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Marseille : les trente premières années d'enseignement de la philosophie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
En ce qui concerne la philosophie, l'emprise d'un personnel enseignant clérical est forte sous l'Empire et la Restauration, même si ce personnel doit fournir un enseignement non confessionnel. Cette emprise cléricale est gommée après 1830, pour laisser la place à un personnel laïque formé à Paris, à l'Ecole normale, donnant un enseignement officiel, dont le contenu est, selon les moeurs du temps, strictement éclectique et spiritualiste.

 

Cette donnée se retrouve en ce qui concerne la liste des professeurs ayant eu successivement la charge de cet enseignement philosophique, au lycée de Marseille, dans le cadre du Consulat [1799-1804] et de l'Empire [1804-1814/1815] ; puis au collège royal, après la Restauration [1814/1815-1830], et enfin sous Louis-Philippe [1830-1848].

On en trouvera ici une nomenclature détaillée, reprenant les éléments fournis par l'Almanach impérial ; puis par l'Almanach royal.

LES PREMIERS ENSEIGNEMENTS.

Depuis 1802 et jusqu’en 1809, comme c'est le cas pour tous les lycées, environ une quarantaine, l’enseignement du lycée de Marseille comprend  les belles-lettres, le latin, les mathématiques. Il faut y ajouter un enseignement des mathématiques transcendantes réservé aux lycées les plus importants.

Le lycée de Marseille, établi dans l'ancien couvent des Bernardins devenu propriété nationale à la Révolution, ouvre ses portes le 22 décembre 1802. Ce n'est qu'à partir de 1810, que l'enseignement de la philosophie apparaît.

L'ENSEIGNEMENT DE PHILOSOPHIE DANS L'ACADEMIE D'AIX.

D'une manière générale, il avait été prévu, par la loi du 10 mai 1806, d'établir dans chaque Académie cinq ordres de Facultés : Théologie, Droit, Médecine, Sciences, Lettres.

Mais, dans le ressort de l'Académie d'Aix, dont dépend le lycée de Marseille, et qui s'étend alors sur les quatre départements des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, des Bouches-du-Rhône, du Var, il n'y a pas au départ d'enseignement de la philosophie à la Faculté, puisqu'il est prévu seulement à Marseille une Faculté de Théologie et de Droit.

L'enseignement de philosophie est limité au lycée.

LA PHILOSOPHIE A LA FACULTE DES LETTRES.

Une Faculté des Lettres sera créée seulement le 11 juin 1846, par une ordonnance de Louis-Philippe,  du 11 juin 1846, prise sous les instances du recteur Paul Défougères de Villandry [1794-1849], alors que Narcisse Achille de Salvandy [1795-1856], est pour la deuxième fois ministre de l’Instruction publique.

Pierre Benjamin Lafaist [1809-1867], déjà enseignant au collège royal de Marseille depuis la fin de 1837, en est le premier professeur de philosophie, alors qu'Hippolyte Fortoul [1811-1856] enseignant de Littérature française en est le premier doyen.

Il y a un enseignement de philosophie au lycée de Marseille [département des Bouches-du-Rhône] assuré par un professeur : l'abbé Denans [1760-1841] ; au lycée de Nice [département des Basses-Alpes] assuré par un professeur : Traracéa ; au collège de Barcelonnette [département des Basses-Alpes], assuré par le principal du collège, à la fois régent de philosophie et de rhétorique : Antoine Derbes ; au collège de Vintimille [département des Basses-Alpes], assuré par un régent : Saglietto ; au collège d'Aix [département des Bouches-du-Rhône] assuré par un régent : Esprit Joseph Topin.

Mais après la chute de Napoléon en 1814, le comté de Nice, à l'intérieur duquel se trouve Vintimille, est restitué au Royaume de Piémont-Sardaigne, et ne sera attribué à la France qu'en 1860.

LES ENSEIGNANTS DE PHILOSOPHIE AU LYCEE DE MARSEILLE.

1810. DEFARIA.

En 1810, il est bien prévu un enseignement de philosophie au lycée de Marseille. Mais le poste n'est pas pourvu. Il semble que le nom de Defaria ait été un moment retenu.

1811-1816. DENANS, Abbé Arnaud.

L’abbé Arnaud Denans [1760-1841], enseigne la philosophie à partir de 1811.

Il est maintenu après la Restauration, alors que le lycée devient collège royal [de première classe]. L’abbé Arnaud Denans est en poste jusqu’en 1816.

En 1817 l’abbé Denans passe d’une fonction enseignante à une fonction d’autorité : il devient le censeur du collège [1817-1820], puis le proviseur [1822].

Il est en même temps aumônier du collège royal [1820].

Il est remplacé en 1817, comme professeur de philosophie au collège royal, par l'abbé Jean Vachier [1764-1841].

L’abbé Arnaud Denans prononce, le 10 juin 1818, l’Oraison funèbre du très-haut et très-puissant prince Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé, prononcé dans l’église Saint-Théodore [Marseille : impr. d’Achard. In-8, 32 p., 1818] ; et le 20 juin 1822 l’Oraison funèbre de Mgr. Henri François Xavier de Castelmoron, évêque de Marseille [Marseille : impr. de Dubié. In-8, 72 p., 1822].

On lui doit également un Discours prononcé dans la Chapelle de la Vierge de la Garde aux élèves du collège royal [S. l. n. d.].

 1817-1819. VACHIER, Abbé Jean.

En 1817, l’enseignement de la philosophie est assuré par l’abbé Jean Vachier [1764-1841], jusqu’en 1819.

L'abbé Jean Vachier [Vachier de Flayosc] avait été nommé professeur agrégé de toutes classes à Marseille en 1813.

L’abbé Jean Vachier devient proviseur du collège royal d’Avignon en 1825-1827. On lui doit à ce titre une Instruction sur le Jubilé, pour les élèves du collège royal d'Avignon, par l'abbé Vachier, proviseur, officier de l'Université [Avignon : chez Guichard aîné, imprimeur-libraire. 1826].

Puis l'abbé Jean Vachier devient inspecteur de l'Académie de Montpellier, auprès du recteur Victor Marie de Bonald [1780-1871] en 1829.

L'abbé Vachier est remplacé en 1820, comme professeur de philosophie par l'abbé Dunoyer.

Il est également l'auteur d'un ouvrage : Relation de la Mission des prisons d'Aix en 1820, par l'abbé Vachier [Aix : chez G. Mouret. In-8, 15 p., 1820].

1820-1821. DUNOYER [ou DESNOYER], Abbé.

En 1820, l’enseignement de la philosophie est assuré par l’abbé Dunoyer, nommé agrégé en philosophie à Marseille en 1819. Il est remplacé en 1822 par Jossaud.

1822-1823. JOSSAUD

En 1822, l’enseignement de la philosophie est assuré par Jossaud, qui était professeur dans la classe de deuxième année d’Humanités [professeur d'Eloquence] au collège de Marseille en 1811, et auparavant professeur agrégé en quatrième [1810].

Jossaud, nommé membre de l'Académie de Marseille, dans la classe des belles-Lettres, en 1809, est l'auteur de différents textes : Discours sur l'honneur français ; Discours sur la loyauté française considérée aux divers moments de la Révolution ; Le siège de Marseille, projet de tragédie ; Diverses poésies.

1824. GUITTON, Abbé.

En 1824, l’enseignement de la philosophie est assuré par l’abbé Guitton.

Il est remplacé en 1825 par l'abbé Gieu.

1825-1830. GUIEU, Abbé

De 1825 à 1830, l’enseignement de la philosophie est assuré par l’abbé Guieu.

Après la Révolution de Juillet, qui renouvelle en profondeur le personnel enseignant dans toute la France, l'abbé Guieu est remplacé par Charles Marie Dunoyer [1799-1884], ancien élève de l’Ecole normale.

1831-1836. DUNOYER, Charles Marie.

De 1831 à 1836, l’enseignement de la philosophie au lycée de Marseille est assuré par Charles Marie Dunoyer [1799-1884], ancien élève de l’Ecole normale [1816].

En congé en septembre 1836, puis démissionnaire, il sera successivement secrétaire général de la Préfecture des Bouches du Rhône, préfet, et enfin recteur, du Var [1852] ; de l’Isère [1853-1854] ; de Nancy [1857-1865].

Pierre Benjamin Lafaist [1809-1867], ancien élève de l’Ecole normale [1829] le remplacera de 1838 à 1848.

1837. LORQUET, Alfred.

Alfred Lorquet [1815-1883], ancien élève de l’Ecole normale [1833], agrégation de philosophie en 1836.

En 1837, Lorquet, agrégé, est le suppléant de Dunoyer en congé.

Après cette année de suppléance, Alfred Lorquet est en poste au collège royal d'Amiens. Soutient son doctorat ès-lettres en 1841, et obtient l'agrégation des Facultés, en philosophie [1848].

Après avoir été professeur de philosophie à Paris, au lycée Saint-Louis, Alfred Lorquet est chargé d'un cours complémentaire à la Faculté des Lettres de Paris, deviendra secrétaire de la Faculté des Lettre de Paris.

1838-1847. LAFAIST, Pierre Benjamin.

Pierre Benjamin Lafaist [1809-1867], ancien élève de l’Ecole normale [1829], agrégé de philosophie [1832], docteur ès-lettres [Paris, 1833]. A été professeur au collège royal d’Orléans [1834-1838].

Pierre Benjamin Lafaist est en poste au lycée de Marseille de 1838 à 1847. A la fin de l'année 1846, il est nommé professeur de philosophie à la Faculté des Lettres, créée en juin 1846.

En 1848, il est remplacé au lycée par [Claude] Auguste Daunas [1814-vers 1850].

1848-1850. DAUNAS, [Claude] Auguste.

[Claude] Auguste Daunas [1814-vers 1850], ancien élève de l'Ecole normale [1836], ancien chargé de cours au collège royal de Besançon [1839-1842], agrégé de philosophie [1840], docteur ès-lettres [Paris, août 1848], remplace Pierre Benjamin Lafaist. Mais malade, Daunas doit être hospitalisé en psychiatrie, en 1850.

Et en 1850-1851 Auguste Daunas est remplacé par Antonin Rondelet [1823-1893], ancien élève de l’École normale [1841], agrégé de philosophie en 1844, qui vient du lycée de Rennes.

c JJB 09-2010

 
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