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Daburon, Abbé André René Pierre (1758-1838). Inspecteur général de l’Université Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Jusqu’à la Révolution française, l’abbé André René Pierre Daburon mène une activité d’enseignant conforme à la congrégation religieuse des Oratoriens auquel il appartient.Émigré, le Consulat, lui permet de revenir en France. Avec la création de l’Université impériale s’ouvre alors pour lui, en 1808, une carrière au sein du corps des Inspecteurs généraux.

André René Pierre Daburon. Né le 31 mars 1758, à Angers ; mort le 20 avril 1838, à Paris.1758-1778.

PREMIÈRES ÉTUDES.

Études en  quatrième, en troisième et seconde [Humanités] et en première [classe de rhétorique] au collège de Beaupréau, dans le pays de Mauges, près de Cholet [Maine-et-Loire].
Classe de philosophie au séminaire d’Angers. Entre chez les Oratoriens, à Paris [16 avril 1677] congrégation spécialisée dans l’enseignement. Il y revêt l’habit le 21 avril 1778 : soutane noire boutonnée, ceinture nouée et collet rabattu.

1777-1790. ENSEIGNEMENT.
Enseigne dans divers établissements de sa congrégation religieuse : comme préfet de pension au collège de Vendôme [1777-1778] ; comme professeur de logique au collège de Soissons [1778-1779] ; puis professeur de physique au collège de Soissons [1779-1780].
À nouveau professeur de logique au collège du Mans [1780-1781] ; au collège de Marseille [1783-1784] ; enfin professeur de physique au collège de Marseille [1784-1785].

Reçoit la prêtrise en 1786. Est alors nommé professeur de Théologie au collège oratorien de la Trinité de Lyon [1785-1790], les Oratoriens y ayant remplacé les Jésuites après l’expulsion de ces derniers en 1762.
La tradition rapporte qu’il reçoit au collège de la Trinité de Lyon, où il enseigne aussi les mathématiques, le jeune André Marie Ampère [1775-1836], conduit par son père, et qu’il l’initie vers onze-douze ans, entre janvier et avril 1788, au calcul intégral et au calcul différentiel.
Toujours est-il que Daburon et Ampère lieront amitié, comme en témoignent, une quinzaine d’années après, plusieurs lettres de Daburon adressées à Ampère : l’une de Gênes, en date du 8 juillet 1805 ; une de Lyon, en date du 14 septembre 1806 ; une encore de Lyon, en date du 23 octobre 1806.
Vingt ans plus tard, ils participeront ensemble, en tant qu’Inspecteurs généraux l’un et l’autre, à des tournées d’inspection

Pendant la Révolution française André René Pierre Daburon, émigre en 1792, et se réfugie en Italie, où il est précepteur à Gênes. Il se rend ensuite à Rome dans les États du Pape. Ce dernier l’assigne à résidence, dans un de ses états au monastère de Saint-Sévère de Pérouse.

Daburon revient en France, après le coup d’État du 18 brumaire an VIII [9 novembre 1799] et le rétablissement de la liberté de culte [28 décembre 1799] qui est l’une des premières mesures du Consulat [1799-1804]. Cependant il est à nouveau à Gênes en 1805.
Roland Saussac, dans sa thèse sur les Débuts du lycée de Lyon [1803-1805], évoque les difficultés que Daburon rencontre pour trouver un emploi. Il indique  qu’ André René Pierre Daburon, parlant bien l’italien, à la suite de son long séjour en Italie, < cherche une place dans le secrétariat de l'ambassade du cardinal Fesch > à Rome auprès du Pape Pie VII. Mais , dit Roland Daussac, < le cardinal refuse, car on soupçonne Daburon  d'ultramontanisme >.
C’est, sans doute, par l’intermédiaire de André Marie Ampère [1755-1836],
qui deviendra plus tard Inspecteur général de l’Université, en même temps que lui, en septembre 1808 ; et par l’intermédiaire de Joseph Marie de Gérando [1772-1842], alors secrétaire général au Ministère de l'Intérieur [Ministère qui a la tutelle sur l’enseignement], qu’il est nommé au collège de Lyon. Il tente, mais en vain, d’être désigné censeur des études, et obtient seulement un poste de professeur de mathématiques en sixième et en cinquième.
Mais en octobre 1803, Daburon est professeur de Belles-lettres latines et françaises, et, selon les gazettes du temps, prononce, après une messe solennelle, le discours d’ouverture de l’année scolaire.

Cependant il démissionne de son poste, à la fin mars 1804, en invoquant son état de santé. Et semble alors enseigner dans des institutions privées.

1808. INSPECTEUR GÉNÉRAL.
Alors qu’il est principal du collège de Tournon, Daburon est nommé Inspecteur général de l’Université impériale, par décret du 21 septembre 1808 de Louis de Fontanes, Grand-maître de l’Université, quelques mois après la formation des Universités [mars 1808].
L’information est donnée dans la « Gazette nationale ou Le Moniteur universel » [n°283, dimanche 9 octobre 1808, page 1116].

À cette époque sont déjà inspecteurs généraux : Joseph Michel Noël [1756-1841], nommé le 11 juin 1802 ; Louis Lefèvre-Gineau [1751-1829], nommé en 1803, en remplacement de Jean Baptiste Delambre [1749-1822] ; Noël Gabriel Luce Villar [1748-1826], nommé le 11 juin 1802 ; Dom Raymond Despaulx [1726-1818], nommé le 11 juin 1802 ; Marc Auguste Pictet [1752-1825], nommé en 1807.

Sont nommés, en même temps que Daburon : Joseph Joubert [1754-1824]
 ; l’abbé Jean Alexis Balland [1741-1813], ancien supérieur du collège de Béthune ; André Marie Ampère [1775-1839], examinateur des élèves de l’École Polytechnique ; l’abbé Jacques Roman [1744-1823], ex proviseur du lycée de Marseille ; François Désiré Budan de Boislaurent [1761-1840], suppléant du professeur de mathématiques au collège de France ; Chrétien Siméon Le Prévost d’Iray [1768-1849], censeur du collège Impérial [Louis-le-Grand] ; Claude Bernard Petitot [1792-1825], ancien chef de bureau de l’Instruction publique de la Seine ; Antoine Athanase Royer-Collard [1768-1825], docteur de la Faculté de médecine de Paris] ; Philibert Guéneau de Mussy [1776-1834] ; l’avocat Ambroise Modeste Marie Rendu [1778-1860] ; Henri Louis de Coiffier de Verfeu [1770-1831], ancien officier ; Joseph Nicolas de Champeaux [1754-1815], ex grand-vicaire de Rodez.

1818. INSPECTEUR DE L’ACADÉMIE DE PARIS.
Au moment de la première Restauration, l’abbé André René Pierre Daburon
 perd son titre ; mais en 1818 est nommé Inspecteur de l’Académie de Paris, tout en continuant d’assumer les fonctions d’Inspecteur général.
Il fait alors partie d’une équipe constituée de la manière suivante : Hippolyte Rousselle [1785-1863], Frédéric Cuvier [1773-1838], Vincent Campenon [1772-1843], abbé André René Pierre Daburon [1758-1838], René Richard Louis Castel [1758-1832], François Becquey [1759-1834], Pierre Chaudru de Raynal [1768-1849].

1824. INSPECTEUR GÉNÉRAL DES ÉTUDES.
Est rappelé, quelques années après, le 30 septembre 1820, dans le corps des Inspecteurs généraux. Alors que le comte d’Artois, sous le nom de Charles X, succède à Louis XVIII décédé le 16 septembre 1824, l’abbé Daburon est nommé Inspecteur général des études, par l’ordonnance du 22 septembre 1824.

A ce titre il participe à la sélection des candidats à l’École préparatoire pour l’année 1826-1827, avatar de l’École normale supprimée en 1822. Il fait partie du groupe des correcteurs des copies composées auprès des rectorats et regroupées à Paris pour la correction : Augustin Louis Cauchy pour les mathématiques, André Marie Ampère pour la physique, Beato Mablin pour les deux discours, Jean Louis Burnouf pour les vers et les versions, l’abbé André René Pierre Daburon, pour la philosophie.
Douze élèves seront reçus, dans la section des lettres, huit dans la section des sciences.

1827. PRÉSIDENT DU JURY D’AGRÉGATION DE PHILOSOPHIE.
À ce titre l’abbé Daburon préside le jury du second concours d’agrégation de Philosophie, en 1827.
Siègent auprès de lui, comme membres du jury, l’abbé Jean Marie Burnier-Fontanel [1763-1827], doyen de la Faculté de Théologie de Paris [depuis 1811], qui avait présidé le premier concours d’agrégation de philosophie en 1825 ; Pierre Laromiguière [1756-1837], titulaire de la chaire de Philosophie, à la Faculté des Lettres de Paris ; Aristide Valette, professeur de philosophie au collège royal de Saint-Louis ; Vertueux Bousson, ancien professeur de philosophie à Stanislas, professeur de philosophie au collège royal de Charlemagne.

Douze candidats avaient été admis à concourir : l’abbé Perrot [ou Perrault] ; l’abbé Durand ; Mahuziès ; Abdon Llabour [1797-1848], chargé du cours de philosophie à Amiens ; Larroque, régent de philosophie à Langres ; Jean Antoine Nougarède ; Olivier Chouteau, régent de philosophie à Blois ; Adolphe Garnier, avocat à la Cour royale de Paris ; Fauchet ; Paffe ; Henri ; l’abbé Brunaut.  Deux candidats s’étant retirés le nombre des concurrents s’est trouvé réduit à dix.

Sont reçus au concours : Patrice Larroque, [1801-1879] régent de philosophie au collège de Langres, futur recteur de l’Académie de Limoges [1836], de Grenoble [1838], de Cahors [1839], de Caen [1848], de Lyon [1848] ; l’abbé Perrot [ou Perrault], licencié de Sorbonne ; Adolphe Garnier [1801-1864], répétiteur à Paris, futur titulaire de la chaire de Philosophie à la Faculté des Lettres de Paris [1845-1864] ; Mahusiès [ou Mahuziès], régent au collège de Tournon, qui sera nommé ultérieurement professeur de philosophie au collège royal de Toulouse, puis Inspecteur d’Académie de Toulouse ; Abdon Llabour [1797-1848], chargé de la chaire de philosophie au collège de Tournon. Après son agrégation, est chargé de la chaire de philosophie au collège royal d’Amiens, comme suppléant de l'abbé Riche [ou Le Riche], en poste à Amiens depuis 1817. En 1830 et 1831 est en poste comme professeur titulaire de philosophie au collège royal d'Amiens.
 
Le premier jury, en septembre-octobre 1825, avait été présidé par l’abbé Jean-Marie Burnier-Fontanel [1763-1827], doyen de la Faculté de Théologie de Paris [depuis 1811], et avait reçu quatre candidats : Alexandre Gibon [1789-1871], Jean Saphary [1796-1865], Adolphe Félix Gatien-Arnoult [1800-1886], André François [Magdeleine] Cassin [1795-1853].

1830. LA FIN D’UNE ÉPOQUE.
Avec la Révolution de 1830 et l’arrivée de la Monarchie de Juillet, André René Pierre Daburon est mis à la retraite : il est alors dans sa soixante-douzième année.

En 1830, beaucoup d’Inspecteurs généraux, nommés par le décret du 21 septembre 1808, et a fortiori ceux nommés par l’arrêté de juin 1802, sont déjà à la retraite, ou bien ont disparus. Il n’y a, de cette époque, qu’André Marie Ampère qui soit confirmé, par arrêté du 25 août 1830, comme Inspecteur général des études.
Henri Louis de Coiffier de Verfeu [1770-1831], Joseph Michel Noël [1756-1841], reçoivent le titre d’Inspecteur général honoraire dès le 22 septembre 1830.
 
C’est Victor Cousin qui devient président du jury d’agrégation de philosophie, d’une manière continue, à partir de septembre-octobre 1830.

André René Pierre Daburon reçoit le titre d’Inspecteur général honoraire le 30 mars 1831. Il est alors remplacé, par un arrêté en date du 31 mars, par le naturaliste Frédéric Cuvier [1773-1838], ancien Inspecteur de l’Université de Paris [17 février 1815], Inspecteur général adjoint des études depuis le 11 mai 1828.

Établi pour sa retraite à Paris, l’abbé André René Pierre Daburon meurt le vendredi 20 avril 1838. Ses obsèques ont lieues le dimanche 22 avril.

Lègue sa bibliothèque au collège Stanislas. Legs auprès d’établissements d’enseignement d’Angers, à Paris, à l’intention des pauvres de la paroisse de Saint-Sulpice, et à l’École des Frères de la rue de Fleurus.

SOURCE.
Le Moniteur 1808. Page 1116 [donne seulement la liste des Inspecteurs généraux nommés par décret du Grand-maître de l’Université].

Jules Balteau, Marius Barroux, Michel Prévost. Dictionnaire de biographie française. Paris : Letouzey et Ané.

I. Havelange, F. Huguet, B. Lebedeff. Les Inspecteurs généraux de l'Instruction publique, dictionnaire biographique 1802-1914, [Paris : Inrp, Cnrs, 1986]. C’est cette notice, s’appuyant sur le dépouillement des archives, qui fournit le plus de renseignements sur la carrière de Daburon.

 
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