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Colin, Faustin (1801-1865), professeur de Littérature grecque à la Faculté des Lettres de Strasbourg Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Traducteur en prose des six mille vers, qui nous sont parvenues du poète lyrique grec Pindare [ca 518-ca 446 av. J.-C.] : quatorze chants en l'honneur des vainqueurs des Jeux Olympiques [Olympie] ; douze chants pour les vainqueurs des Jeux Pythiques [Delphes] ; onze pour les vainqueurs des Jeux Néméens [près d'Argos] ; sept pour les vainqueurs des Jeux Isthmiques [Corinthe], ainsi que des Fragments.

Faustin Colin [1801-1865]. 
Né le 21 septembre 1801 à Épinal [Vosges] ; mort le 4 juillet 1865, à Strasbourg [Bas-Rhin].

Bachelier ès-lettres.

Maître d'études au collège de Phalsbourg [Moselle]. Puis nommé successivement au collège de Mulhouse [Haut-Rhin], de Troyes [Aube]. 
Faustin Colin  est nommé à Saint-Dié [département des Vosges, académie de Nancy]. D'abord, selon l'usage, régent provisoire, est nommé définitivement, par arrêté ministériel, le 3 novembre 1829, régent de seconde et de rhétorique. 

PROFESSEUR DE SECONDE AU COLLÈGE DE LIMOGES.
Chargé de la chaire de seconde au collège royal de Limoges [Haute-Vienne], collège de troisième classe. 

AOÛT 1835. AGRÉGATION DES LETTRES
Agrégation pour les classes supérieures des lettres [août-septembre 1835].

Ont été reçus, dans l’ordre de classement : 
Ernest Havet [1813-1889], élève de l’École normale [1832] ; Thimothée Fabre, chargé de la chaire de rhétorique au collège royal de Rodez ; Joseph Lambert Collin, répétiteur à Paris ; Faustin Colin [1801-1865], chargé de la chaire de seconde au collège royal de Limoges, futur professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Strasbourg [1855-1858], et futur doyen de la Faculté des Lettres [1855-1859] ; François Paul Croiset [1814-1897], élève de l’École normale [1832] ; Pierre [Ambroise] Tiercelin [ -1849], ancien élève de l’École normale [1827], chargé de la classe de seconde au collège royal de Tours.

1836. COLLÈGE ROYAL DE STRASBOURG.
Professeur de troisième au collège royal de Strasbourg [1836-1842], collège de première classe. Nommé en 1836, en remplacement de Geffroy.
Faustin Colin sera nommé ultérieurement professeur de rhétorique au collège royal.

MAI 1837. DOCTORAT ÈS-LETTRES À STRASBOURG.
Docteur ès-lettres [Strasbourg, 1837], avec une thèse latine : °Gorgias Platonis. Thesis philosophica, quam, ad doctoris gradum rite obtinendum, Facultati humaniorum litterarum in Academia Argentoratensi obtulit et publice defendet F. Colin, in Facultate humaniorum litterarum jam licentiatus, in collegio Argentoratensi professor. Die mensis Maji 25, anno 1837, hora tertia pomeridiana [Argentorati : typis F. G. Levrault, Academiae Typographi. In- 8, 41 p., 1837].
Le président de la thèse est Laurent Delcasso, Professeur de Littérature latine à la Faculté 

[Il s'agit de Laurent Delcasso [1797-1887]. Ancien élève de l’École normale [1815]. Agrégation pour les classes supérieures des lettres [1818]. Professeur au collège royal de Douai. Docteur ès-lettres [Strasbourg, août 1828]. Suppléant dans la chaire de Philosophie à la Faculté des Lettres de Strasbourg [1830-1835], dont Louis Bautain [1796-1867] est titulaire. Professeur de Littérature latine à la Faculté des Lettres de Strasbourg [1835-1855], en remplacement de Pierre Saint-Venant [1759-1839*], titulaire de 1809 à 1835, et doyen de 1824 à 1832. Doyen de la Faculté [1841-1855].
Recteur de l’Académie de Strasbourg [novembre 1855-23 janvier 1866], en remplacement de Jacques Rinn [1797-1855], professeur d’Éloquence latine du collège de France [janvier 1853-août 1854], recteur de l’Académie de Strasbourg le 22 août 1854, décédé en fonction le 12 septembre 1855].
Laurent Delcasso est à la retraite le 23 janvier 1866]. 
La thèse n'est pas dédiée.

• http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb302565357 
• Google Books, pour la thèse latine. 

La thèse, en français, a pour titre : Études sur les rapports entre l'éloquence écrite et l'éloquence parlée ; dissertation présentée à la Faculté des Lettres de Strasbourg, et soutenue publiquement, le 30 juillet 1836, à trois heures après-midi. Pour obtenir le grade de docteur par F. Colin, d'Épinal (Vosges), licencié ès-lettres, agrégé aux classes supérieures des lettres, professeur au collège royal de Strasbourg [Strasbourg : De l'imprimerie de F. G. Levrault, rue des Juifs, n° 33. In-8, 37 p., 1836].
Le président de la thèse est Laurent Delcasso [1797-1887]

• http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30256534w, pour la thèse en français.
• Bibliothèque de l'École normale supérieure, ULM LSH, salle 4 [cote : Thèse 144*].
Les deux thèses reliées ensemble. À consulter sur place. 
L'exemplaire de la thèse, en français, de la bibliothèque est incomplet. Le texte démarre page 5.

1841. TRADUCTION DE PINDARE.
En 1841, Faustin Colin, alors qu'il est professeur de rhétorique au collège royal de Strasbourg, fait paraître : °Pindare. Traduction complète. Olympiques, Pythiques, Néméennes, Isthmiques, Fragments. Avec Discours préliminaire, arguments et notes, par Colin (Faustin), d'Épinal (Vosges), agrégé aux classes supérieures des lettres, docteur ès-lettres, professeur de rhétorique au collège royal de Strasbourg.  [Strasbourg : imprimerie de G. Silbermann, place Saint-Thomas, 3. In-8, 351 p., 1841]. 
En exergue, sur la page de titre : Les travaux honnêtes de la jeunesse assurent au vieillard une vie paisible [Pind. Ném. 9, str. 9].

Le Discours préliminaire, étude très détaillée sur Pindare, occupe les pages 1-102. Cependant Faustin Colin n'est pas loin de faire de Pindare un poète chrétien... 
 
Chaque Hymne, traduit en prose, est précédé d'un Argument. Il est également indiqué le lieu de la scène ; la date de composition et de représentation de l'ode ; le mode musical pour la lyre, pour le chant ; le nome [ou rythme] ; etc.
La disposition typographique sépare et numérote chaque strophe, antistrophe, épode.
Le texte est éclairé, en bas de page, par des explications appelées par des notes numérotées.  

Quelques années plus tard, reprenant ce travail, Faustin Colin participe au concours présenté par l'Académie française, sur Pindare, et obtenant une partie du prix proposé, dans la séance du 28 août 1851, voit son ouvrage couronné.

Dans la Notice littéraire et biographique consacrée à Faustin Colin, lue dans la séance de la Société littéraire de Strasbourg, du 11 juillet 1865, Louis Spach évoquant cette traduction de Pindare indique : « Je n'apprends rien à personne d'entre vous, Messieurs, en rappelant que M. Colin était un helléniste distingué ; il avait largement mis à profit sa position à Strasbourg, en consultant les trésors d'érudition de la philologie allemande, en s'assimilant les résultats de la science de Heyne, de Hermann, de Boeckh, de Dissen. Ces dissertations ingénieuses, mais ardues, mais inaccessibles au public lettré de la France, et réservées seulement aux savants de profession, ont été, pour M. Colin, traducteur de Pindare, une source où il a puisé, et dont il a rapporté le limpide breuvage dans une coupe couronnée de fleurs ».

1842. PROFESSEUR À LA FACULTÉ DES LETTRES DE STRASBOURG.
Professeur de Littérature latine à la Faculté des Lettres de Strasbourg, comme suppléant [1842-1844], puis professeur de Littérature grecque, comme suppléant [1844-1845].

Tant qu'il est suppléant dans la chaire de Littérature latine, à la Faculté des Lettres de Strasbourg, Faustin Colin garde son poste de professeur de rhétorique au collège, puis à partir de 1844, ayant obtenu un congé, est suppléé par Isidore Boulian [ -1847], ancien élève de l’École normale [1831], agrégé des lettres [1836], qui est en même temps titulaire de la seconde.

Faustin Colin est nommé professeur titulaire de Littérature grecque, en 1845 [1845-1855]. Il succède ainsi dans la chaire qui a été créée en 1809, occupée par l'helléniste Jean Schweighauser et tenue de 1809 à 1823, puis attribuée en 1823 à son fils Jean Geoffroy Schweighauser [1776-1844].
Avant que Faustin Colin soit titulaire de la chaire, de nombreux suppléants avaient été nommés pour la chaire de Littérature grecque de Jean Geoffroy Schweighauser : Charles Cuvier [1798-1881], de 1828 à 1829 ; Jean François Stiévenart [1794-1860], de 1829 à 1832 ; Nicolas Joseph Caresme, de 1832 à 1840 ; Nicolas Olry [ -1844], de 1840 à 1844.
  
Après la réunion, en 1855, de la chaire de Littérature latine et de la chaire de Littérature grecque en une seule chaire [Littérature ancienne], Faustin Colin est nommé professeur de Littérature ancienne [1855-1859].
Il sera remplacé, en 1859, dans la chaire de Littérature ancienne par François Romain* Cambouliu [1820-1869], chargé de cours [1859-1861] puis professeur titulaire [1861-1862].

JUILLET 1849. DU PHÈDRE DE PLATON.
Faustin Colin édite la leçon finale prononcée à la Faculté des Lettres de Strasbourg, le 30 juillet 1849, sous le titre Du Phèdre de Platon. F. Colin. °[Strasbourg : impr. de Huder, rue des Veaux. In-8, 16 p., 1849].
Cette leçon résume les études faites par Faustin Colin au cours de l'année universitaire 1848-1849 sur le Phèdre.

1851. LAURÉAT DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE.
Abel François Villemain, en tant que secrétaire perpétuel de l'Académie française, dans la séance du 28 août 1851, lit le Rapport sur les concours de l'année 1851. Dans ce rapport Abel François Villemain distingue le travail de Faustin Colin :
« Elle a distingué d’abord un travail étendu, portant pour épigraphe ces vers d’un poëte de race lyrique, André Chénier :
O terre de Pélops ! avec le monde entier,
Allons voir d’Épidaure un agile coursier
Couronné dans les champs de Némée ou d’Élide. 
Et elle croit être juste en décernant à l’auteur une première part du prix, une médaille de deux mille francs. L’auteur est M. Faustin Colin, professeur de littérature ancienne à la Faculté des lettres de Strasbourg bien placé dans une chaire de la patrie de Brunck, et, comme ce célèbre helléniste, sachant admirer avec passion ce qu’il commente, il a refait pour ce concours un premier essai déjà publié, et a su tirer du travail une ardeur qui n’est pas sans force. Il a respecté son modèle, et il a parfois dans ses notes et dans son enthousiasme de critique une verve de langage trop rare dans sa traduction. L’Académie n’impose pas un nouvel effort à ce courageux athlète, et elle le couronne avec estime ».

1855. DOYEN DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE STRASBOURG.
Doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg [1855-1858], en remplacement de Laurent Delcasso [1797-1887], nommé recteur de l'académie de Strasbourg [19 novembre 1855-23 janvier 1866].
Laurent Delcasso, professeur de Littérature latine à la Faculté des Lettres de Strasbourg [1835-1855], a été doyen d'octobre 1848 à novembre 1855, jusqu'à sa nomination comme recteur. 
Faustin Colin est en charge du décanat de novembre 1855 à 1859.
Il sera remplacé comme doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg par Charles Chrétien Léopold Cuvier [1798-1881], professeur d'Histoire [1829-1860], doyen de mars 1859 à 1860, année de sa mise à la retraite.
Faustin Colin reçoit le titre de doyen honoraire en 1864.

1856. CLEF DE L'HISTOIRE DE LA COMÉDIE GRECQUE.
À l'occasion de leçons de littérature grecque données, à l'intention « des gens du monde », à l'Hôtel-de-Ville de Strasbourg, pendant l'été 1855, Faustin Colin publie : °Clef de l'histoire de la comédie grecque, par Colin (Faustin). Professeur de Littérature ancienne et doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg, auteur d'une traduction de Pindare, couronnée par l'Institut [Paris : chez M. Charbonnier, rue Rochechouart, 71, et chez les principaux libraires. In-8, 292 p., s.d. (1856)]. Préface. Table des matières.
La page de titre comporte, en exergue : Amara risus temperant. Le rire tempère les amertumes de la vie. 

1861. CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE DE STRASBOURG.
Avec Louis [Adolphe] Spach [1800-1879] Faustin Colin est un des créateurs de la Société littéraire fondée à Strasbourg, dont les statuts sont délibérés dans les séances des 19 mars, 11 et 18 juin 1861. 
L'article 2 des statuts stipule : « Son but spécial consiste à cultiver et à encourager, dans le Bas-Rhin, les fortes et saines études littéraires.
Elle n'exclut de ses travaux aucune partie du domaine de la littérature ancienne et moderne, mais elle porte de préférence son attention sur la littérature française et sur la littérature allemande, ainsi que sur leur corrélation mutuelle ».

AUTRE PUBLICATION.
Appel à l'opinion publique au sujet d'un débat survenu dans la Faculté des lettres de Strasbourg [Signé : F. Colin] [Strasbourg : impr. de E. Huder, rue des Veaux. In-8, 19 p., 1849].

DÉCORATION
1855

SOURCES.
• F. Colin, doyen honoraire de la Faculté des Lettres de Strasbourg. Notice littéraire et biographique , lue à la séance de la Société littéraire de Strasbourg du 12 juillet 1865, par Louis Spach, Archiviste du département du Bas-Rhin [Strasbourg : Typographie de G. Silbermann. 1865].

• Base de données en ligne : Les professeurs des facultés des lettres et des sciences en France au XIXe siècle (1808-1880).
http://facultes19.ish-lyon.cnrs.fr/fiche.php?indice=224
 
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