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Bellissens, Eloy [1758-1834], recteur sous l'Empire et la Restauration Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La mise en place de l'Université impériale [1806-1809], avec toutes ses Facultés et sa trentaine de rectorats, nécessite le recrutement d'un nombreux personnel. Des sentiments religieux et conservateurs sont appréciés. La compétence s'acquiert dans l'accomplissement des fonctions. Ainsi la carrière de l'abbé Eloy de Bellissens s'accomplit-elle sans encombre sous l'Empire et la Restauration.
Abbé Eloy Bellissens [1758-1834].
Né le 1er septembre 1758, à La Bastide de Seron [Ariège, aujourd'hui Bastide de  Serou, département du Vaucluse] ; mort le 29 octobre 1834, à Livourne.

Après son baccalauréat ès-lettres et des études de Théologie [licence, doctorat] l'abbé Eloy Bellissens devient, en 1788, Vicaire général du diocèse de Saint-Dié [département des Vosges], pour seconder l'évêque Barthélemy Louis Martin Chaumont [1737-1808].

LA MISE EN PLACE PROGRESSIVE DE L'UNIVERSITÉ.
L'Université impériale prévue dans le projet de loi du 10 mai 1806, se met en place  à partir du décret du 17 mars 1808, complété par un autre décret paraissant le 17 septembre.
Parmi les 144 articles, sont précisés le découpage territorial en Académies [calqué sur l'implantation et le ressort des cours d'Appel], les ordres des établissements [Faculté, lycée, collège, etc.], la hiérarchie croissante des diplômes [baccalauréat, licence, doctorat].
La mise en œuvre en est confiée à l'homme de lettres Louis de Fontanes [1757-1821], royaliste et catholique affirmé, converti à l'Empire, assisté d'un Conseil de l'Université, créé par décret du 17 mars 1808, où siègent de nombreux nostalgiques de l'Ancien régime dont certains ont émigré pendant la Révolution [Jean Nicolas de Champeaux, Henri Louis Coiffier de Verfeu, l'abbé Jacques Roman]  

Déjà, depuis 1802, remplaçant les Écoles centrales [1795-1802], souvent décriées pour leur irréligiosité,  fonctionnent sur l'ensemble du territoire une quarantaine de lycées, pensionnats autorisés à recevoir des boursiers de l'État [loi du 1er mai 1802], lycées dont le nombre ne cessera d'augmenter d'années en années.
Les professeurs de ces établissements, souvent anciens enseignants des Écoles centrales, vont, pour beaucoup, être mis à contribution pour venir enseigner dans les Facultés qui sont crées en 1809. Dans ces fonctions, on retrouve également d' anciens religieux de la Congrégation de l'Oratoire destinés pour l'essentiel à des fonctions enseignantes.

Quelques semaines après la création des Facultés et la nomination de professeurs dans les chaires, seront désignés, par arrêté, soit le 24 mars 1809, soit le 10 août 1809, soit encore un peu plus tard, les recteurs des Académies. Ces derniers assumeront souvent une double charge, soit, dans l'ordre chronologique : d'abord professeur de Faculté et ensuite recteur d'Académie, mêlant ainsi fonction enseignante et fonction administrative, en tant que, dans les chef-lieux académiques, seul représentant de l'État, pour les affaires universitaires.

C'est dans ce cadre général qu'il faut comprendre la carrière de l'abbé Éloy de Bellissens

1809. PROFESSEUR DE  PHILOSOPHIE À LA FACULTÉ DES LETTRES DE POITIERS.
Quatre chaires sont crées, à la Faculté des Lettres de Poitiers, autour de juillet 1809. Dans l'ordre officiel :  Philosophie, Littérature  française, Littérature latine, Histoire.
La chaire de philosophie est attribuée à l'abbé Éloy de Bellissens [1758-1834] ; la chaire de  Littérature  française est attribuée à Jacques Bernardy-L'Espinasse, ancien Oratorien, professeur d' École centrale, et professeur de rhétorique au lycée de Poitiers ; la chaire de  Littérature latine est attribuée à Charles Creuzé des Chatelliers [1764-1846], ancien Oratorien, principal du collège de Châtellerault ; la chaire d'Histoire est attribuée à Charles Fradin [1769-1846], ancien professeur d' École centrale, professeur d'humanités au lycée de Poitiers.
Le doyen est Creuzé des Chatelliers, assisté de Charles Fradin, secrétaire.

A partir du moment où l'abbé Éloy Bellissens est nommé recteur, il est suppléé dans sa fonction d'enseignant de philosophie à la Faculté par Jean Louis Bernardeau, professeur au lycée de Poitiers, qui exerce de 1809 à 1811. Jean Louis Bernardeau est également professeur suppléant d'Histoire, auprès de Charles Fradin, de 1811 à 1815, jusqu'à la suppression de la Faculté le 31 octobre 1815.

1809. RECTEUR DE L' ACADÉMIE DE POITIERS.
L'arrondissement de l'Académie de Poitiers s'étend sur les départements suivants : la Charente-Inférieure ; les Deux-Sèvres ; la Vendée ; la Vienne. Poitiers, chef-lieu de l'Académie, est situé dans le département de la Vienne.

L'abbé Éloy Bellissens est nommé par Louis de Fontanes, Grand-Maître de l’Université, dans la seconde vague de nominations de recteurs, portant sur quinze recteurs, effectuée le 24 août 1809 et désignant : Pierre Robert Alexandre [1741-1819], pour l’Académie de Caen ; l'abbé Éloy Bellissens [1758-1834], pour l’Académie de Poitiers ; Louis de Nompère de Champagny [1757-1827], pour l’Académie de Lyon ; l'abbé Edmé Georges de Champeaux [1761-1830], pour l’Académie d’Orléans ; Charles Louis Dumas [1765-1813], pour l’Académie de Montpellier ; Louis Urbain de Maussion [1765-1830], pour l’Académie d’Amiens ; Jean Jacques Ordinaire [1770-1843], pour l’Académie de Besançon ; Nicolas Rémy Paulin [1752-1840], pour l’Académie de Cahors ; Paul Victor de Sèze [1754-1830], pour l’Académie de Bordeaux ; André Taranget [1752-1837], pour l’Académie de Douai ; l'abbé Pierre Tédenat [1755-1832], pour l’Académie de Nîmes ; etc.
La première vague de nominations, en date du décret du 10 mars 1809, portait sur onze recteurs.

L'abbé Éloy de Bellissens est assisté dans ses fonctions de recteur par deux Inspecteurs d' Académies : de 1809 à 1812, le professeur de mathématiques au lycée de Poitiers, Alphonse Louis Boubée de Lespin [1778-1857], futur recteur de l'Académie d'Amiens [1815-1818] ; et l'homme de lettres, ancien émigré, Louis François Marie Bellin de La Liborlière [1794-1847], futur recteur de l'Académie de Poitiers [1815-1830]. Le secrétaire est Martin de la Bessière.

Éloy de Bellissens n'est pas remplacé pendant la période des Cents-Jours [1er mars-12 juin 1815] et reste en poste jusqu'au 7 septembre 1815, date d'un mouvement de plusieurs recteurs. Éloy de Bellissens est alors nommé recteur de l'Académie d'Orléans.
Il est remplacé dans le rectorat de Poitiers, de 1815 à 1830, par l'homme de lettres Louis François Marie Bellin de La Liborlière [1794-1847], Inspecteur d'Académie à Poitiers [1809-1815].

1815. RECTEUR DE L' ACADÉMIE D'ORLÉANS.
L'arrondissement de l'Académie d'Orléans s'étend sur les départements suivants : l'  Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, le Loiret. Orléans, chef-lieu de l'Académie, est situé dans le département du Loiret.

Éloy de Bellissens y remplace le premier recteur l'abbé Edmé Georges de Champeaux [1761-1830], ancien émigré, proviseur du lycée de Bordeaux [1803], lui aussi professeur de philosophie de la Faculté des Lettres d’Orléans, au moment de la création de la Faculté. Edmé Georges de Champeaux est mis à la retraite le 30 octobre 1815.

Les deux inspecteurs qui l'assistent sont L. Duparc et l'ancien Inspecteur d'Académie à Limoges [1814-1815] Jean Marie Guillon [172-1847], futur recteur de l'Académie de Clermont [novembre 1823-mars 1827]. Le secrétaire est Dupuis.
A L. Duparc succède, à partir de septembre 1819, l'ancien proviseur du lycée d'Orléans Louis Julien Loyson [1792-1852], futur Inspecteur d'Académie à Metz, et futur recteur de l'Académie de la Moselle [1828-1830], puis recteur de l'Académie de Pau [1830-1839]. Succède à Jean Marie Guillon, l'Inspecteur d'Académie Gaudin. Le secrétaire du rectorat reste Dupuis.

Éloy de Bellissens demeure en fonction jusqu'en mai 1827. Mais, il est à plusieurs reprises, pour raison de santé, suppléé par Louis Julien Loyson, l'un de ses inspecteurs
Après quoi, l'abbé Éloy de Bellissens est encore une fois recteur, en étant nommé à Metz. [1827-1828].
il est remplacé  au rectorat d'Orléans par Alphonse Louis Bernard* Boubée de Lespin [1778-1857], ancien recteur de l'Académie de de Metz [1818-1827].

1827. RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE METZ.
L'arrondissement de l'Académie de Metz s'étend sur les départements suivants Ardennes, la Moselle. Metz, chef-lieu de l'Académie, est situé dans le département de la Moselle.

Alors que Frayssinous [1765-1841], est encore Ministre des Affaires ecclésiastiques et de l'Instruction publique [1824-1828] l'abbé Éloy de Bellissens est nommé, en mai 1827, recteur de l'Académie de Metz, en remplacement d' Alphonse Louis Bernard Boubée de Lespin [1778-1857].
Il s'agit d'un chassé-croisé, puisque Boubée de Lespin est désigné pour le rectorat d'Orléans.
Les deux inspecteurs qui l'assistent sont Marchal et Louis Julien Loyson [1792-1852]. Louis Julien Loyson nommé en septembre 1827, déjà Inspecteur d'Académie à Orléans, auprès de Bellissens, et futur recteur de l'Académie de la Moselle [1828-1830], puis recteur de l'Académie de Pau [1830-1839]. Le secrétaire est Paquin.

En septembre 1828, alors qu'il est alors âgé de soixante-dix ans, l'abbé Éloy de Bellissens après avoir été plusieurs mois en congé pour raisons de santé, est admis à la retraite, alors que Henri Lefebvre de Vatismenil [1789-1860] est ministre de l'Instruction publique, Grand-Maître de l'Université [1828-1829].
Éloy de Bellissens est remplacé au rectorat de Metz par Louis Julien Loyson, ancien inspecteur de l'Académie de Metz, et qui restera en poste jusqu'en octobre 1830, avant d'être nommé à Pau.

L'abbé Éloy de Bellissens meurt à Livourne le 29 octobre 1834.

SOURCE.

Boissonnade et al. Histoire de l'Université de Poitiers. Passé et présent. [1432-1932] [Poitiers : Imprimerie moderne, Nicolas, Renault et Cie. 15 rue Arthur Ranc. In-8, 573 p.,1832]

Jean-François Condette. Les Recteurs d’Académie en France de 1808 à 1940. Tome II, Dictionnaire biographique. [Paris : Institut national de recherche pédagogique. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 411 p.+3. 2006].
Fournit les dates précises des nominations.

c jjb 12-2011
 
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