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24 décembre 1755. Naissance d’Emmanuel Pastoret. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Emmanuel Pastoret meurt à Paris, le 28 septembre 1840. C’est l’occasion, pour l’Académie française, dont il est membre depuis 1820 ; pour l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dont il est fait partie depuis 1785 ; pour l’Académie des Sciences morales et politiques où il est nommé en 1832, d’en faire l’éloge.  Sa carrière intellectuelle, politique et académique, qui est bien connue, se déroule sous la fin du règne de Louis XVI, sous la première République, sous le premier Empire, sous les règnes de Louis XVIII, de Charles X, de Louis-Philippe. Tour à tour choisi, fêté, émigré, proscrit, décoré, élevé, célébré. Mais, malgré tant de gloire, sa date de naissance pourrait sembler incertaine.

Quand on est pressé d’écrire une notule biographique sur un auteur, qui a certainement eu de la grandeur en son temps, on se contente généralement de consulter un ou deux Dictionnaires biographiques de bon aloi.

Ainsi peut-on faire pour Emmanuel Pastoret  « homme d’État français ».

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Buste de Pastoret
 

1. La Nouvelle Biographie générale, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, du Dr. Hoefer, dans son édition de 1862 [Paris : Firmin Didot frères, fils et Cie, éditeurs], tome 39, colonne 316, sq. indique pour Emmanuel Pastoret, coincé entre le chimiste Louis Pasteur et Amédée David Pastoret, son fils :

« Né le 25 octobre 1756, à Marseille , mort le 28 septembre 1840, à Paris ».

2. Il est de bon ton de ne pas consulter un seul dictionnaire. Aussi recourt-on également à la Biographie universelle ancienne et moderne, de Michaud, dont il existe de nombreuses éditions et rééditions. Ici, les hasards de la bibliothèque consultée nous fournissent la réédition [sans date] parue à Paris, chez Madame C. Desplaces, où Emmanuel Pastoret, au tome 32, page 237, est coincé cette fois entre Jean Pastoret, avocat du roi, né en 1328, et Amédée David Pastoret, son fils, né le 2 janvier 1791.

Nous lisons :

« Né le 25 octobre 1756, à Marseille, où son père était lieutenant général de l’amirauté des mers de Provence ».

3. Nous voilà rassurés : les informations sont identiques.

À peine peut-on supposer que Hoefer bousculé par le temps [n’est-il pas payé à la ligne ?] s’est simplement appuyé sur une quelconque édition de Michaud, pour reprendre purement et simplement une information qui d’habitude ne pose pas de problème.

4. Et comme nous apprenons, au détour de l’une et l’autre notice, qu’Emmanuel Pastoret a été membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Letttres, c’est par un simple acquit de conscience que nous nous référons à la Bible en la matière.

À savoir l’ouvrage intitulé "Institut de France, le premier siècle, 25 octobre 1795-25 octobre 1895", par le comte de Franqueville, membre de l’Institut, tome premier [Paris : J. Rothschild, éditeur, 13 rue des Saints-Pères. In-4, 460 p., 1895].

La notice [numéro 73, pages 98-99] consacrée à Emmanuel Pastoret indique comme date de naissance : 6 octobre 1756. Légère variation quant au jour, mais l’année est identique et semble la bonne.

5. Parce que cette notice fait référence à un "Éloge" prononcé par M. Charles Athanase Walckenaer, secrétaire perpétuel, dans la séance publique annuelle  de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, du 30 juillet 1847, nous ne refusons pas de nous instruire en lisant ce discours, prononcé sept ans après la mort du grand homme [Recueil de l’Institut royal de France, tome 17, année 1847, pagination multiple, pages 37-sq.].

Nous lisons :

«Claude Emmanuel Pierre, marquis de Pastoret, naquit, le 6 octobre 1756, à Marseille, où son père était général de l’amirauté des mers de Provence ».

Le texte de l’Éloge coïncide avec le texte de la notice. Tout se tient.

6. Tout se tient à condition de respecter une certaine circularité : Franqueville lit Walckenaer, tout comme Hoefer lit Michaud. Mais si l’on sort de ce cercle, patatras !

Il suffit de lire autre chose, mais pas n’importe quoi.

Et en ces temps d’internet généralisé on se doit sans doute de faire une vérification ultime, en consultant le catalogue général de la Bibliothèque www.bnf.fr/ . Pour Emmanuel Pastoret, cent trente six notices. Et la « notice d’autorité personne », qui comme le nom le souligne, fait autorité, indique : nationale de France :

« 1755-12-24, Marseille ».

7. Si l’on consulte www.comtedechambord.fr/entourage_pastoret.php on lit :

« Claude Emmanuel Joseph Pierre, marquis de Pastoret, fils de Jean-Baptiste Pastoret et de Thérèse Marguerite Graille, naquit et fut baptisé à Marseille, Saint-Martin (Bouches-du-Rhône) le 24 décembre 1755 et mourut à Paris Ier ancien le 28 septembre 1840. Ses obsèques eurent lieu en l’église de la Madeleine le 1er octobre et il fut inhumé à Fleury, Meudon (Hauts-de-Seine) le 2 ».

C’est bien la même date de naissance : le 24 décembre 1755.

8. Cette date, François Crespin, l’auteur de la notice précédente, l’indique clairement, est reprise du livre savant de Sylvie Nicolas : "Les derniers maîtres des Requêtes de l’Ancien régime (1771-1789) – Dictionnaire prosopographique" [Paris : librairie Champion, 7 quai Malaquais, 75006 Paris. École des Chartes. In-8. 1998].

Et on peut s’arrêter à ce 24 décembre 1755, parce que, tout au moins dans ce cas, Sylvie Nicolas est allé aux sources des archives, et fournit les références précises des pièces. Ce qui permet à tout nouveau chercheur d’aller par lui-même vérifier le bien-fondé de telle ou telle information.

9. Comme il s’agissait au départ d’une simple note, et que nous avons même avoué être pressé, nous en resterons là.

Sans pouvoir revenir en arrière et arrêter à jamais le ciseau du sculpteur qui n’affirme, lui,  aucune date, et qui n’en peut mais, puisqu’il se contente paisiblement, à chaque fois, de suivre les instructions des doctes. Ces clercs noircissant du papier et encore du papier, avec en prime, ici ou là, quelques ratures parfois bienvenues.

Et puis, entre nous, 1756, ou 1755, qui aujourd’hui est capable de s’intéresser encore à cette minuscule différence ?

 
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