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Berthot, Nicolas (1776-1849), polytechnicien, recteur de l'académie de Dijon Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ce sont ses convictions religieuses et royalistes nettement déclarées qui permettent à Nicolas Berthot, professeur de Mathématiques à la Faculté des Sciences de Dijon, d'être nommé, au lendemain de la seconde Restauration, le second recteur de l'académie de Dijon. Se maintenant au travers de toutes les fluctuations politiques, il va rester en poste pendant plus de trente ans.
Nicolas Berthot [1776-1849] Orthographié parfois Berthod, ou Berthaut. Né le 23 décembre 1776, à Dijon : mort le 20 janvier 1849, à Dijon.
[la notice d'autorité de la BNF indique 20 janvier 1850].

Études à Dijon au collège Godran. Ancien élève de l’École centrale des Travaux publics [dont le nom devient < École polytechnique > en septembre 1795], reçu en fin 1794 et scolarisé jusqu'en juin 1795.

1795-1809. UNE PREMIÈRE CARRIÈRE D’ENSEIGNANT.
Professeur en titre des arts et métiers à l’École centrale de Côte d’Or [août 1795-août 1796] jusqu’à la fermeture de l’École, mais ne semble pas y avoir enseigné.
Ouvre à Dijon une école privée, destinée exclusivement à la préparation au concours d’entrée à l’École polytechnique [août 1796-janvier 1804].
Après la création des lycées, qui se substituent aux Écoles centrales, Nicolas Berthot est nommé proviseur du lycée et professeur de la première et de la deuxième classe de mathématiques au lycée de Dijon [décret du 16 janvier 1804].

1809-1815. PROFESSEUR À LA FACULTÉ DES SCIENCES DE DIJON.
Est nommé, en juillet 1809, professeur de Mathématiques appliquées à la Faculté des Sciences de Dijon.
Est nommé par décret docteur ès-sciences en août 1810, pour être en conformité avec les textes officiels exigeant le doctorat pour l'enseignement en Faculté.

Nicolas Berthot reste en fonction, comme professeur à la Faculté des Sciences, jusqu’en septembre 1815.
Puis est nommé recteur de l'Académie de Dijon, tout en assumant la charge de doyen de la Faculté, à partir de septembre 1820.

1815-1848. RECTEUR DE L’ACADÉMIE DE DIJON.
L’académie de Dijon [dont le chef-lieu académique est établi à Dijon, dans le département de la Côte-d’Or] a pour arrondissement les départements suivants : Côte-d'Or ; Haute-Marne ; Saône-et-Loire.
Au moment de la Restauration, alors que beaucoup de postes, font l’objet d’un remplacement du personnel trop attaché à l’Empire, Nicolas Berthot est nommé, le 2 septembre 1815, recteur de l’académie de Dijon, alors qu'il est âgé seulement de trente huit ans.
Il est nommé en remplacement du premier recteur Pierre Jacotot [1756-1821] destitué, qui, au lendemain des Cents-Jours, après avoir été suspendu à la mi-septembre 1815, a été mis à la retraite en novembre. Jacotot avait fait partie, en mai 1809 des onze premiers recteurs nommés par le décret du 10 mars 1809 [André Alexandre d’Eymar [1754-1840], pour l’académie d’Aix ; Clément Joseph Duquesnoy [1750-1824], pour l’académie de Metz ; l’abbé Dominique Éliçagaray [1758-1822], pour l’académie de Pau ; Pierre Jacotot [1756-1821], pour l’académie de Dijon ; Jacques Benoît Pal [1754-1830], pour l’académie de Grenoble ; Pierre Chaudru de Raynal [1768-1849], pour l’académie de Bourges ; Jean Luc Ferry de Saint Constant [alias Giovani Ferri] [1755-1830], pour l’académie d’Angers ; Vacher de La Tournemine [1755-1840], pour l’académie de Clermont ; etc.].

Nicolas Berthot, aux convictions religieuses et royalistes affirmées, reste recteur plus d’une trentaine d’années, ce qui représente une durée exceptionnelle pour ce type de poste, en se maintenant après l'accession au pouvoir de Charles X en septembre 1824, et après la Révolution de Juillet 1830.
Il reste en fonction jusqu’en mars 1848, date à laquelle il est mis à la retraite, alors qu’il est âgé de près de soixante-douze ans.

Il est remplacé le 7 avril 1848 par Charles Nicolas Huart [1793-1866], dont c’est le sixième poste rectoral, ancien recteur de l’académie de la Corse [1839-1845] ; de Limoges [1845-1846] ; de Bourges [1846-1847] ; de Grenoble [1847-1848], nommé recteur de l’académie de Dijon, en poste jusqu’au 10 août 1850. Date à laquelle l'académie est supprimée.

LES INSPECTEURS D’ACADÉMIE QUI L’ASSISTENT.
Chaque recteur est assisté par deux inspecteurs. Sur cette longue période, de plus de trente ans, plusieurs inspecteurs d’académie ont donc travaillé sous sa direction.
Pierre Renaud [1748-1829], ancien censeur des études au lycée de Dijon [1803], inspecteur auprès de Pierre Jacotot [1756-1821], dès l’installation de l’académie le 23 mai 1809. Renaud en fonction jusqu’à son décès, le 10 avril 1829 ; Gabriel Peignot [1767-1849], jusqu’en 1838 ; Louis Camaret [1795-1860] jusqu’en 1842 ; Caro ; Charles Joseph Hubert [1790-1864], en 1832 jusqu’en 1835 ; Louis Hyacinthe Méline, ancien censeur du collège royal de Marseille, nommé inspecteur de l’académie de Dijon, le 27 septembre 1835, en remplacement de Charles Joseph Hubert [1790-1864], nommé Inspecteur dans l’académie d’Amiens [1835-1848], futur recteur départemental de la Meuse, puis de l'Aisne.

1823. INSPECTEUR GÉNÉRAL HONORAIRE.
Pendant qu'il est recteur, Nicolas Berthot reçoit la charge de l’administration du collège royal Louis-le-Grand [1823-1824], après le départ de François Christophe Malleval [1785-1845] qui a été proviseur de 1819 à septembre 1823.
Nicolas Berthot reçoit à cette occasion le titre d’Inspecteur général honoraire en septembre 1823.
Il se rend à Paris, l'interim du rectorat étant pendant un an assuré par Gabriel Peignot [1767-1849], ancien principal du collège de Vesoul [1803], proviseur du collège royal de Dijon [1815], inspecteur d'académie [1815-1838].

Nicolas Berthot a à connaître la «mutinerie» des élèves du collège, qui, au banquet de la Saint-Charlemagne, à la fin du mois de janvier 1824, refusent de répondre au toast porté au roi.
Il reste en charge jusqu'en juillet 1824. Il est alors remplacé par Pierre Laurent Laborie [1767-1847] nommé proviseur de Louis-le Grand à cette date.

ACADÉMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON.
Dans le cadre de cette Académie, dont il est membre résidant depuis juillet 1803, fait plusieurs communications sur la géométrie et sur l'algèbre.  
La communication faite dans la séance du 13 août 1814 est éditée : Rapport sur des machines à filer, inventées par le sieur Chauvelot, filateur à Dijon  par messieurs Nicolas Berthot, Claude Didiet et Mathieu, commissaires de l'académie [Dijon, de l'imprimerie de Jean Edme Frantin. In-8, 6 p., 1814].

En mars 1816, Nicolas Berthot devient Président de l'Académie des Sciences, arts et belles-lettres de Dijon.

SOURCE.
Plusieurs articles de Paul Barbier dans le Bulletin de la Sabix [Société des amis de la bibliothèque et de l'histoire de l'École polytechnique], parmi lesquels :
http://sabix.revues.org/291?lang=en
http://www.sabix.org/bulletin/b27/berthot.html

I.Havelange, F. Huguet, B. Lebedeff. Les Inspecteurs généraux de l'Instruction publique, dictionnaire biographique 1802-1914, sous la direction de G. Caplat [Paris : Institut national de recherche pédagogique. Éditions du Cnrs. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 702 p., 1986]. Cf. Tome III, page 163.
Fournit les dates précises des nominations, et des renseignements biographiques recueillis dans les Archives.

Jean-François Condette. 
Les Recteurs d'académie en France de 1808 à 1940. Tome II, Dictionnaire biographique. [Paris : Institut national de recherche pédagogique. Collection : Histoire biographique de l'enseignement. In-8, 411 p. +3, 2006].



 
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