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La mort de l’abbé Jean Baptiste Marcel Flottes, 1864 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'abbé Jean Baptiste Marcel Flottes [1789-1864] est d'abord professeur de philosophie au séminaire de Montpellier, puis au collège de Montpellier. Il est nommé professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Montpellier, au moment de la création de la faculté en 1838 et prononce sa première leçon le 4 janvier 1839. Il assure son enseignement jusqu'en 1857.

Mais il n'est pas qu'un professeur, il est aussi un abbé. Au séminaire de Montpellier, il devient professeur de théologie dogmatique [1813-1817] Il reçoit la prêtrise en 1814. Il est aumônier du lycée [1815], en même temps qu'il est professeur de philosophie. Il est choisi comme grand-vicaire du diocèse [1844].
De constitution faible dès sa jeunesse, souvent malade, l'abbé Jean Baptiste Marcel Flottes meurt à Montpellier dans la nuit du 24 au 25 décembre 1864. Voyez sa notice et sa bibliographie .

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Dans un ouvrage consacré à la " Vie de M. l'abbé Flottes " l'auteur, l'abbé César Pierre Durand, décrit les derniers moments de l'abbé Jean Baptiste Marcel Flottes [Paris : Durand ; Montpellier : F. Seguin. In-8, 319 p., 1866].

" Le 22 décembre 1864, au moment de son lever, l'abbé Flottes éprouva quelque malaise. Il monte au deuxième étage de la maison qu'il habitait : c'est là qu'il prenait ses repas, qu'il vivait en société, qu'il recevait ses amis. On s'aperçoit de quelque altération dans ses traits ; lui-même se plaint d'une difficulté à parler. On l'engage à redescendre dans son appartement. Il cède : un ecclésiastique de ses amis qui se trouvait présent lui offre son bras pour le soutenir ; il le refuse, descend avec précipitation, se remet au lit. Le médecin accourt : après un examen rapide de son état, il lui demande pleine liberté d'agir pour arrêter les progrès du mal. S'il le faut, répond le malade, agissez. Cette parole attestait en lui le sentiment d'un coup de la dernière gravité. L'excessive délicatesse de son organisation lui faisait ordinairement repousser tout remède d'une nature tant soit peu irritante : toute tentative à cet égard provoquait un évanouissement. Après une légère exclamation, témoignage d'affectueuse sensibilité envers la personne qui depuis plusieurs années lui prodiguait avec un pieux dévouement les soins les plus attentifs, il perdit la parole. La paralysie qui l'avait frappé faisait des progrès rapides. Son confesseur, appelé en toute hâte, le trouva jouissant de toute la plénitude de son intelligence ; le sacrement de l'extrême onction fut administré. Sa couche funèbre était entourée de prêtres, d'amis recueillis et profondément affligés. Il reçut ce sacrement avec les signes manifestes de la foi la plus vive. Pendant quatre jours, parmi les efforts tentés pour arrêter les progrès du mal, des lueurs d'espérance venaient quelquefois tempérer la douloureuse impression produite par ce triste événement. On a pu juger, dans cette circonstance, de la haute estime et des vives sympathies qu'il s'était conciliées. La ville entière fut émue : c'était comme un deuil public. On se succédait sans interruption dans la maison qu'il habitait, pour s'informer de ce qu'on avait à craindre ou à espérer. Nous vîmes des hommes graves éclater en sanglots. Toutes les classes de la société étaient confondues dans un même sentiment : tous, en s'informant mutuellement de l'état du malade, échangeaient entre eux des paroles de regret et de vénération ; ses rares talents, sa modestie, sa charité surtout, bien connue dans les rangs du peuple, étaient le sujet de toutes les conversations.
Enfin, après quatre jours de maladie, pendant lesquels le vénérable prêtre parut avoir presque constamment prêté une attention intelligente aux paroles pieuses qui lui étaient adressées, il entra dans une douce et paisible agonie, le 24 décembre, vers le milieu de la nuit, au moment où les fidèles se disposaient à aller adorer le Dieu naissant dans une crèche, pour préparer à notre mortalité une nouvelle naissance et une vie sans fin. "L'abbé Flottes est mort durant la nuit de Noël, la nuit sainte par excellence. Son âme brisait doucement les derniers liens, quand l'Eglise entonnait le sublime cantique des anges : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de volonté ! Quelle fin providentiellement heureuse pour cette pacifique nature de philosophe, si chrétiennement spiritualiste ; pour ce savant et digne prêtre, dont toute la vie a été une active prédication de l'Evangile !"".

 

jjb 05-2010



 
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