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Pastoret [5] et le bonheur de la Restauration Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

1814. MEMBRE DU CONSEIL D’HONNEUR DE L’ENSEIGNEMENT MUTUEL.
L’enseignement mutuel, mis au point en 1801 en Angleterre, par Lancaster, se diffuse en France, à partir de 1815. Il bénéficie du relais de la Société pour l’instruction élémentaire, du soutien d’hommes comme Royer-Collard, Guizot, Lainé, le duc Decazes, le duc Pasquier, le comte de Chabrol, et de libéraux.
Parmi les membres de son conseil d’honneur on compte : le duc de la Rochefoucauld-Doudeauville, le duc de la Rochefoucauld-Liancourt, le comte Emmanuel de Pastoret, le baron De Gérando, le comte de Laborde, le comte de Lasteyrie, le baron Delessert, le vicomte Mathieu de Montmorency.

4 JUIN 1814. PAIR DE FRANCE.
Au lendemain de la première Restauration Emmanuel Pastoret est nommé par Louis XVIII membre  à vie de la chambre des Pairs, le 4 juin 1814. Alors que les membres de la chambre des Pairs sont généralement choisis dans la noblesse, et que, lorsque ce n’est pas le cas, le roi confère un titre de noblesse à ceux qu’il désigne.
Et, au lendemain de la seconde Restauration, le 19 août 1815, date de l’ordonnance qui institue l’hérédité de la paierie, Emmanuel Pastoret est nommé pair de France à titre héréditaire.

Il y assure successivement diverses fonctions :

1.Secrétaire de la chambre des Pairs. Il est élu dans cette fonction cinq fois de suite.
Pastoret fait partie du Comité chargé de revoir le règlement de la chambre des Pairs, qui comprend Mathieu Molé [1781-1855], l’abbé de Montesquiou [1757-1832] ministre d’État, Louis Justin Marie marquis de Talaru [1769-1850], Germain de Garnier [1754-1821].

2.Vice-président de la chambre des Pairs, le 26 mai 1829.

3. Président de la chambre des Pairs du 17 décembre  1829 au 2 août 1830 [date à laquelle Pastoret démissionne], en remplacement du chancelier Charles Henri Dambray [1760-1829], ancien avocat général à la Cour des Aides, ministre de la Justice dans le gouvernement de Blacas, décédé le 13 décembre 1829, et qui avait été nommé président de la chambre des Pairs, au moment de sa création par Louis XVIII, en 1814.
Pour cette présidence il y avait d’autres candidatures : celle de Pierre Denis, comte de Peyronnet [1778-1854] ancien ministre, soutenue par les absolutistes ; celle de Joseph Laîné [1768-1835] ancien président de la Chambre des  députés, soutenue par les royalistes constitutionalistes.

Emmanuel Pastoret se retirant de la vie politique à la Monarchie de Juillet, est remplacé comme président de la chambre des Pairs par Étienne Denis Pasquier [1767-1862] qui exercera son mandat de 1830 à 1848.

1814-1830. LES INTERVENTIONS DE PASTORET À LA CHAMBRE DES PAIRS.
Pastoret participe aux travaux de la chambre des Pairs, de 1814 à 1830. On dispose d’un certain nombre de ses interventions.

Session de 1814.
Chambre des Pairs de France. Séance du 3 décembre 1814. Rapport fait à la Chambre par M. le Comte de Pastoret, au nom d'une commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi sur la remise des biens non vendus des émigrés. [Paris : impr. de Didot l'aîné , In-8, 48 p. [s. d.] Impressions diverses. Session de 1814. Tome III. 105.

Session de 1815.
Chambre des Pairs de France. Session de 1815. Séance du 28 mars 1815. Rapport fait à la Chambre par M. le Comte Pastoret, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi relatif aux élections [Paris : impr. de P. Didot l'aîné. In-8, 31 p., 1816]. Impressions diverses. Session de 1815. Tome III. 91.
Il s’agit des élections législatives, qui ont lieu le 14 et le 22 août 1815, débouchant sur la « Chambre introuvable », la session parlementaire se tenant du 7 octobre 1815 au 29 avril 1816.

Session de 1817.
Chambre des Pairs de France. Session de 1817. Séance du 15 janvier 1818. Rapport fait à la Chambre par M. le Marquis de Pastoret, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi relatif à la liberté de la presse [Paris : impr. de P. Didot l'aîné. In-8, 32 p., 1818]. Impressions diverses. Session de 1817. Tome I. 23.

Session de 1818.
Chambre des Pairs de France. Session de 1818. Séance du 26 janvier 1819. Opinion de M. le Marquis de Pastoret, sur l'abolition du droit d'aubaine. [Paris : impr. de P. Didot l'aîné. In-8 , 34 p., 1819].  Impressions diverses. Session de 1818. Tome I. 12.

Chambre des Pairs de France. Séance du 1er mai 1819. Opinion de M. le Marquis de Pastoret, sur la proposition faite à la Chambre par M. le Marquis de Marbois, et tendant à faire substituer à la peine de la déportation une autre peine proportionnée à la nature et à la gravité des crimes. [Paris : impr. de P. Didot l'aîné. In-8, 24 p., 1819]. Impressions diverses. Session de 1818. Tome II. 67.

Session de 1820.
Cour des Pairs. Séance du 28 décembre 1820 et jours suivans. Rapport fait par M. le marquis de Pastoret, au nom de la commission nommée pour l'instruction de la conspiration découverte le 19 août 1820 [Paris : Impr. royale. In-4 , 402 p., 1821].

Chambre des Pairs de France. Session de 1820. Séance du 30 mars 1821. Discours prononcé dans cette séance par M. le Marquis de Pastoret à l'occasion de la mort de M. le Marquis de Fontanes  [Paris : impr. de P. Didot l'aîné. In-8 , 14 p., 1821]. Impressions diverses.
Session de 1820. Tome I. 26.
Jean Pierre Louis Fontanes [1757-1821], ancien Grand-Maître de l’Université [1808-1815] meurt le samedi 17 mars 1821. Avait été nommé pair de France, en 1814, au moment de la première Restauration. Membre du Conseil privé du roi en 1815, marquis en 1817.

Session de 1821.
Chambre des Pairs de France. Session de 1821. Séance du 11 décembre 1821. Rapport fait à la Chambre par M. le Marquis de Pastoret, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen de la proposition faite par M. le Comte Ferrand, relativement à la compétence judiciaire de la Chambre des Pairs [S. l. n. d. In-8 , 25 p.].

Session de 1824.
Chambre des Pairs de France. Session de 1824. Séance du 22 avril 1824. Rapport fait par M. le Marquis de Pastoret au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi sur le renouvellement intégral et septennal de la Chambre des Députés. [S. l. n. d.] In-8, 48 p. Impressions diverses. Session de 1824.

Chambre des Pairs de France. Session de 1824. Séance du 7 mai 1824. Résumé de M. le Marquis de Pastoret rapporteur de la commission chargée de l'examen du projet de loi relatif au renouvellement intégral et septennal de la Chambre des Députés. [S. l. n. d.] In-8, 35 p., Impressions diverses. Session de 1824. Tome I. 33.

Chambre des Pairs de France. Session de 1824. Séance du 22 avril 1824. Rapport fait par M. le Marquis de Pastoret au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi sur le renouvellement intégral et septennal de la Chambre des Députés. [S. l. n. d.] In-8, 48 p. Impressions diverses.

Chambre des Pairs de France. Session de 1824. Séance du 17 juillet 1824. Rapport par M. le Mis de Pastoret au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi relatif à l'ouverture de nouveaux crédits pour complément de l'exercice 1823.
[S. l. n. d. In-8, 27 p.] Impressions diverses. Session de 1824.

Session de 1827.
Chambre des Pairs. Séance du 3 janvier 1827. Discours prononcé par M. le Marquis de Pastoret, à l'occasion de la mort de M. le Comte de Boissy-d'Anglas. [S. l. n. d.] In-8, 10 p. Impressions diverses. Session de 1827. Tome I. 7.

Chambre des Pairs. Séance du 15 mars 1827. Rapport fait à la Chambre par M. le Marquis de Pastoret au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de code de la juridiction militaire  [S. l. n. d. In-8, 150 p.].

Chambre des Pairs. Séance du 2 avril 1827. Discours prononcé par M. le Marquis de Pastoret à l'occasion de la mort de M. le Marquis de Laplace
[S. l. n. d.] In-8, 7 p. Impressions diverses. Session de 1827. Tome II. 89.
Le mathématicien, géomètre et astronome Pierre Simon de Laplace [1749-1827], membre de l’Académie française, est décédé le 5 mars 1827. Il avait été nommé pair de France et déféré marquis sous la Restauration.

Chambre des Pairs. Séance du 17 avril 1827. Discours de M. le Marquis de Pastoret sur les articles du code militaire relatifs aux pairs de France
[S. l. n. d.] In-8, 12 p., Impressions diverses. Session de 1827.

1er AVRIL 1814. PASTORET VOTE LA DÉCHÉANCE DE NAPOLÉON.
Pastoret fait partie de ceux des sénateurs qui se réunissent sur convocation de Talleyrand, en tant que président du gouvernement provisoire [1er avril-13 mai 1814], et qui votent la déchéance de Napoléon. Il remplit la fonction de secrétaire.
Il est co-signataire, avec Barthélemy et le comte de Valence,  du texte du Sénat qui décrète en son article 1 : « Napoléon Bonaparte est déchu du trône et le droit d’hérédité établi en sa faveur est aboli ».

MAI 1814. UN DES RÉDACTEURS DE LA CHARTE.
Rejetant un texte de Projet de Constitution en 29 articles, rédigé en cinq jours, à la fin avril 1814, le comte de Provence, futur Louis XVIII, crée une commission  de trois membres chargés de lui élaborer un projet : Charles Henri Dambray [1760-1829] ; l’abbé de Montesquiou-Fézensac [1757-1832] membre du gouvernement provisoire ; Antoine François Claude, comte de Ferrand [1751-1825].
Ce projet une fois rédigé est remis à une commission présidée par Charles Henri Dambray formée de neuf membres du Sénat, neuf membres du Corps législatif, trois représentants du roi : Jacques, comte Beugnot [1761-1835], ministre de l’Intérieur dans le gouvernement provisoire, futur directeur général de la police ; Antoine François Claude, comte de Ferrand [1751-1825]  ; l’abbé de Montesquiou [1756-1832].
Pastoret est l’un des neufs membres du Sénat à faire partie de la commission, avec François marquis de Barthélemy ; Boissy d’Anglas, etc.

1814. PARTICIPATION À L’HISTOIRE LITTÉRAIRE DE LA FRANCE.
Des religieux Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur avaient entrepris,  à partir de 1733, une Histoire littéraire de la France.
Cette entreprise monumentale est reprise et continuée par des membres de l'Académie royale des Inscriptions et belles-lettres, à dater de 1814.
Pastoret participe à la rédaction de plusieurs tomes :

1. Histoire littéraire de la France. Tome XIII, suite du XIIe siècle, par Pastoret, Dom Brial, Ginguené et Daunou. [Paris. In-4, XX-623 p., 1814].

2. Histoire littéraire de la France. Tome XIV, suite du XIIe siècle, par Dom Brial, Daunou, Ginguené et Pastoret, avec une notice sur M. Ginguené, par Amaury Duval. [Paris. In-4, XXIV-652 p., 1817].

3. Histoire littéraire de la France. Tome XV, suite du XIIe siècle, par
Dom Brial, Daunou, Amaury Duval, Guinguéné et Pastoret. [Paris. In-4, XXXI-660 p., 1820]. Réédité en 1869 [Paris : V. Palmé. In-4, XXXII-659 p., 1869].

SEPTEMBRE 1814. EN RELATION AVEC MAINE DE BIRAN.
Le Journal de Maine de Biran témoigne de la continuité des relations avec Emmanuel Pastoret, dont on peut fixer vraisemblablement le point de départ au début de l’année 1813. Tout au moins, c’est dans l’Agenda de 1813, tenu par Maine de Biran, qu’apparaît pour la première fois le nom de Pastoret : « Sorti après deux heures. J’ai été à l’Institut avec M. Pastoret » [Vendredi 29 mars 1813].
Le dimanche 25 septembre 1814 Maine de Biran note : « J’ai été à Fleury, chez Mme Pastoret, avec mon collègue [le baron Jean Baptiste] Dalmassy […] j’ai causé de politique avec M. et Mme Pastoret].

Une visite est également signalée le jeudi 27 juillet 1815, et une soirée chez Pastoret le 28 octobre 1815.

1815. PRÉSIDENT DU COLLÈGE ÉLECTORAL DU VAR.
Emmanuel Pastoret est nommé Président du collège électoral du Var.

17 FÉVRIER 1815. MEMBRE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION  PUBLIQUE.
Dès la première Restauration, une ordonnance royale du 17 février 1815 crée un Conseil royal de l’Instruction publique. La présidence en est confiée à Louis François Bausset [1748-1824], ancien évêque d’Alais [aujourd’hui Alès] dans la période février-mars 1815.
Emmanuel Pastoret en est nommé membre ; ainsi que Jean Chrysostome de Villaret [1739-1824], ancien évêque de Casal ; Irénée Yves de Solle [1744-1824], évêque de Chambéry ; le juriste Gaspard Gilbert Delamalle [1752-1834], conseiller d’ État ; Jacques Faget de Baure [1755-1817], Président de la Cour royale de Paris ; l’astronome et mathématicien Joseph Delambre [1749-1822] ; le naturaliste Georges Cuvier [1769-1832] ; Louis de Bonald [1754-1840] ; Pierre Claude Bernard Guéroult* [1744-1821], ancien directeur de l’École normale de 1810 à 1815 ; Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy [1755-1849], intendant des arts et monuments civils ; le secrétaire du Conseil est Philibert Guéneau de Mussy [1776-1854], et à ce titre Inspecteur général des études.
Mais, compte-tenu des évènements historiques ce Conseil ne pourra pas fonctionner.

21 MARS 1816. MAINTENU DANS L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS.
Au moment de la seconde Restauration, l’ordonnance royale du 21 mars 1816, rétablit les Académies. Pastoret est maintenu et nommé, au fauteuil 3, membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, reconstituée.
Après sa mort, est remplacé à l’Académie des Inscriptions par Natalis de Wailly [1805-1886], archiviste aux Archives nationales, élu le 14 mai 1841.

1816. RAPPORT SUR L’ÉTAT DES HÔPITAUX.
Emmanuel Pastoret publie en 1816 : Rapport fait au conseil général des hospices par un de ses membres  sur l'État des hôpitaux, des hospices et des secours à domicile à Paris depuis le 1er janvier 1804 jusqu'au 1er janvier 1814. [Paris, impr. de Mme Huzard. In-4 , 391 p., 1816].

24 MAI 1816. PASTORET INTIME DE MAINE DE BIRAN.
Pastoret fait partie des intimes de Maine de Biran. Lorsque Maine de Biran, fin mai 1816, quitte Paris pour se rendre dans sa propriété de Grateloup, en Dordogne, il effectue toute une série de visites. Il note dans son Journal : « J’ai donné toute la journée du 24 aux visites d’adieux, les plus intimes : l’abbé [André] Morellet, MM. [vicomte Hubert] de Vintimille, [Emmanuel] Pastoret, [Pierre Paul] Royer-Collard, [François Louis] Becquey, etc. ».
Quelques mois plus tard, le 6 novembre, Maine de Biran passe sa soirée chez l’abbé de Montesquiou, où se trouvent l’abbé Morellet, Pastoret.
C’est la voiture de Pastoret que Maine de Biran utilise dans la soirée pour des visites. Le 23 novembre, Pastoret reçoit à nouveau dans la soirée la visite de Maine de Biran.

1817-1837. HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.
Pierre Emmanuel Pastoret fait paraître à partir de 1817 une monumentale Histoire de la Législation. Il assure cette publication pendant vingt ans, sous le titre : Histoire de la législation par M. le Comte de Pastoret. [Paris : de l’Imprimerie  royale, chez P. Didot puis chez Treuttel et Würtz. In-8, 11 volumes in-8. 1817-1837].

Le contenu de l’ouvrage est réparti de la façon suivante :
I.Assyriens. Babyloniens [Paris : imprimerie royale. In-8. 548 p.] ;
II. Égypte [Paris : imprimerie royale. In-8. 603 p.]  ;
III-IV. Hébreux [Paris : imprimerie royale. In-8. 598+572 pp.]   ;
V. Crétois. Lacédémoniens [Paris : imprimerie royale. In-8. 575 p.];
VI. Lacédémoniens (fin). Athéniens [Paris : imprimerie royale. In-8. 567 p.]   ;
VII. Athéniens [Paris : imprimerie royale. In-8. 565 p.]   ;
VIII. Argiens. Sicyoniens. Corinthiens. Arcadiens et autres peuples de la Grèce, de la Macédoine et des îles voisines de la Grèce [Paris : imprimerie royale. In-8. 592 p.];
IX. Iles de la mer Égée. Asie mineure. Perses [Paris : imprimerie royale. In-8. 556 p.]   ;
X. Carthaginois. Marseille. Grande Grèce [Paris : imprimerie royale. In-8. 522 p.]   ;
XI. Siciliens. Étrusques [Paris : imprimerie royale. In-8. 387 p.].

24 AVRIL 1817. SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DES QUATRE ACADÉMIES.
Emmanuel Pastoret est Président de l’Académie des Inscriptions pour l’année 1817. À ce titre il préside la séance publique annuelle des quatre Académies, le jeudi 24 avril 1817.
Et, selon l’usage ouvre la séance par un discours. Il y célèbre l’anniversaire de la date du retour des Bourbons, et magnifie le descendant d’Henri IV qui est devenu « par une charte immortelle, le fondateur de la liberté publique ».
Au cours de cette séance, Raoul-Rochette, de l’Académie royale des Inscriptions et belles-lettres, lit un Fragment sur l’Érudition considérée comme base de toute bonne littérature ; de Rossel, de l’Académie royale des Sciences lit un Mémoire sur les progrès de la navigation ; Girodet-Trioson de l’Académie royale des Beaux-Arts lit des Considérations sur l’originalité dans les arts du dessin ; le comte de Fontanes, de l’Académie française, lit une Ode «Les tombeaux de Saint-Denis, ou le retour de l’exilé ».
Le journal le Moniteur rendra compte de cette séance le 25 avril, en signalant la lecture par le peintre  Anne Louis Girodet, de l’Académie des Beaux-Arts, de sa dissertation Sur l’originalité dans les arts du dessin, et la récitation par Louis de Fontanes, de l’Académie française, d’une Ode sur La violation des Tombeaux de Saint-Denis.

Pastoret sera à nouveau Président de l’Académie des Inscriptions en 1823.

31 AOÛT 1817. PASTORET DÉFÉRÉ MARQUIS.
Le roi Louis XVIII défère le titre de marquis, pair héréditaire à Pastoret, par ordonnance, le 31 août 1817.

1820. PARUTION DU TOME XVII DES ORDONNANCES DES ROIS DE FRANCE.
En 1820, paraît le tome XVII des Ordonnances des rois de France de la troisième race, recueillies par ordre chronologique. Contenant les ordonnances rendues depuis le mois de juillet 1467 jusqu’au mois de mars 1473. Par M. le marquis de Pastoret, membre de l’Institut. [Paris : de l’Imprimerie royale. In-folio, XXVIII-798 pages, tables. 1820].

8 JUIN 1820. ÉLU À L’ACADÉMIE FRANÇAISE.
Claude Emmanuel Joseph Pierre de Pastoret est élu, le 8 juin 1820, membre de l’Académie française, fauteuil 24, en remplacement du philosophe et homme de lettres Constantin François Chasseboeuf, dit Volney [1757-1820], décédé le 26 avril 1820.
Compte-tenu de la présence de trente trois votants, la majorité absolue est de dix-sept. Emmanuel Pastoret obtient dix-neuf suffrages. Les autres votes se répartissent de la façon suivante : neuf pour le poète et dramaturgiste Charles Joseph Loeillard d’Avrigny [1760-1823] ; trois pour l’écrivain et auteur dramatique André Delrieu ; un pour l’archiviste et bibliothécaire Natalis de Wailly [1805-1886] ; un pour Botti.
Est reçu le 24 août 1820, par l’auteur dramatique et critique littéraire Jean Louis Laya [1761-1833], alors directeur de l’Académie, qui « prononce à cette occasion un discours très hostile aux romantiques ».
Le discours de réception est inséré dans le Moniteur, du 7 septembre 1820 [colonne 1235].
Les discours prononcés dans la séance publique sont édités par l’Institut royal de France : Discours prononcé dans la séance publique tenue par l'Académie française, pour la réception de M. le Marquis de Pastoret le 24 août 1820 [par le récipiendaire et M. Laya] Paris : impr. de Firmin Didot père et fils. In-4, 12+10 p., 1820. Selon l’usage le discours du récipiendaire est un Éloge de son prédécesseur, le comte Volney.
Après sa mort, le 28 septembre 1840, Pastoret est remplacé à l’Académie française par le comte Louis de Saint-Aulaire [1778-1854], élu le jeudi 7 janvier 1841.

Pastoret dote de 1500 Fr., en gardant l’anonymat, un Éloge de Malesherbes

26 MAI 1821. VICE-PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DES PAIRS.
Emmanuel Pastoret est nommé vice-président de la chambre des Pairs le 26 mai 1821.

9 AOÛT 1823. CONVERSATION AVEC MAINE DE BIRAN.
Dans son Journal, à la date du 9 août 1823, Maine de Biran témoigne : « Conversation avec M. Pastoret sur la liberté, l’activité de l’âme dans les passions opposées. La liberté est-elle dans la lutte, tant qu’il y a doute ou incertitude si l’on succombera, ou n’est-elle que dans la détermination prise de résister et dans le moment où l’âme, la volonté triomphe ? projet de lettre sur cette matière. M. P. me reproche de trop restreindre la liberté. […] ».

18 JUILLET 1826. PASTORET REÇOIT À L’ACADÉMIE FRANÇAISE.
Reçoit, le 18 juillet 1826, en tant que directeur, le poète et auteur dramatique Alexandre Guiraud [1788-1847], élu le 10 mai 1826, au fauteuil 37*, en remplacement de l’homme politique et diplomate Mathieu de Montmorency [1767-1826], décédé le 24 mars 1826. Il est élu, dès sa première candidature à l’Académie, sur 31 votants par 16 voix contre 15 à l’homme politique et poète Pierre Antoine Lebrun [1785-1873].
Reçoit aussi, le 18 juillet 1826, au cours de la même séance, le poète et auteur dramatique Charles Brifault [1781-1857], élu le 13 avril 1826.
Les discours sont édités : « Discours prononcé dans la séance publique tenue par l’Académie française, pour la réception de M. Brifaut. Le 18 juillet 1826 » avec à la suite « Réponse de M. le marquis de Pastoret au discours [Paris : Firmin Didot. In-4, 19 p., 1826].

29 OCTOBRE 1826. MINISTRE D’ÉTAT.
Emmanuel Pastoret est nommé ministre d’État, membre du Conseil privé, le 29 octobre 1826. C’est un titre essentiellement honorifique.
Le Conseil privé, distinct du conseil des ministres, a été rétabli en 1815 par Louis XVIII, mais a rarement été réuni.

1828. PARUTION DU TOME XVIII DES ORDONNANCES DES ROIS DE FRANCE.
En 1828, paraît le tome XVIII des Ordonnances des rois de France de la troisième race, recueillies par ordre chronologique. Contenant les ordonnances rendues depuis le mois d’avril 1474 jusqu’au mois de mars 1481. Par M. le marquis de Pastoret, membre de l’Institut. [Paris : de l’Imprimerie royale. In-folio, LXII-896 pages, tables. 1828].

14 NOVEMBRE 1812. BILLET DE PASTORET À VICTOR COUSIN.
« Monsieur Cousin connaît depuis longtemps ma haute estime pour lui, et la gratitude que m’inspire son extrême bienveillance pour moi. Le savant ouvrage qu’il m’envoie n’est pas un de ceux qu’on peut lire avec rapidité. Les méditations de l’auteur y appellent les méditations du lecteur ; et le lecteur se trouve heureux d’avoir un tel guide. Je vais le suivre dans les écoles de l’Antiquité, et auprès des grands hommes qui en furent les fondateurs ou la gloire. Je le remercie d’avance des nouvelles lumières que je lui devrai ; et je le prie d’agréer en même temps, avec l’expression du désir que j’ai de l’avoir pour confrère, l’assurance d’une considération bien distinguée et de mon bien sincère attachement. » [vendredi 14 novembre 1828].
V. Cousin lui a vraisemblablement adressé son Introduction à l’histoire de la philosophie, qui vient de paraître. Quant à la confrérie, il s’agit de celle des membres de l’Académie française, où V. Cousin sera élu en 1832. Quant à Emmanuel Pastoret [1755-1840] il a été élu à l’Académie française le 8 juin 1820.

E. Pastoret laisse espérer à V. Cousin une élection favorable à l’Académie française [dont Pastoret est membre depuis 1820]. Ils se retrouveront en effet collègues, et à l’Académie française [où V. Cousin est élu le jeudi 18 novembre 1830] et à l’Académie des sciences morales et politiques [où Pastoret  est nommé par ordonnance royale du vendredi 26 octobre 1832, section d’histoire, fauteuil 1 ; et où V. Cousin est élu le samedi 27 octobre 1832, section de philosophie, fauteuil 3].

24 JANVIER 1829. CHANCELIER DE FRANCE.
Vice-chancelier de France, le 24 janvier 1829. Par ordonnance donnée aux Tuileries, signée Charles et du garde des sceaux, ministre de la justice comte Portalis.
Est nommé par Charles X, Chancelier de France, le 17 décembre 1829. Le texte de la nomination est le suivant : « Charles, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut. Voulant pourvoir aux fonctions laissées vacantes par la mort de notre aimé et féal Charles Dambray, notre chancelier, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : article 1.notre aimé et féal le marquis de Pastoret, vice-chancelier, est élevé à la dignité de chancelier de France. 2. Le président de notre conseil des ministres est chargé de l’exécution de la présente ordonnance. Donné en notre château des Tuileries, le 17 ème jour du mois de décembre, et de notre règne le sixième. Par le Roi : le président du conseil des ministres, Prince de Polignac ».

Démissionnaire le 1er août 1830, Pastoret se démit lors de l’arrivée au pouvoir du duc d’Orléans et ne reconnut pas Louis-Philippe. Emmanuel Pastoret est le dernier chancelier de la Restauration.
En 1837, Louis-Philippe fera revivre le titre de chancelier de France pour Étienne Denis Pasquier [1767-1862], ancien ministre, président de la chambre des Pairs [1830-1848].

17 DÉCEMBRE 1829. PASTORET PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DES PAIRS.
Emmanuel Pastoret a été nommé à la chambre des Pairs, le 4 juin 1814. Il en est le vice-président en 1817.
Il est président de la chambre des Pairs, du 17 décembre  1829 au 2 août 1830, en remplacement du chancelier Charles Henri Dambray [1760-1829], ancien avocat général à la Cour des Aides, ministre de la Justice dans le gouvernement de Blacas, puis de Richelieu, décédé le 13 décembre 1829.
Après la Révolution de Juillet et la venue au pouvoir de Louis-Philippe, Pastoret résilie sa fonction. Il est remplacé comme président de la chambre des Pairs par Étienne Denis Pasquier [1767-1862] qui exercera son mandat de 1830 à 1848.

1830. DÉFENSEUR DE LA «LÉGITIMITÉ».
Après 1830, et l’accession au trône de Louis-Philippe, Pastoret ne participe plus directement à la vie politique et vit à la retraite, avec son épouse, dans son château de Fleury près de Meudon [aujourd’hui Hauts-de-Seine].
Emmanuel Pastoret reste un défenseur de la «légitimité» et continue d’être en contact avec ses amis politiques : le maréchal duc de Bellune [1764-1841] ancien ministre de la guerre [décembre 1821-mars 1823] , qui refuse de se rallier à Louis-Philippe ; le duc Édouard de Fitz-James [1776-1838], François René de Chateaubriand [1768-1848], Jean Guillaume Hyde de Neuville [1776-1857] ancien ministre de la Marine, l’avocat et homme politique Pierre Antoine Berryer [1790-1868].
Il est vraisemblablement actif dans les complots qui se fomentent en 1830-1832 en faveur de la légitimité, et qui aboutiront à un soulèvement armé avorté en Vendée, en mai-juin 1832.

1832. NOMMÉ À L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES.
Après la Révolution de 1830, Louis-Philippe rétablit l’Académie des sciences morales et politiques, par l’ordonnance du 26 octobre 1832, contresignée par François Guizot.
Pastoret y est nommé au titre de ceux qui faisaient partie de l’Académie des sciences morales, au moment de sa suppression en 1803 : Dacier, Daunou, Garat, Lacuée, Merlin, Pastoret, Reinhard, Roederer, Sieyès, Talleyrand. La liste des membres nommés par l’ordonnance comprend également les correspondants de cette classe, qui depuis sont devenus membres de l’Institut : Destutt de Tracy, Gérando.
Pastoret est nommé dans la section d’Histoire générale et philosophique [fauteuil 1]. Cette section est composée de membres nommés :  Claude Emmanuel Joseph Pierre Pastoret, Carl Friedrich Reinhard [1761-1837] ; et de membres élus :  Joseph Naudet [1786-1878], Louis Pierre Édouard Bignon [1771-1841], François Guizot [1787-1874], François Mignet [1796-1884].
Après sa mort, le 28 septembre 1840, Emmanuel de Pastoret est remplacé par Adolphe Thiers [1797-1877], ministre du Commerce et des Travaux publics, élu le 26 décembre 1840.

AOÛT 1833. HOMMAGE À CHARLES X.
En août 1833, malgré ses soixante-dix-huit ans, Emmanuel Pastoret va porter ses hommages à Charles X, renversé par la Révolution de juillet 1830, qui résidait au château de Buchtirad en Bavière.

1834. TUTEUR DES ENFANTS DU DUC DE BERRY.
En 1834, alors que la duchesse de Berry quitte la tutelle de ses enfants, Emmanuel Pastoret est tuteur des biens appartenant en France aux enfants du duc de Berry.
Ce rôle sera continué après sa mort, en 1840, par son fils Amédée [David] Pastoret [1791-1857].

1835. PARUTION DU TOME XIX DES ORDONNANCES DES ROIS DE FRANCE.
 En 1835, paraît le tome XIX des Ordonnances des rois de France de la troisième race, recueillies par ordre chronologique. Contenant les ordonnances rendues depuis le mois de mars 1482 jusqu’au mois d’avril 1486. Par M. le marquis de Pastoret, membre de l’Institut. [Paris : de l’Imprimerie royale. In-folio, LXIX-848 pages, tables. 1835].

1840. PARUTION DU TOME XX DES ORDONNANCES DES ROIS DE FRANCE.
En 1840, paraît le tome XX  des Ordonnances des rois de France de la troisième race, recueillies par ordre chronologique. Contenant les ordonnances rendues depuis le mois d’avril 1486 jusqu’au mois de décembre 1497. Par M. le marquis de Pastoret, membre de l’Institut. [Paris : de l’Imprimerie royale. In-folio, XIX-724 pages, tables. 1840].

28 SEPTEMBRE 1840. DÉCÈS ET FUNÉRAILLES.
Emmanuel Pastoret meurt le 28 septembre 1840, à Paris [premier arrondissement ancien]. Il est alors âgé de quatre-vingt quatre ans.
Ses obsèques ont lieu en l’Église de la Madeleine, le 1er octobre.

François Roger [1776-1842], au nom de l’Académie française, en tant que Directeur de l’Académie à ce moment, compose pour le 1er octobre un discours à ses funérailles, mais souffrant, ce discours est lu par Charles Nodier.
De même Désiré Raoul-Rochette [1789-1854], président de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-lettres, prononce un discours.
Inhumation à Fleury, Meudon [aujourd’hui Hauts-de-Seine], le 2 octobre 1840, dans la chapelle de son château.

DÉCORATIONS.

CHEVALIER DE L’EMPIRE.
Par lettres patentes du 27 juillet 1808.

LÉGION D’HONNEUR.
Chevalier, 18 décembre 1803 [26 frimaire an XII].
Membre du comité de consultation  de la Légion d’honneur le 14 novembre 1810.
Officier, le 30 juin 1811.
Commandeur, le 6 janvier 1815.
Grand officier, le 1er mai 1821.
Grand-croix, le 19 août 1823.

ORDRE DE LA RÉUNION.
Chevalier de l’ordre de la Réunion, le 3 janvier 1814.

ORDRE DU SAINT-ESPRIT.
Chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit, le 30 mai 1825, à Reims, lors de la première promotion du règne de Charles X, au lendemain de son sacre [29 mai 1825].
L’Ordre créé en 1578 est aboli sous la Convention en juillet 1791, recréé dès la première Restauration en 1814, par Louis XVIII. Il disparaît en 1830.

DESCENDANCE.

Amédée [David] [1791-1857] est auditeur au conseil d’État en 1810, maître des requêtes en juillet 1814. Écarté pendant les Cent-Jours, il retrouve ses fonctions à la seconde Restauration. Maître des requêtes en service extraordinaire en 1817 ; conseiller d’État en service extraordinaire participant d’août 1824 à octobre 1826,  et de décembre 1827 à août 1830.
Conseiller d’État. Sous-préfet.
Nommé en 1840, à la suite du décès de son père Emmanuel Pastoret administrateur des biens en France du comte de Chambord.

Alfred Émile Alphonse Maurice Pastoret [1798-1817].

RÉFÉRENCES.

1841.
Éloge prononcé, le 8 juillet 1841, par le comte de Sainte-Aulaire [1778-1854], dans son discours de réception à l’Académie française, alors qu’il est reçu par le poète et auteur dramatique François Roger [1776-1842] directeur de l’Académie.
 
1847.
Éloge prononcé, le 30 juillet 1847, par Charles Athanase Walckenauer [1771-1852], en tant que secrétaire perpétuel, dans la séance publique annuelle de l’Académie royale des Inscriptions et belles-lettres.
Publié dans le tome 17 du Recueil des Discours [Paris : typographie de Firmin Didot frères. Pagination multiple. In-4, 1847].

1891.
Bourloton. Dictionnaire des Parlementaires. Tome 4, p. 558 [Paris : Bourloton. In-8, 1891].

1923.
Georges Lacour-Gayet [1856-1935]. L’Académicien Pastoret. Extrait des Séances et travaux de l’Académie des Sciences morales et politiques. Septembre-octobre 1923.

1969.
Fernande Bassan. Politique et haute société à l’époque romantique. La famille Pastoret d’après sa correspondance [1788 à 1856]. Préface de Pierre Moreau [Paris : Lettres modernes ; Minard, 73 rue du Cardinal Lemoine. Paris 5ème. In-8, 321 p., 1969].

1998.
Sylvie Nicolas, Les derniers maîtres des requêtes de l'Ancien Régime (1771-1789). Dictionnaire prosopographique. Préface de Michel Antoine. [Paris ; Librairie H. Champion ; Genève : Librairie Droz. Collection Mémoires et documents de l’École des Chartes. Tome 51. In-8, 399 p., 1998]. Publié par l’École des Chartes.

jjb 05-2010

 
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