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Les programmes des concours de Philosophie de l’Académie des Sciences morales Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Dès 1833, au sein de l'Académie des Sciences morales, Victor Cousin (1792-1867) prend une part dominante dans l’orientation de la section de Philosophie, notamment en ce qui concerne les concours régulièrement proposés. Il veille chaque fois à fournir aux concurrents un programme à suivre pour la rédaction des Mémoires. Cette tradition des consignes détaillées se maintient au delà de 1867, puis les programmes, après être réduits à quelques lignes, finissent par disparaître dans les années 1890.

On trouvera ci-dessous l’intégralité des textes des programmes qui sont indiqués pour les concours de Philosophie de l'Académie des Sciences morales et politiques, de 1833 à 1897, que ce soit au titre du Prix du Budget, du Prix Bordin, du Prix Crouzet, du Prix Victor Cousin, du Prix Saintour.

D’autres concours en rapport avec la philosophie [Prix Gegner, Prix Charles Lévêque, Prix Le Dissez de Penanrun, etc.] qui concernent des ouvrages et non des Mémoires, rédigés aux fins de la compétition, ne sont pas signalés : il ne font pas l’objet de programmes.

LES SUJETS DE PHILOSOPHIE ET LEURS PROGRAMMES.

EXAMEN CRITIQUE DE L’OUVRAGE D’ARISTOTE INTITULÉ MÉTAPHYSIQUE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 22 juin 1833, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Faire connaître cet ouvrage par une analyse étendue et en déterminer le plan.
2. En faire l'histoire, en signaler l'influence sur les systèmes ultérieurs dans l'antiquité et dans les temps modernes.
3. Rechercher et discuter la part d'erreur et la part de vérité qui s'y trouvent, et quelles y sont les idées qui subsistent encore aujourd'hui ou qui pourraient entrer utilement dans la philosophie de notre siècle.

Au rapport de Victor Cousin, les 4 et 11 avril 1835, le premier prix est décerné à Félix Ravaisson [1813-1900], étudiant à la Faculté des Lettres de Paris.
Un deuxième prix à Karl Ludwig* Michelet [1801-1893], professeur de philosophie à Berlin.
Mention honorable à Claude Joseph Tissot [1801-1876], professeur de philosophie au collège royal de Dijon.


EXAMEN CRITIQUE DE L’ORGANUM D’ARISTOTE.
Prix du Budget.
Mis au concours : mars-avril 1835,sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Discuter l'authenticité de l'Organum et des diverses parties dont il se compose.
2. Faire connaître l'Organum par une analyse étendue, déterminer le plan, le caractère et le but de cet ouvrage.
3. En faire l'histoire ; exposer l'influence de la Logique d'Aristote sur tous les grands systèmes de logique de l'antiquité, du moyen-âge et de la philosophie moderne.
4. Apprécier la valeur intrinsèque de cette logique et signaler les emprunts utiles que pourrait lui faire la philosophie de notre siècle.

 Au rapport verbal de Victor Cousin, et rapport écrit de Jean Philibert Damiron, en novembre 1837, le prix est décerné à Jules Barthélemy-Saint-Hilaire [1805-1895]. Une mention honorable est accordée à Claude Joseph Tissot [1801-1876], professeur de philosophie à Dijon, déjà lauréat de l’Institut.


EXAMEN CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE ALLEMANDE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 26 novembre 1836, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Faire connaître par des analyses étendues les principaux systèmes qui ont paru en Allemagne depuis Kant inclusivement jusqu’à nos jours.
2. S’attacher surtout au système de Kant, qui est le principe de tous les autres.
3. Apprécier la philosophie allemande ; discuter les principes sur lesquelles elle repose, les méthodes qu’elle emploie, les résultats auxquels elle est parvenue ; rechercher la part d’erreurs et la part de vérités qui s’y rencontrent, et ce qui, en dernière analyse, peut légitimement subsister, sous une forme ou sous une autre, du mouvement philosophique de l’Allemagne moderne.

Sur le dernier rapport de Charles de Rémusat, du 15 février, 1er, 8 et 15 et relu le 29 mars, 5 et 12 avril 1845, le prix est décerné en 1845 à Joseph Willm [1792-1853], Inspecteur de l'Académie de Strasbourg.
Une mention très honorable est décernée à Fortuné Guiran qui reçoit un encouragement de cinq cents francs du ministre de l'Instruction publique.  


EXAMEN CRITIQUE DU CARTÉSIANISME.
Prix du Budget.
Mis au concours : 23 juin 1838, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1.Exposer l’état de la philosophie avant Descartes.
2. Déterminer le caractère de la révolution philosophique dont Descartes est l’auteur : faire connaître la méthode, les principes et le système entier de Descartes dans toutes les parties des connaissances humaines.
3. Rechercher les connaissances et les développements de la philosophie de Descartes, non seulement dans ses disciples avoués, tels que Régis, Rohault, Delaforge, mais dans les hommes de génie qu’elle a suscités, par exemple Spinoza, Malebranche, Locke, Bayle et Leibnitz.
4. Apprécier particulièrement l’influence du système de Descartes sur celui de Spinoza et sur celui de Malebranche.
5. Déterminer le rang et la place de chacun dans le mouvement cartésien.
6. Apprécier la valeur intrinsèque de la révolution cartésienne considérée dans l’ensemble de ses principes et de ses conséquences et dans la succession des grands hommes qu’elle embrasse depuis l’apparition du Discours de la méthode en 1637 jusqu’au commencement du XVIIIème siècle et la mort de Leibnitz.
Rechercher quelle est la part d’erreur que renferme le cartésianisme, et surtout quelle est la part de vérités qu’il a léguée à la postérité.

Au rapport de Jean Philibert Damiron, le 3 et 10 avril 1841, le prix est partagé entre Jean Bordas-Demoulin [1798-1859], homme de lettres.
et Francisque Bouillier [1813-1899], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Lyon.
Une mention honorable est décernée à Charles Renouvier [1815-1903], ancien élève de l'École polytechnique.


EXAMEN CRITIQUE DE L’ÉCOLE D’ALEXANDRIE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 24 avril 1841, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Faire connaître, par des analyses étendues et approfondies, les principaux monuments de cette école depuis le IIème siècle de notre ère, où elle commence avec Ammonius, Saccas et Plotin jusqu’au VIème siècle, où elle s’éteint, avec l’antiquité philosophique, à la clôture des dernières écoles païennes, par le décret célèbre de 529, sous le consulat de Décius et sous le règne de Justinien.
2. Insister particulièrement sur Plotin et sur Proclus ; montrer le lien systématique qui rattache l’école d’Alexandrie aux religions antiques, et le rôle qu’elle a joué dans la lutte du paganisme expirant contre la religion nouvelle.
3. Après avoir reconnu les antécédents de la philosophie d’Alexandrie, en suivre la fortune à travers les écoles chrétiennes du Bas-Empire et du Moyen Age, et surtout au XIVème siècle, dans cette philosophie qu’on peut appeler philosophie de la Renaissance.
4. Apprécier la valeur historique et la valeur absolue de la philosophie d’Alexandrie.
Déterminer la part d’erreur et la part de vérité qui s’y rencontrent, et ce qu’il est possible d’en tirer au profit de la philosophie de notre siècle.

Au rapport de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, le 27 avril et 4 mai 1844, le prix est décerné à Étienne Vacherot [1809-1897], directeur des études et maître de conférences à l'École normale.
Une mention honorable est décerné au mémoire n°2, resté inconnu.


THÉORIE DE LA CERTITUDE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 6 mai 1843, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Déterminer le caractère de la certitude et de ce qui la distingue de tout ce qui n'est pas elle. Par exemple , la certitude et la plus haute probabilité se confondent-elles
2. Quelle est la faculté ou quelles sont les facultés qui nous donnent la certitude  Si l'on admet qu'il y a plusieurs facultés de connaître, en exposer avec précision les différences.
3. De la vérité et de ses fondements. La vérité est-elle la réalité elle-même, la nature des choses tombant sous la connaissance de l'homme, ou n'est-elle qu'une apparence, une conception arbitraire ou nécessaire de notre esprit
4. Exposer et discuter les plus célèbres opinions anciennes et modernes sur le problème de la certitude, et les suivre dans leurs conséquences théoriques et pratiques.
Soumettre à un examen approfondi les grands monuments du scepticisme, les ouvrages de Sextus, de Huet, de Hume et de Kant.
5. Rechercher quelles sont, malgré les attaques du scepticisme, les vérités certaines qui doivent subsister dans la philosophie de notre temps.

Au rapport d'Adolphe Franck, mai-décembre 1846, le prix est décerné à Auguste Javary [1820-1852], régent de philosophie au collège de Libourne.
Une première mention, très honorable, est décernée à Charles Gouraud [1823-après 1876], licencié ès-lettres, étudiant en droit.
Une deuxième mention, honorable, est décernée à Christian Bartholméss* [1815-1856].


EXAMEN CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE SCOLASTIQUE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 19 avril 1845, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Les concurrents renfermeront leurs recherches dans l’étude de la philosophie scolastique en France, et particulièrement dans l’Université de Paris, la France ayant été au moyen âge la lumière de l’Europe, et l’Université de Paris la mère de toutes les autres universités, françaises et étrangères.
2. Les concurrents s’attacheront aussi à la grande époque, à l’époque classique de la philosophie scolastique, à savoir celle qui remplit le treizième et le quatorzième siècle, qui commence à l’introduction en France de la métaphysique et de la physique d’Aristote, et des commentateurs anciens de ces deux ouvrages, par le moyen de traductions latines, et qui se termine à peu près au concile de Florence et à la prise de Constantinople, c’est à dire à l’introduction en Europe des autres monuments et des autres systèmes de la philosophie grecque.
3. Parmi les discussions des écoles rivales au treizième et au quatorzième siècle, les concurrents sont invités à donner une attention toute particulière à la querelle du réalisme, du conceptualisme et du nominalisme.
4. Les concurrents ne se borneront point à retracer l’histoire des écoles et des systèmes : ils rechercheront la part d’erreur et surtout la part de vérité que ces systèmes et ces écoles peuvent contenir ; ils s’appliqueront à dégager et à mettre en lumière ce qui, soit parmi les principes, soit parmi les procédés, soit parmi les résultats que nous a légués la philosophie scolastique, pourrait encore être mis à profit par la philosophie de notre temps.
5. L’Académie recommande aux concurrents de se renfermer dans le domaine de la philosophie proprement dite, et de rester étranger à celui de la théologie, autant du moins que le permettra le lien intime de ces deux sciences au moyen âge.

Au rapport de Victor Cousin, le 20 mai 1848, le prix est attribué, à Barthélemy Hauréau [1812-1896], conservateur des manuscrits à la Bibliothèque nationale.


COMPARAISON DE LA PHILOSOPHIE DE PLATON ET D’ARISTOTE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 3 juin 1848, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
Sur la comparaison de la philosophie morale et politique de Platon et d'Aristote avec les doctrines des plus grands philosophes modernes sur les mêmes matières.
Apprécier ce qu’il y a de temporaire et de faux, et ce qu’il y a de vrai et d’immortel, dans ces différents systèmes.

Au rapport final de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, le 2 avril-4 mai 1853, le prix est décerné à Paul Janet [1823-1899], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Strasbourg.


EXAMEN CRITIQUE DES PRINCIPAUX SYSTÈMES MODERNES DE THÉODICÉE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 18 mai 1850, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
Le caractère des mémoires demandés par l’Académie doit être, sous la forme de la critique et de l’histoire, essentiellement théorique et spéculatif.
Les concurrents mettront surtout en relief l’esprit général des différents systèmes, leur méthode, leurs principes, leurs résultats.
Ils pourront comprendre dans leur travail les systèmes contemporains les plus célèbres, particulièrement ceux qui sont sortis de la dernière philosophie allemande. Ils les considéreront dans leurs rapports avec l’état présent des connaissances humaines et avec les besoins réels des sociétés modernes.
Ils concluront en faisant connaître la doctrine qui leur paraît conforme à la vérité.

Au rapport de Jean Philibert Damiron, le 20 mai 1854, le prix est décerné à Émile Saisset [1814-1863], professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Pariset maître de conférences à l'École normale supérieure.
Une mention honorable est décernée à Joseph Tissot [1801-1876], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Dijon, déjà lauréat de l’Institut.


DU SOMMEIL DU POINT DE VUE PSYCHOLOGIQUE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 15 novembre 1851, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
Quelles sont les facultés de l’âme qui subsistent ou sont suspendues ou considérablement modifiées dans le sommeil
Quelles différences y a-t-il entre rêver et penser
Les concurrents comprendront dans leurs recherches le somnambulisme et ses différentes espèces.
Dans le somnambulisme naturel y a-t-il conscience et identité personnelle
Le somnambulisme artificiel est-il un fait
Si c’est un fait, l’étudier et le décrire dans ses phénomènes les moins contestables, reconnaître celles de nos facultés qui y sont engagées, et essayer de donner de cet état de l’âme une théorie, selon les règles d’une saine méthode philosophique.

Au rapport de Francisque Lélut, lu en son absence, le 19 août 1854 par Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, le prix est décerné à Albert Lemoine [1824-1874], docteur ès-lettres, professeur de philosophie au lycée de Nantes.


EXAMEN CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE DE SAINT THOMAS D’AQUIN.
Prix du Budget.
Mis au concours : 21 mai 1853, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
L’Académie n’a pas besoin d’avertir les concurrents qu’ils n’ont à considérer dans saint Thomas que le philosophe. Elle appelle leur attention sur les points suivants :
1. Examiner l’authenticité des divers ouvrages attribués à saint Thomas, et déterminer, autant qu’il est possible, l’ordre dans lequel ils ont été composés.
2. Exposer dans une juste étendue la philosophie de saint Thomas, sa métaphysique, sa morale et sa politique. Rechercher ce qu’il doit à Aristote, aux grands docteurs chrétiens, à l’enseignement et aux écrits d’Albert ; marquer ce qui lui appartient.
3. Suivre la philosophie de saint Thomas dans ses principaux disciples de l’ordre de Saint-Dominique, et dans les controverses qu’elle a fait naître entre cet ordre et les ordres rivaux, particulièrement celui de Saint-François, au XIVème et au XVème siècle. Faire l’histoire de cette philosophie jusqu’à la chute de la scolastique et l’avènement du cartésianisme.
4. Terminer par un jugement approfondi de la doctrine de saint Thomas en ses diverses parties. mettre en lumière ce qu’il peut y avoir dans cette doctrine de défectueux, et ce qui paraît vrai et durable, et digne encore de trouver sa place dans la philosophie de notre temps.

Au rapport de Charles de Rémusat, le 24-31 janvier 1857, le prix est décerné, à Charles Jourdain [1817-1886], agrégé des Facultés des lettres, chef de division au Ministère de l'Instruction publique et des cultes.
Mention honorable accordée à Edmond Charles Eugène Domet de Vorges [1829-1910], attaché au Ministère des Affaires étrangères.


HISTOIRE CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE ARABE EN ESPAGNE.
Prix Bordin.
Mis au concours : 22 juillet 1854, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
Les concurrents rappelleront quel était l’état de la philosophie arabe dans les écoles de l’Égypte, de la Syrie et de la Perse, avant qu’elle pénétrât dans le Maroc et dans l’Espagne. Ils rechercheront quelles écoles les Arabes fondèrent en Espagne, quelle place occupa la philosophie dans ces écoles, sous quelle forme elle y était enseignée, et quelles matières elle y comprenait.
Ils détermineront de quelles ressources les philosophes, qui parurent alors successivement, purent faire usage, quels ouvrages de l’antiquité étaient à leur disposition, et si, par exemple, ils connurent directement les Dialogues de Platon.
Parmi les philosophes arabes que les concurrents auront à faire connaître, ils insisteront sur Avempace, de Saragosse ; sur Ibn-ben-Tofail de Cordoue, et sur Avicebron. Ils exposeront la doctrine de ce dernier philosophe, non pas seulement comme les historiens de la philosophie l’ont fait jusqu’ici, d’après des citations incomplètes d’Albert le Grand et de saint Thomas, mais d’après l’ouvrage célèbre d’Avicebron, intitulé : La Source de la vie, dont une traduction latine est conservée à la Bibliothèque impériale de Paris.
Les concurrents s’attacheront à Averroès de Cordoue, le dernier et le plus illustre représentant de la philosophie arabe en Espagne, et ils s’efforceront d’achever, par un travail approfondi, les diverses études dont en ces derniers temps Averroès a été l’objet.
On appelle leur attention sur les points suivants :
1. La biographie d’Averroès la plus complète qu’il soit possible ;
2. L’énumération de ses ouvrages, l’examen de l’authenticité de chacun d’eux, l’appréciation du mérite des traductions latines répandues en France au XIII ème siècle, et de celles qui ont été imprimées à Venise et ailleurs à la suite des ouvrages d’Aristote ;
3. Y aurait-il encore, dans quelque bibliothèque européenne, des écrits d’Averroès qui n’aient pas été traduits en latin, et dont la connaissance importerait à la pleine intelligence de sa philosophie
4. Averroès n’a-t-il laissé que des commentaires d’Aristote, et n’a-t-il pas composé aussi des ouvrages originaux
Ces préliminaires établis, les concurrents aborderont l’étude de la doctrine même d’Averroès, il la feront connaître par des analyses étendues, et même par des citations qui mettront en lumière le caractère de cette doctrine et les conclusions auxquelles elle aboutit.
Parmi les différentes théories dont se compose la philosophie d’Averroès, trois surtout doivent être éclaircies :
1. Averroès est-il nominaliste, conceptualiste ou réaliste
2. Le Dieu d’Averroès est-il celui d’Aristote  Est-ce un Dieu, principe premier du mouvement et de la pensée, ayant conscience de lui-même, et essentiellement différent du monde  Averroès admet-il des attributs moraux de la Divinité, et a-t-il connu la Providence
3. Quel est pour Averroès le principe de la morale  S’arrête-t-il au juste milieu d’Aristote  Péripatéticien, quelle est sa définition de la justice, et n’a-t-il pas des vues plus ou moins développées de droit civil et de droit politique  Musulman, n’a-t-il pas connu la charité qui avait passé de l’Évangile dans le Coran
Comparer Averroès dans l’ensemble de ses diverses théories et le caractère de son génie avec ses devanciers des autres écoles arabes, particulièrement avec Avicenne ; par cette comparaison, faire voir les rapports et les différences de la philosophie arabe en Espagne et de cette même philosophie lorsqu’elle s’est développée sur un autre sol, en Syrie et en Perse.
Les concurrents termineront par une appréciation générale de la philosophie dont ils viennent de faire l’histoire.

Au rapport de Victor Cousin, le 7 février 1857, le prix n'est pas décerné. Il est remplacé par le sujet suivant : Des Principes et de la science du Beau.


DES PRINCIPES DE LA SCIENCE DU BEAU.
Prix du Bordin.
Mis au concours : 7 février 1857, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
Rechercher quels sont les principes de la science du Beau et les vérifier en les appliquant aux beautés les plus certaines de la nature, de la poésie et des arts, ainsi que par un examen critique des plus célèbres systèmes auxquels la science du Beau a donné naissance dans l’antiquité, et surtout chez les modernes.

Au rapport de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, 16-20 avril 1859, le prix est décerné à Charles Lévêque [1818-1900], chargé de cours de Philosophie grecque et latine au Collège de France.
Mention honorable ex aequo à Paul Eugène Voituron, [1801-1876], avocat belge à la cour de Gand.
et à Antelme Édouard Chaignet [1819-1901], professeur de seconde au Prytanée impérial militaire de La Flèche.


DE LA PHILOSOPHIE DE LEIBNIZ.
Prix du Budget.
Mis au concours : 7 février 1857, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Rechercher, en s’appuyant sur des faits certains, et non sur des assertions postérieures, équivoques ou intéressées, quels progrès et quels changements s’étaient accomplis dans l’esprit de Leibnitz depuis sa thèse de Principio individui, soutenue à l’Université de Leipzig en 1663, jusqu’à son voyage en France ; déterminer avec précision où Leibnitz en était parvenu en philosophie et dans les diverses parties des connaissances humaines avant son séjour à Paris dès l’année 1672, et avant le commerce intime qu’il y forma avec les hommes les plus illustres qui y florissaient alors, Huygens, Arnauld, Malebranche, pour établir équitablement la part plus ou moins considérable que le cartésianisme et la France peuvent réclamer dans le développement du génie de Leibnitz.
2. À quelle époque paraît véritablement le principe propre à Leibnitz que la force est l’essence de toute substance
3. Du caractère nouveau introduit dans les discussions philosophiques par l’intervention de l’érudition et de la critique, c’est à dire par l’histoire même de la philosophie, jusqu’alors entièrement négligée et ignorée.
4. Établir en quoi consiste ce qu’on a appelé l’éclectisme de Leibnitz.
5. Apprécier la polémique instituée par Leibnitz contre ses trois contemporains Descartes, Spinoza et Locke. Insister particulièrement sur la critique des diverses théories de Descartes ; exposer et juger le rôle de Leibnitz à l’époque de la persécution du cartésianisme.
6. Des théories les plus célèbres auxquelles demeure attaché le nom de Leibnitz, par exemple, la loi de continuité, l’harmonie préétablie, la monadologie.
7. Terminer par un examen approfondi de l’ouvrage par lequel Leibnitz a couronné ses travaux, la Théodicée ; la comparer à celle de Platon, d’Aristote et des Alexandrins dans l’antiquité, de saint Anselme et de saint Thomas au moyen-âge, de Descartes, de Malebranche et de Clarke chez les modernes.
8. Enfin l’Académie demande aux concurrents, comme une sorte de conclusion pratique à leur mémoire, d’assigner la part du bien et celle du mal dans l’ensemble de la philosophie de Leibnitz, de faire voir ce qui en a péri et ce qui en subsiste et peut encore être mis à profit par la philosophie au XIXème siècle.
 
Au rapport de Jean Philibert Damiron, le 14-21 janvier 1860, le prix est décerné à Jean Félix Nourrisson [1825-1899], professeur de logique au lycée Napoléon [lycée Henri-IV].
et à Louis Alexandre Foucher de Careil [1826-1891], éditeur d'inédits de Leibniz.


DU RÔLE DE LA PSYCHOLOGIE EN PHILOSOPHIE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 14 janvier 1860, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
Avec une appréciation des principales théories psychologiques, anciennes et modernes, et de l’influence qu’elles ont exercée sur les systèmes généraux de leurs auteurs.

Au Rapport d'Adolphe Franck, le 21 février-7 mars 1863, le prix est partagé entre Jean Félix Nourrisson [1825-1899], professeur de logique au lycée Napoléon [lycée Henri-IV], déjà lauréat de l’Institut.
et Émile* Maurial [1816-1874], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Strasbourg.
Mention très honorable à l'auteur du mémoire n°2 resté inconnu.


LA PHILOSOPHIE DE SAINT AUGUSTIN.
Prix Bordin.
Mis au concours : 30 novembre 1861, sur proposition de Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
La philosophie de saint Augustin, ses sources, son caractère ; ses mérites, ses défauts ; son influence, et particulièrement au XVIIème siècle.

Au rapport de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, le 13-20 août 1864, le prix est décerné à Jean Félix Nourrisson [1825-1899], professeur de logique au lycée Napoléon [lycée Henri-IV], déjà lauréat de l'Académie.
Mention très honorable décernée à l’auteur du mémoire n°5 resté inconnu.


EXAMEN DE LA PHILOSOPHIE DE MALEBRANCHE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 18 avril 1863, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Dans la partie biographique du Mémoire, rechercher quelle a été dans l'Oratoire l'éducation philosophique de Malebranche.
2. Exposer les ressemblances et les différences de la philosophie de Descartes et celle de Malebranche pour la méthode, les principes, les conclusions.
3. Apprécier la polémique de Malebranche et d'Arnauld sur la théorie des idées, la critique faite par Locke de la vision en Dieu, et celle du système entier, par les écrivains de la Compagnie de Jésus.
4. Suivre la fortune de la philosophie de Malebranche jusqu'au milieu du XVIIIème siècle.
5. Finir en établissant les mérites et les défauts de cette philosophie, et en se demandant si elle laisse, en métaphysique, en morale, en théodicée, quelque idée qui subsiste, et que puisse recueillir et mettre à profit la philosophie de notre temps.

Au rapport final de Paul Janet, le 12 décembre 1868, le prix est décerné à Léon Ollé-Laprune [1839-1898], professeur de philosophie au lycée de Versailles.
Une mention, honorable à Jean Baptiste Royer [1835-1915], ancien élève de l'École normale supérieure [1854], professeur de seconde au lycée de Dijon.


EXAMEN DE LA THÉORIE DES IDÉES DE PLATON.
Prix Bordin.
Mis au concours : 13 août 1864, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
La question proposée peut se diviser en quatre parties :
Première partie. La première partie doit être une exposition détaillée et approfondie de la théorie des Idées, considérée en elle-même et dans ses principales applications.
Déterminer le caractère propre de l’idée. Est-elle seulement une conception de l’esprit et n’ayant d’existence que dans l’esprit, ou n’est-elle pas aussi quelque chose d’existant en soi, comme les espèces et les genres, et n’exprime-t-elle pas l’unité réelle qui existe dans tous les individus d’un même ordre et constitue leur appartenance à cet ordre
Appréciez à ce point de vue les propositions suivantes :
Tout a son Idée ; l’Idée est l’essence de toute chose ; l’Idée est le type invisible des choses visibles ; l’Idée est le fondement de la définition ; l’Idée est l’objet unique et éternel de la science, de l’art, de la morale, de la politique.
En quoi consiste la dialectique platonicienne
De l’Idée du Beau – Esthétique platonicienne.
De l’Idée du juste dans chaque homme et dans l’État. –Morale et Politique platoniciennes.
De la hiérarchie des Idées.
De l’Idée du Bien placée au faîte de cette hiérarchie, et du bien, supérieur à l’ Existence, comme en étant la raison et la cause finale.
Du dieu de Platon comme le premier et le dernier principe de l’Idée du Bien, et des Idées qui s’y rattachent – Théodicée platonicienne.

Deuxième partie. Rechercher ce que les prédécesseurs de Platon, et surtout Socrate, ont fourni à la théorie des Idées.

Troisième partie. De la polémique d’Aristote contre la théorie des Idées.

Quatrième partie. Suivre cette polémique dans l’École d’Alexandrie ; discuter la valeur de la conciliation entreprise par cette École entre Platon et Aristote.
Conclusion. Résumer les mérites et les défauts de la théorie platonicienne des Idées ; reconnaître la part et le fond de vérité que contient cette théorie, par conséquent l’importance de son étude et les lumières que pourrait lui emprunter la philosophie contemporaine.

Au rapport de Charles Lévêque, le 12 décembre 1867, le prix est décerné à Alfred Fouillée [1838-1912], professeur agrégé de philosophie au lycée de Bordeaux.
Un prix de mille cinq cents francs, sur les fonds de l'Académie, est décerné à Antelme Édouard Chaignet [1819-1901], professeur de Littérature ancienne à la Faculté des lettres de Poitiers, déjà lauréat de l’Institut.


SOCRATE CONSIDÉRÉ SURTOUT COMME MÉTAPHYSICIEN.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : novembre 1865, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
1. Méthode à suivre pour arriver à quelque chose de certain sur la philosophie de Socrate parmi les témoignages si différents de Xénophon et de Platon ; secours à tirer du témoignage trop peu employé d’Aristote.
2. Les concurrents se rendront compte de l’état de la philosophie grecque avant Socrate.
3. Ils rechercheront quels ont été les maîtres de Socrate et ses premières études.
4. Impression profonde produite sur l’esprit de Socrate par la lecture du livre d’Anaxagore, qui pose l’Intelligence comme le premier principe de toutes choses. Nouvelle direction des études de Socrate, et ce qu’il ajoute à la doctrine d’Anaxagore.
5. Du caractère essentiel de la révolution introduite  dans la philosophie par Socrate. L’étude de l’homme établie comme le point de départ et la condition de toute saine spéculation philosophique.
 
6. Diverses théories propres à Socrate :
1. Ce qu’on appelle la maïeutique et l’ironie socratique.
2. Théorie de la définition fondée sur un élément général, premier germe de la doctrine platonicienne des idées.
3. Théorie des causes finales et de la Providence.
4. Théorie du Bien. Harmonie du Bien et de l’Utile.
5. Théorie de l’Amour.
6. Du Démon de Socrate.
7. Socrate et la religion de son temps.
 
7. Lutte de Socrate contre les Sophistes.
8. Des causes du procès de Socrate. Accusation portée contre lui. Sentence de l’Aréopage telle qu’elle nous a été conservée.
9. Conclure en recherchant et en déterminant ce que la philosophie du XIXème siècle peut encore emprunter à la philosophie de Socrate ».

Au rapport d' Étienne Vacherot, le 21 novembre et le 5 décembre 1868, le prix est décerné à Alfred Fouillée [1838-1912], professeur agrégé de philosophie au lycée de Bordeaux.
Une mention, très honorable, est décernée à Antelme Édouard Chaignet [1819-1901], professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Poitiers, déjà lauréat de l’Institut.
Une mention, honorable, est décernée à Pierre Montée, docteur ès-lettres, à Douai.


EXPOSER LA DOCTRINE DE KANT.
Prix du Budget.
Mis au concours : 23 juin 1866, sur proposition de Victor Cousin.

Programme.
Parvenu par l’analyse psychologique à l’idée de liberté, à l’idée de l’âme, à l’idée de Dieu, Kant élève la question si ces idées qu’il déclare lui-même fondées sur la nature de l’esprit humain, ont, en dehors de l’esprit humain, des objets réellement existants qui leur correspondent ; et cette question de l’objectivité des idées, il la résout par la négative. Il croit ensuite ressaisir en morale les certitudes qui lui échappent en métaphysique, en attribuant à la raison pratique la force objective qu’il n’avait pu reconnaître à la raison spéculative. Mais cette distinction de deux raisons différentes en puissance n’ayant pu se soutenir, la philosophie de Kant, privée du contre-poids que lui avait donné son auteur, s’est trouvée réduite à un système idéaliste en psychologie, sceptique dans tout le reste, qui a été le point de départ et reste le fondement de la philosophie allemande contemporaine.
1. Le véritable esprit philosophique consiste-t-il à combattre le sens commun, comme le fait l’auteur de la Critique de la Raison pure, suivi en cela de toute l’école allemande, ou à rechercher, à l’aide d’une réflexion savante, les raisons profondes qui ont fait naître et qui soutiennent les diverses croyances dont se compose le domaine du sens commun.
2. Sur quoi se fonde-t-on pour condamner la raison à ne connaître que les phénomènes et non pas les êtres.
3. La conscience, à laquelle d’ordinaire on en appelle dans les questions de la liberté de l’homme et de la spiritualité de l’âme, est-elle une faculté spéciale et sui generis, ou n’est-elle pas encore la raison elle-même  Dans tous les cas, la faculté, qui est ici en jeu, peut-elle être rapportée à la sensibilité et n’avoir qu’une origine, un caractère, une autorité empirique, ainsi que le prétend la philosophie allemande
4. En théodicée, le principe de causalité et celui des causes finales n’expriment-ils que des vues de l’esprit humain sans aucun fondement dans la nature des choses
5. Une métaphysique sans Dieu est-elle compatible avec la psychologie de Kant et avec toute la psychologie qui n’est pas sensualiste  La liberté, par exemple, est-elle explicable par une combinaison quelconque des forces naturelles, et sans l’intervention d’une première cause, libre elle-même, et supérieure à la nature
6. La science la moins exclusive, si elle aspire à la rigueur scientifique, n’est-elle pas forcée de choisir entre deux philosophies, l’une, qui tirant uniquement des sens toutes nos idées et n’en pouvant tirer celles de la liberté humaine, d’une âme spirituelle et d’un Dieu créateur, rejette ouvertement ces idées ; l’autre, qui, conséquente avec elle-même, d’une psychologie plus ou moins semblable à celle de Kant et de l’idée même de Dieu, telle que Kant l’expose, conclut à un Dieu réellement existant, sans lequel le Dieu de la pensée serait à la fois une pure chimère et une énigme incompréhensible
Enfin, sans méconnaître les mérites et la haute utilité qu’a pu avoir en son temps la Critique de la Raison pure spéculative, pour contraindre le philosophe à mieux se rendre compte de la portée légitime et des limites nécessaires de nos facultés de connaître, les concurrents auront à se demander si cette Critique conserve aujourd’hui la même importance, et si c’est bien du scepticisme, même sous sa forme la plus savante et la plus élevée, que le XIXème siècle a besoin  


Au rapport final de Paul Janet, les 30 novembre et 7 décembre 1872, le prix est partagé entre Claude Joseph Tissot [1801-1876], correspondant de l'Académie, doyen honoraire de la Faculté des lettres de Dijon, déjà lauréat de l’Institut.
et Théophile Desdouits [1836-1898], professeur suppléant de philosophie au lycée Charlemagne.


DE LA FOLIE CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE PHILOSOPHIQUE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 5 décembre 1867, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
1. Quel est le caractère distinctif de la folie et de chacune de ses variétés  Lesquelles de nos facultés sont-elles plus ou moins altérées dans cet état  Qu'est-ce qui distingue cette altération de ce qu'on appelle un esprit faux, chimérique, exalté, etc.
2. Quelles sont les causes psychologiques et morales de la folie  Quel est le rôle que joue le cerveau concurremment avec ces causes  A-t-on observé que la folie se manifeste dans un temps plutôt que dans un autre, sous l'influence de certains évènements ou de certaines idées, soit politiques, soit religieuses, ou par l'effet de certaines œuvres d'imagination  Y a-t-il des folies épidémiques et comment faut-il les expliquer
3. Dans quel cas la folie peut-elle être utilement combattue et même guérie par un traitement qui n'agit que sur les sentiments, les idées et les habitudes, en un mot, sur les facultés morales et intellectuelles  Citer les divers essais qui ont été faits de ce genre de traitement, en apprécier les résultats.
4. Exposer et discuter les théories philosophiques les plus importantes qui ont été soutenues au sujet de la folie, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.

Au rapport final d'Adolphe Franck, le 20 juin 1874, le prix n'est pas décerné.  
Une médaille de mille cinq cents francs attribuée à Joseph Tissot [1801-1876], correspondant de l'Académie, ancien doyen de la Faculté des Lettres de Dijon, déjà lauréat de l’Institut.
Une médaille de mille francs décernée au docteur Prosper Despine [1812-1892], médecin à Marseille.


DE LA PHILOSOPHIE PYTHAGORICIENNE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 26 décembre 1868, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
1. Soumettre à un examen critique les traditions que l’antiquité nous a laissées sur la personne et les doctrines de Pythagore.
2. Expliquer et comparer entre eux tous les fragments qui nous restent de ses disciples immédiats, en discuter l’authenticité, en montrer les ressemblances et les différences, en dégager le fonds commun.
3. Rechercher l’influence que le pythagorisme a exercée sur les autres systèmes philosophiques de l’antiquité grecque, particulièrement sur le platonisme et le néoplatonisme.
4. Suivre la tradition pythagoricienne à travers le Moyen-Age et la philosophie de la Renaissance.
5. Faire la part de la vérité et de l’erreur dans la philosophie pythagoricienne ; montrer l’influence qu’elle a eue non seulement sur la philosophie, mais encore sur les sciences.

Au rapport de Jean Félix Nourrisson, le 4 novembre 1871, le prix est décerné à Antelme Édouard Chaignet [1819-1901], professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Poitiers, déjà lauréat de l’Institut.


DES PHÉNOMENES PSYCHOLOGIQUES DE LA NATURE ANIMALE COMPARÉS AUX FACULTÉS DE L'ÂME HUMAINE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 30 juillet 1870, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
1. Quels sont les phénomènes psychologiques que l'on peut consulter avec le plus de certitude chez les animaux
2. Déterminer les lois de ces phénomènes et leurs rapports avec les fonctions de la vie organique.
3. Y a-t-il des espèces animales qui soient capables de certains actes d'intelligence et de volonté parfaitement distincts des effets spontanés et irrésistibles de l'instinct  Quelles sont les lois qui président à ces actes  Quelles sont les limites dans lesquelles ils sont circonscrits, et qui les séparent absolument de l'intelligence et de la volonté humaines
4. Quelles sont les conséquence que l'on peut tirer des phénomènes psychologiques de la vie animale par rapport aux principes de ces phénomènes
5. Examen critique des différentes théories par lesquelles les philosophes et les physiologistes ont essayé d'expliquer l'intelligence et la sensibilité des animaux.


Au rapport final de Charles Lévêque le 1er juillet 1876, le prix est décerné à Henry Joly [1839-1925], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Dijon.
Mention honorable à l’auteur du mémoire n°1, resté inconnu.


DE LA PSYCHOLOGIE D'ARISTOTE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 28 octobre 1871, sur proposition de Paul Janet.

Programme.
Les concurrents  concentreront leurs efforts sur le Traité de l’âme, d’Aristote. Ils essaieront de résoudre toutes les difficultés de cet ouvrage en l’interprétant à l’aide des autres écrits du même philosophe et en le complétant par l‘analyse de ses petits traités psychologiques.
Ils rechercheront les antécédents de cette psychologie, en montrant les rapports avec l’ensemble de la philosophie aristotélique, en suivront les transformations dans l’école péripatéticienne et dans les écoles postérieures, jusqu’à la naissance de l’école d’Alexandrie.
Ils termineront par l’appréciation de cette doctrine en indiquant ce qu’on peut en conserver dans la philosophie de notre temps.

Au rapport succinct d'Adolphe Franck le 7 novembre 1874, le prix est décerné à Antelme Édouard Chaignet [1819-1901], professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Poitiers, déjà lauréat de l’Institut.


DE LA MÉTAPHYSIQUE CONSIDÉRÉE COMME SCIENCE.
Prix Bordin.
Mis au concours : 8 août 1874, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
1. Les concurrents rechercheront quelle est la nature, quelles sont les conditions et les lois de ce qu’on doit appeler science, et ils se demanderont si, et jusqu’à quel point, cette dénomination peut être appliquée à la métaphysique elle-même.
2. Après cette recherche préliminaire, ils examineront si l’esprit humain est capable de connaître autre chose que des phénomènes et des rapports de phénomènes, et si ce qu’on nomme cause, substance, espace, temps, infini, absolu, parfait, sont des notions sans valeur et sans signification
3. En supposant qu’après l’examen précédent, les concurrents aient reconnu aux notions précitées au moins une signification subjective, ils auront à rechercher si elles ont, en outre, une valeur objective ou si elles ne sont que des lois de l’esprit humain
4. Enfin les concurrents se demanderont, en terminant, pour quelle raison la métaphysique, dès son origine, s’est trouvée divisée en systèmes opposés, et depuis lors toujours renaissants ; si cette division est nécessaire, et si elle se reproduira dans l’avenir comme dans le passé, ou s’il y a lieu d’espérer, par des recherches plus exactes et une étude plus approfondie de ces mêmes systèmes, l’établissement d’une métaphysique une et définitive.

Au rapport de Paul Janet le 9 juin 1877, le prix est décerné à Louis Liard [1846-1917], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Bordeaux.
Un second prix [extraordinaire] est décerné à Théophile Desdouits [1836-1898], ancien élève de l’École normale supérieure [1855], agrégé des lettres en 1858, professeur de philosophie au lycée de Versailles.
Mention, honorable, décernée à Edmond Charles Eugène Domet de Vorges [1829-1910], attaché au Ministère des Affaires étrangères.
Mention, honorable, décernée à Jules Alaux [1828-1903], ancien élève de l’École normale supérieure [1850], docteur ès-lettres [1855], agrégation de philosophie en 1866, professeur de philosophie au lycée de Nice.


HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE DE L'ÉCOLE DE PADOUE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 8 août 1874, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Retracer l'histoire de la philosophie de l'École de Padoue, notamment au XVème et au XVIème siècle.
La faire connaître par la biographie de ses représentants les plus considérables, mais surtout par des analyses étendues de leurs principaux ouvrages.
Indiquer ensuite quelles sont les questions philosophiques que l'École de Padoue a plus particulièrement agitées.
Discuter les solutions diverses ou contraires qui ont été proposées.
Déterminer enfin quelle est la part d'influence que la philosophie de l'École de Padoue a exercée dans le mouvement général des idées à l'époque de la Renaissance.

Au rapport de Francisque Bouillier le 8 mars 1879, le prix est décerné à Léopold Mabilleau [1859-1941], ancien élève de l’École normale supérieure [1873], maître de conférences de Philosophie à la Faculté des Lettres de Toulouse.


DE LA PHILOSOPHIE STOÏCIENNE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 8 août 1874, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
1. Rechercher les origines de la philosophie stoïcienne dans les systèmes de morale, de physique ou de métaphysique qui l’ont précédée.
2. Exposer la philosophies stoïcienne dans son ensemble, en marquant avec soin, d’après les témoignages et les documents les plus dignes de foi, ce qu’elle doit à chacun des philosophes qui ont concouru à la former.
3. Faire connaître l’influence qu’elle a exercée dans l’antiquité et dans les temps modernes, non seulement sur les systèmes de philosophie, mais sur la science du droit et sur les mœurs.
4. Montrer la part de vérité et d’erreur qu’elle renferme, et mettre en lumière, s’il est possible, ce qui en subsiste et ce qui en doit subsister encore aujourd’hui.

Au rapport final de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, le 3 mai et le 16 août 1884, le prix n'est pas décerné.
Une récompense de mille francs est accordée à François Ogereau [1849- ], agrégé de philosophie [1882], futur proviseur du lycée de Toulouse.


EXAMEN CRITIQUE DES PRINCIPAUX SYSTÈMES DE THÉODICÉE DEPUIS LE DIX-HUITIÈME SIÈCLE.
Prix Crouzet.
Mis au concours : 15 juillet 1876, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Les concurrents auront à rechercher ce que sont devenus pendant le XVIIIème siècle les systèmes de Théodicée qui avaient eu cours au siècle précédent. Ils devront pousser leur étude jusqu’à notre temps, et ils auront à comparer les théories et les expérience de la science contemporaine avec les vérités de la Théodicée qu’on peut tenir pour certaines.

Au rapport final d' Étienne Vacherot le 7 mai 1881, le prix n’est pas décerné.
A deux reprises, aucun mémoire n’ayant été déposé sur cette question, l’Académie l’a remplacé par le sujet suivant : La Philosophie de l’évolution.


EXPOSER ET DISCUTER LES DOCTRINES PHILOSOPHIQUES QUI RAMÈNENT AU SEUL FAIT DE L'ASSOCIATION LES FACULTÉS DE L'ESPRIT HUMAIN ET LE MOI LUI-MÊME.
Prix du Budget.
Mis au concours : 10 mars 1877, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
Exposer et discuter les doctrines philosophique qui ramènent au seul fait de l'association les facultés de l'esprit humain et le moi lui-même.
Rétablir les lois, les principes et les existences que les doctrines en question tendent à dénaturer ou à supprimer.

Sur rapport final de Francisque Bouillier le 30 avril 1881, le prix est décerné à Enrico Ferri [1856-1929], professeur à l'Université de Rome.


DE LA PHILOSOPHIE D'ORIGÈNE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 7 mars 1878, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
Esquisser la doctrine philosophique d’Origène. Recueillir les idées philosophiques répandues dans les Commentaires sur toute l’Écriture et dans l’Apologie du christianisme contre Celse. Examiner s’il y a lieu d’attribuer les Philosophoumeana à Origène.
Remonter aux différentes sources de la philosophie d’Origène, particulièrement à Philon et à Clément d’Alexandrie. Signaler l’influence que la philosophie d’Origène  a exercée sur les doctrines philosophiques et religieuses de la seconde moitié du IIIème siècle et celles des siècles suivants.
Apprécier la valeur de cette philosophie au point de vue philosophique et moral.

Au rapport d'Adolphe Franck les 11, 18 et 25 mars 1882, le prix est décerné à Jacques Denis [1821-1897], professeur de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Caen.


EXAMEN CRITIQUE DES SYSTÈMES COMPRIS SOUS LE NOM GÉNÉRAL DE PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.
Prix Bordin.
Mis au concours : 3 juillet 1880, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
1. Rechercher s’il n’y a pas déjà quelques systèmes de ce genre dans l’antiquité grecque et chez les philosophes du Moyen Age et de la Renaissance.
2. Exposer et apprécier ceux de ces systèmes qui ont acquis le plus de célébrité ou qui présentent le plus d’importance, au XVIIème, au XVIIIème et XIXème siècle : examiner en quoi ils sont favorables ou contraires à l’idée de la liberté humaine et aux principes fondamentaux de la morale et du droit naturel.
3. Apprécier la valeur même de cette science qui porte le nom de Philosophie de l’histoire ; montrer quels sont les résultats certains qu’elle a obtenus jusqu’à présent et ceux qu’il est permis d’attendre dans l’avenir.

Au rapport final d'Adolphe Franck, lu le 4 juillet 1885 et le 28 août 1886, le prix est décerné à Adolphe Hatzfeld [1824-1900], professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand.
Mention honorable à l’auteur d’un mémoire n°3, resté inconnu.


LA PERCEPTION EXTÉRIEURE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 3 juillet 1880, sur proposition de Charles Lévêque.

Programme.
Exposer les principales théories de la perception extérieure. Faire connaître et discuter les travaux les plus récents sur les rapports des phénomènes psychologiques et des phénomènes physiologiques dans le fait de la perception. Rechercher ce que les observations des physiologistes contemporains ont pu apprendre de nouveau relativement à cette question.

Au rapport final de Charles Lévêque le 27 août et le 3 septembre 1887, le prix est décerné à Emmanuel Joyau [1850-1924], docteur ès-lettres, professeur de philosophie au lycée de Douai, déjà lauréat de l’Institut.
Le prix est également décerné à Alfred Binet [1857-1911] <demeurant à Paris >.


LE SCEPTICISME DANS L'ANTIQUITÉ GRECQUE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 2 avril 1881, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
1. Faire connaître les antécédents du scepticisme dans la philosophie grecque.
2. Exposer les doctrines de Pyrrhon.
3. Définir le rôle de la Nouvelle Académie.
4. Insister sur le renouvellement du scepticisme par Aenésidème et Sextus Empiricus.
5. Examen critique de ces différentes doctrines. Il est recommandé aux concurrents de discuter, dans le cours de leur travail, la valeur historique et l’authenticité des monuments et des textes sur lesquels ils s’appuient.

Au rapport étendu de Félix Ravaisson, le 29 novembre 1884, le prix est décerné à Victor Brochard [1848-1907], professeur de philosophie au lycée Condorcet.
Récompense de quatre mille francs à François Picavet [1851-1921], agrégé de philosophie [1882].


DE LA DOCTRINE DE L'ÉVOLUTION CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE PHILOSOPHIQUE.
Prix Crouzet.
Mis au concours : 7 mai 1881, sur proposition d’Étienne Vacherot.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Paul Janet, le 1er septembre 1883, le prix n’est pas décerné.
Une récompense de mille cinq cents francs est accordée à Clémence Royer [1830-1902].


LE LIBRE ARBITRE, THÉORIE ET HISTOIRE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 1er juillet 1882, sur proposition de Charles Lévêque.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Francisque Bouillier, le 25 avril 1885, le prix est décerné à George Lespinasse Fonsegrive [1852-1917], agrégé de philosophie, professeur de philosophie au lycée de Pau.
Une mention, honorable, est décernée à Emmanuel Joyau [1850-1924], professeur de philosophie au lycée d'Angoulême, déjà lauréat de l’Institut.
Une mention, honorable, est également décernée à l'abbé Élie Blanc [1846-1926], professeur aux Facultés catholiques de Lyon.


EXAMEN CRITIQUE ET HISTOIRE DU PESSIMISME.
Prix Crouzet.
Mis au concours : 16 février 1883, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Examen critique et histoire du pessimisme.
Exposer les principales théories du pessimisme qui se sont produites dans les temps modernes et les débats qu’elles ont suscités.
S’appliquer surtout à dégager et à discuter les principes de ces théories. En constater les conséquences et en apprécier les résultats.

Au rapport final de Jean Félix Nourrisson, le 28 juillet 1888, le prix n’est pas attribué.
Une récompense de 2 500 francs est décernée à Étienne Metman, avocat à Dijon. Une récompense de 2 500 francs est également décernée à Léon Jouvin, sous-inspecteur de l'enregistrement à Paris.
Mention honorable à Henri Lauret, agrégé de philosophie, docteur ès-lettres, professeur de philosophie au lycée d’Angoulême.
Mention honorable à Léon Lescoeur [1821-1907], ancien Inspecteur général de l'Instruction publique.


DES DIALOGUES DE PLATON.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 24 mai 1884, sur proposition de Charles Lévêque.

Programme.
1. Discuter la question de l’authenticité des dialogues de Platon et essayer d’en déterminer la succession chronologique.
2. Faire l’histoire des manuscrits des dialogues, en examiner l’importance relative, et dire à quelles bibliothèques ils appartiennent.
3. Examiner et comparer les principales traductions tant françaises qu’étrangères des dialogues de Platon et les plus remarquables travaux de notre siècle sur la philosophie platonicienne.
4. Enfin, dire quels sont ceux de ces dialogues qui ont exercé le plus d’influence sur la pensée moderne.


Au rapport de Paul Janet, le 18 juin 1887, le prix est décerné à Charles Huit [1845-1914], docteur ès-lettres, professeur à l'Institut catholique de Paris.


DE LA PHILOSOPHIE DU LANGAGE.
Prix Bordin
Mis au concours : 14 juin 1884, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
1. Exposer et apprécier les différents systèmes qui, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, ont eu pour but d’expliquer philosophiquement les origines et les lois du langage.
2. Recueillir dans les œuvres les plus importantes de la philologie contemporaine les principes et les faits qui pourraient servir à la formation d’une philosophie du langage.


Au rapport d'Étienne Vacherot, le 25 juin 1887, le prix est décerné à Paul Regnaud [1838-1910], professeur adjoint de Sanscrit et de grammaire comparée à la Faculté des Lettres de Lyon.
Une mention, honorable, est décernée à Hippolyte Destrem [1816-1894], [proche du mouvement fouriériste].


DE LA PHILOSOPHIE DE LA NATURE CHEZ LES ANCIENS.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 4 juillet 1885, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
Remonter aux origines, et exposer d'après les textes les plus authentiques, les principaux systèmes de la philosophie de la nature chez les anciens.
Insister sur les rapports que cette philosophie établit entre la nature et l'intelligence de l'homme, entre l'idée de la nature et l'idée de Dieu.
Rechercher l'influence que les anciens systèmes de la nature ont exercée sur les sciences physiques et naturelles des temps modernes.

Au rapport étendu de Charles Lévêque, le 3 septembre 1892, le prix est décerné à Charles Huit [1845-1914], docteur ès-lettres.
Mention très honorable  à l’auteur du mémoire n°1, resté inconnu.


DE LA PHILOSOPHIE DE FR. BACON.
Prix Bordin.
Mis au concours : 16 avril 1887, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Apprécier la polémique de Bacon contre toutes les philosophies antérieures, et particulièrement contre Platon et Aristote.
Exposer la méthode et le système de Bacon d’après l’Instauratio magna et surtout d’après le Novum organum.
Étudier sa morale et déterminer l’influence que Bacon a exercée sur le XVIIème et le XVIIIème siècles, et celle qu’il exerce encore sur la scène contemporaine.

Au rapport de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire les 15, 22, 29 mars 1890, le prix est décerné à Charles Adam [1857-1940], chargé du cours de Philosophie à la Faculté des Lettres de Dijon.
Une mention, très honorable, est décernée à Léon Lescoeur [1821-1937], Inspecteur général honoraire de l'Instruction publique, déjà lauréat de l’Institut.


EXPOSER LES THÉORIES DES LOGICIENS MODERNES DEPUIS LA RÉVOLUTION CARTÉSIENNE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 16 avril 1887, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Rechercher si ces théories, soit en logique déductive, soit en logique inductive, ont modifié ou agrandi le champ de la logique tel que l’avait déterminé Aristote.

En décembre 1889, aucun mémoire n’ayant été remis, le sujet est retiré du concours.


ÉTAT ACTUEL DES QUESTIONS QUI SE RATTACHENT À LA THÉODICÉE.
Prix Crouzet.
Mis au concours : 16 Juin 1888, sur proposition d’Adolphe Franck.  

Programme.
1. État actuel des questions qui se rapportent à la théodicée.
2. Coup d'œil rétrospectif sur les systèmes métaphysiques et les théories scientifiques qui s'y rapportent.
3. Quelles sont les conclusions qui sortent de cette comparaison entre le présent et le passé

Au rapport de Francisque Bouillier, le 11 avril 1891, le prix est décerné à Eugène Maillet [1837-1897], professeur de philosophie au lycée Louis-le-Grand.


DE LA PHILOSOPHIE DE L'INCONSCIENT.
Prix du Budget.
Mis au concours : 8 juin 1889, sur proposition de Paul Janet.

Programme.
Dans une introduction historique, les concurrents partiront de la doctrine de Leibniz sur les perceptions obscures et latentes, et ils suivront le développement de cette question dans la philosophie moderne jusqu'à nos jours.
Puis, se plaçant surtout au point de vue de la psychologie, ils insisteront sur la description et l'analyse des phénomènes, dits inconscients, ou de petite conscience et en feront ressortir le rôle et l'importance dans la vie psychologique et morale.
Ils rattacheront l'explication de ces phénomènes à une théorie de la conscience.
Enfin, dans la conclusion ils examineront les conséquences que l'on peut tirer de ces faits au point de vue de la métaphysique.

Au rapport de Paul Janet, le 30 avril 1892, le prix est décerné à Théophile Desdouits [1836-1898], professeur de philosophie au lycée de Versailles, déjà lauréat de l’Institut.
Une mention, très honorable, est décernée au sociologue René Worms [1869-1926], agrégé de philosophie.


HISTOIRE ET EXAMEN CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE ATOMISTIQUE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 15 juin 1889, sur proposition d’Adolphe Franck.

Programme.
1. Remonter aux premières origines de la philosophie atomistique ; recueillir les documents qui nous restent sur le système de Leucippe et de Démocrite ; comparer ce système à celui des homeoméries adopté par Anaxagore.
2. Indiquer les changements introduits dans la philosophie atomistique par Épicure, Lucrèce, les Scolastiques arabes ou Motécallémin et Gassendi.
3. Comparez la philosophie des atomes à la monadologie de Leibniz.
4. Recherchez ce qu’il y a de vrai et de faux dans la philosophie des atomes tant au point de vue métaphysique qu’au point de vue scientifique.

 Au rapport de Félix Ravaisson, le 5 août 1893, le prix est décerné à Léopold Mabilleau [1859-1941], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Caen, déjà lauréat de l’Institut.


DE LA PERSONNALITÉ HUMAINE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 12 novembre 1892, sur proposition de Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
1. Exposer et apprécier les doctrines tant anciennes que modernes sur la personnalité humaine.
2. Conclure par une théorie de la personnalité.
C’est le même programme qui est repris en février 1897.

Au rapport très bref de Francisque Bouillier, le prix n’est pas décerné. Il est reporté.
Le sujet sera proposé à nouveau par Jean Félix Nourrisson, le 20 février 1897.


HISTOIRE ET EXPOSITION DU POSITIVISME.
Prix Bordin.
Mis au concours : 12 novembre 1892, sur proposition de Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Histoire et exposition du positivisme.
Discuter ses méthodes, ses théories et ses applications.

Au rapport d' Alfred Fouillée, le 6 juillet 1895, le prix n’est pas décerné.
Une récompense de deux mile francs est accordée à Charles Laurens, ancien élève de l'École normale supérieure de la section Sciences, professeur honoraire du lycée Corneille et de l'École supérieure des sciences de Rouen.
Une récompense de cinq cents francs est accordée à Jean Halleux [1868- ], de Bruges, docteur en droit [1895], futur professeur à l'Université de Gand.


DES RAPPORTS GÉNÉRAUX DE LA PHILOSOPHIE ET DES SCIENCES.
Prix du Budget.
Mis au concours : 5 août 1893, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Pour l'antiquité : Étudier notamment, Platon, Aristote, Sénèque et Galien.
Pour le Moyen-Age : Roger Bacon.
Pour les temps modernes : François Bacon, Descartes, l'Ecole écossaise, Kant, et la philosophie de la nature.
Dans les systèmes contemporains : Les concurrents concluront en marquant nettement le rapport de la philosophie avec toutes les sciences.

Au rapport final de Théodule Ribot, le 29 septembre 1900, le prix n'est pas décerné. Le sujet est retiré du concours.


EXAMEN DU PANTHÉISME.
Prix Crouzet.
Mis au concours : 5 août 1893, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Après une rapide introduction sur les origines du panthéisme  dans l’antiquité et au XVIème siècle, les concurrents insisteront sur le panthéisme moderne depuis Spinoza jusqu’à nos jours.
Ils discuteront le panthéisme dans son principe, dans ses formes diverses et dans ses applications morales et sociales.

Au rapport de Jules Lachelier, le 17 octobre 1896, le prix est partagé : Récompense de deux mille francs, à Théophile Desdouits [1836-1898], ancien professeur de philosophie au lycée de Versailles, déjà lauréat de l’Institut.
Récompense de mille francs à l'auteur du mémoire n° 3, resté inconnu.


DE L'IDÉE DE PERFECTION.
Prix Saintour.
Mis au concours : 5 août 1893, sur proposition de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Faire l’histoire de l’idée de perfection.
Examiner si cette idée a une valeur objective.
Rechercher quel est le rapport de cette idée avec le principe des causes, et avec le développement des arts.

Sur rapport de Jules Lachelier, le 8 août 1896, le prix n’est pas décerné.
Récompense de mille cinq cents francs à Léopold Mabilleau [1859-1941], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Caen, déjà lauréat de l’Institut.


EXPOSITION ET EXAMEN DE LA PHILOSOPHIE DE PHILON LE JUIF ET DE L'ÉCOLE JUIVE D'ALEXANDRIE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 11 novembre 1893, sur proposition de Barthélemy-Saint-Hilaire.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Paul Janet du 18 octobre 1896, le prix est  partagé entre :
François Colonna d'Istria [1864-1925], professeur agrégé de philosophie au lycée de Besançon.
Édouard Herriot [1872-1957], ancien élève de l'École normale supérieure [1891], professeur agrégé au lycée de Nantes.


DE LA  PERSONNALITÉ  HUMAINE.
Prix Bordin.
Mis au concours : 20 février 1897, sur proposition de Jean Félix Nourrisson.

Programme.
1.Exposer et apprécier les doctrines tant anciennes, que modernes sur la personnalité humaine.
2. Conclure par une théorie de la personnalité.
C’est le même programme que celui proposé en novembre 1892.
 
Au rapport de Jules Lachelier, le 13 octobre 1900. Le prix n’est pas décerné.
Récompense de mille huit cents francs à Emmanuel Joyau [1850-1924], professeur à la Faculté des Lettres de l’Université de Clermont-Ferrand, déjà lauréat de l’Institut.


ÉTUDE SUR LA PHILOSOPHIE D'ALEXANDRE D'APHRODISIADE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 13 mars 1897, sur proposition de Paul Janet.

Programme.
1. Dans une première partie, les concurrents analyseront les principaux commentaires d'Alexandre, et indiqueront les secours qu'on en peut tirer pour l'interprétation de l'œuvre d'Aristote.
2. Dans une seconde partie, ils étudieront les ouvrages personnels d'Alexandre et feront connaître ses propres doctrines philosophiques.
3. Enfin dans une conclusion, ils détermineront la place qu'Alexandre d' Aphrodisiade occupe parmi les commentateurs d'Aristote, et son rôle dans l'histoire de la philosophie.

Au rapport de Victor Brochard, lu par Henri Bergson, le 10 octobre 1903, le prix n’est pas décerné.
Une mention honorable est accordée à Victor Flour de Saint-Genis [1830-1924], ancien conservateur des hypothèques à Paris.


LA PHILOSOPHIE DE FICHTE.
Prix Saintour.
Mis au concours : 6 novembre 1897, sur proposition de Paul Janet.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport d'Émile Boutroux, le 21 juillet 1900, le prix est décerné à Xavier Léon [1868-1935], Directeur de la Revue de métaphysique et de morale.


DE L’IDÉE D’ÉVOLUTION DANS LA NATURE ET DANS L’HISTOIRE.
Prix Crouzet.
Mis au concours : 12 novembre 1898,sur proposition de Jean Félix Nourrisson.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Théodule Ribot, le 26 octobre 1901, le prix est décerné à Gaston Richard, docteur ès-lettres, professeur agrégé de philosophie au Havre.


LA PHILOSOPHIE DE SCHELLING.
Prix du Budget.
Mis au concours : 12 novembre 1898, sur proposition de Jean Félix Nourrisson.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Théodule Ribot, le 14 juin 1902, le prix n’est pas décerné. Le sujet est retiré.


LA THÉORIE DES PASSIONS DANS LA PHILOSOPHIE ANCIENNE.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 19 janvier 1901, sur proposition de Jules Lachelier.  

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Victor Brochard, lu par Jules Lachelier, le 9 juillet 1904, le prix n’est pas décerné.
Une récompense est accordée à Guillaume Léonce Duprat [1872- ], docteur ès-lettres, professeur de philosophie au lycée de Rochefort-sur-Mer.


THÉORIE PSYCHOLOGIQUE DE L'INSTINCT.
Prix Crouzet.
Mis au concours : 15 novembre 1902, sur proposition de Jules Lachelier.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Jules Lachelier, lu dans la séance du 15 juillet 1905, le prix n'est pas décerné. Le sujet est retiré du concours.

L'ATTENTION.
Prix Saintour.
Mis au concours : 15 novembre 1902, sur proposition de Jules Lachelier.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Théodule Ribot, du 1er juillet 1905, le prix n’est pas décerné.
Récompense de mille huit cents francs à Jean Paul Nayrac [1879-1934], attaché au Laboratoire de psychologie.
Récompense de mille deux cents francs à Édouard Roehrich, pasteur protestant.


MAINE DE BIRAN ET SA PLACE DANS LA PHILOSOPHIE MODERNE.
Prix Bordin.
Mis au concours : 15 novembre 1902, sur proposition de Jules Lachelier.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Henri Bergson, du 8 novembre 1905, le prix n'est pas décerné.
Récompense de mille cinq cents francs, à M...., qui ne s'est pas fait connaître.
Récompense de mille francs, à l'abbé Jean Amable de La Valette-Montbrun [1872-1930].


LA PHILOSOPHIE DE SCHOPENHAUER.
Prix du Budget.
Mis au concours : 15 novembre 1902, sur proposition de Jules Lachelier.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport final d' Émile Boutroux, le 22 juin 1907, le prix n'est pas décerné.
Une récompense de cinq cents francs est accordée à Juret, professeur au collège à Poligny [Jura].


LES COSMOGONIES GRECQUES.
Prix Victor Cousin.
Mis au concours : 28 novembre 1903, sur proposition de Jules Lachelier.

Programme.
Pas de programme indiqué.

Au rapport de Victor Brochard, lu par Alfred Espinas, le 11 et 18 août 1906, le prix n’est pas attribué.
Une récompense de 2 5000 francs est accordée à André Manceron, professeur de philosophie au collège de Sézanne [Marne].


ÉTUDIER LES PRINCIPALES THÉORIES DE LA LOGIQUE CONTEMPORAINE.
Prix du Budget.
Mis au concours : 28 novembre 1903, sur proposition de Jules Lachelier.

Programme.
Pas de programme indiqué.
 
Au rapport de Théodule Ribot, le 6 juillet 1907, le prix n’est pas décerné.
Une récompense de mille cinq cents francs est accordée à Paul Minnaert de Bruxelles.

© JJB, 2012-02

 
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