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Amiens : J. S. Flotte, premier professeur de philosophie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Jean Sauveur Flotte, né en 1765, professeur au lycée et à la Faculté, est l'auteur d'un manuel de philosophie édité à plusieurs reprises sur vingt ans [1812-1832].
Flotte, Jean Sauveur.
Né le 21 juin 1765, à Albi [Languedoc, aujourd'hui département du Tarn]. 

Ne pas confondre avec l’abbé Jean Baptiste Marcel Flotte [1789-1864], professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres de Montpellier [1838-1856].

1808-1810. L'ENSEIGNEMENT DE PHILOSOPHIE AU LYCÉE.
L'enseignement de la Logique est inscrit dans l'article 5 [Titre I ; article 5] du décret impérial du 17 mars 1808, portant organisation de l'Université : « Les lycées, pour [l'enseignement des] langues anciennes, l'histoire, la rhétorique, la logique, et les éléments des sciences mathématiques et physiques ». 
Cet enseignement de la Logique est à comprendre dans l'esprit de la Grammaire générale, entendue au sens des Idéologues. 

Une inflexion du contenu de l'enseignement, dans un sens plus conforme à la tradition des collèges royaux d'avant la Révolution française, apparaît dans le règlement du 19 septembre 1809, qui organise l'enseignement. 
L'article 5 indique : « Il y aura une année de philosophie dans les lycées chefs-lieux d'académies ». Soit trente-cinq lycées situés dans les frontières, et hors frontières, de la Révolution.

L'article 17 détermine avec précision la matière de cet enseignement.
Ainsi, c'est à partir de cette date que se met en place, dans les lycées de l'Empire, un enseignement de philosophie comprenant : les principes de la Logique, de la Métaphysique, de la Morale ; l'Histoire des opinions des philosophes. 
Le cours est prononcé soit en latin soit en français. Il est confié à un professeur spécifique, à raison de quatre leçons par semaine, de deux heures chacune. Le professeur fera composer ses élèves sur des matières philosophiques.
Pour le traitement et le rang, le professeur de philosophie est un professeur de premier ordre, comme celui de mathématiques transcendantes et de rhétorique.
« Les professeurs de premier ordre des lycées des chefs-lieux d'académie sont professeurs de faculté, et en prendront rang hors du lycée ; mais ils n'en seront pas moins subordonnés au proviseur dans l'intérieur de la maison ».

Enfin, un arrêté du 10 février 1810 décide « qu'il sera établi des chaires de philosophie dans tous les lycées qui ne sont pas placés dans les chefs-lieux d'Académies ».

LA DÉMARCHE DE LAROMIGUIÈRE.
Cette réintroduction de l'enseignement de la philosophie se fait vraisemblablement à la suite d'une démarche de Pierre Laromiguière [1756-1837], auprès de l'abbé Martial Borye Desrenaudes [1755-1825], l'un des dix conseillers titulaires du Conseil de l'Université, créé par le décret impérial du 17 mars 1808. Démarche complétée par une lettre à Louis de* Fontanes [1757-1821], Grand-Maître de l'Université, nommé par un autre décret du 17 mars 1808. 

J. S. FLOTTE, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE À AMIENS.
C'est dans ce cadre que Jean Sauveur Flotte [1765-18.. ] est professeur de philosophie au lycée d'Amiens, de fin 1809/1810, jusqu'en 1816 inclus.
Est remplacé en 1817, dans la chaire de philosophie du lycée, par l'abbé Riche [ou Le Riche]. Ce dernier, suppléé à partir de 1824 [les suppléants sont successivement : Négrier, Michelle, Llabour], reste titulaire du poste jusqu'en 1828 inclus.

PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE À LA FACULTÉ.
En même temps, de 1810 au 31 décembre 1815, date de la suppression de la Faculté, Jean Sauveur Flotte est professeur de Philosophie à la Faculté des Lettres d'Amiens.

SECRÉTAIRE DE LA FACULTÉ.
Est également secrétaire  de la Faculté, auprès de l'abbé Louis Charles Gorin [1744-1833], professeur de Littérature française [1810-1814], doyen de la Faculté [et proviseur du lycée].

CURRICULUM.
Maître ès-arts, bachelier en théologie, sous-diacre.
Agrégation de philosophie [agrégation de premier ordre] de l'ancienne Université, en 1789. Reçu la même année que Pierre François Félix Joseph Giraud, de Rouen.

1812. AUTEUR DE LEÇONS ÉLÉMENTAIRES DE PHILOSOPHIE.
Jean Sauveur Flotte  fait paraître : Leçons élémentaires de philosophie, par J. S. Flotte 
[Paris : Brunot-Labbé. Deux volumes in-12, 1812].

Réédité à plusieurs reprises, chez le même éditeur, dans le même format : en 1815 [deuxième édition, en deux volumes] ; en 1819 [troisième édition, en trois volumes] ; en 1826 [quatrième édition, en trois volumes], en 1832 [cinquième édition, en trois volumes]. 

PAGE DE TITRE DE LA SECONDE ÉDITION.
Leçons élémentaires de philosophie, destinées aux élèves de l'Université de France qui aspirent au grade de bachelier ès-lettres ; seconde édition, revue et corrigée, par J. S. Flotte, ancien Agrégé-Professeur de l'Université de Paris. Professeur de Philosophie, et Secrétaire de la Faculté des lettres à l'Académie d'Amiens.
[A Paris : chez Brunot-Labbé, Libraire de l'Université de France, quai des Augustins, n°33. Deux volumes in-12, 1815].

Avec la citation en exergue : « Haec studia adolescentiam alunt » [Cic. Pro Arch. Poet. ] [Cicéron. Défense du poète Aulus Licinus Archia : « Les Lettres servent d'aliments à la jeunesse »].

On trouve, dans la livraison du vendredi 22 janvier 1813 du quotidien Le Journal de l'Empire, journal des Débats politiques et littéraires, une longue et favorable recension de l'ouvrage. 

PAGE DE TITRE DE LA TROISIÈME ÉDITION.
Leçons élémentaires de philosophie, par J. S. Flotte, officier de l'Université royale de France. Troisième édition, revue, corrigée et augmentée.
[Paris : Brunot-Labbé, libraire de l'Université de France, quai des Augustins, n° 33. Trois volumes in-12, XXVIII-426+355+458 pp.,. 1819].
Imprimerie de C. Lamort à Metz.

Premier volume : Prolégomènes ; Logique ; Jugement ; Raisonnement ; Méthode.
Deuxième volume : Métaphysique ; Psychologie ; Théodicée.
Troisième volume : Morale ; De la Loi ; Des devoirs que la loi impose.

Avec la citation en exergue : « Haec studia adolescentiam alunt » [Cic. Pro Arch. Poet. ] [Cicéron. Défense du poète Aulus Licinus Archia : « Les Lettres servent d'aliments à la jeunesse »].

DÉCORATION.
Officier de l'Université [décoré sous le régime napoléonien].
 
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