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Edouard Chaignet, professeur de Faculté, doyen, recteur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Licencié ès-lettres, répétiteur, puis professeur de seconde en province, Édouard Chaignet [1819-1901] est distingué par l’Académie des sciences morales et politiques, à l’occasion d’un prix sur le Beau [1859]. A partir de là, sa carrière démarre réellement. Il passe son doctorat ès-lettres [Paris, 1862] ce qui, après un bref passage comme enseignant à Paris, lui ouvre la carrière de professeur de Faculté [Poitiers, 1863-1879].
Doyen de la Faculté, il est appelé comme recteur de l’Académie de Poitiers [1879-1890], où il achève ses soixante-dix ans de carrière.

LES TROIS ÉTAPES D’UNE CARRIÈRE.
Cette succession en trois moments : Professeur de Faculté en province, avec uniquement une fonction d’enseignement ; doyen de sa Faculté, avec des fonctions administratives ;  puis choisi par le pouvoir politique comme recteur, avec des fonctions d’autorité, est tout à fait classique.
Elle se retrouve dans de très nombreux parcours d’universitaires du XIXème siècle, tout au moins après 1870.

LES RECTEURS DE L’ACADÉMIE DE POITIERS.
Si l’on en reste à l’Académie de Poitiers, jusqu’en 1870, les rectorats sont confiées à des personnalités qui ont déjà assumé des fonctions d’autorité, comme l’inspection académique ou même l’inspection générale. C’est le cas d’Eugène Desroziers [1802-1876], recteur en 1862 ; d’Alfred Magin-Marrens [1806-1870], recteur en 1866.
Par contre Charles Aubertin [1825-1908], qui, en 1874, précède Chaignet comme recteur, a d’abord été professeur de Littérature à la Faculté des lettres de Dijon ; Gabriel Compayré [1843-1914], qui lui succède, en 1890, avant une carrière politique, a été professeur de Philosophie à la Faculté des lettres de Toulouse.
Le recteur suivant, Julien Margottet [1848-1896], avant d’être recteur, en 1896, a été professeur de Chimie à la Faculté des sciences de Dijon.

LE HANDICAP DE N’ÊTRE PAS NORMALIEN.
Mais si l’emboîtement des fonctions successives est désormais classique, Édouard Chaignet est marqué par un handicap : n’être pas un ancien élève de l’École normale supérieure. Aubertin est normalien de 1830, Compayré est normalien de 1862, Margottet est normalien de 1869.

LA RECONNAISSANCE PAR L’INSTITUT.
On peut dire, sans doute, qu’il va pourtant bénéficier, relativement tardivement, d’une compensation par le coup de pouce que représente l’attribution, en 1859 [il a alors trente neuf ans], d’un prix de philosophie par l’Académie des sciences morales et politiques, alors qu’il n’est qu’un simple professeur de seconde en province. Même si Édouard  Chaignet n’obtient, pour ce premier concours auquel il participe, qu’une simple mention honorable.
On voit d’ailleurs l’application que met Édouard Chaignet, alors même qu’’il est déjà docteur ès-lettres, à participer aux différents concours liés au prix Victor Cousin ; celui de 1868 [mention très honorable] ; celui de 1875 [où, seul candidat, il obtient le prix de trois mille francs].

CORRESPONDANT DE L’INSTITUT.
Le fait d’avoir été distingué trois fois lui ouvre méthodiquement une autre carrière : celle de membre de l’Institut.
Il y est finalement élu le 23 décembre 1876, où, puisqu’il est non-résidant, il est élu comme correspondant dans la section de philosophie dès le premier tour de scrutin : la place du professeur de philosophie Francisque Bouillier [1813-1899] s’étant libérée, le 11 décembre 1875, par son passage du statut de correspondant à celui de membre titulaire.
La section de philosophie présentait au premier rang Édouard Chaignet, alors professeur de littérature grecque, à la Faculté des lettres de Poitiers  ; au deuxième rang et ex-aequo Ludovic Carrau [1842-1889], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Besançon et Henry Joly [1839-1925], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Dijon. Édouard Chaignet obtient 24 suffrages ; Henry Joly, 1 suffrage. Deux billets blancs.

Mais cette voie est souvent hasardeuse, et presque toujours très lente. Il y a trois ou quatre ans qui séparent chacune des étapes.
Chaignet s’était présenté à l’Académie des sciences morales et politiques dès le 26 février 1869, au lendemain de sa première participation au concours du prix V. Cousin. Il se présente dans la section de philosophie à la place [place 1] du révérend William Whewell [1794-1866], professeur de philosophie à l’Université de Cambridge, décédé le 6 mars 1866 ; face à Joseph Tissot, professeur de philosophie et doyen de la faculté Faculté des lettres de Dijon.
Il se présente à nouveau, trois ans plus tard, le 4 mai 1872, à la place [place 5] de Thomas Henri Martin [1813-1884], doyen de la Faculté des lettres de Rennes, élu, le 7 juillet 1871, membre libre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres ; face Alfred Fouillée [1838-1912], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Bordeaux.
Et enfin, en 1876, quatre ans plus tard, Chaignet se présente, cette fois, avec succès à l’Académie des Sciences morales et politiques.

CANDIDATURE SANS SUITE COMME MEMBRE LIBRE.
Avec le décès, le 16 mars 1888, de Lazare Hippolyte Carnot [1801-1888], se dessine pour Édouard Chaignet la possibilité d’être élu membre libre.
Mais les candidatures sont nombreuses : celles d’Antonin Lefevre-Pontalis, député du Nord ; de Paul de Rémusat ; de Duverger ; d’Alfred Jourdan professeur d’économie politique. Avant l’élection, qui verra dès le premier tour le succès d’Antonin Lefevre-Pontalis [1830-1903] Édouard Chaignet retire sa candidature.
Il ne se présentera plus à nouveau.
 
BIOGRAPHIE.
[Anthelme] Édouard Chaignet, né le 9 décembre 1819, à Paris; mort le 3 mai 1901, à Poitiers [Vienne].

PREMIERS ENSEIGNEMENTS.
Études au prytanée militaire de La Flèche, collège royal. Obtient sa licence ès-lettres.
Maître répétiteur [1839-1845] puis, pendant près de vingt ans, professeur de seconde [1845-1863] au Prytanée militaire, qui est devenu Prytanée impérial.
Professeur suppléant de philosophie, à Paris, au lycée Charlemagne, puis, sans avoir passé le concours de l’agrégation proprement dit, est nommé par décision rectorale, professeur agrégé de philosophie au lycée de Versailles.

1857-1859. LAURÉAT DE L’INSTITUT SUR LA SCIENCE DU BEAU.
Sur proposition de V. Cousin, section de philosophie, prix Bordin, le 7 février 1857, est mis au concours par l’Académie des Sciences morales et politiques : Des Principes de la science du Beau [terme le 7 janvier 1859]. Il est également indiqué :
« ... et les vérifier en les appliquant aux beautés les plus certaines de la nature, de la poésie et des arts, ainsi que par un examen critique des plus célèbres systèmes auxquels la science du Beau a donné naissance dans l’antiquité, et surtout chez les modernes »

Sur rapport de Barthelémy Saint Hilaire, 16-20 avril 1859, une mention honorable est donnée à Ed. Chaignet, professeur de seconde au Prytanée de la Flèche [ainsi, ex æquo, qu’à Paul Eugène Voituron [1824-1891], avocat à la Cour de Gand]. Le prix lui-même est décerné à Charles Lévêque [1818-1900], chargé de cours de Philosophie grecque et latine au Collège de France.
Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques,  1859, tome 49, page 63 sq.

À la suite de cette distinction, rectifiant son Mémoire initial selon les remarques formulées, publie : Les Principes de la science du beau, par A. Ed. Chaignet, professeur de seconde au Prytanée impérial militaire de La Flèche. [Paris : Durand, in-folio, VIII-184 p., 1860].
L’ouvrage est présenté, de façon très élogieuse, à l'Académie des sciences morales et politiques en 1861 par Jules Barthélemy Saint-Hilaire. Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1861, tome 55, page 369 sq.

1862. DOCTORAT ÈS-LETTRES.
Docteur ès-lettres [Paris, 1862] avec une thèse De la Psychologie de Platon [Paris : A. Durand. In-8, 483 p., 1862].
La thèse latine porte sur Le Vers iambique dans la tragédie grecque : De Iambico versu, utrum, in graecarum tragoediarum diverbiis, iambicus versus cum modulatione et ad tibias cantatus sit, an nuda recitatione, sine tibiarum concentu. [Lutetiae Parisiorum : apud A. Durand. In-8˚ , 51 p., 1862].

1863. PROFESSEUR DE LITTÉRATURE GRECQUE, À POITIERS.
Après le doctorat, nommé à Poitiers, à la Faculté des lettres, de création relativement récente [1845]. Il y est d’abord chargé de cours [1863-1866],  puis professeur de Littérature ancienne [littérature grecque] de 1866 jusqu‘en 1879.
Reprend en tiré à part le Discours d'ouverture de 1863 [Poitiers : impr. de A. Dupré. In-8, 29 p., 1863]. Extrait de l’article paru dans le Journal de la Vienne.

DOYEN DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE POITIERS.
Puis doyen de la Faculté des lettres de Poitiers, jusqu’en 1875, date à laquelle il est remplacé comme doyen par Charles Monnier [1820-1881], professeur de Littérature française à la Faculté des lettres de Poitiers, doyen de 1875 à 1879.

1868. LAURÉAT DE L’INSTITUT POUR LE PRIX V. COUSIN.
En décembre 1868, sur le rapport d’Étienne Vacherot, pour le prix V. Cousin de l'Académie des sciences morales et politiques, remis pour la première fois, Chaignet reçoit une mention très honorable pour son Mémoire : Socrate considéré surtout comme métaphysicien. Le sujet, sur proposition de V. Cousin avait été mis au concours en novembre 1867.
Le programme, dès le 18 novembre 1867, avait été défini de la manière suivante :
1. Méthode à suivre pour arriver à quelque chose de certain sur la philosophie de Socrate parmi les témoignages si différents de Xénophon et de Platon ; secours à tirer du témoignage trop peu employé d’Aristote.
2. Les concurrents se rendront compte de l’état de la philosophie grecque avant Socrate.
3. Ils rechercheront quels ont été les maîtres de Socrate et ses premières études ;
4. Impression profonde produite sur l’esprit de Socrate par la lecture du livre d’Anaxagore, qui pose l’Intelligence comme le premier principe de toutes choses. Nouvelle direction des études de Socrate, et ce qu’il ajoute à la doctrine d’Anaxagore.
5. Du caractère essentiel de la révolution introduite  dans la philosophie par Socrate. L’étude de l’homme établie comme le point de départ et la condition de toute saine spéculation philosophique.

6. Diverses théories propres à Socrate :
1. Ce qu’on appelle la maïeutique et l’ironie socratique.
2. Théorie de la définition fondée sur un élément général, premier germe de la doctrine platonicienne des idées.
3. Théorie des causes finales et de la Providence.
4. Théorie du Bien. Harmonie du Bien et de l’Utile.
5. Théorie de l’Amour.
6. Du Démon de Socrate.
7. Socrate et la religion de son temps.

7. Lutte de Socrate contre les Sophistes.
8. Des causes du procès de Socrate. Accusation portée contre lui. Sentence de l’Aréopage telle qu’elle nous a été conservée.
9. Conclure en recherchant et en déterminant ce que la philosophie du XIXème siècle peut encore emprunter  à la philosophie de Socrate ».

Le prix est décerné à Alfred Fouillée [1838-1912], professeur de philosophie au lycée de Bordeaux. Pour ce prix une mention honorable sera attribuée à Pierre Montée, docteur ès-lettres.
Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1869. tome 88 p. 441 sq.
À la suite de cette distinction, publie, Édouard Chaignet publie Vie de Socrate, [Paris : Didier. In-12, XXI-334 p.,1868].

1871. PRIX VICTOR COUSIN.
L’Académie des Sciences morales et politiques propose, en 1870, pour le concours du second prix Victor Cousin, dont le terme est prorogé au 31 mars 1871, le sujet suivant : De la Philosophie pythagoricienne.
Le programme est défini de la manière suivante : « 1. Soumettre à un examen critique les traditions que l’antiquité nous a laissées sur la personne et les doctrines de Pythagore.
2. Expliquer et comparer entre eux tous les fragments qui nous restent de ses disciples immédiats, en discuter l’authenticité, en montrer les ressemblances et les différences, en dégager le fonds commun.
3. Rechercher l’influence que le pythagorisme a exercée sur les autres systèmes philosophiques de l’antiquité grecque, particulièrement sur le platonisme et le néoplatonisme.
4. Suivre la tradition pythagoricienne à travers le Moyen-Âge et la philosophie de la Renaissance.
5. Faire la part de la vérité et de l’erreur dans la philosophie pythagoricienne ; montrer l’influence qu’elle a eue non seulement sur la philosophie, mais encore sur les sciences.
Le prix, d’une valeur de trois mille francs, est décerné à Édouard Chaignet, professeur de littérature ancienne à la Faculté des lettres de Poitiers, auteur du mémoire unique envoyé au concours.
C’est la deuxième fois que le prix est attribué. La première fois, en décembre 1868, le prix avait été remis à Alfred Fouillé pour son Mémoire : Socrate considéré surtout comme métaphysicien. E. Chaignet avait obtenu une mention très honorable.
Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1871. tome 96. p. 635 sq.

1873. À NOUVEAU PRIX VICTOR COUSIN.
L’Académie des Sciences morales et politiques avait proposé, en 1873, pour le concours du prix Victor Cousin, le sujet de prix suivant : De la Psychologie d’Aristote.
Programme : Les concurrents concentreront leurs efforts sur le Traité de l’âme, d’Aristote. Ils essaieront de résoudre toutes les difficultés de cet ouvrage en l’interprétant à l’aide ses autres écrit du même philosophe, et en le complétant par l’analyse de ses petits traités psychologiques.
Ils rechercheront les antécédents de cette psychologie, en montreront les rapports avec l’ensemble de la philosophie aristotélique, en suivront les transformations dans l’École péripatéticienne et dans les Écoles postérieures, jusqu’à la naissance de l’École d’Alexandrie.
Ils termineront par l’appréciation de cette doctrine en indiquant ce qu’on peut en conserver dans la philosophie de notre temps.
Le prix, de la valeur de trois mille francs, est décerné à Édouard Chaignet, professeur à la Faculté des lettres de Poitiers, pour son Mémoire, le seul qui ait été adressé à l’Académie des sciences morales et politiques.
L’annonce du prix décerné est publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1875. tome 103. p. 429 sq.
Approfondissant son travail, il publie, en 1883, Essai sur la Psychologie d’Aristote contenant l'histoire de sa vie et de ses écrits, par A.-Éd. Chaignet [Paris : Hachette. In-8, 631 p., 1883].

1874. LECTURE DEVANT L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES.
Dans le cadre de sa future candidature, en 1874, Édouard Chaignet lit, devant l'Académie des sciences morales et politiques, La Philosophie de la science du langage.
Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1874 tome 101, pages 773-791.
L’année suivante, en 1875, Édouard Chaignet publie : La Philosophie de la science du langage [Paris : Didier. In-12, XI-371 p., 1875].
L’ouvrage fait l’objet d’un compte-rendu, par Paul Janet. Publié dans les Compte-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1874 tome 103, pages 893-894.

1876. CORRESPONDANT DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES.
Élu, le 23 décembre 1876, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section de philosophie [place 2], en remplacement de Francisque Bouillier [1813-1899], élu titulaire de la section de philosophie le 11 décembre 1875, et qui libère ainsi sa place de correspondant.
La section de philosophie présentait au premier rang Édouard Chaignet, au deuxième rang et ex-aequo Ludovic Carrau [1842-1889], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Besançon et Henry Joly [1839-1925], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Dijon.
Édouard Chaignet obtient, dès le premier tour, vingt-quatre suffrages. Un suffrage à Henry Joly, deux billets blancs.
Henry Joly sera élu ultérieurement, le 5 décembre 1903, à l’Académie des sciences morales et politiques, section de morale.

Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1877. tome 107. p. 337.
Le même jour est également élu comme correspondant dans la section de philosophie, en remplacement de Joseph Tissot [place 1], décédé le 17 octobre 1876, Émile Charles [1831-1897], recteur d’académie.

Chaignet s’était déjà présenté à deux reprises à l’Académie des sciences morales et politiques : une première fois, dès le 26 février 1869, au lendemain de sa première participation au concours du prix V. Cousin. Il se présente dans la section de philosophie à la place [place 1] du révérend William Whewell [1794-1866], professeur de philosophie à l’Université de Cambridge, décédé le 6 mars 1866 ; face à Joseph Tissot, professeur de philosophie et doyen de la faculté Faculté des lettres de Dijon.
Il se présente à nouveau, une deuxième fois, trois ans plus tard, le 4 mai 1872, à la place [place 5] de Thomas Henri Martin [1813-1884], doyen de la Faculté des lettres de Rennes, élu, le 7 juillet 1871, membre libre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres ; face Alfred Fouillée [1838-1912], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Bordeaux.
Et enfin, en 1876, quatre ans plus tard, Chaignet se présente une troisième fois, mais cette fois avec succès, à l’Académie des Sciences morales et politiques.

Sont, en décembre 1876, correspondants de la section de philosophie : Émile Charles [1825-1897] place 1 ; Édouard  Chaignet [1819-1901] place 2 ; Immanuel Fichte [1797-1879] ; Eduard Zeller [1814-1908] place 4 ; Alfred Fouillée [1838-1912] place 5 ; Robert Flint [1838-1910] place 6 ; Terrenzio Mamiani della Rovere [1800-1885] place 7 ; Rudolf Lotze [1817-1881] place 8.
Sur les six places, trois sont occupées par des personnalités étrangères, trois par des personnalités françaises.

Avec le décès, le 16 mars 1888, de Lazare Hippolyte Carnot [1801-1888], se dessine pour Édouard Chaignet la possibilité d’être élu membre libre.
Mais les candidatures sont nombreuses : celles d’Antonin Lefevre-Pontalis ; de Paul de Rémusat ; de Duverger ; d’Alfred Jourdan professeur d’économie politique. Avant l’élection Édouard Chaignet retire sa candidature.
Il ne se présentera plus à nouveau.

Après sa mort, le 3 mai 1901, à Poitiers, Édouard Chaignet est remplacé comme correspondant, de l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section de philosophie, par Arthur Hannequin [1856-1905] historien de la philosophie, élu le 21 décembre 1901.

1879. RECTEUR DE L’ACADÉMIE DE POITIERS.
Alors que Jules Ferry est le ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts [4 février 1879-14 novembre 1881] Chaignet est nommé Recteur de l’Académie de Poitiers, le 10 novembre 1879, en remplacement de Charles Aubertin [1825-1908] qui a occupé le rectorat de 1874 à novembre 1879.
Le rectorat de l’académie de Poitiers, l’un des seize rectorats de cette époque, existe depuis la restauration des grandes académies, par la loi du 14 juin 1854, prise sous le ministère d’Hippolyte Fortoul, qui met fin à la période 1850-1854, qui était celle des petits rectorats à l’échelle du département imposés par Alfred de Falloux. Son ressort est de huit départements : Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Indre-et-Loire, Indre, Haute-Vienne, Charente, Charente-Inférieure.
 
C’est en tant que recteur qu’É. Chaignet prononce, le 3 novembre 1885, un  discours de à la séance solennelle de rentrée des Facultés, sur le thème : L'Enseignement secondaire dans l'Académie de Poitiers. Publié en tiré à part [Poitiers : impr. de Marcireau, In-8, 57 p., 1885].
Édouard Chaignet reste en fonction comme recteur, jusqu’au 12 septembre 1890, date à laquelle il est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Il est alors remplacé par Gabriel Compayré [1843-1914], recteur de l’Académie de Poitiers de septembre 1890 à novembre 1895.

1887. HISTOIRE DE LA PSYCHOLOGIE DES GRECS.
Dans la séance du 21 mai 1887 de l’Académie des sciences morales et politiques, Émile Beaussire lit un Mémoire d’Édouard Chaignet, Recteur de l’Académie de Poitiers, intitulé Histoire de la psychologie des Grecs.
Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1887, tome 128. p. 193-206 et tome 130, 1888, pages 346-366 [La Psychologie des stoïciens].
L’ouvrage fait l’objet d’un Rapport présenté par Charles Lévêque. Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1888, tome 129, p. 282 sq.

PUBLICATIONS.
1860. Les Principes de la science du beau, par A. Ed. Chaignet, professeur de seconde au Prytanée impérial militaire de La Flèche. [Paris : Durand, in-folio, VIII-184 p., 1860].
Il s’agit du texte profondément remanié du Mémoire rédigé par E. Chaignet pour le prix Bordin de l’Académie des sciences morales et politiques, mis au concours le 7 février 1857, et décerné, sur le rapport de Barthelémy Saint Hilaire, 16-20 avril 1859. E. Chaignet avait obtenu une mention honorable pour son Mémoire.

1862. De la Psychologie de Platon, [Paris : A. Durand, In-8, 483 p., 1862]. Il s’agit de l’ouvrage publié à partir de la thèse de doctorat ès-lettres présentée à la Faculté des Lettres de Paris.

1865. Des Formes diverses du choeur dans la tragédie grecque par M. A.-Éd. Chaignet [Paris : Impr. impériale. In-8, 42 p.,1865].

1867. Corneille et le Cid, par M. A.-Éd. Chaignet [Niort : L. Clouzot, In-8, 27 p., 1867]. Extrait des Conférences scientifiques et littéraires des Facultés de Poitiers.

1868. Vie de Socrate [Paris : Didier. In-12, XXI-334 p.,1868]. Avait obtenu une mention très honorable pour le Prix Victor Cousin remis la première fois en décembre 1868.
.
1871. Vie et écrits de Platon [Paris : Didier. In-18. XI-556 p., 1871].

1873. Pythagore et la philosophie pythagoricienne, contenant des fragments de Philolaüs et d'Archytas 1873. [Paris : Didier. 2 volumes in-8, 1873].

1875. Philosophie de la science du langage [Paris : Didier. In-12, XI-371 p., 1875].

1875. Théorie de la déclinaison des noms en grec et en latin, d'après les principes de la philologie comparée, par A.-Éd. Chaignet [Paris : E. Thorin, In-8, VIII-126 p.,1875].

1877. La Tragédie grecque, par É.-Ad. Chaignet [Paris : Didier, In-12, XLIV-372 p.,1877].
Constant Martha [1820-1895], membre de la section de Morale, offre l’ouvrage à l’Académie des sciences morales et politiques, dès sa parution. Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1877, tome 108, pages 313-314.

1883. Essai sur la Psychologie d’Aristote, contenant l'histoire de sa vie et de ses écrits [Paris : Hachette. In-8, 631 p., 1883].
C’est le texte, remanié et approfondi, du Mémoire composé pour le second prix V. Cousin, en 1873.

1887-1893. Histoire de la psychologie des grecs, en cinq volumes. [Paris : Hachette. Cinq volumes, in-8. 1887-1893] tome 1, avant et après Aristote ; tome 2, la psychologie des stoïciens, des épicuriens et des sceptiques ; tome 3, la psychologie de la Nouvelle Académie et des écoles éclectiques ; tome 4-5, la psychologie de l'école d'Alexandrie.
L’ouvrage a fait l’objet de lectures partielles à l'Académie des sciences morales et politiques.
Et d’une présentation à l'Académie des sciences morales et politiques, par Charles Lévêque. Publié dans les Comptes-rendus des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1888, tome 129, p. 282.

1887. Essais de métrique grecque. Le vers iambique, précédé d'une introduction sur les principes généraux de la métrique grecque, par A.-Éd. Chaignet [Paris : F. Vieweg, In-8, 282 p., 1887].

1888. La Rhétorique et son histoire [Paris : F. Wieveg. In-8, XXXI-553 p., 1888].

1894. Les Héros et les héroïnes d’Homère [Paris : Hachette. In-8, IV-295 p., 1894].

1897. Damascius. Fragment de son commentaire sur la troisième hypothèse du Parménide par A.-Éd. Chaignet. [Paris : E. Leroux. In-8, 42 p., 1897]. Extrait du Compte rendu de l'Académie des sciences morales et politiques. Année 1897.

1898. Traduit de Damascius le Diadoque. Problèmes et solutions touchant les premiers principes, avec le tableau sommaire des doctrines des Chaldéens de Michel Psellus, traduits pour la première fois et accompagnés de commentaires et d'un index très développé, par A.-Ed. Chaignet [Paris : E. Leroux. 3 volumes in-8. 1898].

1900-1903. Traduit de Proclus le philosophe, du grec en français, le Commentaire sur le Parménide suivi du Commentaire anonyme sur les VII dernières hypothèses. Traduit pour la première fois en français et accompagné de notes, d'une table analytique des paragraphes et d'un index étendu, par A.-Ed. Chaignet. [Paris : E. Leroux. 3 volumes in-8.  1900-1903]. Le tome 3 est publié posthume, É. Chaignet ayant décédé en 1901 : le tome 3 porte, après le mot paragraphe : et d’une traduction de Damascius : La Vie d'Isidore, ou Histoire de la philosophie. Avec un Avant-propos et l'éloge de l'auteur par J.-A. Hild. Le tome 3 a été publié par Émile Ernault.

1900. La Philosophie des oracles de Porphyre. [Paris : E. Leroux. In-8, 17 p., 1900]. Extrait des Annales du musée Guimet, revue de l'histoire des religions, publiée sous la direction de MM. Jean Réville et Léon Marillier.

DÉCORATION.
Officier de l’Université.

RÉFÉRENCE.
Gustave Vapereau. Dictionnaire universel des contemporains. Paris : Hachette. 1880 & 1893.

Jean-François Condette. Les Recteurs d’Académie en France de 1808 à 1940. Tome II, Dictionnaire biographique. Paris : Institut national de recherche pédagogique. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 411 p. +3. 2006.



 
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