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Joseph Guichemerre (1794-1870), normalien, professeur, poète et administrateur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La carrière de Joseph Guichemerre, docteur ès-lettres [1817], puis agrégé des lettres [1822] est typique de celles des normaliens, qui peuvent être tout à la fois enseignants, administrateurs [principal, inspecteur, recteur], tout en restant, pour le plaisir, de distingués hellénistes.

LES SOURCES BIOGRAPHIQUES.Pour retracer en détail la biographie de Joseph Guichemerre on dispose du travail ancien de Robert Villepelet qui – dépouillant les dossiers du personnel de l’Instruction publique aux Archives nationales – cherche à fournir les données biographiques pour tous les Périgourdins notoires.Ce curriculum vitae est publié dans le Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord [Tome XL. Janvier-février 1913].
A croiser avec l’Annuaire de l’Association des Anciens élèves de l’École normale [1971], et le « Dictionnaire biographique » de l’ouvrage de Jean-François Condette Les Recteurs d’académie en France de 1808 à 1940 [INRP. 2006].

GUICHEMERRE, JOSEPH [LIBERTÉ].
[1794-1870]. Né le 17 juin 1794 [29 prairial An II], à Paris ; mort le 19 mars 1870, à Périgueux.
Dans la liste des agrégés, son nom est orthographié Guichemère.

Il est le fils de Gabriel Guichemerre, ébéniste et d’Ursule Févrière. De ce mariage naissent plusieurs enfants [cf. Condette].

PREMIÈRES ÉTUDES.
Études au lycée Charlemagne à Paris.
Incorporé au troisième régiment de grenadiers à pied, bataillon d’instruction de Fontainebleau du 25 décembre 1812 au 1er mai 1813.

1814. ANCIEN ÉLÈVE DE L’ÉCOLE NORMALE.
Ancien élève de la cinquième promotion de l’École normale [1814], alors que Pierre [Claude Bernard] Guéroult [1744-1821], dit Guéroult l’aîné, est chef de l’École depuis 1810 et le restera jusqu’à la Restauration en 1815.
Comme il est de règle à cette époque, sélectionné par un Inspecteur général ou un Inspecteur d’Académie, Joseph Guichemerre est admis sans concours à l’École. Il y effectue une scolarité, initialement prévue de deux ans, puis portée après 1815 à trois ans, selon une discipline toute militaire, dans les bâtiments de l’ancien Séminaire du Saint-Esprit, rue des Postes [aujourd’hui rue Lhomond], près de la rue Rateau, l’ancien Cul de sac des Vignes.

Sont admis cette année 1814, vingt élèves, dans l’ordre alphabétique :
Charles Alexandre [1797-1870], futur Inspecteur général de l'instruction publique ; Théodore Derôme [1796-1873], professeur d'histoire, Doyen de la Faculté des Lettres de Poitiers ; Adrien Dijon [ -1850], professeur à Liège ; Joseph Douy [1795- ], professeur de rhétorique ; Victor Fontanier [1796-1857], Consul de France à Civita-Vecchia ; Victor Fourteau, Inspecteur d’Académie à Nîmes ; Vincent Fribault [vers 1795-1818], professeur au lycée de Rouen ; Auguste Godebert [Godbert], professeur de lettres au lycée de Laval ; Michel Guérard [1808-1888], préfet des études au collège Sainte-Barbe ; Joseph Guichemerre [1794-1870] ; Jean Louis Jannet [1795-1861], Proviseur de lycées ; Louis Désiré Lemarchand [-1855], professeur de grammaire ; Théodore Macarel-Dufayel ; Jacques Michel [ -1854], professeur de rhétorique au lycée de Nancy ; Célestin Mirambeau, professeur à l’École de Saint-Cyr ; Guillaume Phocion Navière-Laboissière, Inspecteur d’Académie à Limoges ; Louis Revel [ -1856], caissier au lycée Louis-le-Grand ; Charles Louis Roussel, Inspecteur d’académie ; Alexandre Sabathier [ -1866], professeur de cinquième du lycée de Rouen ; Jean Varney, Professeur de philosophie au lycée de Moulins.

Il y a comme répétiteur des cours de la Faculté des Lettres de Paris, l’enseignement de maîtres de conférences, en Littérature Jean Louis Burnouf [1875-1844], Abel François Villemain [1790-1870], en Langue grecque l’abbé Beato Mablini [1774-1834], en Philosophie Georges Gabriel Mauger [1774- ].

L’année suivante [1815] passe son baccalauréat ès-lettres, puis sa licence-ès-lettres, en 1816.

1817. DOCTORAT ÈS-LETTRES.
Docteur ès-lettres [Paris. 14 août 1817], avec une thèse latine De principio  meriti et demiriti [in-4, 18 p.].
La thèse française a pour titre :  De l’Origine de la poésie [in-4, 28 pages].
Les thèses n’ont été imprimées que pour l’Université.

Joseph Guichemerre passe son doctorat la même année que Théodore Derôme ; Vincent Augustin Fribault ; Jean Varney qui ont tous été ses camarades de promotion à l’École normale.
Sont également docteurs en 1817 Joseph Anceau [vers 1794-1821], futur professeur de grammaire au collège Bourbon [lycée Condorcet] ; Jean-François Gail [1795-1845], futur professeur au lycée Saint-Louis ; A. Perreau, futur professeur au lycée Saint-Louis ; Nicolas Rodolphe Taranne [1795-1857], futur bibliothécaire à la Bibliothèque Mazarine.

PREMIERS POSTES D’ENSEIGNEMENT.
Nommé maître d’études au collège royal d’Angers, du 25 septembre 1817 au 27 septembre 1818.
Ensuite est nommé régent de rhétorique au collège communal de Périgueux, du 28 septembre 1818 au 4 novembre 1823.

En 1821, prononce le 24 août, un discours à la distribution des prix du collège de Périgueux [Périgueux : Danède. In-4, 1821].

1822. AGRÉGATION DES LETTRES.
Alors qu’il est régent de rhétorique, est reçu à l’agrégation des lettres en 1822, à Paris, concours organisé pour la deuxième fois.
Sont reçus cette année, dans l’ordre du classement : Antoine Joseph Baudon des Forges [ou Desforges] [1791- ]; Hubert, Théodore Derôme, ancien élève de l’École normale [1814] ;  Joseph Guichemerre, ancien élève de l’École normale [1814] ; Hippolyte Morin, ancien élève de l’École normale [1813] ; Alphonse Agnant, ancien élève de l’École normale [1818].

LA SUITE DE LA CARRIÈRE D’ENSEIGNANT.
Une fois agrégé, Joseph Guichemerre continue d’enseigner à Périgueux, et devient enseignant suppléant en rhétorique.
Puis l’année suivante, en 1823, est professeur de rhétorique au collège royal de Marseille [5 novembre 1823-10 octobre 1824], en même temps que l’abbé Brunet. Il devient, pendant presque quatorze ans, principal du collège [11 octobre 1824-30 janvier 1838].

En 1835, prononce le 24 août, un discours à la distribution solennelle des prix du collège de Périgueux [Périgueux :Fr. Dupont. In-4, 6 p., 1835].

Entre temps, fait paraître une Analyse du Journal d’un voyage à Tombouctou et à Djenné dans l’Afrique centrale, par René Caillié [Annales de la Société d’agriculture de la Dordogne. Tome X, 1830, p. 150].

En 1838, Joseph Guichemerre est nommé professeur de seconde au lycée de Poitiers [28 septembre 1838 au 1er octobre 1839], puis professeur de rhétorique à Limoges [2 octobre 1839-28 août 1842].

1841. MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES ET DES ARTS.
Une fois, professeur de rhétorique au collège royal, puis lorsqu’il est Inspecteur de l’Académie de Limoges, il est un des cinquante membres résidants de la Société d’Agriculture, des Sciences et des Arts de Limoges.
Dans le Bulletin de la Société paraît, en 1843, le texte de sa traduction française en vers de la Première Olympique de Pindare [page 80 sq.], en préfiguration de la traduction de l’intégralité des Olympiques qu’il fera paraître en 1845.
Le rapporteur de sa publication écrit : « Nous avons eu de M. Guichemerre, une excellente traduction en vers de la première olympique de Pindare. M. Guichemerre a su se montrer tout à la fois, dans cette pièce, traducteur exact et poète élégant. C’est chose difficile que de suivre Pindare dans son désordre lyrique ! Ces invocations enthousiastes, ces grandes images, ces brusques digressions qui font perdre de vue le sujet principal ; c’est plus qu’il n’en faut pour dérouter un traducteur vulgaire : mais cela n’a été pour notre savant collègue qu’une occasion de montrer combien il s’était inspiré de son poète avant de le traduire, et avec quel talent il sait modeler son style sur celui qu’il veut reproduire ».

1842-1848. FONCTIONS ADMINISTRATIVES.
A partir de 1842, Joseph Guichemerre est chargé de fonctions administratives, auprès du recteur René Rabusseau [1793-1861] comme l’un des deux inspecteurs de l’Académie de Limoges [ressort : Haute-Vienne, Corrèze, Creuse].
L’autre inspecteur est Guillaume Phocion Navière-Laboissière, lui aussi ancien élève de l’École normale, de la même promotion [1814].
Joseph Guichemerre est nommé le 29 août 1842, et reste en fonction comme inspecteur jusqu’au 7 septembre 1848.

1845. TRADUCTION DES OLYMPIQUES DE PINDARE.
Publie du grec ancien en français, une traduction des Olympiques de Pindare, sous le titre :  Olympiques de Pindare, traduites en vers français, avec analyses littéraires et notes, par J. Guichemerre [Paris : P. Dupont. In-8, LXX-254 p., 1845].

1848. LES REMANIEMENTS RECTORAUX.
En 1847, la France est divisée en vingt-sept académies, chacune dirigée par un recteur.
A savoir, dans l’ordre alphabétique : Aix, Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Bourges, Caen, Cahors, Clermont, Corse, Dijon, Douai, Grenoble, Limoges, Lyon, Metz, Montpellier, Nancy, Nîmes, Orléans, Paris, Pau, Poitiers, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse.

A la suite de la Révolution de 1848, un nouveau découpage universitaire est décidé par un arrêté présidentiel en date du 7 septembre 1848, alors qu’Achille de Vaulabelle [1799-1879] est ministre de l’Instruction publique et des cultes [7 juillet 1848-13 octobre 1848].

Sont supprimés les académies d’Amiens, de Clermont, de Limoges, de Metz, de Nancy, d’Orléans, de Pau. Les départements qui dépendaient de leur ressort académique sont répartis sur les académies maintenues. Sont créées les académies de Reims et d’Alger.

L’Académie de Limoges étant supprimée, Joseph Guichemerre  est mis en disponiblité et reçoit le titre d’Inspecteur d’Académie honoraire.

1848. PHILOSOPHIE AU LYCÉE DE LIMOGES.
Fin 1848 [1848-1850], Joseph Guichemerre supplée le philosophe d’origine italienne Auguste Véra [1813-1855], dans sa chaire de philosophie au lycée de Limoges [décembre 1848-octobre 1849].

1850. INSPECTEUR D’ACADÉMIE DE BORDEAUX.
Quelques mois après, en janvier 1850, est nommé l’un des deux inspecteurs de l’Académie de Bordeaux, auprès de Louis Émile Ruelle [1800-1859], recteur de l’académie de mai 1848 à août 1850, puis recteur de la Gironde jusqu’en septembre 1852.
Il est nommé le 9 janvier 1850 et reste en fonction jusqu’au 31 août 1850.

1850-1851. PETITS RECTORATS.
A la suite de la loi Falloux du 15 mars 1850, les académies, jusqu’alors regroupement de départements, voient leur ressort restreint. Elles deviennent strictement départementales et de « petits recteurs », aux attributions réduites, sont nommés. C’est dans ce cadre que Joseph Guichemmere est nommé pour quelques jours, du 10 au 31 août 1850, recteur départemental de la Creuse, établi à Guéret, chef-lieu de l'Académie.
Puis Joseph Guichemmere est nommé pour quelques mois recteur départemental de l’Académie du Gers [août 1850-mars 1851], dont le chef-lieu est établi à Auch.
Il prend sa retraite le 20 mars 1851.

DÉCORATION.
Officier de l’Université. 1825.
Chevalier de la Légion d’honneur. 10 avril 1851. 

c JJB 05-2011

 
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