Accueil arrow Histoire arrow Binet, René (1732-1812), premier proviseur du lycée Condorcet

Tous les articles

Binet, René (1732-1812), premier proviseur du lycée Condorcet Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Binet, René (1732-1812), premier proviseur du lycée Condorcet
Page 2
Page 3
1802. ÉDITEUR DES PREMIERS PRINCIPES DE LA LANGUE GRECQUE DE CHÉTIEN LE ROY.
En 1773, paraissent, de Chrétien Le Roy [1711-1780], les Principes généraux tirés des Éléments de la langue grecque, ou Précis de la grammaire simple. Accompagné du Recueil complet ou nouveau choix des Fables d'Ésope en trois parties, avec des remarques à chaque Fable où les mots sont expliqués suivant la même méthode que dans les Elemens. Par M. Le Roi, Professeur-émérite de la rhétorique, en l'Université de Paris [Paris : Barbou. In-16, 276 p., 1773]. Avec Approbation et Privilège. 
La même année, du même auteur, des « Elemens » étaient parus, sous le titre complet : Éléments de la langue grecque, suivis de la première Partie du nouveau choix des Fables d'Ésope avec des notes, où tous les mots sont expliqués et rappellés [sic] aux éléments et à leur racine ou origine primitive, en sorte que rien ne peut arrêter les plus jeunes Commençants [Paris : chez Barbou. In-12, 276 p., 1773].
Il existe, la même année, une édition à [Paris chez P. D. Brocas, rue Saint-Jacques. In-12, 110 p., 1773]. Et une autre édition encore [S.l. ; S.n.] en 1775.
Réédité comme tel en 1783 [Paris : Barbou. In-12, 270 p., 1783]. 

Les Principes généraux tirés des Éléments de la langue grecque sont réédités en 1779, à Bruxelles. Avec la mention : À l'usage des collèges des Pays-Bas [À Bruxelles : De l'imprimerie académique. In-8, 221 p. 1779]. Puis en 1797 [Bruxelles : B. Le Franck].

En 1802, René Binet fait paraître une nouvelle édition des Principes généraux de Chrétien Le Roy [Paris : Colas. In-12, 104 p., 1802]. Réédité en 1810 [Paris : A. Delalain. In-12, 104 p., 1810].

Ce livre répond encore suffisamment à un besoin de l'enseignement pour qu'il soit réédité, par Jean Philippe Jannet [1742-1817] en 1812, l'année même de la mort de René Binet, avec la mention complémentaire : Nouvelle édition, revue d'abord par M. Binet [...] et ensuite par M. Jannet […] [Paris : Aumont. In-12, XII-84 p., 1812]. C'est sans doute encore Jean Philippe Jannet le responsable de l'édition de 1813 : Nouvelle édition. Revue d'après celle de M. Binet, ancien Recteur de l'Université de Paris. Par un professeur de l'Académie de Paris. À l'usage de l'Université impériale [Paris : A. Delalain. In-12, IX-[1]-77 p., 1813].
Encore réédité en 1818 [Paris : Aumont. In-12, 96 p., 1818].

LA MISE EN PLACE DES LYCÉES.
Les lycées sont créés, sous le régime napoléonien du Consulat, par la loi du 1er mars 1802 [11 floréal an X]. Les lycées remplacent les Écoles centrales, qui avaient été créées, par la Convention, à l'échelon du département, dans un esprit tout à fait différent, et dont presque une centaine [y compris dans les territoires annexés], mobilisant un millier d'enseignants, ont fonctionné de 1796-1797, jusqu'en 1802, et quelquefois un peu au-delà. 

La loi du 11 floréal an X précise que l'enseignement comporte trois degrés : primaire, secondaire, spécial et qu'il est dispensé dorénavant dans quatre catégories d'établissements : écoles primaires, écoles secondaires, lycées ; écoles spéciales. 

Dans chaque commune, ou pour plusieurs communes si la population n'est pas suffisante, une école primaire doit être ouverte. Les instituteurs reçoivent leur traitement de la municipalité, qui fixe le montant de celui-ci. Le conseil municipal dispose de places gratuites qui permettent la scolarisation des enfants des familles indigentes. L'ensemble des écoles d'un arrondissement est placé sous la surveillance des sous-préfets. 
Les écoles secondaires sont des établissements, communaux ou privés, où l'on apprend le latin, le français, la géographie, l'histoire et les mathématiques. Elles ne peuvent être établies sans l'autorisation du gouvernement et sont placées sous la surveillance des préfets. 

Les lycées sont entretenus par l'État. Ils sont basés sur l'internat avec une discipline stricte. On y enseigne les langues anciennes, la rhétorique, la logique, la morale, les sciences mathématiques et physiques. 
Il est prévu qu' < il y aura un lycée, au moins, par arrondissement de chaque Cour d'Appel >.
L'instruction s'y donne aux élèves que la gouvernement y place ; à ceux des Écoles secondaires qui y sont admis par un concours ; à ceux que les parents pourront y mettre en pension ; et à des externes.
Il y a dans chaque Lycée un proviseur, qui a immédiatement sous lui un censeur des études, et un procureur-gérant [économe], qui sont nommés par l'Empereur et forment le conseil d'administration de l'École.
Dans chaque ville où sont établis les Lycées, il y a un bureau d'administration, composé du préfet du département, du Président de la Cour d'appel, du Procureur général impérial près de la Cour de justice criminelle, du maire et du proviseur.

LA CRÉATION DES PREMIERS LYCÉES.
L'établissement d'un lycée « au moins, par arrondissement de chaque Cour d'Appel » [regroupant le plus souvent trois ou quatre départements] doit amener à terme la création d'un peu plus d'une trentaine de lycées. 
L'impulsion est donnée par les trois premiers Inspecteurs généraux de l’instruction publique : Jean Baptiste Delambre [1749-1822] ; Dom Raymond Despaulx [1726-1818] ; François Joseph Michel* Noël [1756-1841], et de trois Commissaires pour la formation des lycées : Charles Augustin de Coulomb [1736-1806], Georges Cuvier [1769-1832], Noël Gabriel Luce Villar [1748-1826]. 
Dès l'an XI, douze premiers lycées sont créés : Bruxelles [lycée de première classe] ; Moulins [lycée de troisième classe] ; Marseille [lycée de première classe], Mayence [lycée de première classe] ; Besançon [lycée de deuxième classe] ; Rennes [lycée de deuxième classe] ; Douai [lycée de deuxième classe] ; Lyon [lycée de première classe] ; Bordeaux [lycée de première classe] ; Strasbourg [lycée de première classe] ;  Rouen [lycée de première classe]. Plus un premier lycée à Paris [sur les quatre prévus : lycée Impérial ; lycée Napoléon ; lycée Bonaparte ; lycée Charlemagne], celui du collège de Paris [ancien  Prytanée français, autrement dit lycée Impérial, aujourd'hui Louis-le-Grand].

Sur les sept cents ou huit cents enseignants des Écoles centrales, une trentaine d'entre eux seront nommés proviseurs des nouveaux lycées. Quatre lycées fonctionnent à Paris.

JEAN FRANÇOIS CHAMPAGNE, PREMIER PROVISEUR DU LYCÉE IMPÉRIAL.
Le lycée Impérial [aujourd'hui lycée Louis-le-Grand], nouvelle appellation du collège Louis-le-Grand et du lycée de Paris, établi au 123 de la rue Saint-Jacques, qui représente un cas particulier, puisqu'il est le seul établissement à ne pas avoir été fermé tout le temps de la Révolution française.
Le premier proviseur est Jean François Champagne [1751-1813]. Déjà directeur de Louis-le-Grand de 1800 à 1803, il est nommé [par arrêté consulaire] proviseur du lycée de Paris, le 16 septembre 1803, et enfin proviseur du lycée Impérial en 1805. 
Il reste en fonction jusqu'au 25 juin 1810, date à laquelle il démissionne [il est alors dans sa soixantième année].
Auprès de lui travaille, comme premier censeur des études, Jean Louis Chambry [1756-1832], en fonction d’octobre 1802 à novembre 1803, jusqu'à sa nomination comme proviseur du lycée de Bruxelles [novembre 1803 à février 1810].
Jean Louis Chambry est remplacé, pendant quelques semaines [novembre 1803-août 1804], comme censeur des études à Louis-le-Grand par Étienne Auguste de Wailly [1771-1821], qui deviendra proviseur du lycée Henri-IV, puis [août 1804-octobre 1809] par Chrétien Siméon Le Prévost d’Iray [1768-1849], qui a été un temps professeur d'Histoire à l'École centrale de la rue Antoine du département de la Seine.

ÉTIENNE AUGUSTIN DE WAILLY, PREMIER PROVISEUR DU LYCÉE NAPOLÉON.
Le lycée Napoléon [aujourd'hui lycée Henri-IV], établi dans l'ancienne maison Sainte-Geneviève, place de l'ancienne église Sainte-Geneviève.
Le premier proviseur est Étienne Augustin de Wailly [1770-1821], ancien élève de l'École polytechnique. Exerce le métier de libraire en 1796, en association avec Jean Louis Théodore Chambry. Il est nommé proviseur du lycée Napoléon le 19 août 1804. Il reste en fonction jusqu'au 15 mai 1821, date de son décès en fonction. 
Auprès de lui travaille, comme premier censeur des études, Joseph Alphonse*Dumas  [1755-1837], ancien professeur de Belles-lettres à l'École des Quatre-Nations. Il est nommé le 13 août 1804. Et reste en poste jusqu'au 24 août 1815, date de sa nomination comme proviseur du lycée Charlemagne [24 août 1815-24 février 1837], où il décède en fonction.

RENÉ BINET, PREMIER PROVISEUR DU LYCÉE BONAPARTE.
Le lycée Bonaparte [aujourd'hui lycée Condorcet], établi dans le bâtiment des ci-devant Capucins de la Chaussée-d'Antin.
Le premier proviseur est René Binet [1732-1812]. 
Auprès de lui travaille, comme premier censeur des études, Targe [1740-1817], remplacé en 1805 par Jean Marie Nicolas de Guerle [1766-1824], ancien professeur de Grammaire générale du département des Deux-Nèthes [Anvers].

PIERRE CLAUDE BERNARD GUÉROULT, PREMIER PROVISEUR DU LYCÉE CHARLEMAGNE.
Le lycée Charlemagne, établi dans la maison dite des Grands-Jésuites, rue Saint-Antoine.
Le premier proviseur est Pierre Claude Bernard* Guéroult [1744-1821], ancien professeur de Langues anciennes de l'École centrale des Quatre-Nations, nommé proviseur du lycée Charlemagne le 19 août 1804.
Auprès de lui travaille, comme premier censeur des études, Jacques Christophe Valmont de Bomare [1731-1807], censeur du 19 août 1804 au 25 août 1807, naturaliste réputé, qui lui aussi a été professeur à Paris dans une École centrale [professeur d'Histoire naturelle à l'École centrale de la rue Antoine].

1804-1805. TRADUCTION DES OEUVRES DE VIRGILE.
René Binet, en tant « qu'éditeur » fait paraître en 1804-1805 [an XIII], une traduction nouvelle des Oeuvres de Virgile, en quatre volumes, in-12. 
Oeuvres de Virgile, traduction nouvelle, par M. René Binet, Proviseur du lycée Bonaparte, Ancien Recteur de l'Université de Paris, ancien Professeur de littérature et de rhétorique à l'école militaire, au collège du Plessis-Sorbonne, à l'école centrale du Panthéon. De la Société libre des Sciences, Lettres et Arts de Paris ; Auteur de plusieurs autres Traductions [À Paris : chez Le Normant, rue des Prêtres Saint Germain l'Auxerrois, n°42. An XIII-1805]. Texte latin, avec traduction française en regard.
Volume 1. Publii Virgilii Maronis Bucolica. Les Pastorales de Virgile ; Publii Virgilii Maronis Georgicon. Les Géorgiques de Virgile. [4]-VIII-378 p.
Volume 2. Aeneis. Liber primus [-quartus]. L'Énéide. Livre premier [-quatrième]. [4]-364 p.
Volume 3. Aeneis. Liber quintus [-octavus]. L'Énéide. Livre cinquième [-huitième]. [4]-372 p.
Volume 4. Aeneis. Liber nonus [-duodecimus]. L'Énéide. Livre neuvième [-douzième]. [4]-384 p.

Les quatre volumes sont réédités en 1808, comme deuxième édition. Avec une légère modification de la page de titre : Oeuvres de Virgile, traduites en français avec des remarques de M. Binet, Proviseur du lycée Bonaparte, Ancien Recteur de l'Université de Paris, ancien Professeur de littérature et de rhétorique à l'école militaire, au collège du Plessis-Sorbonne, à l'école centrale du Panthéon ; Auteur de plusieurs autres traductions.
Puis réédités en 1816, comme troisième édition.

Cette même année 1808, l'homme de lettres François Joseph Marie Fayolle [1774-1852] fait paraître une traduction en vers français du sixième livre de l'Énéide [Paris : J. Chaumerot. In-8, XVIII-58 p., 1808]. Le texte est précédé d'une « Description des enfers selon Virgile », par René Binet.

Réédité en 1823, toujours comme quatrième édition, revue par l'Inspecteur général François Joseph Michel* Noël [1756-1841] [Paris : chez Le Normant père].

Réédité en 1843, par Fleury Lécluse [1774-1845]. Virgile. Les Géorgiques, latin-français en regard, traduction de R. Binet revue par Fl. Lécluse [Paris : J. Delalain. In-12, 135 p., 1843]. 

Réédité en 1845, par Auguste Desportes [1797-1866]. Les Géorgiques de Virgile, avec la traduction française de Binet revue et corrigée et des notes, par M. Aug. Desportes. Livre quatrième [Paris : L. Hachette. In-12, 40 p., 1845].

D'autres rééditions ont lieu en 1885, 1886, 1893, 1894, 1896, 1898 et 1905, pour l'Énéide de Virgile, suivi des Bucoliques et les Géorgiques [Paris : Librairie de la Bibliothèque nationale. Collection des meilleurs auteurs anciens et modernes. Deux volumes in-16, 192+VIII-159 p.]. 

SOURCE.
1894. Charles Fierville. Archives des lycées, proviseurs et censeurs, 1er mai 1802-1er juillet 1893 : documents administratifs recueillis et classés pour la première fois [Paris : Firmin-Didot. In-4. LXXXV-526 p., 1894]. Quatrième partie : notices individuelles.

1954. Dictionnaire de Biographie française, sous la direction de M[ichel]. Prevost et [Jean charles] Roman d'Amat [Paris : Librairie Letouzey et Ané. Tome VI, page 495. Notice rédigée par P. Vaucelles. In-8, 1954]. 


 
< Précédent   Suivant >