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Champanhet-Tavernol, Amédée (1791-1862). Un Normalien de la 2e promotion [1811] dans la carrière Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
C'est sans doute son attachement à la jeune École, marqué par son adhésion à l’Association des anciens élèves de l’École normale, créée en 1846, et conçue comme Caisse de secours mutuel, qui permet à Amédée Champanhet-Tavernol d'être encore aujourd'hui vaguement présent dans la mémoire de l'institution.
Car, ni ses activités professionnelles, ni ses essais littéraires ne le prédisposaient à résister un tant soit peu à l'inexorable effacement du temps.

Amédée [Maurice Americ] Champanhet-Tavernol. Vice-président du tribunal de Privas [Ardèche]. Né en 1791, à Villeneuve-de-Berg [Ariège] ; mort le 31 août 1862, à Viviers [Ardèche].

À DISTINGUER DE.
Jean André Hippolyte Champanhet [1785-1868], député de l'Ardèche de 1833 à 1848.

PREMIÈRES ÉTUDES.
Élève boursier au lycée de Nîmes [Gard], de septembre 1805 à août 1810. 
 
1811. ANCIEN ÉLÈVE DE L'ÉCOLE NORMALE.
Ancien élève de la seconde promotion de l’École normale, [1811]. Comme le veut encore l'usage de cette époque, Amédée Champanhet-Tavernol, nommé par un Inspecteur général, est intégré à l'École sans concours. Il semble avoir été pressenti pour entrer à l'École dès 1809. 

Sont élèves pensionnaires de l'École en 1811, dans l'ordre alphabétique : Alphonse Beljame [1793- ], inspecteur d’académie [Lyon, Bourges, Bordeaux] ; Bernard Beyne [1791- ], magistrat ; Pierre Blaise Carrère [1793-1864], directeur du Journal de l’Aveyron ; Amédée Champanhet [1791-1862], vice-président du tribunal civil de Privas  ; Louis Cherest, principal du collège d’Abbeville ; Claude Decaix [ -1882], secrétaire du conseil de la Banque de France ; Hyacinthe Devès [1793-1871], conseiller à la Cour d’appel de Bordeaux ; Alphonse Ducazau [1793-1838], recteur de l'académie d'Angers ; Gabriel Fort Dutrey [1792-1879], Inspecteur général de l'Instruction publique ; Philippe Foy, professeur au lycée Charlemagne ; Mathieu Gabriel, préfet de l’Aube ; Antoine Garrigues, professeur de rhétorique et d’histoire au lycée de Versailles ; Pierre Grattepain, professeur de sixième au collège de Castelsarrasin ; Joseph Daniel Guigniaut [1794-1876], professeur d’Histoire et de morale au collège de France ; Jean Guyot, professeur de troisième au lycée Louis-le-Grand ; Alexandre Hourdou, [1793-1868], homme de lettres ; Jean Laquerbe [-1854], professeur de troisième au collège de Bédarieux ; Jean Louis Larauza [1793-1825], maître de conférences de Littérature, puis de Grammaire générale à l’École normale ; Charles Loyson [1791-1819], inspecteur d’académie ; Pierre Alphonse Martin [ -1812] ; Jean Baptiste Meuzy [vers 1792-1848], professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Besançon ; Louis Mézières [1793-1872], recteur de l’académie de Metz ; Louis Monal, principal du collège de Perpignan ; Henri Patin [1793-1876], professeur de Poésie latine à la Faculté des Lettres de Paris ; Pierre Quétil, agréé au tribunal de commerce de Paris ; Marie Stanislas Rattier [1793-1871], inspecteur d’académie ; Pierre Remy [ -1870], principal du collège de Joigny ; Joseph Riballier-Desilles, officier d’infanterie ; Pierre Rioust, professeur au collège de Sedan ; Nicolas Rougeron [1794-1867], maire de la ville de Meaux ; Jean Sallandrouze [de Larmonais], manufacturier de tapis à Aubusson ; Thibault ; Augustin Thierry [1795-1856] ; Jacques Veissier-Descombes [1791- ], professeur de quatrième au lycée Henri-IV ; Épagomène Viguier [1793-1867], Inspecteur général de l’Instruction publique ; Louis Villevaleix-Seguy [1792-1859], Inspecteur général des études de l’École normale.
 
Alors que la durée des études est de deux ans, obtient d’effectuer une troisième année, et sort de l’École en mai 1814.
 
Sa sortie de l’École coïncidant avec la première Restauration, s’engage dans les Gardes du corps de Louis XVIII et y reste de juin 1814 jusqu’en août 1818. 
 
1822-1861. CARRIÈRE DE MAGISTRAT.
Études à la Faculté de droit de Paris. Est reçu avocat et prête serment devant la Cour royale le 31 août 1822.
Est nommé, deux ans plus tard, en juillet 1824, juge au tribunal d’Uzès [Gard] ; puis juge d’instruction à Privas, chef-lieu du département de l'Ardèche.
Vice-président du tribunal de Privas [avril 1837-septembre 1861].

RESPONSABILITÉS LIÉES À SA FONCTION.
L'Almanach royal de 1839 indique qu'Amédée Champanhet, de Privas, est membre correspondant du Ministère de l'Instruction publique dans les départements, pour les Travaux relatifs à l'histoire de France.

En 1854, Amédée Champanhet, en tant que vice-président du Tribunal civil, est nommé,  par  arrêté du ministre de l'Instruction publique et des cultes [Hippolyte Fortoul], membre du jury d'examen pour le brevet de capacité de l'instruction secondaire.
Sont nommé en même temps que lui : De Monrond, ingénieur en chef ; Castel, ingénieur des mines ; Alliey, juge au tribunal de Privas ; l'abbé Veni, professeur de rhétorique à l'institution Fayolle ; l'abbé Toupat, professeur de seconde dans le même établissement.
 
1848. INTÉRÊT POLITIQUE PUIS LITTÉRAIRE. 
Après la proclamation de la seconde République en février 1848, semble s’intéresser à la politique. 
Se présente aux élections du 23 avril pour l’Assemblée nationale constituante.  
Champanhet-Tavernol rédige à cet effet une proclamation signée Amédée Champanhet-Tavernol, en date du 29 mars 1848 : Aux Électeurs de l'Ardèche [Privas : Impr. de Roure. In-4, s. d.].
Rappelons que près de neuf millions quatre-cent mille électeurs sont inscrits et que les votants furent sept millions huit-cent mille. Huit cent soixante-seize sièges sont à pourvoir, dont neuf pour l'Ardèche.

Semble également s’être intéressé aux lettres. Publie, en 1855, sous forme d’une brochure signée : Amédée Champanhet-Tavernol: Le Danger de faire des vers, épître adressée, en 1842, à mon frère, ancien officier d'artillerie sous l'Empire, docteur en médecine à Villeneuve-de-Berg [Valence : impr. de Marc Aurel, éditeur, imprimeur de l'Empereur. In-8, 12 p., 1855].
Rédigé en alexandrins.
 
La même année, en 1855, publie le texte d’une tragédie : Les Mameluks, ou Napoléon en Égypte, tragédie en trois actes et en vers, propre à être représenté dans nos camps par M. Amédée Champanhet-Tavernol [Valence : Marc Aurel. In-8, 48 p., 1855].
L'auteur, qui ne cache pas ses sympathies pour le nouveau régime, dédie cet ouvrage à Napoléon III.
 
Après, environ quarante ans dans la magistrature, Amédée Champanhet-Tavernol est admis à faire valoir ses droits à la retraite [septembre 1861], et nommé vice-président honoraire du tribunal civil de Privas.
  
Se retire à Viviers [Ardèche], où il meurt le 31 août 1862.
 
Adhère à l’Association des anciens élèves de l’École normale, créée en 1846, comme Caisse de secours mutuel. 
 
AUTRES PUBLICATIONS.
Réponse à un pamphlet, par Champanhet-Tavernol, un membre de l'immense famille. [Privas : impr. de Roure. In-8, 8 p., 1842].
L'immense famille en question est celle des Champanhet-Tavernol.
En exergue, sur la page de titre, citation de Juvenal, Satire 1 : « Si natura negat, facit indignatio versum » [qu'on peut traduire librement  : [Quant au poète], si l'inspiration se dérobe, c'est l'indignation qui dictera les vers].
Champanhet-Tavernol imagine un dialogue, en alexandrins, entre <l'Électeur> et <L'Imprimeur> pour tenter de connaître les auteurs du méchant pamphlet dirigé contre lui <parce qu'élu trois fois par ses compatriotes/il vient briguer encore la faveur de leurs votes>.

Dialogue des morts. Clotilde de Surville et Olivier de Serres, par A. C. T. [Aubenas. In-8, 1858].
L'auteur est un admirateur de Clotilde de Surville, femme-poète français de XV ème siècle. Les Poésies sont éditées, pour la première fois, en 1803. Cependant, tout au long du XIX ème siècle, on dispute l'authenticité des poèmes [Brunet ; Quérard ; Sainte-Beuve ; Villemain], et on attribue souvent les poésies de Clotile de Surville soit à l'homme de lettres Charles Vanderbourg [1765-1827], rédacteur en chef des Archives littéraires de l'Europe [1804-1808] ou bien encore au marquis Joseph Étienne de Surville [1755-1798].  

SOURCES.
Notice nécrologique de l'Annuaire de l’Association amicale des Anciens élèves de l’École normale [1865, pages 10-11, notice non signée]. 
Notice reprise dans le Mémorial composé par Paul François Dubois [1793-1874].
http://gallica.bnf.fr

 
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