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Binet, René (1732-1812), premier proviseur du lycée Condorcet Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Binet, René (1732-1812), premier proviseur du lycée Condorcet
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STRUCTURE GÉNÉRALE DE L'ENSEIGNEMENT DES ÉCOLES CENTRALES.
La structure de l'enseignement des Écoles centrales est définitivement arrêtée par la loi du 3 brumaire an IV [25 octobre 1795], dite loi Daunou, du nom de son instigateur et rapporteur auprès de la Convention.
L'enseignement, finalement de neuf matières, y est structuré en trois sections.
Une première section, ouverte aux élèves ayant au minimum douze ans : comprenant un enseignement de Dessin ; d'Histoire naturelle ; de Langues anciennes.
Une seconde section, ouverte aux élèves ayant au minimum quatorze ans : comprenant un enseignement d'Éléments de mathématiques ; de Sciences physique et de Chimie expérimentales. 
Une troisième section, ouverte aux élèves ayant au minimum seize ans : comprenant un enseignement de Grammaire générale ; de Belles-Lettres ; d'Histoire ; de Législation. 

1796. LES PROFESSEURS DE L'ÉCOLE CENTRALE DU PANTHÉON.
René Binet est donc l'un des neuf professeurs de l'École centrale du Panthéon.
Ces neuf enseignants sont, dans l'ordre canonique : 

Pour le Dessin : 
Jean Jacques Bachelier [1724-1806]. Créateur et ancien directeur des Écoles gratuites de dessin. Membre de l'ancienne Académie royale de Peinture. Enseigne la Bosse ; la Figure ; les Têtes.
Auteur d'un : Mémoire sur l'éducation des filles, présenté à l'Assemblée Nationale [1789].
C'est Jean Michel Moreau [dit Moreau le jeune] [1741-1814], le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations. 

Pour l'Histoire naturelle :
Georges Cuvier [1769-1832]. Après ses études à l’Académie Caroline de Stuttgart, devient, en Normandie, précepteur dans la famille du comte d’Héricy. Membre, à Paris, de la société des Arts, Georges Cuvier est nommé, le 20 mars 1795, professeur d'Histoire naturelle à l'École centrale du Panthéon. Il y a Étienne Geoffroy Saint-Hilaire [1772-1844] comme suppléant. Georges Cuvier reste en fonction jusqu'en 1800, date à laquelle il est nommé au collège de France, dans la chaire d’Histoire naturelle en remplacement de Louis Jean Marie Daubenton [1716-1800].
C'est Alexandre Brongniart [1770-1847] le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations.

Pour les Langues anciennes : 
René Binet [1732-1812]. Professeur de rhétorique, à Paris, au collège du Plessis [1770-1793]. Dernier recteur de l'Université de Paris [1790-1791], avec le titre de vice-recteur. Professeur à l'institution de Joseph Planche, située à Paris, près du Panthéon.
René Binet est professeur de Langues anciennes à l'École centrale du Panthéon du département de la Seine, pour la première partie [premier cours] de l'enseignement, tandis que Jean François René Mahérault [1764-1833] est professeur de cette discipline pour sa deuxième partie [deuxième cours].
Il est en fonction du 1er prairial an IV [20 mai 1796], date d'inauguration de l'École, jusqu'en 1802.
C'est Pierre Claude Bernard Guéroult [1744-1821] le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations.

Pour les Éléments de Mathématiques :
Jean Baptiste Labey [1752-1825] [écrit aussi Delabey].
Professeur à l'École militaire de Paris [1789]. Instituteur à l'École polytechnique, et au lycée Napoléon [Henri-IV]. Enseigne également au collège Sainte-Barbe.
Différentes publications, dont une traduction du latin en français : Introduction à l'analyse infinitésimale, par Léonard Euler, avec des notes et des éclaircissements [Paris : Barrois l'aîné. Deux volumes in-8. An V/1797].
C'est Sylvestre François* Lacroix [1765-1843] le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations.

Pour la Physique et la Chimie expérimentale : 
Deparcieux, Antoine [c. 1753 -1799] [écrit aussi de Parcieux]. Mathématicien. Petit-neveu du mathématicien Antoine Deparcieux [1703-1768]. Professeur au Lycée républicain [vers 1788]. Inscrit dans la deuxième liste de gratification du 27 germinal an III [16 avril 1795], décidée par la Convention, à l'intention des savants et des gens de lettres, pour la somme de 3000 livres. 
Fait déménager son propre cabinet de Physique et Chimie à l'École centrale du Panthéon [« au carré Geneviève »] pour assurer ses cours.
En fonction à l'École centrale du Panthéon, du 1er prairial an IV [20 mai 1796], date de l'inauguration de l'École, jusqu'au 23 juin 1799, date de son décès en fonction.  
Après sa mort [1799], Antoine Deparcieux est remplacé, comme professeur de Physique et Chimie expérimentales à l'École centrale du Panthéon, par Jean Baptiste Bouillon-Lagrange [1764-1844], chef des travaux chimiques à l'École polytechnique.
C'est Mathurin Jacques* Brisson [1723-1806] le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations.

Pour la Grammaire générale :
Jules Michel Duhamel [1761- ] [écrit aussi Hamel, Julien Michel]. Ancien élève de la première École normale de l'an III [janvier-mai 1795]. Instituteur-adjoint des sourds-muets de l'École de Paris.
Après la suppression de l'École centrale, Jules Michel Duhamel est nommé professeur à l'École normale créée pour la formation des instituteurs des écoles primaires du département de la Seine.
Auteur de :  Quelle est l'instruction nécessaire au citoyen français ? : Essai analytique sur cette question, par le citoyen Duhamel  [Paris : de l'impr. de l'Institution nationale des sourds-muets. In-8, 32 p., 1792].
Mémoire tendant à faire établir deux chaires au collège de France, l'une d'analyse de l'esprit humain et l'autre de langue française [Paris. In-8, 1802]. Collabore avec Condorcet et Sieyès au Journal d'Instruction sociale [6 numéros. 192 p., juin-juillet 1793]. Articles dans le Journal de la Langue française. 
C'est Urbain* Domergue [1745-1810] le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations.

Pour les Belles-Lettres : 
Sélis, Nicolas Joseph [1737-1802].
Professeur de Belles-lettres à l'École centrale du Panthéon du département de la Seine. Professeur de rhétorique à Paris, au <collège de Beauvais>, puis au collège Louis-le-Grand [1771-1798]. Professeur du collège de France, dans la chaire de Poésie latine depuis janvier 1796.
C'est Louis de Fontanes [1759-1821] le premier titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations.

Pour l'Histoire : 
Jacques François Marie Vieilh de* Boisjolin, [1761-1841] [écrit parfois Boisjollain].
Homme de lettres et poète. Chef du deuxième bureau au ministère des Relations extérieures [1792], puis, semble-t'il, chargé d'un consulat à l'étranger. Jacques François Marie, Vieilh de Boisjolin est nommé membre du Tribunat le 25 décembre 1799. Il y reste jusqu'en 1801. Il est alors remplacé à l'École centrale du Panthéon par Étienne Géry Lenglet [1757-1834], ancien professeur d'Histoire à l'École centrale du département de l'Aisne.
Après quoi, Vieilh de Boisjolin est nommé sous-préfet à Louviers [1805-1833].
C'est Aubin Louis Millin [1759-1818] le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations. 

Pour la Législation : 
Jean Jacques*Lenoir-Laroche [1749-1825]. Né à Grenoble. Avocat à Paris. En 1789, il est élu député aux États-généraux par la prévôté et vicomté de Paris. De 1795 à 1798, est directeur du journal Le Moniteur. Jean Jacques Lenoir-Laroche est nommé professeur de Législation à l'École centrale du Panthéon du département de la Seine, pour enseigner en l'absence de Jean André Perreau [1749-1813], titulaire du poste, et nommé ultérieurement membre du Tribunat [28 décembre 1799-18 mars 1802].
Lenoir-Laroche, ayant été nommé Ministre de la Police le 28 messidor an V [16 juillet 1797] abandonne son poste. Mais <son manque de décision et d'énergie> le fit remplacer au Ministère par Pierre Jean Marie Sotin de la Coindière [1764-1810], dès le 8 thermidor [26 juillet 1797]. 
Après son court passage au ministère, Jean Jacques Lenoir-Laroche reprend son poste de professeur de Législation. Après quoi, est nommé en 1798, au Conseil des Anciens, puis en 1799 au Sénat conservateur. Pair de France [1817].
Auteur de : Examen de la constitution qui convient le mieux à la France. [1793]. 
C'est Guillaume Grivel [1735-1810] le titulaire du poste à l'École centrale des Quatre-Nations.

Enfin, il y a un bibliothécaire : en la personne de [Guislain] François Marie Joseph Delaplace,  [1757-1823].

STRUCTURE DE L'ENSEIGNEMENT DE LA PREMIÈRE SECTION.
Pour comprendre l'organisation de l'enseignement dans les Écoles centrales, il faut partir de la structure du calendrier républicain, qui est entré en vigueur en octobre/novembre 1793. L'année civile commence le 1er vendémiaire, et se découpe selon douze mois [vendémiaire, brumaire, frimaire, etc.]. 
Le mois est divisé en trois périodes de 10 jours, chacune constituant une décade, qui se substitue à la semaine de sept jours du calendrier grégorien].

L'emploi du temps d'une décade est construit pour éviter les chevauchements de cours, chaque élève d'une section devant pouvoir suivre, s'il le souhaite, tous les cours qui correspondent à sa section. Soit, comme on l'a vu trois cours, pour la première section [Dessin ; Histoire naturelle ; Langues anciennes] ; deux cours pour la seconde section [Mathématiques ; Sciences physiques et Chimie expérimentales] ; quatre cours pour la troisième section [Grammaire générale ; Belles-Lettres ; Histoire ; Législation].

Ainsi René Binet, pour les Langues anciennes, fait cours tous les jours de la décade depuis neuf heures du matin jusqu'à  dix heures et demi ; sauf le quintidi [cinquième jour de la décade] et le décadi [dixième jour de la décade, généralement chômé]. Il assure son enseignement au « carré Geneviève », n°7.

Georges Cuvier, pour l'Histoire naturelle, fait cours, lui aussi, tous les jours de la décade depuis dix heures et demi jusqu'à midi ; sauf le quintidi et le décadi. Il assure son enseignement au jardin des Plantes, faubourg Marcel.

Jean Jacques Bachelier, pour le Dessin, fait cours, lui aussi, tous les jours de la décade de midi jusqu'à une heure et demie ; sauf les quintidis et les décadis.  Il assure son enseignement, rue de l'École de médecine, n°2, dans les locaux de l'ancienne l'École royale gratuite de dessin créée en 1766, dont il continue d'être depuis l'origine le directeur.

MAI 1796. ÉCOLE CENTRALE DU PANTHÉON : INAUGURATION, PREMIÈRES ANNÉES, CLÔTURE.
Les deux écoles centrales du département de la Seine [Paris] qui sont prêtes à fonctionner dès mai 1796 [prairial an IV] sont l'École centrale des Quatre-Nations et l'École centrale du Panthéon. L'inauguration est conjointe. 
Elle a lieu le 1er prairial an IV [20 mai 1796], dans les locaux des Quatre-Nations, aménagés tant bien que mal, avec les discours du Président du département, de Dominique Joseph Garat [1749-1833], au nom du jury d'Instruction du département de la Seine, et de Louis de Fontanes [1759-1821], professeur de Belles-Lettres aux Quatre-Nations. Les cours commencent la décade suivante, à partir du 11 prairial [30 mai1796]. 

Les cours de cette première année de fonctionnement se poursuivront jusqu'à la mi-août 1797. Ils s'achèveront par une cérémonie de clôture le 27 thermidor an V [14 août 1797]. Jacques François Marie,
 Vieilh de Boisjolin [1761-1841], professeur d'Histoire à l'École centrale du Panthéon, y prononce le discours d'usage, en présence d'une députation de l'Institut national et des membres du Corps législatif.

La période qui couvre le mois de vendémiaire [22 septembre-21 octobre] correspond à une période de vacances, dont les bornes peuvent changer d'un établissement à un autre, mais qui s'étendent généralement sur une période d'un mois.

Une seconde année de fonctionnement se déroule an VI, commençant en brumaire,un mois après le début de la nouvelle année républicaine [1er vendémiaire], pour s'achever en thermidor an VI.

OUVERTURE DE LA TROISIÈME ANNÉE D'ENSEIGNEMENT. 
Une troisième année a lieu, qui commence le 1er brumaire an VII [22 octobre 1798]. Au cours des cérémonies qui marquent l'ouverture de cette troisième année, René Binet prononce un discours d'usage, qui est édité : Discours prononcé à la séance solennelle des écoles centrales, le 1er brumaire an VII, par le citoyen Binet, professeur de langues anciennes à l'école centrale du Panthéon [s.l.s.d. In-8, 32 p.].

On trouve le témoignage de cette cérémonie, dans le recueil édité en 1798 : Département de la Seine. Recueil des discours et des pièces de poésies […] prononcées le 1er brumaire an VII à la rentrée des écoles centrales […] par les citoyens Joubert […], Binet […], Charbonnet […], Leblanc […] [Paris : impr. du département. In-8, 68 p., an VII].
Pierre Mathieu Joubert [1748-1815]. Président de l'administration centrale du département de la Seine.
René Binet [1732-1812], professeur de Langues anciennes à l'École centrale du Panthéon.
Pierre Mathias Charbonnet [1733-1815]. Ancien recteur de l'Université de Paris [1781-1784], professeur de Belles-lettres à l'École centrale du département de l'Aube [Troyes], puis de Lettres anciennes à l'École centrale de la rue Antoine du département de la Seine.
Antoine Blanc, dit Le Blanc de Guillet [1730-1799]. Ancien membre de la Congrégation de la Doctrine chrétienne, homme de lettres, est professeur de Langues anciennes à l'École centrale de la rue Antoine. 

1795. TRADUCTION DE VALÈRE MAXIME.
L'an IV de la République française [1795-1796], René Binet fait paraître : Valère Maxime, traduit du latin par René Binet, Ancien recteur de l'université de Paris, professeur des langues anciennes des écoles centrales du département de la Seine [À Paris : de l'imprimerie H. J. Jansen, et comp., Place du Muséum. Deux volumes in-8, XXIV-493+420 pp., an IV de la République française].
L'historien latin Valerius Maximus [entre le premier siècle av. J.-C., et le premier siècle après] est l'auteur d'un ouvrage, en neuf livres, intitulé Factorum dictorumque memorabilium [Faits et dits mémorables], rédigé au début de l'époque impériale, au premier siècle après J.-C., et dédié à l'empereur Tibère. C'est une compilation de très nombreux exemples empruntés aux textes de la la littérature latine, classés par grandes rubriques thématiques, à finalité souvent moralisante. En citant au hasard : De la Religion ; Cérémonies et devoirs du mariage ; du Naturel ; de la Modération ; de l'Humanité et de la clémence ; etc. L'ouvrage eut un très grand succès dans l'antiquité et au Moyen-âge. 
Cette traduction de René Binet participe à la célébration du monde romain, propre au temps de la Révolution française. 

ENSEIGNANT DANS L'INSTITUTION DE JOSEPH PLANCHE.
Ancien élève du collège Sainte-Barbe [collège dissous, comme les autres collèges, en 1793 au moment de la Révolution], Joseph Planche crée, au quartier latin, une école secondaire rue Sainte-Geneviève [rachetée en 1807 par Parmentier, qui s'installe 42 rue des Postes].
Après la suppression des Écoles centrales, en 1802, René Binet enseigne quelque temps dans l'institution de Joseph Planche.
 
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