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Gobert, Casimir (1789-1839), parmi les professeurs des meilleurs collèges de Paris Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
C'est, de 1810 à 1838, pour ce latiniste, toute une carrière enseignante dans trois des cinq collèges royaux parisiens : Henri-IV ; Saint-Louis ; Charlemagne ; Henri-IV à nouveau. Carrière qui trouve son aboutissement dans la fonction d'autorité de recteur de l'académie d'Orléans, au cours de l'année 1838/1839.  
Casimir Gobert [1789-1839], né le 8 septembre 1789 à Paris ; mort le 8 septembre 1839, à Orléans [Loiret]. 

ÉTUDES AU LYCÉE NAPOLÉON.
Casimir Gobert, en 1807-1808, alors qu'il est âgé de dix-huit ans, est élève à Paris, au lycée Napoléon,  « dans  la ci-devant Maison de St. Geneviève » [aujourd'hui lycée Henri-IV, 23 rue Clovis, dans le cinquième arrondissement], où, quant aux Belles-Lettres, il reçoit l'enseignement de Jean François René Mahérault [1764-1833] pour l'Éloquence, et celui de François Marie Joseph Guislain Delaplace [1757-1823] pour la Poésie. 
Ayant obtenu un ou plusieurs prix au Concours général [rétabli depuis 1803] Casimir Gobert est autorisé à redoubler sa classe, en obtenant ainsi le statut envié de vétéran.
Obtient, en août 1809, au Concours général, le premier prix des vétérans pour l'Amplification latine [discours latin] et le premier prix pour l'Amplification française ; le prix des vétérans, pour la Version grecque ; le deuxième accessit du prix des vétérans pour la Version latine ; le prix de Thème anglais, et le premier accessit de Version anglaise. 

Ces prix sont remis aux élèves du lycée Napoléon le 17 août 1809 au cours d'une séance solennelle, « en présence de Mgr. de Villaret, Évêque de Casal, et Chancelier de l'Université Impériale, M. Desrenaudes, conseiller titulaire, et M. de Wailly, Proviseur, assistés de M. Dumas, censeur des études, et de MM. Les Professeurs ».

1810-1820. SUPPLÉANT DU PROFESSEUR D'HUMANITÉS À HENRI-IV.
Licencié ès lettres, Casimir Gobert est d’abord maître d’études au lycée Napoléon [Henri-IV] [avril 1810-octobre 1814], où il a été précédemment élève.
En 1814, Casimir Gobert est un des agrégés professeurs en charge des classes élémentaires : Muzine ; Cornedet ; Gobert ; Blais. 
Il est aussi chargé d’un cours spécial de grec, et désigné pour suppléer Jean Augustin Amar du Rivier [1765-1837], le professeur de première année de la classe d'humanités.

1814. DÉMARCHE POUR OBTENIR UNE PLACE « D'AGRÉGÉ ». 
André Chervel, dans un article publié dans la revue en ligne Histoire de l'éducation [https://histoire-education.revues.org/2073], sur les Agrégés d'avant le concours [1809-1821], signale la démarche spécifique de Casimir Gobert et ses conséquences : « Casimir Gobert, qui est maître d’étude au lycée Napoléon (Henri IV), ayant demandé au Grand Maître à être nommé agrégé dans ce lycée, Fontanes écrit le 10 juillet 1814 au proviseur du lycée : « Les places d’agrégés dans les lycées de Paris doivent être considérées désormais comme une première récompense des services rendus dans les lycées des départements par de jeunes professeurs sortis de l’École normale » ; et, le 30 novembre de la même année, le Conseil de l’Université décide que « les élèves de l’École normale qui auront obtenu le grade de licenciés dans les lettres et les sciences auront le titre d’agrégés ».

AGRÉGATION SANS CONCOURS.
Bien que Casimir Gobert, ne soit pas un ancien élève de l'École normale, il est effectivement nommé professeur agrégé de cinquième [1815-1817], sans avoir à passer d'examen particulier ou de concours, sans doute en raison de ses excellents résultats obtenus au Concours général en dernière année de sa scolarité de «vétéran » au lycée Napoléon [Henri IV].  
L'agrégation, comme titre obtenu à la suite d'un concours [et non pas antérieurement, seulement comme place avec un traitement plus avantageux] ne sera mis en place qu'à partir de 1821, avec d'abord une agrégation de lettres, de grammaire, de sciences.

SUITE DE LA CARRIÈRE AU COLLÈGE ROYAL HENRI-IV.
Casimir Gobert poursuit sa carrière au collège Henri-IV. D'abord professeur agrégé de cinquième [1815-1817], il devient professeur agrégé de troisième [1817-1818], et enfin, pour employer la formule exacte,  « agrégé professeur » de seconde, dans le même établissement [collège royal Henri IV], auprès du titulaire, Henri Pottier [ -1855], ancien élève de l'École normale [1817].

Compte-tenu de l'importance des effectifs à Henri-IV, comme dans d'autres collèges royaux parisiens, chaque classe a un professeur titulaire, auquel est généralement agrégé un autre enseignant.
En 1819/1820, seul Georges Gabriel Mauger [1774-1861], professeur de philosophie ne dispose pas de suppléant ou d'agrégé.
Jean Louis Laya [1761-1833] et Joseph Naudet [1786-1878], tous deux professeurs titulaires de la chaire de rhétorique, disposent d'un suppléant : Henri Joseph Guillaume Patin [1793-1876], et d'un agrégé suppléant [et non agrégé professeur] Pierre Fabius de Calonne [1794-1856], qui peut également enseigner dans les classes d'humanités [seconde et troisième].
Henri Pottier [ -1855], professeur titulaire de seconde a comme agrégé Casimir Gobert [1789-1839] ; Brée, professeur titulaire de troisième a comme agrégé Jean Baptiste Polyeucte Humbert [1773- ] ; Jean Antoine Auvray, professeur titulaire de quatrième a comme agrégé Pitay ; Belin, professeur titulaire de cinquième a comme agrégé Muzine. 
À cette date il n'y a pas de professeur titulaire de la sixième. L'enseignement de cette classe est assuré seulement par un agrégé professeur : Nicolas Denis Riant [1792-1860].
Pour être complet, dans le domaine des lettres, il faut signaler les deux agrégés professeurs en histoire et géographie : Auguste Poirson [1795-1871] et Chrysanthe Ovide Desmichels [1793-1866].
Ainsi que l'existence d'une dizaine de maîtres d'étude.
Il va de soi que, par le biais de déplacements et de promotion liée à la carrière, ce tableau, d'une année sur l'autre, est fortement modifié.

Puis, en 1820, Casimir Gobert est nommé au collège royal de Saint-Louis, cette fois non plus comme agrégé professeur mais comme professeur titulaire.

1820-1821. PROFESSEUR TITULAIRE DE SECONDE À SAINT-LOUIS.
Nommé professeur titulaire de seconde au collège royal de Saint-Louis [1820-1821], qui vient d'ouvrir ses portes, sur l'emplacement de l'ancien collège d'Harcourt, en octobre 1820, avec l'abbé Nicolas Thibault [1769-1830], comme premier proviseur [du 20 octobre 1820 à 1824] et Clerc [du 14 octobre 1820 au 3 octobre 1823] comme premier censeur. 
Casimir Gobert y reste jusqu'en 1821, étant nommé au collège Charlemagne. Il est alors remplacé à Saint-Louis par Alexandre Langlois [1788-1854], professeur titulaire de seconde, futur inspecteur de l'académie de Paris [1838].

1821-1824. PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE AU COLLÈGE CHARLEMAGNE.
Casimir Gobert est nommé l'un des deux professeurs de rhétorique au collège royal Charlemagne [1821-1824]. Compte-tenu des effectifs du collège, l'enseignement de rhétorique est en effet assuré par deux professeurs ; dans l'ordre de préséance Teissèdre, qui a remplacé L'Étendart fin 1820 ; et Joseph Victor Leclerc [1789-1865], enseignant depuis plusieurs années.

Teissèdre obtient un congé d'un an, en 1821, et est suppléé par Jacques Tongard-Boismilon. Quant à Casimir Gobert, il occupe le poste précédemment tenu par Joseph Victor Leclerc, qui vient d'être nommé Maître de conférences à l'École normale, futur professeur d’Éloquence latine à la Faculté des Lettres de Paris [1824-1865].

Les enseignements littéraires à Charlemagne se répartissent de la manière suivante , en 1822 : en philosophie, Charles Millon [1754-1839], avec comme enseignant agrégé Georges Ozaneaux [1795-1852] ; en rhétorique, Teissèdre et Casimir Gobert [1789-1839] ; en histoire, pour la classe de rhétorique, Jacques Tongard-Boismilon [1795- 1871]; en seconde, Jean Truffer [1746-1828] et Carré, avec Arsène Liez [1790-1838] comme agrégé ; en troisième, Leclerc, avec Robert, Dalgue, et Alexandre Maugeret [1790-1852] comme agrégés ; en quatrième, Leboucher, avec Claude Antoine Félix Frémion [1785-1839] comme agrégé ; en cinquième Laurent, avec Alphonse Beljame [1793- ] comme agrégé ; en sixième N. Collache [ -1832] , avec Bonvalot comme agrégé ; en histoire et géographie, Charles Cayx [1793-1858]. Enfin, Étienne Gros [1797-1856] et Michelet  sont agrégés suppléants pour les langues anciennes.

1824-1838. PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE AU COLLÈGE HENRI-IV.
En 1824, après l'intermède de Saint-Louis [1820-1821], puis de Charlemagne [1821-1824], Casimir Gobert revient au collège royal Henri-IV, où il a été d'abord élève, puis de 1810 à octobre 1820 « agrégé professeur ».
 
D’abord, avec Alexandre Langlois [1788-1854], Casimir Gobert est enseignant suppléant de la classe de rhétorique, auprès des deux titulaires de la chaire de rhétorique au collège royal Henri-IV : Jean Louis Laya [1761-1833], de l'Académie française [1817] ; Joseph Naudet [1786-1878], de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres [1817], professeur du collège de France, dans la chaire de Poésie latine [1821-1830]. 

Puis, après le départ de Jean Louis Laya, Casimir Gobert devient, avec Joseph Naudet, resté en poste, et placé en tête, le second des deux professeurs titulaires de la chaire de rhétorique au collège Henri-IV. Pour cet enseignement de rhétorique, en plus des professeurs titulaires, Laya et Gobert, Alexandre Langlois [1788-1854] est suppléant, position supérieure à celles de Gabriel Fort Dutrey [1792-1870] et d'Alfred de Wailly[1800-1869], agrégés.

Vers 1830, les enseignements littéraires à Henri-IV se composent comme suit : 
Georges Gabriel Mauger [1774-1861] est toujours professeur titulaire de la chaire de philosophie, mais avec un agrégé : Alexandre Edme Gibon [1789-1871], et un adjoint : Ducos. 
Auguste Poirson [1795-1871] est professeur d'histoire.
Henri Pottier [ -1855] est professeur de seconde, avec Brée comme suppléant [Brée étant par ailleurs professeur titulaire de troisième], et avec Pierre Fabius de Calonne [1794-1856], comme adjoint [de Calonne étant par ailleurs professeur titulaire de sixième].
Brée est professeur de troisième, avec Nicolas Denis Riant [1792-1860] comme suppléant [par ailleurs professeur titulaire de quatrième], et Jacques Veissier-Descombes [1791- ] comme agrégé.
Nicolas Denis Riant [1792-1860] est professeur de quatrième, avec Alexandre Maugeret [1790-1852] comme suppléant [par ailleurs professeur de cinquième], et Harmant comme agrégé.
Pierre Fabius de Calonne [1794-1856] est professeur de sixième, avec comme agrégés Pierre Hippolyte Joseph Henri Lauwereyns, Théodore Destainville  [1804-1852], Louis Tenant de Latour [1808-1877].
Il y a une classe de septième avec Guihal, Bontemps, Vollot, et Feugère, agrégé.
Enfin, Patin et Martin sont agrégés suppléants.

Casimir Gobert reste en poste comme professeur de rhétorique  au collège royal Henri IV, jusqu'en septembre 1838, avec Charles Caboche [1810-1874] comme professeur suppléant. 
Puis restant dans le cadre de l'Université, mais passant d'une fonction enseignante à une fonction d'autorité, Casimir Gobert est nommé recteur de l'académie d'Orléans le 18 septembre 1838.

1826. AUTEUR D'UN COURS D'HISTOIRE ANCIENNE EN LATIN.
Casimir Gobert fait paraître, en 1826, un Compendium veteris historiae, ou Cours d'histoire ancienne en latin, extrait principalement de Tite-Live, à l'usage des collèges et des institutions ; par C. Gobert, professeur de rhétorique en l'Académie de Paris, au collège royal de Henri IV [Paris : A. Delalain. In-12, VIII-566 p., 1826].
Le texte est en latin, la page de titre et la préface sont en français. Sur les dix livres qui composent cet abrégé, les sept premiers sont tirés presque entièrement de Tite-Live, les trois derniers, de Florus et de Velleius Paterculus.

Une deuxième édition paraît en 1829 : [Paris : A. Delalain, 1829. In-12, X-380 p., 1829].

1829. MEMBRE DU JURY D'AGRÉGATION DES LETTRES.
Le concours à Paris, pour l'agrégation pour les classes supérieures des lettres, pour dix places, s'ouvre le 1er septembre 1829. 
Les membres du jury sont désignés par arrêté de Henri de Vatismenil* [1789-1860], ministre, secrétaire d’État de l’Instruction publique, en date du 8 août 1829.
Présidé par Antoine Jean Letronne [1787-1848], Inspecteur général des études, le jury est composé de Jean Louis Burnouf [1775-1844], inspecteur de l'académie de Paris ; Joseph Naudet [1786-1878], inspecteur adjoint de l'académie de Paris ; Joseph Victor Leclerc [1789-1865]*, professeur de Littérature latine à la Faculté des Lettres ; Valette, professeur suppléant.
Un second arrêté  du ministre, en date du 22 août 1829, arrêté la liste de juges suppléants : L'Étendart, inspecteur de l'académie de Paris ; Georges Gabriel Mauger [1774-1861], professeur de philosophie au collège royal de Henri-IV ; Georges Ozaneaux [1795-1852], professeur de philosophie au collège royal de Louis-le-Grand ; Casimir Gobert [1789-1839], professeur de rhétorique au collège royal de Henri-IV.
Un nouvel arrêté du ministre, en date du 31 août 1829, complète cette liste : Jean Augustin Amar du Rivier [1765-1837], inspecteur honoraire de l'académie de Paris, conservateur de la Bibliothèque Mazarine ; Alexandre Langlois [1788-1854], professeur chargé de l'enseignement de la rhétorique au collège royal de Henri-IV.

Casimir Gobert participe sans doute à d'autres jurys d'agrégation des lettres. En tout cas il y participe sûrement en 1836.

1838-1839. RECTEUR DE L'ACADÉMIE D'ORLÉANS.
Casimir Gobert est nommé recteur de l'académie d'Orléans, le 18 septembre 1838. 
Le ressort de cette académie s'étend sur les départements de l'Indre-et-Loire ; du Loiret ; du Loir-et-Cher. 
Il est nommé en remplacement d'Auguste Nouseilles [1798-1881], futur proviseur du lycée Charlemagne [avril 1853-octobre 1872] et qui vient d'être désigné comme recteur de l'académie de Bordeaux [1838-1841]. 
Auguste Nouseilles a été recteur de l'académie d'Orléans de mai 1833 à septembre 1838.  

Les deux inspecteurs d'académie qui assistent Casimir Gobert sont : Alphonse Marie Florimond Delalleau de Baillencourt [1801-1869], futur recteur de l'académie de Poitiers [1841-1850] et Jean Hippolyte Lauzeral [1778-1839], ancien professeur de mathématiques spéciales au collège royal d'Orléans.
Le secrétaire de l'académie est Dubois.

Casimir Gobert meurt en fonction, à Orléans le 8 septembre 1839.
Il est remplacé, comme recteur, par Prosper Auguste Poulain de Bossay [1798-1876], professeur agrégé d'histoire à Paris, au collège Saint-Louis [octobre 1830], puis au collège Henry IV [décembre 1833-septembre 1839], qui vient de refuser le rectorat de Besançon [septembre 1839]. Prosper Auguste Poulain de Bossay, nommé recteur de l’académie d’Orléans le 14 septembre 1839, reste en fonction jusqu’au 16 février 1845.

SOURCE. 
Jean-François Condette. Les Recteurs d’académie en France de 1808 à 1940. Tome II, Dictionnaire biographique. [Paris : Institut National de Recherche Pédagogique. Édition de CNRS. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 411 p. +3. 2006].
Fournit les dates précises des nominations ; les sources des archives ; des extraits de rapports d'inspection.
 
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