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Chalret, abbé Jean Jacques Marie Joseph (vers 1750-1820), proviseur du lycée de Bordeaux Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Après la suppression des congrégations religieuses séculières, en 1792, beaucoup de prêtres de la Congrégation de la Doctrine chrétienne, tout au moins pour ceux qui ont prêté serment à la Constitution civile du clergé, retrouvent un emploi comme enseignant dans les Écoles centrales, puis dans les lycées impériaux. Et obtiennent même sous l'Empire, en fin de carrière, des postes d'autorité, comme celui de Proviseur de lycée.  
À distinguer de son frère, prénommé aussi Joseph, auteur d'Éléments d'Arithmétique, de géométrie et d'algèbre à l'usage des collèges, 1ère partie [Montauban : V. Teulières. In-4, 347 p., 9 dépliants, 1777] ; réédité en 1782, comme seconde édition revue, corrigée et considérablement augmentés ; en 1787. Dédicacé à Monseigneur Seignelay de Colbert de Cast-Le-Hill, évêque et comte de Rodez.  

Joseph Chalret : Né vers 1750, à Villeneuve de l'Aveyron [aujourd'hui département de l'Aveyron] ; mort le 20 novembre 1820. 

1767-1792. MEMBRE DE LA CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE.
Entré dans les ordres en 1778, Joseph Chalret, en tant que membre de la Congrégation de la Doctrine chrétienne enseigne dans plusieurs collèges de la « province de Toulouse », entre 1767 et 1792. Des matières aussi diverses que « la grammaire, les humanités, la rhétorique, la philosophie, les mathématiques ».

1793. SUPPRESSION DE SON POSTE DE PROFESSEUR DE MATHÉMATIQUES.
Tandis qu'un décret, en date du 13 février 1790, avait déjà supprimé les ordres religieux réguliers, un décret de la Convention, en date du du 18 août 1792, supprime les ordres religieux séculiers.  
Aussi, la Congrégation de la Doctrine chrétienne, consacrée pour l'essentiel à l'enseignement, est supprimée comme toutes les autres congrégation religieuses.
Et la chaire de mathématiques « au collège de Guienne  », à Bordeaux, dont Joseph Chalret est titulaire, disparaît en 1793.

Cependant Joseph Chalret a prêté serment à la Constitution civile du clergé, le 6 février 1791. Et reste ainsi disponible pour continuer d'assurer un enseignement dans les institutions qui vont se mettre en place. 

1795. LES ENSEIGNEMENTS D'UNE ÉCOLE CENTRALE.
Les Écoles centrales sont créées par un décret du 7 ventôse an III [25 février 1795] modifié ensuite par le titre II de la Loi Daunou du 3 brumaire an IV [25 octobre 1795] sur l'organisation de l'Instruction publique.
Se substituant aux collèges existants qui achèvent généralement l'année scolaire en cours, les Écoles centrales se mettent progressivement en place au chef-lieu de chaque département à l'intérieur des nouvelles frontières de la France, départements qui, avec les conquêtes et les annexions, sont alors au nombre de cent-un.
Chaque école dispose de neuf enseignants, plus un bibliothécaire. Attenant à l'école, il y a un laboratoire [un <cabinet>] pour les sciences naturelles, les travaux pratiques de physique et de chimie, ainsi qu'un jardin pour les enseignements de botanique.

L'enseignement, conçu sur un cycle de six ans, est subdivisé en trois sections, avec leurs matières propres et leurs enseignants spécifiques. 
Pour les enfants de douze à quatorze ans : Dessin, Histoire naturelle, Langues anciennes. Dans certains cas, un enseignement de Langues vivantes. 
Pour les enfants de quatorze à seize ans : Éléments de Mathématiques , Physique et Chimie expérimentales.
Pour les enfants de seize à dix-huit ans : Grammaire générale ; Belles-lettres ; Histoire ; Législation.  

PROFESSEUR DE MATHÉMATIQUES À L'ÉCOLE CENTRALE DE LA GIRONDE.
Instituée par le décret du 8 germinal an III [7 avril 1795], l'École centrale de la Gironde [appelée École centrale du Bec d'Ambès], installée dans les bâtiments du Collège de Guyenne, est inaugurée le 15 floréal an IV [4 mai 1796]. 
Joseph Chalret y est titulaire de la chaire de Mathématiques, où il enseigne à des élèves âgés de quatorze à seize ans.
Il est remplacé, en cours d'exercice, par Jacques François  Lescan [1749-1829], ingénieur hydrographe, second titulaire de la chaire.

LES PROFESSEURS DE L'ÉCOLE CENTRALE DE LA GIRONDE.
L'École centrale de la Gironde fonctionne du 15 floréal an IV [4 mai 1796], date de son inauguration, jusqu'au 16 brumaire an XI [7 novembre 1802], dater de sa fermeture définitive.
Nommés par la Commission [départementale] de l'Instruction publique, les professeurs de l'École centrale de la Gironde sont les suivants : 

Pour la première section : 
Dessin, avec Pierre Lacour [1754-1814] ; Histoire naturelle, d'abord avec François de Paule* Latapie [1739-1823] puis avec Chassin-Villers [1751-1810] ; Langues anciennes, d'abord avec Chassin-Villers [1751-1810], puis avec avec François de Paule* Latapie [1739-1823]. 
Pour la seconde section : 
Mathématiques, d'abord avec l'abbé Joseph Chalret [ -1820], puis avec Jacques François Lescan [1749-1829] ; Physique et Chimie, avec Jean André Cazalet  [1753-1825]. 
Pour la troisième section : 
Grammaire générale, avec Henri Charles Guilhe [1756-1842] ; Belles-Lettres, avec N... ; Histoire, avec Victor de Sèze [1754-1830] ; Législation, avec Paul Armand Dufau. Le Bibliothécaire estt Jean Baptiste Monbalon [1755-1837].

1801. PROFESSEUR À L'ÉCOLE DE COMMERCE.
Joseph Chalret est nommé, pour quelques mois, professeur suppléant, puis professeur adjoint  à l'École de Commerce créé à Bordeaux, auprès de la Chambre de Commerce à l'initiative de négociants bordelais et avec le soutien du préfet en exercice Dieudonné Dubois des Vosges [1759-1804].
On dispose à ce sujet des discours prononcés à l'inauguration de l'École : Discours prononcés dans la salle de théorie commerciale, à l'occasion de la cérémonie de l'inauguration faite par le conseiller-d'État-préfet [Dubois, des Vosges] et de l'installation des citoyens Guilhe, institué professeur, et Chalret, suppléant, conformément à l'arrêté du conseiller-d'État-préfet, du 4 fructidor an IX-29 août 1801 [A Bordeaux : imp. de Brossier. In-4, 27 p., le 10 frimaire an X].

1803-1809. PROFESSEUR DE MATHÉMATIQUES AU LYCÉE IMPÉRIAL DE BORDEAUX.
Supprimée, comme toutes les Écoles centrales, par la loi du 1er mai 1802 [11 floréal an X], qui crée, en plus petit nombre, les lycées entretenus par l'État, l'École centrale de la Gironde [Bordeaux], ferme définitivement ses portes le 7 novembre 1802 [16 brumaire an XI].

Dès le 16 octobre 1802 [24 vendémiaire an XI], un arrêté des consuls décide de la création de neuf premiers lycées, dits lycées de première fondation, à savoir : Bordeaux ; Bruxelles ; Douai ; Lyon ; Marseille ; Mayence ; Moulins ; Rennes ; Turin.  

L'ouverture du lycée de Bordeaux [classé lycée de premier ordre, ce qui a une incidence sur les traitements des professeurs] est effective au 23 messidor an XI [13 juillet 1803] presqu'à la veille des vacances scolaires. 
Le premier proviseur Edmé Georges Champeaux [1761-1830], futur recteur de l'académie d'Orléans, est secondé par André Abbal [1770-1837], censeur des études [17 octobre 1803-15 novembre 1805]. Aubert est le procureur-gérant [économe].

Les professeurs du lycée ont été généralement nommés par arrêté du 3 prairial an XI [23 mai 1803]*.

L'abbé Joseph Chalret est nommé quant à lui, le 26 août 1803, l'un des trois professeurs de mathématiques [Larrouy ; Chassin-Villers ; Chalret] au lycée impérial de Bordeaux [département de la Gironde]

Le lycée de Bordeaux ouvre ses portes le 22 mars 1803.

1803. LES PROFESSEURS DU LYCÉE DE BORDEAUX.
Les professeurs du lycée de Bordeaux sont : Louis Joseph Sermand [1759-1829], futur proviseur à Louis-le-Grand [25 juin 1810-10 mai 1815], professeur de Belles-Lettres, latines et françaises. 
Pour le Latin, Blanche, homme de lettres de Rouen, dans les classes de première et de seconde ; Jean Baptiste Fitte [1753-1828], dans les classes de troisième et de quatrième ; Jean Pierre Camoin [1755-1836], dans les classes de cinquième et de sixième.
Jean Claude Leupold [1774-1840], assure l'enseignement des Mathématiques transcendantes ; pour les Mathématiques, Louis Puissant [1769-1843], est professeur dans les classes de première et de seconde ; Chassin-Villers [1751-1810], lui aussi ancien Doctrinaire, dans les classes de troisième et de quatrième ; Armand Simon Larrouy [1773-1831], ancien enseignant de mathématiques dans le pensionnat près l'École centrale de la Gironde, dans les classes de cinquième et de sixième.

Mais Blanche ne se rendant pas à son poste : Jean Baptiste Fitte monte d'un cran et devient le professeur des classes de première et de seconde ; Jean Roch Messier [ -1810] est le professeur de troisième et de quatrième ; Jean Pierre Camoin, le professeur de cinquième et de sixième.   

De même, pour les Mathématiques, Louis Puissant ne se rendant pas à son poste, Chassin-Villers monte d'un cran et devient le professeur des classes de première et de seconde ; Armand Simon Larouy monte d'un cran et, le 27 messidor an XI [26 août 1803], devient le professeur de troisième et de quatrième. Jean Jacques Marie Joseph* Chalret, ancien professeur d'École centrale, est recruté tout exprès, le 27 messidor an XI [26 août 1803], pour être le professeur de cinquième et de sixième. 

Joseph Chalret reste en fonction jusqu'au 24 août 1809, date à laquelle il est nommé proviseur du lycée de Bordeaux.  

1809-1813. PROVISEUR DU LYCÉE IMPÉRIAL DE BORDEAUX.
Joseph Chalret succède, le 24 août 1809, à Edme Georges Champeaux de Vauxdimes [1761-1830] premier proviseur du lycée de Bordeaux [1803-1809]. 
Champeaux de Vauxdimes a été en fonction du 8 pluviôse an XI [28 janvier 1803], jusqu'au 24 août 1809, date à laquelle il a été nommé professeur de Philosophie et doyen de la Faculté des Lettres d'Orléans, puis recteur de l'académie [24 août 1809-18 octobre 1813].

Joseph Chalret reste en poste, comme proviseur du lycée de Bordeaux, jusqu'à la date de sa démission et de sa mise à la retraite [18 octobre 1813]. 
Il est secondé par l'abbé Bourguignon, censeur de janvier 1810 au 11 octobre 1813.
L'abbé Rauzan y est aumônier et Dhély économe.
Joseph Chalret  est remplacé par l'abbé Louis Larrouy [1762-1842], ancien professeur de mathématiques du lycée, inspecteur de l'académie de Bordeaux [1810-1811] proviseur du lycée du 11 octobre 1813 au 31 octobre 1830, assisté de Labrousse, censeur.

PROFESSEUR HONORAIRE À LA FACULTÉ DES LETTRES DE BORDEAUX.
Après sa retraite, Joseph Chalret reçoit le titre de Professeur honoraire à la Faculté des Lettres de Bordeaux. 

SOCIÉTÉS SAVANTES.
Membre de la société d'Histoire naturelle [28 frimaire an VI-18 décembre 1797].
Membre résidant de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. De même que d'autres professeurs du lycée de Bordeaux : Jean Claude Leupold [1774-1840] ; Chassin-Villers [1751-1810] ; Armand Simon Larrouy [1773-1831] et Jean Baptiste Fitte [1753-1828].

DÉCORATION.
Officier de l'Université.

SOURCE.  
1894. Charles Fierville. Archives des lycées, proviseurs et censeurs, 1er mai 1802-1er juillet 1893 : documents administratifs recueillis et classés pour la première fois [Paris : Firmin-Didot. In-4. LXXXV-526 p., 1894]. Quatrième partie : notices individuelles.

1905. Le Centenaire du Lycée de Bordeaux, 1802-1902 [Bordeaux : Feret et fils, éditeurs, cours de l'Intendance, 15. Publié sous les auspices de l'Association es anciens élèves du Lycée de Bordeaux [...] In-8, 462 p., 1905].
Numérisé : http://1886.ubordeaux3.fr/files/original/3115c675a44173c0a4342d7a67395168.pdf
 
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