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Caen : Tyrard-Deslongchamps, premier professeur de philosophie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Nicolas Tyrard-Deslongchamps [1750-1821] est le premier professeur de philosophie nommé au lycée impérial de Caen [Calvados]. Il y enseigne de fin 1809 à 1820 inclus. Est en même temps titulaire de la chaire de Philosophie à la Faculté des Lettres de Caen, et doyen de la Faculté. 
Né le 27 novembre 1750, à Plessis-Grimould [aujourd'hui département du Calvados] ; mort le 21 janvier 1821, à Caen [Calvados].

L'écriture du nom connaît des variantes : Tirard-Deslongchamps ; Tirard des Longchamps ; Tyar de Longschamps.

1808-1810. L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE DANS LES LYCÉES.
L'article 5, du titre 1er, du décret impérial du 17 mars 1808, portant organisation de l'Université, définit l'ordre des écoles et leurs fonctions spécifiques, au nombre de six : Facultés ; Lycées ; Collèges, écoles secondaires communales ; Institutions, écoles tenues par des instituteurs particuliers ; Pensions, appartenant à des maîtres particuliers ; Petites écoles, écoles primaires.
Aux Lycées revient l'enseignement de la Logique, indiqué dans la liste des matières enseignées : Langues anciennes, Histoire, Rhétorique [anciennement Belles-Lettres], Logique, et les éléments des Sciences mathématiques et physiques. 
Cet enseignement de la Logique est à comprendre encore dans l'esprit de la Grammaire générale, entendue au sens des Idéologues, comme analyse du jugement. 

Une inflexion du contenu de l'enseignement, dans un sens plus conforme à la tradition des collèges royaux d'avant la Révolution française, apparaît dans le règlement du 19 septembre 1809, qui organise l'enseignement. 
L'article 5 indique : « Il y aura une année de philosophie dans les lycées chefs-lieux d'académies ». Soit trente-cinq lycées situés dans les frontières, et hors frontières, de la Révolution.

L'article 17 du règlement du 19 septembre 1809 détermine avec précision la matière de cet enseignement.
Ainsi, c'est à partir de cette date que se met en place, dans les lycées de l'Empire, un enseignement de philosophie comprenant : les principes de la Logique, de la Métaphysique, de la Morale ; ainsi que l'Histoire des opinions des philosophes. 
Le cours est prononcé soit en latin soit en français. Il est confié à un professeur spécifique, à raison de quatre leçons par semaine, de deux heures chacune. Il est indiqué également : Le professeur fera composer ses élèves sur des matières philosophiques.
Pour le traitement et le rang, le professeur de philosophie est un professeur de premier ordre, comme celui de mathématiques transcendantes et de rhétorique.
« Les professeurs de premier ordre des lycées des chefs-lieux d'académie sont professeurs de faculté, et en prendront rang hors du lycée ; mais ils n'en seront pas moins subordonnés au proviseur dans l'intérieur de la maison ».

Enfin, un arrêté du 10 février 1810 décide une extension : « Il sera établi des chaires de philosophie dans tous les lycées qui ne sont pas placés dans les chefs-lieux d'Académies ».

LA DÉMARCHE DE LAROMIGUIÈRE.
Cette réintroduction de l'enseignement de la philosophie se fait vraisemblablement à la suite d'une démarche de Pierre Laromiguière [1756-1837], alors « Bibliothécaire du Prytanée français [Louis-le-Grand] », depuis le 9 frimaire an XII [1er décembre 1803]. Démarche auprès de l'abbé Martial Borye Desrenaudes [1755-1825], l'un des dix conseillers titulaires du Conseil de l'Université, créé par le décret impérial du 17 mars 1808. 
Intervention complétée par une lettre à Louis de Fontanes [1757-1821], Grand-Maître de l'Université, nommé par un autre décret du 17 mars 1808. Texte dont rend compte François Mignet, dans sa Notice historique sur Laromiguière [1862]. 
C'est ce qu'indique clairement, Prosper Alfaric [1876-1955], dans son ouvrage : « Laromiguière et son École. Étude biographique » [Paris : Les Belles-Lettres. 1929. pages 63 sq.].

1809-1816. PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU LYCÉE DE CAEN.
C'est dans ce cadre que Nicolas Tyrard-Deslongchamps, est chronologiquement, à partir de la fin de l'année 1809, le premier professeur de philosophie au lycée de Caen [département du Calvados, académie de Caen], classé lycée de seconde classe.
Il y reste en poste, comme professeur de philosophie, jusqu'en 1816.

En 1809 les lycées de seconde classe sont ceux de : Amiens ; Angers ; Besançon ; Caen ; Douai ; Liège ; Metz ; Montpellier ; Nantes ; Nîmes ; Orléans ; Rennes ; Reims ; Toulouse.

Nicolas Tyrard-Deslongchamps est remplacé en 1816 dans la chaire de philosophie [le lycée devient collège à la première Restauration en 1814], par l'abbé Charles Viel [1754-].
L'abbé Charles Viel reste en poste comme professeur de philosophie au collège de Caen jusqu'en 1820. Il est en même temps professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres. 

LES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE AU LYCÉE, PUIS COLLÈGE ROYAL, DE CAEN.
Les différents professeurs de philosophie au lycée, puis [à partir de 1815] collège royal, de Caen, sont successivement :
Nicolas Tyrard-Deslongchamps [1750-1821], de fin 1809 à 1815 ; l'abbé Charles Viel [1754- ] de 1816* à 1828. Pour cette dernière année de son enseignement au collège royal est suppléé par l'abbé Grouet.
Paul Jean Ladevi-Roche [1794-1871] y est enseignant depuis la rentrée 1828, il l'est encore en 1829, mais en 1830 est rétrogradé, pour quelques mois, au collège de Tournon, d'où vient son successeur : André François Cassin.  
André François* Cassin [1795-1853] est professeur de philosophie en 1830. Il reste en fonction jusqu'en septembre 1835, date de sa nomination comme censeur des études au collège royal de Caen.

Ainsi on voit que le type de recrutement des professeurs de philosophie à Caen se modifie, dans les années 1828-1830, avec les nominations de Paul Jean Ladevi-Roche et d'André François Cassin.
D'une manière générale, dans un premier temps, de 1809 à 1830, l'enseignement de philosophie dans les lycées est assuré le plus souvent par des prêtres, qui sont parfois en même temps aumôniers. Dès après la Révolution de Juillet, une nouvelle orientation est donnée à l'ensemble des nominations, renouvelant ainsi la quasi totalité des membres du corps enseignant des lycées [dont l'appellation se change en collèges]. Les nominations privilégient les anciens élèves de l'École normale [Paul Jean Ladevi-Roche, 1818], les agrégés [Paul Jean Ladevi-Roche, agrégé des lettres 1821 ; André François* Cassin, agrégé de philosophie, 1825].

1809-1821. TYRARD-DESLONGCHAMPS PROFESSEUR DE FACULTÉ.
Nicolas Tyrard-Deslongchamps, de fin 1809 au 21 janvier 1821, est en même temps titulaire de la chaire de Philosophie à la Faculté des Lettres de Caen.

Il fait partie de l'équipe des premiers enseignants de la Faculté. Dans l'ordre habituel, en Philosophie : Nicolas Tyrard-Deslongchamps [1750-1821] ; en Littérature latine : Jean Bouisset [1736- ] ; en Littérature française : l'abbé Thomas Bellenger [1743-1824] ; en Histoire : l'abbé Gervais de La Rue [1751-1835].   

Nicolas Tyrard-Deslongchamps a l'abbé Charles Viel [1754- ] pour suppléant [1815-1821], puis comme successeur [1821-1830]. Enfin, en 1830, Antoine Charma [1801-1869] est nommé, comme chargé de cours [1830-1832], puis comme professeur titulaire [1832-1869].

1809-1821. TYRARD-DESLONGCHAMPS PREMIER DOYEN DE LA FACULTÉ.
Nicolas Tyrard-Deslongchamps est en même temps nommé doyen de la Faculté des Lettres. Il reste en fonction à la Faculté des Lettres de Caen, comme professeur et comme doyen, jusqu'à son décès, survenu le 21 janvier 1821, à Caen.
L'abbé Gervais de La Rue, professeur d'Histoire, est secrétaire.
Il est remplacé comme doyen par l'abbé Gervais de La Rue* [1751-1835], professeur d'Histoire, doyen de la Faculté des Lettres de Caen de 1821 à 1835.

LES DOYENS DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE CAEN AU XIX ÈME SIÈCLE.
Les différents doyens, qui se succèdent à la Faculté des lettres de Caen, sont : Nicolas Tyrard-Deslongchamps [1750-1821], professeur de Philosophie, doyen de 1809 à 1821 ; l'abbé Gervais de La Rue* [1751-1835], professeur d'Histoire, doyen de 1821 à 1835 ; Frédéric Vaultier [1772-1843], professeur de Littérature française, doyen de 1835 à 1840 ; François Bertrand [1797-1875], professeur de Littérature grecque, doyen de 1840 à 1863 ; Antoine Charma [1801-1869], professeur de Philosophie, doyen de 1863 à 1869 ; Thomas Chappuis [1822-1897], professeur de Philosophie, doyen de 1869 à 1871 ; Aristide Joly [1824-1893], professeur de Littérature française, doyen de 1871 à 1884 ; Jacques Denis [1821-1897], professeur de Littérature ancienne, puis de Littérature grecque, doyen de 1884 à 1891 ; Jules Tessier [1836-1908], professeur d'Histoire, doyen de 1891 à 1897. 

CURRICULUM.
Avant 1787, Nicolas Tyrard-Deslongchamps est professeur de rhétorique au collège du Mont, à Caen, ancien collège des Jésuites.
Élu recteur de l'ancienne Université de Caen, au début octobre 1787, en remplacement de Joseph Pierre Chibourg [1725-1806], ancien recteur qui s'est démis de ses fonctions le 28 septembre 1787.

En tant que recteur de l'Université, Nicolas Tyrard-Deslongchamps, en janvier 1789, réclame le droit d'une représentation spéciale aux États-Généraux, et demande une députation à l'Assemblée du Clergé. Cette demande est refusée.
Écrit, en février et en mars 1789, des lettres au Garde des Sceaux et à Necker, pour souligner l'importance des questions relatives à l'Instruction. 

SOURCE.
Base de données en ligne : Les professeurs des facultés des lettres et des sciences en France au XIXe siècle (1808-1880).
sur Tyrard-Deslongchamps : http://facultes19.ish-lyon.cnrs.fr/fiche.php?indice=1447 
 
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