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Augustin François Germé (1745-1824), de l'École centrale au rectorat de Rennes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La Révolution française, avec le Directoire, puis l'Université napoléonienne ont créé un "système" universitaire dépendant de l'État centralisé, imbriquant structures enseignantes (Écoles centrales, Lycées, Facultés) et administratives (Recteurs et Inspecteurs d'académie). C'est dans ce cadre que se déploie la carrière de près de mille cinq cents personnalités. Augustin François Germé, tour à tour professeur de Belles-lettres, recteur, professeur de Faculté, doyen, est l'une d'entre elles.
Augustin François Germé [1745-1824]. Né le 12 juillet 1745, à Rennes [États de Bretagne] ; mort le 22 mars 1824.

PREMIÈRES ÉTUDES.
Les premières études d'Augustin François Germé le conduisent à une licence de théologie, qui lui permet d'enseigner dans les collèges de l'époque.

1763. PROFESSEUR AU COLLÈGE DE RENNES.
À partir de 1763, l'abbé Augustin François Germé, alors âgé de dix-huit ans, est enseignant au collège de Rennes. Entré comme régent, il occupe successivement les chaires de quatrième, de troisième, de rhétorique [1773], où il est, selon l'appellation de l'époque, professeur d'Éloquence.

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Prieur à la chapelle de Beaumont, à Rennes, pendant la Révolution, Augustin François Germé passe sans encombre cette période. 
Au moment de la Constitution civile du clergé, adoptée par l'Assemblée Nationale constituante [12 juillet 1790], sanctionnée par le roi [24 août 1790], il est un rares enseignants du collège de Rennes à prêter serment  à la Constitution civile du Clergé au début de l'année 1791 [serment rendu obligatoire par le décret du 27 novembre 1790 de la Constituante].
Peu de temps après, il abandonne la prêtrise ; et devient officier municipal de la commune de Rennes.

1795-1802. PROFESSEUR DE BELLES-LETTRES À L'ÉCOLE CENTRALE D'ILLE-ET-VILAINE.
Au moment de la création des Écoles centrales, qui recrutent une grande partie de leur personnel parmi les enseignants des anciens collèges, Augustin François Germé, est choisi comme professeur de Belles-lettres, pendant toute la période de fonctionnement de l'École centrale d'Ille-et-Vilaine, de 1795 à 1802.  

LES ÉCOLES CENTRALES.
Les Écoles centrales sont créées par un décret du 7 ventôse an III [25 février 1795] modifié ensuite par le titre II de la Loi Daunou du 3 brumaire an IV [octobre 1795] sur l'organisation de l'Instruction publique.
Se substituant aux collèges existants qui achèvent généralement l'année scolaire en cours, les Écoles centrales se mettent progressivement en place au chef-lieu de chaque département à l'intérieur des frontières de la France, qui, avec les conquêtes et les annexions, sont alors au nombre de cent-un.
Chaque école dispose de neuf enseignants, plus un bibliothécaire. Jouxtant l'école, il y a un laboratoire [un "cabinet"] pour les sciences naturelles, les travaux pratiques de physique et de chimie, ainsi qu'un jardin, pour les enseignements de botanique.

L'enseignement, conçu sur un cycle de six ans, est subdivisé en trois sections, avec leurs matières propres. 
Pour les enfants de douze à quatorze ans : Dessin, Histoire naturelle, Langues anciennes. Dans certains cas, un enseignement de Langues vivantes. 
Pour les enfants de quatorze à seize ans : Éléments de Mathématiques , Physique et Chimie expérimentale.
Pour les enfants de seize à dix-huit ans : Grammaire générale ; Belles-lettres ; Histoire ; Législation. 

L'ÉCOLE CENTRALE D'ILLE-ET-VILAINE.
Pour chacun des postes les futurs enseignants, souvent recommandés par d'importantes personnalités parisiennes ou locales, sont recrutés sur concours, parmi les différents candidats dont beaucoup se présentent après l'offre publique des postes à pourvoir. 
C'est un "jury d'instruction", nommé lui-même par les administrateurs du département [au nombre de seize, parmi lesquels : les jurisconsultes Jean Denis Lanjuinais, Malherbe ; le professeur de mathématiques Mathurin Thébault ; le professeur de Belles-lettres Augustin François Germé], jury d'instruction qui est seul en charge de la sélection et de la nomination des enseignants.

À Rennes, le jury d'instruction est composé de Robinet aîné, homme de lettres ; de Berlin, président du Directoire du département ; et de Malherbe, procureur général syndic dans le Directoire du département.

Augustin François Germé, professeur de Belles-lettres, pendant toute la période de fonctionnement de l'École centrale, de 1795 à 1802, est tout naturellement l'un des neuf professeurs de l'École, finalement recrutés.

Sont enseignants, en même temps que lui : 
Pour le Dessin : Jean François Causiez-Cadet, qui professait à l'école publique de Rennes depuis 1779. 

Pour l'Histoire naturelle : le médecin Jean Joseph Danthon, du département de l'Ain, en résidence à Paris depuis sept ans. Recommandé par Lacépède. Nommé le 2 novembre 1796

Pour les Langues anciennes : Guillaume Marie Legraverend [1776-1827], juge au tribunal civil de Dol et ancien professeur au collège avant la Révolution ayant refusé le poste est remplacé par A. J. Fontaine, ancien professeur de sixième [1791], puis de quatrième et de troisième au collège de Rennes [1793]. 

Pour les Mathématiques Mathurin Thébault [1727-1801], ancien titulaire [1754-1791] de la chaire de mathématiques créée par les États de Bretagne, ancien professeur au collège de Rennes [1763] ; remplacé à sa mort par [Paul] René Binet, ancien élève de l'École centrale de Rennes et de l'École polytechnique. 

Pour la Physique et la Chimie expérimentales : [Pierre] Laurent Rozais, ancien professeur de physique au collège de Rennes [1783]. 

Pour la Grammaire générale : Gourné°, ancien professeur de Belles-lettres, qui avait renoncé à cette carrière pour devenir à Paris chef d'un des bureaux du ministre de la Police générale, ne prend pas son poste. Il est remplacé par l'abbé Pierre Michel Lesage [1760-1819]. 

Pour l'Histoire : Étienne Vital Rabillon [1769-1840].

Pour la Législation : Jean Denis Lanjuinais [1753-1827]. Ancien professeur de droit au collège de Rennes, de 1775 à 1789. Étant nommé sénateur, il ne reste que quelques mois. Il est remplacé par Yves Claude Jourdain, membre du Directoire de Rennes, futur juge à la Cour d'Appel de Rennes, puis par Louis Braillard, professeur de Législation à l'École centrale du département du Finistère [Quimper]. 

Et enfin, comme bibliothécaire : Félix [Alexis] Mainguy [1747-1818], ancien dominicain du couvent de Bonne-Nouvelle, ancien commissaire bibliographe [1794] de la ville de Rennes.

1803. LES ENSEIGNANTS DU LYCÉE IMPÉRIAL DE RENNES.
Mais les Écoles centrales sont supprimées par la loi du 1er mai 1802 [11 floréal an X]. 
À Rennes, comme ailleurs, le nouveau lycée impérial, qui ouvre à la rentrée 1802-1803, se constitue en grande partie avec du personnel des Écoles centrales.

Étienne Vital Rabillon [1769-1840] est chargé de la première et deuxième classe de latin ;  l'abbé Pierre Michel Lesage [1760-1819] de la troisième et quatrième classe de latin ; Bertrand [qui vient de l'École centrale de Limoges, où il était chargé de la Législation] est chargé de l'enseignement de la cinquième et sixième classe de latin.

Pour l'enseignement scientifique, René Binet [1786-1856] est le professeur de mathématiques transcendantes ; Laurent Rozais est le professeur de mathématiques de la première et deuxième classe ; Marot [qui vient de la chaire de Mathématiques de l'École centrale du département du Morbihan] est en charge de la troisième et quatrième classe de mathématiques ; Sarthou [qui vient de Bordeaux, de l'École centrale du département de la Gironde] est en charge de la cinquième et sixième classe de mathématiques.

Pour sa part, Augustin François Germé y poursuit sa carrière d'enseignant comme professeur de Belles-lettres. Il y reste jusqu'en 1809, date de sa nomination comme recteur de l'académie de Rennes.

C'est à ce même moment que les programmes d'enseignement des lycées connaissent une nouvelle répartition : après deux années de Grammaire [première et deuxième années d’enseignement des lycées ] ; deux années d’Humanités [troisième et quatrième années d’enseignement des lycées] ; une année de Rhétorique [cinquième année d’enseignement des lycées] ; la sixième année de l’enseignement oblige à une bifurcation, ou bien une année de Philosophie, ou bien une année de Mathématiques transcendantes.
C'est seulement le règlement du 19 septembre 1809 qui introduit les cours de philosophie dans les lycées, et enfin un arrêté du 10 février 1810 qui impose la philosophie dans tous les lycées sans exception.

1809. LA CRÉATION DES RECTORATS.
Les académies sont crées par le décret impérial du 17 mars 1808, en application de la loi du 10 mai 1806 organisant l'Université impériale.
L'Université est composée d'autant d'académies [formées d'un regroupement de départements] qu'il y a de Cours d'Appel.

Une nouvelle fonction administrative est créée : celle de recteur. C'est un agent majeur dans l’affirmation des prérogatives de l’État en matière d’enseignement avec l’aide d’inspecteurs « particuliers », les inspecteurs d’académie.
Le recteur est défini comme le représentant direct du Grand-Maître au sein de son ressort géographique spécifique, l’académie. 

C'est au cours de l'année 1809, que sont nommés la plupart des recteurs, à la tête de chaque académie. Le recteur a sous sa dépendance les fonctions d’administration et d’enseignement ; il contrôle la gestion financière des établissements ; veille à la moralité et à la discipline. Avec l’aide de deux inspecteurs d’Académie il préside le Conseil d’Université.

Une première vague de nominations a lieu par décret du 10 mars 1809 : André Alexandre d’Eymar [1754-1840], pour l’académie d’Aix ; Clément Joseph Duquesnoy [1750-1824], pour l’académie de Metz ; l’abbé Dominique Eliçagaray [1758-1822], pour l’académie de Pau ; Pierre Jacotot [1756-1821], pour l’académie de Dijon ; Jacques Benoît Pal [1754-1830], pour l’académie de Grenoble ; Pierre Chaudru de Raynal [1768-1849], pour l’académie de Bourges ; Jean Luc Ferry de Saint Constant [1755-1830], [alias Giovani Ferri], pour l’académie d’Angers ; Vacher de Tournemine [1755-1840], pour l’académie de Clermont ; etc.

Une seconde vague de nominations de recteurs, portant sur quinze recteurs, est effectuée le 24 août 1809 par Louis de Fontanes, Grand-Maître de l’Université, et désignant Pierre Robert Alexandre [1741-1819], pour l’académie de Caen ; l'abbé Éloy Bellissens [1758-1834], pour l’académie de Poitiers ; Louis Nompère de Champagny [1757-1827], pour l’académie de Lyon ; l'abbé Edmé Georges de Champeaux [1761-1830], pour l’académie d’Orléans ; Charles Louis Dumas [1765-1813], pour l’académie de Montpellier ; Louis Urbain de Maussion [1765-1831], pour l’académie d’Amiens ; Jean Jacques Ordinaire [1770-1843], pour l’académie de Besançon ; Nicolas Rémy Paulin [1752-1840], pour l’académie de Cahors ; Paul Victor de Sèze [1754-1830], pour l’académie de Bordeaux ; André Taranget [1752-1837], pour l’académie de Douai ; l'abbé Pierre Tédenat [1755-1832], pour l’académie de Nîmes ; etc. 

La plupart des recteurs sont désignés pour prendre leur fonction le 24 août 1809.
 
1809. NOMINATION DE GERMÉ COMME RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE RENNES.
Augustin François Germé est nommé recteur de l'académie de Rennes en 1809. 

En 1809, l'arrondissement de cette académie s'étend sur les départements suivants : Côtes-du-Nord ; Finistère ; Ille-et-Vilaine [dont Rennes est le chef-lieu académique] ; Loire-Inférieure [aujourd'hui Loire-Atlantique] ; Morbihan.
Augustin François Germé reste en fonction jusqu'à la seconde Restauration de 1815.

Il est alors provisoirement remplacé, de 1815 à 1816, par l'abbé Constantin Julien Le Priol [1763-1849], ancien proviseur du collège royal de Rouen ; puis définitivement, toujours par Constantin Julien Le Priol [16 juillet 1816 au 14 novembre 1822] le 16 juillet 1816.

Augustin François Germé, sur sa demande, est mis à la retraite en 1816. Il est alors dans sa soixante-et-onzième année. 

LES DEUX INSPECTEURS QUI ASSISTENT AUGUSTIN FRANÇOIS GERMÉ.
Comme chacun des recteurs Augustin François Germé est assisté par deux inspecteurs : 

D'une part, l'abbé Pierre Michel Lesage [1760-1819], qui a lui aussi été enseignant à l'École centrale du département d'Ille-et-Vilaine, comme professeur de Grammaire générale [1795-1803], puis, lui aussi, enseignant au lycée impérial de Rennes, comme professeur de latin [1803-1809]. 
Il reste en fonction jusqu'en 1813, peut-être même pendant toute la durée du mandat d'Augustin François Germé, jusqu'en 1815. 
Pierre Michel Lesage est remplacé seulement en 1819, par Étienne Poirier [1768-1852].

D'autre part, l'ancien avocat, Louis Marie Le Bescon de Coatpont [1768-1824] qui  reste en fonction jusqu'en 1817. 
Louis Marie Le Bescon de Coatpont est alors remplacé [1817-1830] par Delamarre. 

Le secrétaire du rectorat est, de 1809 au 15 juin 1829] Poillevé de la Guérinais, également secrétaire de la Faculté de Droit.

1810. PROFESSEUR DE LITTÉRATURE FRANÇAISE À RENNES. 
Mais en même temps que se définissent les rectorats, l'Université impériale met en place les différentes Facultés [Théologie, Droit, Médecine, Sciences mathématiques et physiques, Lettres] qui doivent être crées auprès de chaque lycée chef-lieu d’académie. 
En 1815, il y aura vingt-deux facultés des Lettres [sur les vingt-sept prévues] et dix facultés des Sciences [sur les vingt-sept prévues].
Augustin François Germé, alors qu'il est déjà recteur depuis quelques mois, est nommé titulaire de la chaire de Littérature française à la Faculté des Lettres de Rennes. Cette dernière s'ouvre le 2 novembre 1810.
Il en est désigné également comme doyen, et le restera jusqu'à la fermeture de la Faculté.

Cette double fonction de recteur et de professeur de Faculté se retrouve à plusieurs reprises en 1809/1810.

LES DOUBLES FONCTIONS DE RECTEUR ET DE PROFESSEUR DE FACULTÉ.
Une première vague de nomination de recteurs a lieu par un décret en date du 10 mars 1809. Les nominations qui suivent doivent permettre aux recteurs de prendre leur fonction le 24 août 1809. 
On peut considérer que ces nominations sont légèrement antérieures à celles qui concernant les postes de professeur de Facultés, celles-ci commençant en général en novembre/décembre 1810.

Dans la mesure où les nominations de recteurs se sont faites essentiellement à partir du corps des enseignants des lycées impériaux, il est relativement normal qu'un certain nombre de recteurs aient été choisis pour assurer des fonctions professorales au sein des Facultés.

C'est le cas pour une quinzaine d'entre eux : 
À Amiens, Louis Urbain de Maussion [1765-1831] est à la fois recteur et  professeur d’Histoire à la Faculté des Lettres.
À Besançon, Jean Jacques Ordinaire [1770-1843] est à la fois recteur et professeur de Philosophie, ainsi que doyen.
À Bordeaux, Victor de Sèze [1754-1830] est à la fois recteur et professeur de philosophie.
À Bourges, Pierre Chaudru de Raynal [1768-1849]  est à la fois recteur et professeur de  Littérature latine.
À Cahors, Nicolas Rémy Paulin [1752-1840] est à la fois recteur et professeur d'Histoire, ainsi que doyen.
À Douai, André Taranget [1752-1837] est à la fois recteur et professeur de Littérature ancienne, ainsi que doyen. 
À Metz, Clément Joseph Duquesnoy [1750-1824] est à la fois recteur et professeur de Physique à la Faculté des Sciences, ainsi que doyen.
À Montpellier, Charles Louis Dumas [1765-1813] est à la fois recteur et professeur de Médecine clinique à la Faculté de Médecine, ainsi que doyen. 
À Nancy, Étienne Mollevault [1744-1816] est à la fois recteur et professeur d’Histoire.
À Nîmes, Pierre Tédenat [1755-1832] est à la fois recteur et professeur de Philosophie.
À Orléans, Edmé Georges de Champeaux [1761-1830] est à la fois recteur et professeur de Philosophie, ainsi que doyen.
À Poitiers, Éloy Bellissens [1758-1834] est à la fois recteur et professeur de Philosophie.
À Rennes, Augustin François Germé [1745-1824] est à la fois recteur et professeur de Littérature française, ainsi que doyen.
À Rouen, Arnaud Joseph de Laporte-Lalanne [1758-1822] est à la fois recteur et professeur de  Philosophie.
À Strasbourg, Simon Louis de Montbrison [1768-1841] est à la fois recteur et professeur d’Histoire.

1810. LES ENSEIGNANTS DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES.
Chaque faculté est composée de cinq chaires, désignées selon l'ordre canonique : Philosophie ; Littérature grecque ; Littérature latine ; Littérature française ; Histoire.

Le titulaire de la chaire de Philosophie est, de 1810 à 1815, l'abbé Jacques Joseph Molle* [1764-1834], ancien bénédictin.  
Le titulaire de la chaire de Littérature grecque est, de 1810 à 1813,  Étienne Vital Rabillon* [1769-1840].
Le titulaire de la chaire de Littérature latine est, de 1810 à 1813, de Balsac, puis, de 1813 à 1815, Étienne Vital Rabillon [1769-1840].
Le titulaire de la chaire de Littérature française est, de 1810 à 1815, Augustin François Germé [1745-1824].
Le titulaire de la chaire d'Histoire est, de 1810 à 1815, Eusèbe Delalande-Mesnildrey* [1770-1836], ancien élève de l'École polytechnique. 

1815. SUPPRESSION DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES.
Mais, en 1815, au lendemain de la seconde Restauration, la Faculté des Lettres de Rennes est supprimée. Il en est de même de la Faculté de Droit.
En effet, un arrêté de la Commission royale de l’Instruction publique du 31 octobre 1815, présidée par Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], arrêté confirmé par l’ordonnance royale du 18 janvier 1816, décide de la suppression de Facultés au sein de dix-sept académies : Amiens ; Bordeaux ; Bourges ;  Cahors ; Clermont ; Douai ; Grenoble ; Limoges ; Lyon ; Montpellier ; Nancy ; Nîmes ; Orléans ; Pau ; Poitiers ; Rennes ; Rouen.
Seules, sont maintenues, en lettres, les Facultés de Besançon, Caen, Dijon, Paris, Strasbourg, Toulouse. 

Du même coup, Augustin François Germé perd son emploi à la Faculté, et peu de temps après, alors que son état de santé se dégrade, sa fonction de recteur. 
Il faudra attendre l'ordonnance du 24 avril 1838, pour que la Faculté des Lettres de Rennes soit reconstituée [en même temps que celles de Bordeaux, Lyon, Montpellier].

SOURCE.
Jean-François Condette. Les Recteurs d’académie en France de 1808 à 1940. Tome II, Dictionnaire biographique. [Paris : Institut National de Recherche Pédagogique. Édition de CNRS. Collection : Histoire biographique de l’enseignement. In-8, 411 p. +3. 2006].
Fournit les dates précises des nominations ; les sources des archives ; des extraits de rapports d'inspection.
 
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