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Dubois, Laurent (1796-1862), normalien, inspecteur d'académie, recteur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Laurent Dubois fait partie de ces enseignants ayant accédé vers la quarantaine à des fonctions d'autorité, que les soubresauts des remaniements politico-administratifs des débuts du Second Empire conduisent à un rectorat départemental [1850-1854], en l'occurrence la Charente-Maritime [La Rochelle], tout à la fois sommet et fin de leur carrière.
Laurent Dubois [1796-1862]. Né le 11 février 1795, à Saint-Jean-Pied-de-Port [Basses-Pyrénées, aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques] ; mort le 21 octobre 1862, à La Rochelle [Charente-Inférieure, aujourd'hui Charente-Maritime].

PLUSIEURS DUBOIS NORMALIENS, NE PAS CONFONDRE.
Inutile d'insister sur le fait que le patronyme « Dubois » est largement répandu. On peut aisément en identifier quatre, dans la première moitié du XIXème siècle, qui sont d'anciens élèves de l'École normale.

Chronologiquement le premier, et sans doute le plus connu, est Paul François Dubois [1793-1874], ancien élève de l'École normale [1812], fondateur du journal Le Globe [1824-1830], directeur de l'École normale [mars 1840-juillet 1850].

Le second est Laurent Dubois [1796-1862], ancien élève de l'École normale [1813], recteur départemental de la Charente-Inférieure [10 août 1850-24 août 1854], dont on trouvera ci-dessous la notice.

Le troisième est Louis [Jean Baptiste Nicolas] Dubois [c.1800 -1884], ancien élève de l'École normale [1819], professeur de quatrième, à Paris au collège Rollin, rue des Postes.

Le quatrième est Adolphe [Timoléon Auguste] Dubois [1821-1890], ancien élève de l’École normale [1839], professeur de troisième au lycée de Rouen.

LE CAS PRÉCIS DE LAURENT DUBOIS.
Dans certaines notices concernant Laurent Dubois [1796-1862], le second de notre liste d'anciens élèves de l'École normale, il est indiqué comme agrégé des lettres en 1829.
Il y a confusion : ce n'est pas Laurent Dubois, mais Louis Dubois, le troisième de la liste, qui est reçu à l'agrégation des lettres en 1829. La liste des agrégés des lettres en septembre 1829, se présentant comme suit, dans l'ordre de classement : Philippe Le Bas [1794-1860] [écrit aussi Lebas] ; Jacques Auguste Adolphe Régnier ; Armand Durand ; Joseph Remy Eugène Delaître [c.1788-1857], ancien élève de l'École normale [1817] ; Charles Marie Octave Edme Chardin ; Léon Feugère [1810-1858] ; Adolphe Berger [1810-1869], élève de l'École normale [1827, École préparatoire] ; Louis Jean Baptiste Nicolas Dubois, ancien élève de l'École normale [1819] ; Nicolas Henri ; Brunet [c.1805-1852], ancien élève de l'École normale [1826, École préparatoire].
Louis Dubois étant, lorsqu'il se présente à l'agrégation, répétiteur au collège particulier de Sainte-Barbe. Il deviendra professeur de quatrième au collège Rollin, prolongement du collège Sainte-Barbe, rue des Postes.

PREMIÈRES ÉTUDES.
Laurent Dubois effectue ses premières études à l'école secondaire de Saint-Maixent [Deux-Sèvres], devenue « collège » en 1810, puis, dans la même académie, au lycée impérial de Poitiers.

1812. MAÎTRE D'ÉTUDES AU LYCÉE IMPÉRIAL DE POITIERS.
À la fin de ses études au lycée de Poitiers, [département de la Vienne ; académie de Poitiers], Laurent Dubois est nommé maître d'études, c'est à dire ayant pour l'essentiel un rôle de surveillance et d'encadrement des élèves.

La position de maître d'études correspond au rang le plus bas de l'échelle définie à l'article 31 du décret, du 17 mars 1808, portant organisation de l'Université impériale. Cependant elle n'est accessible qu'à des bacheliers. En ce qui concerne l'enseignement, le niveau juste au-dessus est celui de « régent de collège ».
Mais cette position permet à Laurent Dubois d’être remarqué par un inspecteur qui, avec le recteur, le recommande auprès de l’École normale à Paris.

1813. ANCIEN ÉLÈVE DE L'ÉCOLE NORMALE.
Ancien élève de la quatrième promotion de l'École normale [1813], il est l'un des quarante-trois élèves pensionnaires et boursiers, effectuant une scolarité de deux ans [1er décembre 1813-10 novembre 1815], à Paris, en plein quartier latin. L'École occupe alors des locaux situés modestement dans les combles des locaux de la Faculté des Lettres, c’est à dire dans l’ancien collège Du Plessis, maison attenante au prestigieux lycée Impérial [Louis-le-Grand].

Sont élèves de l'École, en 1813, dans l'ordre alphabétique : Auguste Agon [vers 1795-1866] professeur à Louis-le-Grand ; Fortuné Albrand [1795-1826], orientaliste ; Joseph Anceau [vers 1794-1831], professeur au collège de Bourbon ; Charles Ansart [1796-1849], inspecteur de l’académie de Caen [1844-1848] ; Joseph Armandies [1796- ], chef de bureau du Commerce extérieur au Ministère de l’Agriculture et du Commerce ; Jean Barbier, professeur d’humanités au lycée d’Alençon ; Louis Bautain [1796-1867], professeur de Philosophie et doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg ; Démophile Blocquel, propriétaire à Amiens ; Hervé Bouchitté [1795-1861], recteur départemental d'Eure-et-Loir puis de Seine-et-Oise ; Chantelot ; Pierre Alexis Corneille [1792-1868], député au Corps législatif ; Jean Cournand, chef d’institution ; Cremières ; Philibert Damiron [1794-1862], professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Paris ; Félix Dehèque [1794-1870], professeur de lettres ; Deroissy ; Laurent Dubois [1796-1862], futur recteur départemental ; Charles Duflos ; Émile Dumas, professeur à Hambourg ; Duroy, propriétaire à Bordeaux ; Louis Forget [1794-1857], professeur de rhétorique au collège de Falaise ; Fulgence Fresnel [1795-1855], consul général à Mossoul ; Jean François Gail [1795-1845], professeur d'histoire au lycée Saint-Louis ; Jean Gavinet [1794-1845], recteur d’académie à Bordeaux ; Alexis Gensollencq, professeur à Paris ; Godon ; Maurice Grangeneuve [ -1868], notaire à Bordeaux ; Guillard ; Pierre Martin Guyot [1794-1832], futur professeur titulaire de troisième au collège Louis-le-Grand [1824] ; Jean Hugot [1794- ], professeur de grammaire à la Réunion ; Adrien Jarry de Mancy [1796-1862], professeur d’histoire et bibliothécaire à l’École des Beaux-Arts ; Alexandre Johanet, supérieur du grand séminaire d’Orléans ; Théodore Jouffroy [1796-1842], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Paris [1837-1842] ; Marie Julien ; Pierre Lebreton, professeur de première au collège de Lorient ; Louis Mignon, directeur des pages du Roi ; Jacques Moreau-Champlieux [1795-1851], administrateur des douanes à Paris ; Hippolyte Morin-Champrousse, professeur de grammaire au collège de Sens ; Aimé Pariset, membre du Conseil d’Amirauté ; Achille Perreau [1794-1852], professeur de rhétorique au collège royal Saint-Louis ; Jacques Pruissenacre ; Léonide Rabany, professeur de lettres à La Réunion ; François Ragon [1795-1872], Inspecteur général de l’Instruction publique ; Jean Remoussin ; Emmanuel Roux [1819-1879], professeur de Littérature orientale ancienne à la Faculté des Lettres de Grenoble ; François Thivrier, avoué ; Jacques Tongard-Boismilon [1795- 1871], secrétaire des commandements du comte de Paris ; Auguste Trognon [1795-1873], secrétaire du prince de Joinville ; Louis Verhaeghe, professeur au lycée de Douai ; Armand Balthazard* Vernadé [1795-1888], professeur de seconde au lycée Saint-Louis ; Louis Viollette [c.1799-1818], professeur au lycée Henri-IV.

1815. MAÎTRE D'ÉTUDES AU COLLÈGE DE POITIERS.
Au sortir de l'École [10 novembre 1815], alors qu'il est licencié ès-lettres, Laurent Dubois est affecté à nouveau au collège de Poitiers, comme maître d'études au lycée de Poitiers, et selon la notice qui lui est consacrée dans l'Annuaire des anciens élèves de l'École normale, « dans un rang à peine égal à celui qu'il avait obtenu en terminant ses études ».

1815-1840. RÉGENT AU COLLÈGE DE ROCHEFORT.
Le recteur de l'académie de Poitiers, Louis François Marie de La Liborlière [1774-1847], le fait nommer, peu de temps après, régent de seconde au collège communal de Rochefort [département de Charente-Inférieure ; académie de Poitiers].

Laurent Dubois passe vingt-cinq ans au collège communal de Rochefort, en charge successivement de la classe de seconde, de rhétorique, et finalement de philosophie. Il reste en poste jusqu'au 28 août 1840.
Il est alors remplacé, par arrêté du 5 octobre 1840, dans la chaire de philosophie par Giuseppe Ferrari [1811-1876], qui vient de soutenir à Paris, en août 1840, sa thèse de doctorat ès-lettres.

1840. INSPECTEUR D'ACADÉMIE À L'ACADÉMIE DE RENNES.
Laurent Dubois est nommé, par arrêté du 28 août 1840, inspecteur de l'académie de Rennes, en remplacement de Gouby, ancien professeur de rhétorique à Nantes, qui est admis à la retraite et reçoit le titre d'inspecteur honoraire.
Le ressort de l'académie de Rennes, en 1840, et depuis 1808, s'étend sur les départements suivants : Côtes-du-Nord [chef-lieu : Saint-Brieuc] ; Finistère [chef-lieu : Quimper] ; Ille-et-Vilaine [chef-lieu : Rennes] ; Loire-Inférieure [chef-lieu : Nantes] ; Morbihan [chef-lieu : Vannes].

Laurent Dubois est ainsi l'un des trois inspecteurs travaillant auprès de Louis Antoine Dufilhol [1791-1864], ancien inspecteur d’académie chargé des fonctions de recteur en Corse [1834-1839], recteur de l'académie de Rennes, de février 1839 à 1847.
En 1840, les deux autres inspecteurs sont René Rabusseau [1793-1861], futur recteur de l'académie de Limoges, et Louis Jacques Faucon [1791-1850], ancien élève de la première promotion de l’École normale [1810], futur proviseur du collège royal de Rennes.

1848-1849. MISE EN DISPONIBLITÉ ET RETRAITE.
Laurent Dubois reste en fonction jusqu'au 30 septembre 1848. Il est d'abord mis en disponibilité, du 1er octobre au 31 décembre 1848. Puis mis à la retraite en avril 1849. Il est alors âgé de cinquante-quatre ans.

1850. LA MISE EN PLACE DES RECTORATS DÉPARTEMENTAUX.
La loi organique du 15 mars 1850, inspirée par Alfred de Falloux [1811-1886], et mise en oeuvre par le ministre de l’Instruction publique et des Cultes [octobre 1849-janvier 1851] Félix Esquirou de Parieu [1815-1893], modifie profondément le fonctionnement universitaire : les académies, jusqu’alors regroupement de départements, voient leur ressort restreint. Conçues pour un encadrement plus strict du personnel enseignant, elles deviennent strictement départementales et de « petits recteurs », aux attributions réduites, sont nommés.
L'article 7 de la loi stipulant qu'il est établi une académie par département, quatre-vingt sept académies sont créées [dont celle d’Alger]. Quatre-vingt-sept postes sont à pourvoir, dont beaucoup sont seront occupés par d'anciens inspecteurs d'académie.

1850-1854. RECTEUR DÉPARTEMENTAL DE LA CHARENTE-INFÉRIEURE.
C'est le cas de Laurent Dubois, rappelé et nommé recteur départemental de la Charente-Inférieure [aujourd'hui Charente-Maritime] dont le chef-lieu est établi à La Rochelle, chef-lieu du département.
Il est en fonction du 10 août 1850 jusqu’au 24 août 1854. Le secrétaire qui l’assiste est Louis Gibault.

Après le 24 août 1854, l'académie de Poitiers est reconstituée. Son ressort s'est agrandi et s'étend sur les huit départements suivants : Vienne ; Charente ; Charente-inférieure ; Indre ; Indre-et-Loire ; Deux-Sèvres ; Vendée ; Haute-Vienne.
Louis de La Saussaye [1801-1877], membre de l'Institut, en est le recteur [1854-1856].

Laurent Dubois est mis définitivement à la retraite par décret du 22 octobre 1854.

DÉCORATION.
Chevalier de la Légion d'Honneur [1845].

RÉFÉRENCES.
1863. Association amicale des Anciens de l'École normale.
La < Notice nécrologique > concernant Laurent Dubois, non signée, mais sans doute rédigée par Paul François Dubois paraît pages 5-7, dans le Bulletin de l'Association amicale des Anciens élèves de l'École normale [Paris : Imprimerie de L. Martinet, rue Mignon, 3. In-12, 39 p., 1863].

2006. Jean-François Condette. Les Recteurs d’académie en France de 1808 à 1940.
Tome II, Dictionnaire biographique. [Paris : Institut National de Recherche Pédagogique. Édition de CNRS. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 411 p. +3. 2006]. Fournit les dates précises des nominations ; les sources des archives ; des extraits de rapports d'inspection.

 
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