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Bertereau, Adolphe (1812-1879). Doyen de la Faculté des Lettres de Poitiers Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Lauréat du Concours général pour la philosophie, ancien élève de l’École normale [1831-1834], agrégé de philosophie [1835], Adolphe Bertereau suit un parcours classique d’enseignant. Son accès dans l’enseignement supérieur est facilité par le rétablissement de plusieurs Facultés de lettres après 1830.
[Alexandre] Adolphe Bertereau [1812-1879], né le 18 novembre 1812, à Paris. Il suit sa scolarité à l’Institution Liévyns.

L’INSTITUTION LIÉVYNS.
L'institution Liévyns, du nom de son fondateur A. Liévyns, occupe, depuis 1829, de vastes locaux, près du collège Charlemagne, au 23 rue de la Culture Sainte Catherine [signalée parfois comme rue de la Couture Sainte Catherine], et aujourd’hui rue Sainte-Catherine.
Ce sont les anciens locaux de l'École des Ponts-et-Chaussées, qui s'y était établie au lendemain de la Révolution française et qui y demeure pendant la Restauration.?

1831. PRIX DE PHILOSOPHIE AU CONCOURS GÉNÉRAL
Adolphe Bertereau, qui suit en même temps ses études au collège Charlemagne, obtient le Prix d’honneur de philosophie au Concours général de tous les collèges de Paris et de Versailles [1831].
Le texte  de la dissertation en est édité [Paris : de l’imprimerie d’Everat. In-8, 12 p., 1831]*

1831. ANCIEN ÉLÈVE DE L’ÉCOLE NORMALE.
Adolphe Bertereau, est reçu au concours d’entrée de l’École normale en 1831, alors que Joseph Daniel Guigniaut [1794-1876] en est le nouveau directeur depuis 1830. Il est classé septième.
Adolphe Bertereau y effectue, selon le nouveau règlement adopté en 1830, une scolarité de trois ans.

Sont reçus à l'École normale, en 1831, dans la section Lettres, dix élèves. Dans l'ordre alphabétique : Adolphe Bertereau [1811-1879], futur professeur de Philosophie et doyen de la Faculté des Lettres de Poitiers ; Isidore Boulian [1813-1847], futur professeur de rhétorique au collège de Reims ; Louis Eugène Germer-Durand [1812-1880], futur professeur de seconde au lycée de Nîmes ; Jules Fleury [1812-1887], futur recteur de l'Académie de Douai [1865-1878] ; Pierre Lebègue [ -1876], agrégé des lettres [1838], futur inspecteur d’académie à Nevers [1864-1872] ; Louis Martin [1811-1871], futur professeur à la Faculté de Droit d’Aix ; Henri Martin [1811-1871], futur professeur de Littérature ancienne et doyen de la Faculté des Lettres de Rennes ; Alphonse Molle ; Pierre Proux, futur professeur de seconde au lycée de Châtellerault ; Henri Wallon [1812-1904], futur professeur d'Histoire et doyen de la Faculté des Lettres de Paris.

On connaît également l’ordre de classement des élèves au concours d’entrée. Adolphe Bertereau est classé septième.
En effet, le classement au concours d'entrée par ordre de mérite est le suivant : Pierre Lebègue, Louis Martin, Henri Martin, Jules Fleury, Pierre Proux, Henri Wallon, Adolphe Bertereau, Alphonse Molle, Germer Durand, Isidore Boulian.

1831-1834. LES ENSEIGNEMENTS SUIVIS À LA FACULTÉ DES LETTRES.
Comme tous les pensionnaires de l’École normale Adolphe Bertereau suit les enseignements de la Faculté des Lettres. À savoir, pour la Littérature grecque, Jean François Boissonade [1774-1857], suppléé par David ; pour l’Éloquence latine, Joseph Victor Leclerc [1789-1865] ; pour la Poésie latine Nicolas Eloi Lemaire [1767-1832], suppléé par P. A. Lemaire ; pour l’Éloquence française, Abel François Villemain [1790-1870], suppléé par Henri Patin [1793-1876] ; pour l’Histoire littéraire et la poésie française Jean-Louis Laya [1761-1833] ; pour l’Histoire ancienne, Jean Charles Dominique de Lacretelle jeune [1766-1855], suppléé par Charles Durozoir [1790-1844] ; pour l’Histoire moderne, François Guizot [1787-1874], suppléé par Saint Marc Girardin [1801-1873] ; pour la Géographie, Alexandre [François] Barbié du Bocage [1798-1835] ; pour la Littérature étrangère, Claude Fauriel [1772-1844].

En ce qui concerne la philosophie, Adolphe Bertereau peut suivre à la Faculté des Lettres, l’enseignement [ou même les deux ou trois enseignements] qu’il souhaite à partir des trois chaires existantes : Philosophie ; Histoire de la philosophie ancienne ; Histoire de la philosophie moderne.
Pour la chaire de Philosophie, l’enseignement d’Aristide Valette [1794-signalé en 1857], qui supplée le titulaire Pierre Laromiguière [1756-1837].
Pour la chaire d’Histoire de la philosophie ancienne, Jean Philibert Damiron [1794-1862], pour l’année 1830-1831, ou Hector Poret*[1799-1864] après 1831, qui assurent la suppléance de Victor Cousin [1792-1867], titulaire de la chaire depuis 1830, mais qui n’enseigne plus qu’en troisième année de l’École normale.
Pour la chaire d’Histoire de la philosophie moderne, Théodore Jouffroy [1796-1842], professeur adjoint de Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], titulaire de la chaire.

1831-1834. LES ENSEIGNEMENTS SUIVIS À L’ÉCOLE NORMALE.
En première année, les enseignements assurés à l’École sont ceux de Mablin [Beato Mablini] [1774-1834], pour la grammaire et la langue grecques ; ceux de Pierre Auguste Lemaire [1802-1887], pour la grammaire et la langue latine ; ceux de Léon [Pierre] Gibon [1799-1859], pour la poétique et la rhétorique.
En seconde année, les enseignements assurés à l’École sont ceux de Joseph Daniel Guigniaut [1794-1876] qui est en même temps directeur de l’École, pour l’histoire de la littérature ancienne ; de Henri Patin [1793-1876], pour l’histoire de la littérature française ; de Jean Jacques Ampère [1800-1864] pour la littérature étrangère ; Jules Michelet [1798-1874], pour l’histoire moderne ; Théodore Jouffroy [1796-1842], pour l’histoire de la philosophie.
En troisième année, les enseignements se spécialisent, [et visent la préparation à telle ou telle agrégation]. Il y a quatre divisions : une division de grammaire générale, avec Eugène Burnouf [1801-1859] ; une division de belles-lettres, avec Guigniaut et Henri Patin [1793-1876] ; une division d’histoire, avec Jules Michelet ; une division de philosophie, avec Théodore Jouffroy [1796-1842].

1834. COLLÈGE DE CAHORS.
Au sortir de l’École normale, titulaire de la licence, Adolphe Bertereau est chargé de l’enseignement de la philosophie au collège royal de Cahors [Cahors, chef lieu de l’académie].
Il succède dans ce poste à Étienne Vacherot [1809-1897], ancien élève de l’École normale [1827], agrégé de philosophie en 1833,  professeur de philosophie au collège royal de Cahors en 1831-1833. Étienne Vacherot prépare sa thèse sur la Théorie des premiers principes d'Aristote [Paris, 1836], puis sera nommé Directeur des études à l’École normale [1838-1851].
Adophe Bertereau sera remplacé en 1836 par Henri Pichard [vers 1811-1884], ancien élève de l’École normale [1830], agrégé de philosophie en 1836, futur Inspecteur d’académie de la Somme puis inspecteur d’académie à Rodez.

1835. AGRÉGATION DE PHILOSOPHIE.
Adolphe Bertereau  est reçu troisième à l’agrégation de philosophie en 1835. Cette année, sous la présidence de Victor Cousin, sont reçus, dans l’ordre de classement : Joseph Danton et Amédée Jacques ; Adolphe Bertereau.

Il s’était présenté sans succès au concours de l’agrégation en 1834, au sortir de l’École normale ; année où avaient été reçus : Marcel Courtade, chargé du cours de philosophie au collège royal d’Auch ; Françis Marie Riaux [1810-1883], élève de l’École normale.

1835. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU COLLÈGE DE LIMOGES.
Professeur de philosophie au collège royal de Limoges [1835-1844].
Il y succède à Charles Mallet [1807-1875], ancien élève de l’École normale [1826] agrégé des lettres en 1828, en poste comme professeur de philosophie au collège royal de Limoges depuis 1832, futur recteur départemental de l’académie de Seine-Maritime [1850-1852].

1843. DOCTORAT ÈS-LETTRES.
Adolphe Bertereau est docteur ès-lettres [Paris, 21 octobre 1843], avec une thèse latine De entelechia apud Leibnitium. [Parisiis : Joubert.  In-8, 62 p., 1843].
La thèse française porte comme titre : Leibnitz considéré comme historien de la philosophie. Thèse pour le doctorat, par Ad. Bertereau, Ancien élève de l’École normale, Agrégé de philosophie. [Paris : Joubert, Libraire-éditeur. Rue des Grès, 14, près de la Sorbonne. In-8, 140 p., 1843]. Il dédie sa thèse « À mon oncle Alexandre Bertereau ».

La thèse porte la mention classique : Vu et lu. À Paris, en Sorbonne, le 6 octobre 1843, J. Vict.Le Clerc.
Permis d’imprimer. L’inspecteur général des études, chargé de l’administration de l’Académie de Paris. Rouselle.

1843. PROFESSEUR AU COLLÈGE ROYAL DE BORDEAUX.
Après son doctorat, Adolphe Bertereau est nommé en fin 1843, pour quelques mois, professeur de philosophie au collège royal de Bordeaux.
Il y reste jusqu’à sa nomination à la toute nouvelle Faculté des Lettres de Poitiers.
 
1810. LA PREMIÈRE FACULTÉ DES LETTRES DE POITIERS.
La Faculté des Lettres de Poitiers avait été créée dans le cadre de l'Université impériale, fondée par la loi du 10 mai 1806, et organisée ultérieurement en mars [décret du 17 mars 1808] et septembre 1808.
En 1810-1811, les deux facultés existantes à Poitiers sont la Faculté de Droit et la Faculté des Lettres.

La Faculté des Lettres comporte quatre chaires : Philosophie, avec Eloy Bellissens [1758-1834] ; Littérature latine, avec Creuzé-des-Châtelliers, en même temps doyen de la Faculté ; Littérature française, avec Bernardy, ancien professeur de rhétorique au lycée de Poitiers ; Histoire, avec Charles Fradin [1769-1846], ancien professeur d'École centrale, et en même temps professeur d’Humanités au lycée de Poitiers.
Mais la Faculté est supprimée en fin 1815, par la Restauration. En effet un arrêté de la toute récente Commission de l’Instruction publique, du 31 octobre 1815, présidée par Paul Royer-Collard [1763-1845], arrêté confirmé par l’ordonnance royale du 18 janvier 1816, décide de la suppression de nombreuses Facultés au sein de dix-sept Académies. Ainsi, la Faculté des Lettres de Poitiers est supprimée, tandis que la Faculté de Droit est maintenue.

Sont supprimées les dix-sept Facultés des Lettres suivantes : Amiens ; Bordeaux ; Bourges ; Cahors ; Clermont ; Douai ; Grenoble ; Limoges ; Lyon ; Montpellier ; Nancy ; Nîmes ; Orléans ; Pau ; Poitiers ; Rennes ; Rouen.

Seules sept Facultés des Lettres sont maintenues : Besançon, Dijon, Paris, Strasbourg, Toulouse.

1838-1854. LE RÉTABLISSEMENT DES FACULTÉS DES LETTRES.
Un mouvement de re-création des Facultés des Lettres s’initie sous le règne de Louis-Philippe [1830-1848].
Avec l’ordonnance royale du 24 avril 1838, une première série de rétablissements des Facultés des Lettres a lieu sous le second gouvernement de Louis Mathieu Molé [15 avril 1837-31 mars 1839], alors que Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856] est pour la première fois ministre de l’Instruction publique [15 avril 1837-31 mars 1839].
Sont alors rétablies quatre Facultés : Bordeaux ; Lyon ; Montpellier ; Rennes.

Avec l’ordonnance royale du 8 octobre 1845, est rétablie la Faculté des Lettres de Poitiers. Sous le troisième gouvernement de Nicolas Jean de Dieu Soult [9 octobre 1840-18 septembre 1847] alors que Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856] est à nouveau ministre de l’Instruction publique [1er février 1845-18 septembre 1847].

Avec l’ordonnance royale du 11 juin 1846, est rétablie la Faculté des Lettres d’Aix. Toujours sous le troisième gouvernement de Nicolas Jean de Dieu Soult [9 octobre 1840-18 septembre 1847] alors que Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856] est à nouveau ministre de l’Instruction publique [1er février 1845-18 septembre 1847].

Enfin, avec l’ordonnance du 2 avril 1847, est rétablie la Faculté des Lettres de Nancy. Sous le troisième gouvernement de Nicolas Jean de Dieu Soult [9 octobre 1840-18 septembre 1847] alors que Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856] est toujours ministre de l’Instruction publique [1er février 1845-18 septembre 1847]

Sous le Second Empire [1852-1870], avec le décret impérial du 22 août 1854,  trois Facultés seront rétablies : Clermont ; Douai ; Nancy.

1845. RECRÉATION DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE POITIERS.
Une ordonnance du 8 octobre 1845, prise sous le troisième ministère Soult [9 octobre 1840-18 septembre 1847], alors que Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856] est à nouveau ministre de l’Instruction publique, décide de la recréation de la Faculté des Lettres de Poitiers. L’installation de la Faculté a lieu le 18 novembre 1845, par le délégué ministériel Saint-Marc Girardin [1801-1873], membre du Conseil royal de l’instruction publique.

Adolphe Bertereau est nommé le 8 octobre 1845, comme professeur dans la chaire de Philosophie.
Sont nommés en même temps que lui, à la même date : Théodore Derôme [1796-1873], en Histoire, professeur de 1845 à 1862, désigné également comme premier doyen ; Louis Magnier [1792-1875], en Littérature ancienne, professeur de 1845 à 1848 ; Jean Baptiste Anot [1794-1879], en Littérature française, professeur de 1845 à 1863 ; Edmond Arnould [1811-1861], en Littérature étrangère, professeur de 1845 à 1853.

Adolphe Bertereau reste en fonction jusqu’en novembre 1874. Il est alors remplacé dans sa chaire de philosophie par Victor Arren [1833-1893], agrégé de philosophie en 1865, docteur ès-lettres [Strasbourg, 1859], ancien professeur de philosophie au lycée de Metz, professeur de 1874 à 1893.

1863. DOYEN DE LA FACULTÉ DES LETTRES.
Adolphe Bertereau devient fin 1863, doyen de la Faculté des Lettres de Poitiers.
Il succède à l’historien Théodore Derôme [1796-1873], premier doyen de la Faculté des Lettres de Poitiers, de 1846 à octobre 1863, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Bertereau reste doyen jusqu’en novembre 1874.

Il est alors remplacé fin 1874 comme doyen par Émile Monnier* [1820-1882], ancien élève de l’École normale [1840], agrégé des lettres en 1844, professeur de rhétorique au lycée de Poitiers, nommé à la Faculté des Lettres en 1868, dans la chaire de Littérature française, en remplacement de Paul Albert [1827-1880]. Émile Monnier restera en fonction comme doyen jusqu’en 1879.

CONTRIBUTION AU DICTIONNAIRE DES SCIENCES PHILOSOPHIQUES.
C’est entre 1844 et 1852 que paraissent les six tomes de la première édition du Dictionnaire des sciences philosophiques, publiée sous la direction d’Adolphe Franck.
Adolphe Bertereau fait partie de la cinquantaine de personnalités qui apportent leur contribution. Il signe ses articles de ses initiales : A B.
Il rédige les notices suivantes :
École écossaise ;  Entéléchie ; James Oswald ; William Paley ; Richard Price ; Joseph Priestley ; Thomas Reid ; Adam Smith.

Le dictionnaire est réédité en 1875 [seconde édition] et en 1885 [troisième tirage].

RÉDACTION DE LA NOTICE DE GUSTAVE DEVILLE.
Adolphe Bertereau est le rédacteur de la notice nécrologique consacrée à Gustave Deville [1836-1867], ancien élève de l’École normale supérieure [1854], ancien membre de l’École française d’Athènes [1859-1864] parue en 1868 dans l’Annuaire de l’Association amicale des Anciens élèves de l'École normale.

SOURCE.
Notice nécrologique  dans l’Annuaire de l’Association amicale des Anciens élèves de l'École normale [Jules Simon, 1881, pages 5-7].

 
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