédiger un Éloge du sculpteur Jean Baptiste Pigalle [1714-1785], qui vient de mourir le 22 août 1785, article inachevé destiné au quotidien le <Journal de Paris>.

En 1785, Joseph Joubert cherche à participer au Concours proposé par l'Académie de Marseille, quelques années après la mort du navigateur et cartographe anglais James Cook [1728-1779], en commençant à rédiger un Éloge de Cook. Joubert n'achève pas son travail. Le prix sera finalement attribué en 1788 à Pierre Édouard Lemontey [1762-1826], déjà couronné en 1785 pour un Éloge de Peirsec.
Ce travail sur Cook, pour lequel Joseph Joubert, comme à son habitude, lit et annote de nombreux ouvrages, est à recouper avec la contribution de Joseph Joubert aux Anecdotes anglaises et américaines, années 1776 à 1783, faites à la demande du chevalier de Langeac, qui paraîtront seulement en 1813, pour lesquelles il a écrit trois textes : l'histoire de Mary Connor ; l'histoire de Mary Rose ; le chapitre sur James Cook.

En août 1786, rédige un article, inachevé, sur la Peinture à l'encaustique chez les Anciens. Ce texte peut être mis en relation avec un texte rédigé par Denis Diderot [1713-1784], publié, sans lieu ni date, portant le titre très voisin <L'histoire et le secret de la peinture en cire>.

Joubert rédige, en 1789, les deux appendices du Précis historique sur Crumwell [sic], publié par M***, de l'Académie de Marseille [le Chevalier de Lespinasse de Langeac]. À savoir un extrait de l'Eikôn basiliké, ou Portrait du Roi ; le Boscobel, ou Récit de la fuite de Charles II [abrégé de ce qui s’est passé dans la retraite de S. M. [le roi Charles II] après la bataille de Worcester].

En 1789, Joseph Joubert fait paraître [13 octobre] un article sur le Salon de 1789, dans le Journal de la ville et des provinces ou le Modérateur, que Louis de Fontanes vient de créer avec le poète Carbon de Flins Des Oliviers [1757-1806].

En 1790, Joubert commence à travailler à une Histoire impartiale de la France, prévue en douze volumes, en rapport avec les plans d'éducation qui sont débattus à l'Assemblée législative, Histoire pour laquelle il rédige une Introduction.  
 
1786. PROJET D'UN JOURNAL DESTINÉ À L'ANGLETERE.
Joseph Joubert a en commun avec Louis de Fontanes l'idée d'un journal qui se serait appelé Correspondance littéraire, destiné à l'Angleterre. Fontanes est à Londres pour faire avancer ce projet, qui en fin de compte n'aboutit pas.

OCTOBRE 1786. SÉJOURS À VILLENEUVE-LE–ROI.
En octobre 1786, Joseph Joubert, accompagné de sa mère et de son frère Arnaud, fait son premier séjour à Villeneuve-le-Roi [qui deviendra en 1792 Villeneuve-sur-Yonne], chez son cousin Élie Desmond, vétéran des armées royales.
Il fait la connaissance à cette époque d'Adélaïde Victoire Moreau de Bussy. Il entretient avec cette jeune femme une correspondance, s'y attache et l'épousera sept ans plus tard en juin 1793.

1786. PETITS CARNETS.
C’est à cette date [le 2 octobre 1786] que Joubert commence à tenir, de son écriture fine et serrée, ses petits « carnets » sur lesquels il écrit au crayon, d’une façon dense, régulière et comme dessinée, ordonnées ou désordonnées, pensées, notes et méditations.
Mais Joseph Joubert écrit également des notes de lecture, des réflexions, des pensées éparses sur des cahiers de formats et d'épaisseur très variable, fréquemment même des fragments de papier, du papier à lettre de l'Université, de simples feuillets portant parfois un seul mot, des croquis, des dessins, des abréviations cryptées.

LES CARNETS DE JOSEPH JOUBERT.
Deux cent cinq petits carnets seront rassemblés et reliés par Paul de Raynal [1797-1845], son neveu par alliance, vers 1840.
Ce qui permettra, en 1842, l'édition des Pensées, essais et maximes de J. Joubert. Suivis de lettres à ses amis et précédés d’une Notice sur sa vie, son caractère et ses travaux. [Paris : Librairie de Charles Gosselin. 9 rue Saint-Germain des Prés. Deux volumes 4-422+4-460 pp., 1842].
La notice est rédigée par Paul [Chaudru] de Raynal [1797-1845], neveu par alliance de Joseph Joubert, qui procède à un nouveau choix de pensées : cette édition comprend 216 pensées de plus que l'originale.

Puis André Beaunier [1869-1925], après avoir publié La Jeunesse de Joseph Joubert [Paris : Librairie Académique Perrin et Cie. In-12, IX-348 p., 1918] préparera l‘édition intégrale des Pensées, parue après la mort de Beaunier, en 1938 [Les Carnets de Joseph Joubert, textes recueillis sur les manuscrits autographes, par André Beaunier. Paris : Gallimard. 2 volumes. 1938]. Réédité en 1994.
 
1790. CARRIÈRE JURIDIQUE.
En 1790, à la mort de son père, survenue le 26 avril, Joseph Joubert retourne en Dordogne. Il est élu juge de paix à Montignac [novembre 1790] et, après avoir prêté serment, inaugure ses fonctions début mars 1791, avec deux assesseurs non rémunérés et un greffier.
Il garde sa fonction pendant un an, sans chercher à renouveler son mandat. Devient président du Tribunal de conciliation [1792].

MARS 1791. LE SERMENT CIVIQUE.
En ayant une fonction officielle [juge de paix], Joseph Joubert est astreint à prononcer le <serment civique> : « Je jure d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du Royaume, décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi, et de remplir avec zèle et impartialité les fonctions de mon office ». Il prête serment le 6 mars 1791. Le lendemain il est élu « notable » et adjoint au conseil municipal pour la répartition de l'impôt. Il prête à nouveau serment.
 
1793. LE RETOUR À PARIS.
En janvier 1793, il est à nouveau à Paris, mais passe aussi une partie de son temps en province à Villeneuve-sur-Yonne, rue du Pont, dans la maison familiale des Moreau, ses futurs beaux-parents.
En 1793, Joseph Joubert se marie [8 juin] à Paris, et s'installe en novembre à Villeneuve-sur-Yonne, avec son épouse, née Victoire Adélaïde Moreau de Bussy. Dont il aura un fils, Victor Joubert [1794-1838], né le 8 avril 1794, sans postérité.
En automne 1793, il fait la rencontre de Pauline de Beaumont [1768-1803], qui s’est réfugiée au château des Mégrets de Serilly, entre Villeneuve-sur-Yonne et Sens. Il la recueille, l’aide, et entretient avec elle une longue et fidèle relation.
 
1801. RELATION AVEC FRANÇOIS RENÉ DE CHATEAUBRIAND.
Louis Marcellin de Fontanes, en février-mars 1801, le met en rapport avec François René de Chateaubriand [1768-1848], au royalisme militant qui, réfugié en Angleterre pendant sept ans [1793-1800], vient, en mai 1800, de rentrer d’immigration.
Joseph Joubert se lie d’amitié avec cet écrivain de onze ans son cadet, qui éditera en 1838, quatorze ans après la mort de Joubert, en choisissant dans le texte des Carnets une série de pensées, rassemblées et éditées sous le titre Le Recueil des pensées de M. Joubert [Paris : impr. de Le Normant. In-8, 394 p.,1838].
 
1800-1801. LA <PETITE SOCIÉTÉ>.
Autour, de Pauline de Beaumont [1768-1803] dans les années 1800-1801, se forme, dans son appartement parisien de la rue Neuve du Luxembourg, l’actuelle rue Cambon, « la petite société », qui se réunit chaque soir, de sept à onze heures, avec Joseph Joubert, Louis Marcellin de Fontanes [1757-1821], et François René de Chateaubriand [1768-1848], qui devient son amant.
Participent aussi à son salon le poète Charles Julien Lioult de Chênedollé [1769-1833], qui sera un temps inspecteur de l’académie de Caen ; madame Louise Angélique de Vintimille, née de La Live de July [1763-1831], qui entretient une correspondance avec Joubert ;  le comte Mathieu Louis Molé [1781-1855], ministre sous l’Empire et sous la Restauration, futur président du Conseil [1836-1837] ; la romancière madame de Krudener [1764-1824] dont le mysticisme deviendra célèbre ; l’homme politique Étienne Denis Pasquier [1767-1862] ; Philibert Guéneau de Mussy [1776-1834], qui deviendra aussi en septembre 1808, comme Joubert, Inspecteur général de l’Université ; la duchesse Claire de Duras [1877-1828] ; le duc de Lévis [1764-1830].

En 1923, André Beaunier publiera : Le roman d'une amitié. Joseph Joubert et Pauline de Beaumont [Paris : Librairie académique Perrin et Cie. In-12, VIII-329 p., 1923].

Des Lettres [de Joseph Joubert] à Pauline de Beaumont et Louise Angélique de Vintimille, sont éditées en 1984 [Quimper : Calligrammes. In-8, 126 p., 1984], avec une Préface du critique Roger Judrin [1909-2000].
 
1808. INSPECTEUR GÉNÉRAL DE L’UNIVERSITÉ.
En septembre 1808, au moment de l’organisation de l’Université impériale, alors que Louis Marcellin de Fontanes [1757-1821] vient d’être nommé Grand-Maître de l’Université [de 1808 à 1815], Joseph Joubert est nommé, par décret du 21 septembre, Inspecteur général de l’Université. Sa nomination, particulièrement souhaitée par de Fontanes, ainsi que celles d’Ambroise Rendu et de Philibert Guéneau de Mussy, fait partie d’une série de nominations :
 
Une première série de nominations, au nombre de treize, d’Inspecteurs généraux de l’Université :
le physicien André Marie Ampère [1775-1839], examinateur des élèves de l’École polytechnique ; l’abbé Jean Alexis Balland [1741-1813], ancien supérieur du collège de Béthune ; François Désiré Budan de Boislaurent [1761-1840], suppléant du professeur de mathématiques au collège de France ; Joseph Nicolas de Champeaux [1754-1815], ex grand-vicaire de Rodez ; Henri Louis de Coiffier de Verfeu [1770-1831] ; abbé André René Pierre Daburon [1758-1838], professeur de mathématiques au collège de Lyon ; le journaliste Philibert Guéneau de Mussy [1776-1834] ; l’homme de lettres Joseph Joubert [1754-1824] ; comte Chrétien Siméon Le Prévost d’Iray [1768-1849], censeur des études au lycée impérial ; Claude Bernard Petitot [1792-1825], ancien chef de bureau de l’Instruction publique du département de la Seine ; Jacques Roman [1744-1823], professeur au collège royal de Bordeaux ; l’avocat Ambroise Rendu [1778-1860] ; Antoine Athanase Royer-Collard [1768-1825], médecin chef de la maison d’aliénés de Charenton.

Ces nominations viennent compléter des listes établies par arrêté dès juin 1802 :
 
La liste des premiers inspecteurs : le physicien Jean Baptiste Joseph Delambre [1749-1822], membre de la section de géométrie de l’Institut ; Dom Raymond Despaulx [1726-1818], ancien directeur de l’école de Sorrèze ; François Joseph Michel Noël [1756-1841], préfet du Haut-Rhin,
 
La liste des commissaires pour la formation des lycées : le physicien Charles Augustin de Coulomb [1736-1806], membre de l’Institut ; Georges Cuvier [1769-1839], secrétaire perpétuel de l’Institut et titulaire de la chaire d’anatomie au collège de France ; le professeur de littérature Noël Gabriel Luce Villar [1748-1826].
 
Un an plus tard, fin novembre 1809, il y a une troisième série de nouvelles nominations d’Inspecteurs généraux de l’Université, [décision du 25 novembre 1809] comprenant l’écrivain Barthélemy Philibert d’Andrezel [1757-1825] ; le médecin Edme Joachim Bourdois [1754-1830], René Louis Richard Castel [1758-1832], professeur de lettres au collège Louis-le-Grand ; le chirurgien Guillaume Dupuytren [1777-1835], chirurgien-adjoint à l’Hôtel-Dieu ; Louis Poinsot [1777-1859], professeur d’analyse à l’École polytechnique.
 
1809. CONSEILLER ORDINAIRE DE L’UNIVERSITÉ.
Joseph Joubert fait partie de la dizaine d’inspecteurs généraux nommés un an plus tard, par décret du 18 novembre 1809, comme conseillers ordinaires, au Conseil de l’Université : l’abbé Jean Alexis Balland ; Georges Antoine Chabot ; Joseph Nicolas de Champeaux ; Henri Louis de Coiffier ; dom Raymond Despaulx ; Philibert Guéneau de Mussy ; Joseph Joubert ; François Noël ; Noël Gabriel Luce Villar ; Ambroise Rendu.

Le rang de conseiller ordinaire de l’Université est immédiatement  supérieur à celui d’Inspecteur général de l’Université.

1808. MEMBRE DE LA PREMIÈRE COMMISSION.
Joseph Joubert fait partie de la première commission chargée  d’inspecter les établissements scolaires de Paris, Versailles, Orléans, Poitiers, Nantes, Angers, Rennes, Napoléon-ville [La Roche-sur-Yon], Caen, Rouen.
En mars 1809, fait partie avec Royer-Collard et Villar de la commission chargée de trancher les différents d’ordre administratifs.
 
1809. MEMBRE DE LA COMMISSION DES RÉPÉTITEURS.
En avril 1809 participe à une conférence sur les bourses de la ville de Paris.
Au début mai 1809, est nommé membre  de la commission des répétiteurs. Font également partie de cette commission l’abbé Jean Alexis Balland [1741-1813], Dom Raymond Despaulx [1726-1818], Noël Gabriel Luce Villar [1748-1826] et Ambroise Rendu [1778-1860].
L’arrêté du 24 mai définit les fonctions de cette commission : examiner à Paris, les sujets désireux d’exercer les fonctions de répétiteurs, professeurs ou maîtres d’études. Sur une durée d’à peu près un an [juin 1809-janvier 1810] cette commission se réunit une trentaine de fois.
 
En novembre 1809 fait une tournée dans l’Yonne. Et à l’intention de l’inspecteur général Ambroise Rendu rédige un rapport sur l’état de l’enseignement à Auxerre.
 
Fait partie de la deuxième section du conseil de l’Université, chargée de la police des écoles ; de la première section responsable du perfectionnement des études ; de la commission chargée de l’examen des livres de classe.
 
1810. MAUVAIS ÉTAT DE SANTÉ.
En juin 1810, alors qu’il fait à nouveau partie de la première commission d’inspection, Joubert tombe malade d’une grave fluxion de poitrine. À la fin de l'été, Joseph Joubert s’établit pendant un an, avec sa femme et son fils, dans le Midi. S’occupe alors de la création du lycée de Nice.
 
1815. MISE À LA RETRAITE.
Au moment de la première Restauration, Joseph Joubert est mis à la retraite par l’abbé Antoine de Montesquiou-Fézensac, ministre de l’Intérieur [13 mai 1814-20 mars 1815]. Ce dernier lui adresse une lettre l'informant de la suppression de son poste, en date du 28 février 1815.
Joseph Joubert est réintégré dans ses fonctions universitaires, pendant les Cent-Jours, alors que Lazare Carnot est ministre de l’intérieur [20 mars 1815-22 juin 1815]. Le décret le replaçant dans ses fonctions de conseiller ordinaire de l'Université, signé par Antoine Vincent Arnaud [1766-1834] chargé des affaires courantes de l'Université, est en date du 30 mars 1815.
Sera définitivement mis à la retraite, avec la seconde Restauration [juin-juillet 1815].

MAI 1824. DÉCÈS DE JOSEPH JOUBERT.
Affaibli par l'âge, Joseph Joubert, âgé de soixante-onze ans, décède dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 mai 1824, à Paris, dans son appartement de la rue Saint-Honoré, appartenant à sa belle-famille, et qu'il ne quitte plus depuis un an. Il est enterré au cimetière du Nord [cimetière Montmartre].
 
1838. ÉDITION POSTHUME DU RECUEIL DES PENSÉES PAR CHATEAUBRIAND.
Quatorze ans après sa mort, paraît, par les soins de son ami François René de Chateaubriand [1768-1848], à qui la veuve de Joubert a confié des notes manuscrites consignées dans des carnets depuis 1786, le Recueil des pensées de M. Joubert [Paris : impr. de Le Normant, rue de Seine, n°8. In-8, 394 p., 1838].
Cette édition n’est pas destinée à la vente. Tirée, sans doute à une cinquantaine d'exemplaires elle est distribuée par Chateaubriand à quelques amis.
Rééditée en 1929 [Paris : Firmin-Didot. Collection des classiques français. Pensées de Joubert. Introduction par le docteur Léon Cerf. In-16, 359 p., portrait. 1929] 
 
1842.
Puis en 1842, Pensées, essais et maximes de J. Joubert. Suivis de lettres à ses amis et précédés d’une Notice sur sa vie, son caractère et ses travaux. [Paris : Librairie de Charles Gosselin. 9 rue Saint-Germain des Prés. Deux volumes 4-422+4-460 pp., 1842].
La notice est rédigée par Paul [Chaudru] de Raynal [1797-1845], neveu par alliance de Joseph Joubert, qui procède à un nouveau choix de pensées : cette édition comprend 216 pensées de plus que l'originale.

1850.
En 1850, paraît : *Pensées, essais, maximes et correspondance de J. Joubert. Recueillis et mis en ordre par M. Paul Raynal, et précédés d’une notice sur sa vie, son caractère et ses travaux. Seconde édition, revue et augmentée [Paris : librairie Ve Le Normant. Rue de Seine, 10. Deux volumes in-8, 464+379. 1850]. Elle est augmentée de 123 pensées et de sept lettres. En frontispice portrait de J. Joubert, lithographie par Ch. Vogt.
L’ouvrage ouvre sur un Avant-propos, signé par Arnaud Joubert [1767-1854], un des frères cadet de Joseph Joubert.

1861.
Une autre édition, préparée par son frère Arnaud Joubert [1767-1854], paraît en 1861 : Pensées, maximes, essais et correspondance de J. Joubert, recueillis et mis en ordre par M. Paul Raynal et précédés d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travaux. [Paris : Didier. Deux volumes in-8, 1861]. La préface est signée par Paul [Chaudru] de Raynal [1797-1845], professeur d’administration militaire à l’École d’État-major.
 
1862-1866.
En 1862 : Pensées de J. Joubert, précédées de sa Correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travaux, par M. Paul de Raynal et des jugements littéraires de MM. Sainte-Beuve, Sylvestre de Sacy, Saint-Marc Girardin, Géruzez et Poitou. Quatrième édition, revue et augmentée [publiée par Louis de Raynal] en deux volumes. [Paris : Didier et Cie, libraires-éditeurs, 35, quai des Augustins, 2 volumes in-8, 1864-1866]. Contient une table analytique des Pensées par Wallon. Réédité en 1864/1866 ; en 1869 ; en 1874 [comme sixième édition] ; en 1877 [comme septième édition] ; en 1888 [comme huitième édition] ; en 1895 [comme neuvième édition] ; en 1924 [comme douzième édition].
 
1883. PUBLICATION DE LETTRES INÉDITES.
En 1883, Paul de Raynal [1837-1903], fait paraître <Les Correspondants de J. Joubert, 1785-1822. Lettres inédites de M. de Fontanes, Mme de Beaumont, M. et Mme de Chateaubriand, M. Molé, M. Frisell, Mlle de Chastenay> [Paris : Calmann-Lévy. Collection Bibliothèque contemporaine. In-16, II-398 p., 1883]. Avec les portraits de Mmes de Chateaubriand et de Beaumont.

AUTRES PUBLICATIONS CONCERNANT JOSEPH JOUBERT.
1877.
Abbé James P. Condamin. Essai sur les Pensées de J. Joubert [Paris : Librairie académique Perrin et Cie. In-8. 244 p., 1877]. Thèse pour le doctorat. Faculté des lettres de Lyon.

1888.
Pensées de J. Joubert, précédées de sa correspondance, d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travaux par M. Paul Raynal, et des jugements littéraires de MM. Sainte-Beuve, Sylvestre de Sacy, Saint-Marc Girardin, Géruzez et Poitou [Paris : Librairie académique Perrin et Cie. Deux volumes in-12, 1888].

1893.
Jean Paul Clarens. Joubert [Paris : A. Savine. In-8, 114 p., 1893].

1900.
Abbé Gabriel Pailhès. Du nouveau sur J. Joubert : Chateaubriand, Fontanes et sa fille, Sainte-Beuve [Paris : Garnier frères. In-12, XIV-538 p.,1900].

1909.
[Joseph Joubert] Pensées. Introduction et notes par Victor Giraud, avec la Notice historique du frère de Joubert [Paris : Bloud et Cie. In-12, 209 p., 1909].

1911.
Pensées de J. Joubert. Édition complète [Paris : Librairie académique Perrin et Cie. in-12, 435 p., 1911].

1914.
Joubert. Textes choisis et commentés par Victor Giraud [Paris : Plon. Collection Bibliothèque française, XIX ème siècle ; In-12, 209 p., 1914].

1918.
André Beaunier. La jeunesse de Joseph Joubert [Paris : Librairie académique Perrin et Cie. In-12, IX-348 p., 1918].

1918.
André Beaunier. Joseph Joubert et la Révolution [Paris : Librairie académique Perrin et Cie. In-12, 351 p., 1918].

1921.
Joseph Joubert. Lettres à Madame de Vintimille, publiées par André Beaunier [Paris : Au masque d'Or ; Devambez. Collection Le florilège français. In-12, XLVI, 94 p., 1921].

1923.
André Beaunier. Le roman d'une amitié. Joseph Joubert et Pauline de Beaumont [Paris : Librairie académique Perrin et Cie. In-12, VIII-329 p., 1923]. Réédité en 1924, comme troisième édition.

1930.
Joseph Joubert. Pensées [Paris : Société des médecins bibliophiles. In-12, 275 p., 1930].
‎Reproduction de l'édition originale avec notice historique d'Armand Joubert. Préface de Chateaubriand. Introduction et notes de Victor Giraud.

1932.
Henri Peyre de Bétouzet. Correspondance, lettres choisies de Joubert [Paris : Hatier. Collection Les Classiques pour tous. in-16, 80 p., 1932].

1933.
Henri Peyre de Bétouzet. J. Joubert. Pensées, Maximes et Essais [Paris : Hatier. Collection Les Classiques pour tous. in-16, 80 p., 1933].

1938.
Les Carnets de Joseph Joubert. Textes recueillis sur les manuscrits autographes par André Beaunier. Avant-propos de Jean Paul Corsetti. Préfaces de Mme André Beaunier et André Bellessort, de l'Académie française [Paris : Gallimard. Deux volumes in-8, 942 pages en pagination continue:1-475 ; 476-942, 1938]. Tiré à 920 exemplaires.
Réédité en 1955 [Paris : Gallimard. Deux volumes in-8, 942 pages en pagination continue, 1955]; en 1994 [Paris : Gallimard. Deux volumes in-8, 665+640 pp., 1994].

1941.
Mgr. Grente. Les Pensées de Joubert. Choix et Préface [Paris : Maisons de la Bonne Presse. In-8, 233 p., 1941]. Quelques culs-de-lampe. Réédité en 1953.

1943.
Correspondance de Louis de Fontanes et de Joseph Joubert : [1785-1819]. Texte intégral publié pour la première fois d'après les documents autographes avec une introduction et des notes par Rémy Tessonneau [Paris : Plon. in-8, 181 p., 1943].

1944.
Rémy Tessonneau.  Joseph Joubert éducateur, d'après des documents inédits [Paris : Plon. XIV-589. [1] f. de portrait en frontispice ; [4] f. de planches. 1944]. Thèse de doctorat ès-lettres. Paris, 1944.

1945.
Joubert. Pensées. [Paris : Maximilien Vox. Collection brin de plumes. in-12, 1945]. Tirage limité numéroté.

1954.
Bibliothèque Nationale. Joseph Joubert, 1754-1824 [Paris : Bibliothèque Nationale. In-8, 23 p., 1954]. Catalogue de l'Exposition organisée pour le 200e anniversaire de sa naissance. Cent quarante notices.

1954.
Joseph Joubert. Pensées. Choisies et préfacées par Jean Secret [Montignac : Editions du Périgord Noir. In-8, 99 p., 1954]. Nouvelle édition illustrée de dessins originaux de Jean Roussel.

1954.
Joseph Joubert. Pensées. Textes choisis et présentés par Raymond Dumay [Paris : Club français du livre, collection Classiques. In-8, 280 [20] pp., 1954].

1954.
Bernard Halda. Joseph Joubert, ou de la perfection [Paris : La Colombe. Éditions du vieux colombier. In-12, 157 p., 1954].
1954.
[Joseph Joubert] Pensées et lettres ; présentées par Raymond Dumay. Textes choisis par Raymond Dumay et Maurice Andrieux [Paris : Grasset. In-12, 360 p., 1954].


1958.
Joseph Joubert. Sur la poésie. [Paris : GLM (Guy Lévis Mano). In-16, 26 p., 1958] Ouvrage à tirage limité réservé aux Amis de GLM.
1961.
[Joseph Joubert] Joubert 1754-1824 [Paris : A. Silvaire. Collection Maximes et pensées. In-16, 159 p., 1961].

1966.
Joubert. Pensées. Choix et introduction par Georges Poulet [Paris : UGE, collection 10/18. In-12, 288 p., 1966].

1969.
André Billy. Joubert énigmatique et délicieux [Paris : Gallimard. Collection Leurs figures. In-8, 234 p., 1969].

1972.
Max Krummenacher. L'authenticité de la démarche joubertienne [Zürich. IV-127 p., 1972]. Thèse de lettres.

1983.
[Joseph Joubert].  Essais : 1779-1821. Édition intégrale et critique de textes en partie inédits, recueillis et présentés par Rémy Tessonneau [Paris : A.G. Nizet. In-8, 259 p., IV p. de planches. 1983].

1984.
Joseph Joubert. Lettres à Pauline de Beaumont et Louise Angélique de Vintimille. Préface de Roger Judrin [Quimper : Calligrammes. In-8, 126 p., 1984].

1985.
Création de l'Association des Amis de Joseph Joubert. 7 faubourg Saint-Laurent. 89500 Villeneuve-sur-Yonne.

1986.
Actes du colloque Joseph Joubert [Villeneuve-sur-Yonne : Amis du vieux Villeneuve. in-8, 160 p., 1986]. Publié par l'Association bourguignonne des sociétés savantes, cinquante-sixième congrès, Villeneuve-sur-Yonne, 31 mai, 1er et 2 juin 1985. Illustré. Avec des notes bibliographiques.

1988.
Joubert. Maximes et Pensées [Paris : Éditions André Salvaire. In-12, 159 p., 1988]. Planches illustrées en couleur.

1989.
Pensées, jugements et notations. Anthologie critique établie par Rémy Tessoneau [Paris : José Corti. Collection Domaine romantique. In-8, 400 p., 1989]. Édition revue et augmentée en 1998.

1990. 
Actes du Colloque Joseph Joubert, la Vallée aux Loups, 28 mai 1988 [Villeneuve-sur-Yonne : Amis du Vieux Villeneuve. In-8, 61 p., 1990]. Publié par la Société des amis de Joseph Joubert.

1995.
Actes du Colloque Joseph Joubert, Montignac, 6, 7, 8 septembre 1991 [Villeneuve-sur-Yonne : Les Amis de Joseph Joubert. In-8, 89 p., 1995].

1996.
[Joseph Joubert]. Quatre carnets, édition établie et annotée par David Kinloch et Philippe Mangeot. [London : University of London, Institute of romance studies. 1996].

1996-1997.
Correspondance générale de Joseph Joubert [1774-1824], établie par Rémy Tessonneau [Bordeaux : William Blake et Cie].
Tome I. les temps révolutionnaires, 1774-1804 [In-8, 381 p., 1996]. 
Tome II. La période impériale, 1804-1814 [In-8, 274 p., 1996].
Tome III. La Restauration, 1814-1824 [In-8, 299 p., 1997]. Index des trois volumes.

2007.
Le repos dans la lumière. Joseph Joubert. Textes choisis et présentés par Jean Mambrino [Paris : Orbey ; Arfuyen. Collection Les carnets spirituels. In-12, 141 p., 2007].
2008.
Étienne Beaulieu. La fatigue romanesque de Joseph Joubert [Québec : Presses de l'Université Laval. In-8, X-330 p., 2008]. Texte remanié d'une thèse de doctorat.

2009.
Les couleurs de l'amitié. Joseph Joubert. Choix de lettres et présentation de Jean Luc Dauphin. [Sens : Obsidiane les 3 P. Portraits par Gilles Marrey. In-8, 88 p., 2009].

2010.
Quatrième colloque international et interdisciplinaire de la Société des Amis de Joseph Joubert, à Sens [Yonne]. 2 et 3 octobre 2010.

DÉCORATION.
Chevalier de l'Ordre impérial de la Réunion [6 mars 1813].
Ordre du Lys [9 août 1814].
Chevalier de la Légion d’honneur [17 octobre 1814].

SOURCE.
Isabelle Havelange, Françoise Huguet, Bernadette Lebedeff. Les Inspecteurs généraux de l'Instruction publique. Dictionnaire biographique 1802-1914, sous la direction de Guy Caplat.

[Paris : Institut national de recherche pédagogique. Éditions du Cnrs. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 702 p., 1986].
Fournit les dates précises des nominations, et des renseignements biographiques recueillis grâce au dépouillement des Archives.

 

 
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