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Éliçagaray, abbé Dominique (1758-1822), recteur de l'académie de Pau (1809-1816) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ancien émigré pendant la Révolution française, ses convictions monarchiques fortement affirmées dès la première Restauration, permettent à l'abbé Dominique Éliçagaray d'être nommé l'un des cinq membres de la Commission royale de l'Instruction publique [mai 1816].


Éliçagaray, abbé Dominique [1758-1822]. Né le 7 juin 1758, à Ahaxe [Basse-Navarre, aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques] ; mort le 22 décembre 1822, à Paris.

ÉTUDES.
Études au  petit séminaire de Larresore [aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques], puis, à partir de 1773, pendant deux ans à l'Université de Pau. Y obtient son diplôme de maîtrise ès-arts.Dominique Éliçagaray poursuit ses études au séminaire Saint-Charles de Toulouse [1777-1782].Obtient son baccalauréat et sa licence de théologie, et son doctorat en théologie sacrée [28 avril 1782].

PREMIERS ENSEIGNEMENTS.
Dès 1780, Dominique Éliçagaray enseigne au séminaire Saint-Charles de Toulouse, puis au petit séminaire de Larresore, où il a effectué ses études.

Ordonné prêtre en septembre 1781, il est prêtre-major de Saint-Jean-Pied-de-Port en Basse-Navarre [1782]. Il est le curé de Saint-Jean-Pied-de-Port,  en 1784-1785, en remplacement de Marithourry, curé de 1781 à 1784*.
Official de la Basse-Navarre [1790], autrement dit chargé du pouvoir judiciaire auprès d'Étienne Joseph de Pavée de Villevieille [1739-1793], évêque de Bayonne.

1788. TITULAIRE DE LA CHAIRE DE THÉOLOGIE.
L'abbé Dominique Éliçagaray devient titulaire de la chaire de Théologie à la Faculté de Théologie de Pau en 1788.

1791. ÉMIGRÉ EN ESPAGNE.
Refuse de prêter le serment exigé par la Constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790 à l'Assemblée constituante et promulgué par le roi, le 24 août 1790.
Dominique Éliçagaray quitte la France en juillet 1791 et émigre en Espagne avec Jean Charles de Coucy [1746-1824], futur archevêque de Reims, ancien aumônier de la reine, archevêque de La Rochelle, dont le siège est supprimé par la Constitution civile du clergé.
Dominique Éliçagaray reste en contact avec les royalistes et entretient une correspondance avec leurs représentants : pour le Labour, avec le baron de Garro ; pour le Béarn, avec de Gestas ; pour la Navarre, avec de la Folie d'Etcheparc.

En Espagne, il est d'abord autorisé à s'établir à Pampelune où il reste jusqu'en octobre 1793, puis s'établit à Saragosse. Il gagne sa vie en devenant < précepteur dans une famille aristocratique [et] directeur d'une maison d'éducation à Madrid > [Jean François Condette].
Vers 1798, Dominique Éliçagaray dépose une demande auprès de la Chambre royale de Castille visant à obtenir la nationalité espagnole.

GRAND VICAIRE DE MONTEFIASCONE.
À son retour en France, en décembre 1800, au lendemain du Directoire, Dominique Éliçagaray publie une brochure sur les Droits de l'Église.
À la suite de quoi le cardinal Maury [1746-1817], émigré en Allemagne après septembre 1791, puis résidant en Italie, lorsqu'il devient évêque de Montefiascone et de Corneto nomme Dominique Éliçagaray grand-vicaire de Montefiascone [dans la région du Latium, en Italie centrale].

PROVISEUR DU LYCÉE DE PAU.
Le lycée de Pau est créé, sous le régime napoléonien du Consulat, à la suite de la loi du 1er mars 1802 [11 floréal an X] qui décide de la création de lycées, à l'échelon de l'arrondissement des Cours d'appel, remplaçant les Écoles centrales, qui avaient été créées, par la Convention, à l'échelon du département.

Pau fait partie des premières villes accueillant un lycée, à savoir, si l'on excepte les villes situées hors des frontières de 1789 :  Amiens, Angers, Avignon, Besançon, Bordeaux, Bourges,  Caen, Cahors, Clermont, Dijon, Douai, Grenoble, Limoges, Lyon, Marseille, Metz, Montpellier, Moulins, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Paris [avec quatre lycées], Pau, Poitiers, Pontivy, Reims, Rennes, Rodez, Rouen Strasbourg, Toulouse, Versailles.

Cependant cette création en 1802 est simplement <sur le papier>. L'École centrale des Basses-Pyrénées ferme ses portes seulement le 19 août 1804. Le lycée est définitivement organisé en novembre 1807, l'ouverture est célébrée le 1er avril 1808.

L'abbé Dominique Éliçagaray est nommé Proviseur du lycée de Pau en 1808-1809, en remplacement de Lagrave, premier proviseur du lycée.
Lorsqu'il est nommé recteur, Dominique Éliçagaray, après avoir été remplacé quelques mois par l’abbé Pierre Nicolas Canaple [1765-1857], cumule à nouveau la fonction de recteur avec celle de proviseur, tandis que Laporte est censeur, Séré aumônier et Forest économe.

1809. RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PAU.
L'abbé Dominique Éliçagaray est nommé recteur de l'académie de Pau le 10 mars 1809.

A ce titre, il rédige une circulaire, datée du 10 septembre 1809, dont le texte débute en ces termes : « Instructions de M. le Recteur de l'Académie de Pau, vicaire général de S. E. Mgr. Le cardinal Maury, à MM. les doyens et professeurs de la Faculté, les proviseurs, censeurs, professeurs, maîtres d'études du Lycée, principaux de collèges, directeurs d'écoles secondaires, instituteurs, maîtres de pension, et classes primaires dans les départements des Basses, Hautes Pyrénées et celui des Landes » [Pau : Tonnet. in-4, 24 p., 1809].

Quelques jours plus tard, le 17 septembre 1809, il prononce un discours à la distribution des prix du lycée de Pau.

Dominique Éliçagaray reste en fonction comme recteur jusqu'aux Cent-Jours [mars-juillet 1815].

JEAN BAPTISTE BÉGAT RECTEUR DES CENT-JOURS.
Il est alors remplacé par l’abbé Jean-Baptiste Bégat [1764-1836], ancien professeur de rhétorique au lycée de Pau, professeur de Littérature à la Faculté des Lettres de Pau, nommé recteur de l’académie de Pau en mai 1815 et restant en poste jusqu’en octobre 1815.
Jean-Baptiste Bégat est ultérieurement nommé proviseur du collège royal d'Orléans [octobre 1815] puis recteur de l'académie de Bourges [mai 1817-mai 1823].

1814-1815. LA PREMIÈRE RESTAURATION.
Au cours de la première Restauration [avril 1814-mars 1815] l'abbé Dominique Éliçagaray se met au service des Bourbons. Au moment des Cent-Jours il rejoint la duchesse d'Angoulême [1778-1851], fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette, qui tente d'organiser dans le Sud-Ouest une résistance à Napoléon, alors que Louis XVIII, son oncle, est déjà émigré à Gand.
Abandonnant son rectorat de l'académie de Pau, Dominique Éliçagaray accompagne la duchesse d'Angoulême dans son exil en Angleterre.

1815. AU LENDEMAIN DES CENT-JOURS.
Avec la seconde Restauration, Dominique Éliçagaray reprend son poste comme recteur de l'académie de Pau en octobre 1815. Il reste en fonction jusqu'en mai 1816.
Après quoi Dominique Éliçagaray est nommé à Paris à la Commission royale de l’Instruction publique [mai 1816-1821].

Les inspecteurs qui l'assistent, alors qu'il est recteur à Pau, sont : l'abbé Boyer [1757-1834], ancien directeur et maître de conférences au Séminaire de Saint-Nicolas du Chardonneret, futur grand-vicaire de Bayonne ; et Charles Élisabeth de Preissac Fezensac, comte d'Esclignac
Le secrétaire est Domengé.

CUMUL DES FONCTIONS.
En même temps que Dominique Éliçagaray est recteur de l'académie [mars 1809], il assure également, depuis quelques mois, la fonction de proviseur du lycée [avril 1808], et de professeur de philosophie dans ce même lycée. Il en est en même temps l'aumônier.

Il est également professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres ; où Jean Baptiste Sentetz, puis Jean Baptiste Bégat [1764-1836], ancien oratorien, assurent un enseignement de Littérature ; et Nays de Candau, ancien conseiller au Parlement de Navarre, un enseignement d'Histoire.
Dominique Éliçagaray est nommé doyen de la Faculté des Lettres, Nays de Candau lui servant de secrétaire dans cette fonction.

1814. MEMBRE DE LA CONGRÉGATION.
La < Congrégation > est reconstituée à la première Restauration, sous la direction du père Pierre Ronsin, de la compagnie de Jésus. Dominique Éliçagaray y est admis en 1814, en même temps que Jules de Polignac, rentrant à peine d'exil ; Louis de Rosambo ; le colonel de Gontaut, gouverneur des pages de Monsieur ; Dubois de Montlignon, garde du corps de la compagnie de Noailles.

SUPPRESSION DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE PAU.
La seule faculté existante en 1810-1811 est la Faculté des Lettres.
Un arrêté de la Commission royale de l’Instruction publique du 31 octobre 1815, présidée par Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], arrêté confirmé par l’ordonnance royale du 18 janvier 1816, décide de la suppression de Facultés au sein de dix-sept académies :
Amiens ; Bordeaux ; Bourges ;  Cahors ; Clermont ; Douai ; Grenoble ; Limoges ; Lyon ; Montpellier ; Nancy ; Nîmes ; Orléans ; Pau ; Poitiers ; Rennes ; Rouen.
À partir de 1815, et pour tout le reste du XIX ème siècle, il n'y a donc plus de Faculté à Pau.

Sont maintenues, en lettres, les Facultés de Besançon, Caen, Dijon, Paris, Strasbourg, Toulouse.

REMPLACEMENT D'ÉLIÇAGARAY COMME RECTEUR.
Nommé à la Commission royale de l’Instruction publique en mai 1816, Dominique Éliçagaray est remplacé comme recteur de l'académie de Pau par l'abbé Jacques Jourdan [1758-1831], ancien principal du collège de Saint-Séver [1811], en fonction à Pau du 25 mai 1816 à septembre 1830.

1816. NOMINATION À LA COMMISSION ROYALE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE.
Dominique Éliçagaray est nommé membre de la Commission royale de l’Instruction publique [nouveau nom, de 1815 à 1820, du Conseil royal de l’Instruction publique], avec le titre et la fonction d'Inspecteur général de l'Université [mai 1816-décembre 1822], en remplacement de l'abbé Denis Frayssinous [1765-1841 futur Grand-Maître de l'Université [juin 1822] qui, en désaccord avec Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], a quitté la Commission.

LES DIFFÉRENTES APPELLATIONS DE LA COMMISSION.
Créée en 1808, dans le cadre de l’Université impériale, le Conseil de l’Université fonctionne sous ce nom de 1808 à 1815.
Cette instance prend le nom de Conseil royal de l’Instruction publique en février 1815, puis, après les Cent-jours, de Commission royale de l’Instruction publique de 1815 à 1820 ; de Conseil royal de l’Instruction publique du 1er novembre 1820 à 1845 ; de Conseil de l’Université de France de 1848 à 1850 ; de Conseil supérieur de l’Instruction publique de 1850 à 1853 ; de Conseil impérial de l’Instruction publique de 1853 à 1870 ; de Conseil supérieur de l’Instruction publique de 1873 à 1904.

1816. COMPOSITION DE LA COMMISSION ROYALE DE L'INSTRUCTION.
L'ordonnance du 15 août 1815, prise au début de la seconde Restauration, institue une commission de cinq membres, appelée Commission royale de l'Instruction publique.  
Cette Commission est initialement composée de cinq membres : Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], président ; Georges Cuvier [1769-1832] ; Antoine Isaac Silvestre de Sacy [1758-1838] ; l'abbé Denis Frayssinous [1765-1841] ; Philibert Guéneau de Mussy [1776-1854].

Avec la nomination de Dominique Éliçagaray, à la place de Denis Frayssinous en désaccord avec Pierre Paul Royer-Collard, la Commission royale de l’Instruction publique est composée des cinq membres suivants :

Royer-Collard.
Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], conseiller d’État, ancien conseiller au Conseil royal de l’Instruction publique. Président de la Commission. Il prend en charge cette fonction le 15 août 1815, et la conserve jusqu’au 29 décembre 1818.
Autrement dit, il assume cette présidence, en partie, dans le cabinet Talleyrand, qui fonctionne du 9 juillet au 26 septembre 1815. Et en totalité dans le cabinet d’Armand, duc de Richelieu, qui fonctionne du 26 septembre 1815 au 29 décembre 1818.
Pierre Paul Royer-Collard est remplacé à la présidence par Georges Cuvier le 13 septembre 1819.
Ayant été éliminé du conseil d'État, il quitte la Commission au début de l'année 1820.
 
Cuvier.
Le naturaliste Georges Cuvier [1769-1832], conseiller d’État [1815], conseiller au Conseil royal.
Georges Cuvier avait déjà été nommé, par ordonnance royale du 17 février 1815, membre du Conseil royal, dont l'évêque Louis François de Bausset [1748-1824] était alors le président pour quelques semaines [17 février-15 mars 1815], Conseil, qui compte-tenu des Cent-Jours, n’avait pu fonctionner.
Commissaire pour la formation des lycées [arrêté du 11 juin 1802], Georges Cuvier est nommé membre de la  Commission royale de l’Instruction publique le 15 août 1815.
Il sera président par interim de cette commission de l’Instruction publique du 21 juin 1821 au 1er juin 1822, en remplacement de Jacques Joseph Corbière [1766-1853], qui donne sa démission de Président de la Commission en juin 1821, et avant que l'abbé Denis Frayssinous [1765-1841] soit nommé Grand-Maître de l'Université par l'ordonnance du 1er juin 1822.
 
Silvestre de Sacy.
L’orientaliste Antoine Isaac Silvestre de Sacy [1758-1838], membre de l’Institut, professeur au collège royal de France, recteur de l’Université de Paris [février 1815]. Nommé à la Commission royale de l’Instruction publique, en avril 1815. Il y reste en fonction  jusqu'à sa démission en 1823, avant de devenir administrateur du collège de France.
Antoine Isaac Sylvestre de Sacy avait été élu membre libre de l'Académie des Inscriptions et belles-lettres en 1785, et membre ordinaire en 1792.
Antoine Isaac Silvestre de Sacy, professeur d’Arabe à l’École des langues orientales [1795] est élu en 1806 professeur de Persan au collège de France. Il garde sa chaire jusqu'à son décès, le 21 février 1838.

Guéneau de Mussy.
Philibert Guéneau de Mussy [1776-1854] ancien Inspecteur général des études. Philibert Guéneau de Mussy avait été nommé par ordonnance royale du 17 février 1815 secrétaire du Conseil royal, dont Louis François de Bausset était le président. La fonction de secrétaire général donnait à Guéneau de Mussy la qualité d’Inspecteur général des études.
 
Éliçagaray.
L’abbé Dominique Éliçagaray [1758-1822], ancien émigré, qui a été l’aumônier de la duchesse d’Angoulême lorsqu’elle était réfugiée en Angleterre, au moment des Cent-Jours [20 mars-22 juin 1815].
Professeur puis proviseur du lycée de Pau [avril 1808], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Pau, il a été recteur de l’Académie de Pau de 1809 à 1816, avec une brève interruption au moment des Cent-Jours.
Il est nommé à la Commission de l'Instruction publique en mai 1816, avec les fonctions d'Inspecteur général de l'Université.
Dominique Éliçagaray assume ses fonctions jusqu'en juin 1821, date à laquelle il est mis à la retraite.

Le secrétaire général de cette commission est Claude Bernard Petitot [1772-1825],
ancien Inspecteur général de l'Université [1808-1815]. Il restera secrétaire général  de la  Commission de l’Instruction publique, puis directeur de l’Instruction publique [1824]*,  jusqu'à son décès, le 6 avril 1825.
Il avait été nommé inspecteur de l’académie de Paris, par ordonnance royale du 17 février 1815.

Cette Commission de l’Instruction publique est chargée d’exercer, sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur ; autrement dit de Viénot de Maublanc [1756-1845] jusqu’au 7 mai 1816 ; puis de Joseph Laîné [1768-1835] jusqu’au 29 décembre 1818, les pouvoirs précédemment attribués, sous le gouvernement de Napoléon, au Grand-Maître et au Conseil de l’Université, ainsi qu’au Chancelier et au Trésorier.

Une ordonnance du 22 juillet 1820 portera à sept le nombre des membres de la Commission de l'instruction publique : trois nouveaux membres y sont nommés : l'abbé Charles Dominique* Nicolle [1758-1835] ; Ambroise Rendu [1778-1860] ; le mathématicien Siméon Denis Poisson [1781-1840].
Enfin, une ordonnance du 1er novembre 1820, redonne à la Commission de l'Instruction publique le nom de Conseil royal de l'Instruction publique.
 
1816. MEMBRE D'UNE COMMISSION SUR UN PROJET D'ORDONNANCE.
En juillet 1816, Dominique Éliçagaray fait partie d'une commission nommée le 16 juillet 1816 par Joseph Henri Joachim Lainé [1768-1835], ministre de l'Intérieur [7 mai 1816-29 décembre 1818] pour s'occuper d'un projet d'ordonnance sur l'Instruction publique.
Font partie de cette commission : François René de Chateaubriand [1768-1848] ; Louis François de Beausset [1748-1824], président éphémère du Conseil royal de l'Instruction publique en février 1815 ; Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], nouveau président de la Commission de l'Instruction publique.

Cette commission devait examiner :
S'il ne convient pas de confier l'instruction publique à un corps enseignant dans lequel entreront les ecclésiastiques qui peuvent s'y destiner, et qui soit sous la direction immédiate de S. M. [sa Majesté].

Elle est chargée de rechercher comment on peut admettre dans ce corps les restes des congrégations enseignantes, y introduire les congrégations ecclésiastiques autorisées, ou qui pourront l'être, soit pour les écoles primaires, soit pour les collèges.

S'il n'est pas utile de consolider, en l'améliorant, l'établissement de l'École normale.

S'il y aura un chef unique de l'Instruction publique, ou si la direction et l'administration supérieure en seront confiées à un conseil royal.

La commission recherchera par quels moyens de finances  vont pourvoir aux dépenses de l'instruction publique.

En un mot, elle préparera, avec tout le soin que S. M. attend de son zèle, le plan qui lui paraîtra le meilleur en laissant subsister de l'état actuel tout ce qui sera possible.

Mais les travaux de cette commission n'aboutissent pas.

1817. GRAND VICAIRE DE L'ÉVÊCHÉ DE REIMS.
En 1817, l'abbé Dominique Éliçagaray est nommé grand-vicaire de l'évêché de Reims, alors que Jean Charles de Coucy [1746-1824], en est l'archevêque. C'est avec lui qu'en juillet 1791, Dominique Éliçagaray avait émigré en Espagne, alors que le siège de La Rochelle, dont Jean Charles de Coucy était alors l'archevêque, avait été supprimé par la Constitution civile du clergé.

1820. PRÉSIDE UNE DISTRIBUTION DES PRIX À VERSAILLES.
Le 17 août 1820, l'abbé Dominique Éliçagaray, au titre de la Commission d'Instruction publique, accompagné de M. Taillefer, inspecteur, préside la distribution des prix du collège royal de Versailles, en présence de Mgr. l'Évêque, des autorités civiles et militaires du département.
Fait l'objet d'une brochure [Versailles : imprimerie de la Préfecture. in-8, 36 p., s.d. ].

1821. MISSION D'INSPECTION À MARSEILLE.
En 1821, l'abbé Dominique Éliçagaray est chargé par le  Conseil royal de l'Instruction publique d'aller inspecter les départements du Midi. Sa mission, comme il est d'usage constant, se fait avec un autre Inspecteur général.
Pour cette tournée d'inspection il part avec l'abbé André René Pierre Daburon [1758-1838], Inspecteur général de l'Université depuis 1808, et récemment rappelé dans le corps des Inspecteurs généraux [septembre 1820], après avoir été un des inspecteurs de l'académie de Paris. Dominique Éliçagaray se rend d'abord à Marseille

Une de ses tâches est d'exposer la politique universitaire décidée par Jacques , comte Corbière [1766-1853], nouveau président du Conseil royal de l'Instruction publique [21 décembre 1820-31 juillet 1821], visant à subordonner l'Université au clergé. Dans son discours, après avoir indiqué que l'évêque de Marseille sera reçu le lendemain au collège royal, l'abbé Dominique Éliçagaray précise : « Nous sommes venus pour établir Monseigneur l'archevêque dans ses nouveaux droits. [...]  Une surveillance active va commencer. Vous êtes maintenant soumis à l'autorité épiscopale, non seulement à l'autorité morale, qui serait immense, mais à une toute autre autorité. Le roi a promis qu'aucune demande d'un évêque ne resterait sans résultat ».

Dominique Éliçagaray, au cours de cette inspection se rend par deux fois au collège de Marseille, dont la première visite a lieu le 5 juin 1821.
Sa venue fait l'objet d'un article dans un journal littéraire d'opposition de Marseille intitulé Le Caducée, dans le numéro 67, du lundi 18 juin 1821. Cet exemplaire du journal sera réédité à plusieurs reprises.
L'arrivée des inspecteurs est annoncée dans une lettre imaginaire, comme s'ils venaient de Chine : on racontait l'arrivée des deux mandarins dont l'un avait étonné la ville par ses propos.
Ce texte est édité à part : Discours prononcé par M. Éliçagaray à sa première visite au collège de Marseille [Carcassonne : P. Polère. In-8, 4 p., 1821]. Le texte est également publié à Grenoble : [Grenoble : impr. Barnel. In-8, 4 pages non chiffrées. s.d.].

À la suite de sa deuxième visite, le journal Le Caducée effectue un second compte-rendu en date du mercredi 20 juin 1821, dans lequel il fournit le texte du discours. L'article est repris sous forme d'une brochure, cette fois à Paris : Discours prononcé par M. Éliçagaray [Paris : Corréard. Imprimerie P. Dupont. In-8, 8 p., 1821].

Un des passages de son exhortation indique clairement : « Nous vous répéterons le discours de l'empereur d'Autriche dans les journaux, aux professeurs de Laybach : le roi de France pense absolument comme l'empereur d'Autriche. Nous n'avons pas besoin de savants, les études sont ce qu'elles doivent être, nous voulons des sujets fidèles et dévoués ».

L'article du Caducée fait dire à Éliçagaray que l'administration devait avoir deux poids et deux mesures selon les sentiments religieux des individus sous sa juridiction.

Des caricatures sont même éditées < représentant M. Éliçagaray tenant une balance et deux poids>. Les brochures paraissent avec sur leurs couvertures un âne costumé en ecclésiastique tenant à la main un éteignoir, avec ce mot : ignorantins. Des chansons moqueuses sont reprises, sur le thème des deux poids, deux mesures.

LES SUITES MALHEUREUSES DE L'INSPECTION.
Après sa venue à Marseille, l'abbé Dominique Éliçagaray, qui n'est pas au courant de l'ampleur des protestations, se rend à Montpellier, où là encore des incidents se produisent à l'occasion du discours préliminaire qu'il tient à la Faculté de Médecine, alors qu'il participe à une soutenance de thèse.    

Ensuite de quoi, Dominique Éliçagaray se rend à Toulouse. C'est là qu'il est informé du vacarme qui s'amplifie.

Il laisse passer presqu'un mois avant de réagir publiquement et d'affirmer, par voie de presse, dans un article, publié par le Journal des Débats du 20 juillet 1821, qu'il n'a jamais tenu aucun des propos qui lui sont imputés, dénonçant une cabale : « En développant devant les professeurs et devant les élèves des sentiments religieux et monarchiques je n'ai ni attaqué la Charte, ni soutenu l'arbitraire, ni provoqué la désobéissance aux lois, ni fait l'éloge de l'ignorance, ni compromis l'université ».

Toujours est-il que des sanctions sont prises contre un certain Toulouzan [ou Todxootan de Saint-Martin] professeur d'histoire au collège royal de Marseille, qui perd sa chaire.
Et que Dominique Éliçagaray interrompant son inspection revient à Paris, se dispensant, dit-on, de siéger à nouveau au Conseil royal de l'Instruction publique.
Toujours est-il que le baron de Barante, dans ses Souvenirs, à propos de l'incident de Montpellier signale que le comte de Corbières « avait promis [hier] de désavouer à la tribune l'abbé Éliçagaray et qu'il n'en a rien fait ».

1822. ADMINISTRATEUR DES QUINZE-VINGTS.
Après le décès de l'abbé Sicard [1742-1822], survenu le 10 mai 1822, Dominique Éliçagaray est nommé l'un des cinq administrateurs de l'Institution royale des aveugles, autrement dit les quinze-Vingts, rue Saint-Vctor, et conjointement l'un des sept administrateurs de l'Institution royale des sourds-muets, rue du Faubourg Saint-Jacques.

REMPLACÉ À L'INSTRUCTION PUBLIQUE PAR CLAUSEL DE COUSSERGUES.
Après son décès, survenu le 22 décembre 1822, Dominique  Éliçagaray est remplacé au Conseil royal de l'Instruction publique par l'abbé Michel Armand Clausel de Coussergues [1763-1835], ancien grand-vicaire d'Amiens, qui restera au Conseil jusqu'à sa démission acceptée le 6 août 1830.

DÉCÈS DE DOMINIQUE ÉLIÇAGARAY.
Dans la notice qui lui est consacrée dans la Biographie universelle et portative des contemporains, de Rabbe, Vieilh de Boisjolin et Sainte-Preuve, il est dit : « Le nom d'Éliçagaray, un moment célèbre, fut bientôt oublié ; le chagrin qu'il éprouva de cette affaire contribua, dit-on, à accélérer le terme de ses jours. Cette assertion paraîtra peu vraisemblable  à ceux qui savent qu'il avait déjà ressenti plusieurs attaques d'apoplexie avant la dernière qui l'enleva, le 22 décembre 1822 », à l'âge de soixante-quatre ans.

OBSÈQUES.
Ses obsèques ont été célébrées à Paris, dans l'église Saint-Sulpice, l'enterrement a eu lieu, extra-muros, au cimetière de l'Est [aujourd'hui Père-Lachaise].
Pierre Sébastien Laurentie [1796-1867], ancien répétiteur de Morale et belles-lettres à l'École polytechnique [1818], futur Inspecteur général des études [1824-1826], qui avait été professeur de rhétorique au collège de Saint-Séver sous le rectorat de Dominique Éliçagaray, y prononce un discours.

On renouvela, dit-on, dans les billets d'invitation un vieil usage tombé en désuétude, < en donnant au défunt les qualifications de vénérable, discrète et scientifique personne >.

DÉCORATION.
Chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur.

SOURCES.
I. Havelange, F. Huguet, B. Lebedeff.
Les Inspecteurs généraux de l'Instruction publique, dictionnaire biographique 1802-1914, sous la direction de G. Caplat. [Paris : Institut national de recherche pédagogique. Éditions du Cnrs. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 702 p., 1986].  
Fournit les dates précises des nominations, et des renseignements biographiques recueillis dans les Archives.

Jean-François Condette.
Les Recteurs d'académie en France de 1808 à 1940. Tome II, Dictionnaire biographique. [Paris : Institut national de recherche pédagogique. Collection : Histoire biographique de l'enseignement. In-8, 411 p. +3, 2006].

 
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