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Bareste, Eugène (1814-1861), du saint-simonisme à l'édition populaire. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Dans sa jeunesse, Eugène Bareste manifeste publiquement son attachement au saint-simonisme. Douze ans plus tard, il est le gérant d'un journal né dans le mouvement révolutionnaire de février 1848, et portant fièrement pour un peu plus de trois ans, le titre de "La République".  Mais en même temps c'est un publiciste qui exploite la crédulité publique avec une série d'Almanachs, et d'opuscules, placés sous le patronage farfelu de Nostradamus. Eugène Bareste, né le 5 août 1814, à Paris ; mort le 3 juin 1861, à Paris. Si l'on est assez bien informé des activités journalistiques et d'édition de Bareste jusqu'en 1851, on l'est moins pour la période des dix ans qui séparent 1851 et 1861, après le coup d' État du 2 décembre 1851. On sait qu'à cette époque, Bareste purge une peine de prison, liée à un délit de presse. Peut-être a-t'il été plus tard sous-chef de bureau à la correspondance du Crédit foncier, emploi, dit-on, créé pour lui spécialement. Si c'est le cas on est assez loin de l'indication, donnée parfois, d'activités industrielles entreprises après 1851.

Plus sérieusement, d'après un article paru dans Le Figaro de H. De Villemessant, du 13 juin 1861, Eugène Bareste serait devenu [en janvier 1861] secrétaire du conseil de surveillance du Figaro. Le journal donne les précisions suivantes : « Bareste, arrivé à la période désespérée d'une maladie mortelle, mais toujours zélé, toujours infatigable, assistait, il y a quinze jours, à la dernière séance de notre conseil de surveillance. Depuis la fin de 1851, il avait quitté le journalisme sans regrets et sans rancune contre d'anciens adversaires. A force d'intelligence, de persévérance et de travail, il était parvenu à réaliser une fortune modeste, mais suffisante pour un homme qui avait conservé, dans la prose desséchante des affaires, le goût toujours vif de la poésie et de l'étude ».

Journaliste infatigable, Eugène Bareste s'est essayé à être aussi homme de lettres. On lui doit, dans cette veine, une description pleine de piquant de la manie phrénologiste qui fait fureur après 1830. Ce portrait, intitulé Le Phrénologiste, paraît dans Les Français peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du dix-neuvième siècle, éditée par Léon Curmer. Eugène Bareste y est en bonne compagnie : la Portière est rédigée par Henri Monnier ; le Bourreau par Félix Pyat ; l' Amateur de livres par Charles Nodier ; le Rat par Théophile Gautier ; la Femme comme il faut par Honoré de Balzac.

1832. L'ENGAGEMENT SAINT-SIMONIEN D'EUGÈNE BARESTE.
Les notices biographiques, le plus souvent brèves, consacrées à Eugène Bareste, ne témoignent pas toutes de son engagement saint-simonien.
Ainsi la nécrologie rédigée, en 1861, dans le Journal des arts, des sciences et des lettres, « publié par une société de littérateurs, avec le concours de plusieurs membres de l'Institut », ne fait pas mention de cette appartenance.
Rien non plus sur ce saint-simonisme dans la pourtant très longue et précise notice que lui consacre J. M. Quérard dans son tome 1 de La Littérature française contemporaine du XIX ème siècle, notice rédigée il est vrai  seulement vers la fin de l'année 1840, où Bareste, qui a encore plus de vingt ans à vivre, est qualifié d'écrivain artistique.
Il en est de même, presque cent ans plus tard, dans le tome cinq du Dictionnaire de biographie française de Prévost, Roman d' Amat et H. Thibout de Morembert [Paris : Letouzey et Ané. 1951], où une notice assez détaillée est consacrée à cet homme de lettres : pas une seule allusion au saint-simonisme de Bareste.

Par contre l'appartenance saint-simonienne d'Eugène Bareste est clairement affirmée dans le « Maîtron », autrement dit dans le Dictionnaire  biographique du mouvement ouvrier français. Publié sous la direction de Jean Maîtron [1910-1987]. [Paris : Les Éditions ouvrières, 12 avenue de la Sœur-Rosalie. Paris 13 ème. Tome 1, 1964].

La notice, reproduite ici intégralement, qui ne fournit ni date de naissance, ni date de décès, indique pour Bareste : « Saint-simonien. Républicain en 1848. Il dirigeait La République [26 février 1848-2 décembre 1851], quotidien d'esprit conservateur, mais où était accueilli parfois des articles évoquant le saint-simonisme, sinon, comme dans la Presse, des anticipations socialistes […].
Il serait venu en 1850 à Saint-Étienne [Loire], avec un passeport au nom de Masset, pour inciter les ouvriers à s'organiser dans des sociétés de bienfaisance et de secours mutuels. […] ».

On sait aussi, par la Correspondance d' Enfantin [tome 11 des Oeuvres de Saint-Simon et d' Enfantin. Paris 1865-1878], qu'Eugène  Bareste a été de la cinquantaine de saint-simoniens participant le 1er juillet 1832, devant plus d'un millier de badauds, aux premiers travaux qui visaient à l'édification d'un temple saint-simonien.  Dans le vaste parterre de la colonie saint-simonienne établie, en dehors du Paris d'alors, au 145 de l'avenue de Ménilmontant, trois groupes d'hommes répartis en pelleteurs, brouetteurs, remblayeurs, se divisent la tâche, enthousiasmés par des chants composés à l'occasion. Chacun de ces groupes se répartissent, soit de membres de la « Famille » saint-simonienne, soit « d' Hommes de Paris». Bareste, brouetteur, n'est pas de la Famille, mais  du groupe des Hommes de Paris, à savoir : Julien Gallé, L'Houmeaux, Eugène Bareste, Ismaÿl Urbain, Casimir Cayol, Doyen, Lucien Brunet, Barré.
Engagé parmi les saint-simoniens, Bareste fait partie du groupe apostolique de Ménilmontant. Et Enfantin, dans une de ses lettres, déclare aussi : « [Louis] Jourdan et Bareste ont été mes aides pour le déménagement  et m'ont été fort utiles ».

Enfin, en 1862, dans l'Histoire du Journal la Mode [Paris : au bureau du Journal La Mode nouvelle, rue Ste Anne, 1862] écrite par la vicomte E. de Grenville la participation de Bareste au groupe des saints-simoniens est clairement rapportée : « Toutefois ses disciples [ceux de Saint-Simon] se recrutaient dans un monde de jeunes gens qui n'étaient pas sans valeur. On comptait parmi eux des hommes intelligents qui, depuis ont suivi des routes bien diverses. M. Enfantin, - aujourd'hui honnête chef de division de je ne sais plus quelle administration – était qualifié de père, et avait, avec M. Bazard, la direction de la nouvelle Église. M. Michel Chevalier, le grand économiste des Débats, était un des grands-prêtres, et avait pour acolytes, MM. [Adolphe] Guéroult, Eugène Bareste, [Louis] Jourdan, Félicien David ; le Globe était le moniteur officiel de la secte nouvelle […] ».

1834. BIOGRAPHIE DES HOMMES DU PEUPLE.
Dans une collection qui s'intitule Bibliothèque pour cinq francs, Eugène Bareste fait paraître une Biographie des hommes du peuple, ou Quelques mots sur quelques hommes qui se sont fait un nom  par Eugène Bareste [Paris : A. Rion. In-18, 35 p., 1834].
L'ouvrage est réédité en 1852, sans nom d'auteur. Biographie des hommes du peuple. Troisième édition, revue et corrigée : deux cent cinquante notices sur quelques hommes qui se sont fait un nom dans l'histoire [Paris : P.-H. Krabbe. In-12, 35 p., 1852]. Existe aussi avec un autre nom d'éditeur [Paris : Adolphe Rion et Compagnie. In-12, 35 p., sd].

ADOLPHE RION, CULTURE POPULAIRE ET IDÉOLOGIE RÉPUBLICAINE.
Travailler avec Adolphe Rion n'est pas chose anodine. Adolphe Rion, qui écrit parfois sous le pseudonyme d' André le Père, établi au 18 rue des Grands-Augustins, est, avec cette collection Bibliothèque pour cinq francs, l'éditeur d'une cinquantaine d'ouvrages bon marché, à deux sous, tout à la fois de la littérature populaire liée à l'histoire [une Histoire de Paris, une Histoire de la découverte de l'Amérique, une Histoire des Gaules]  ;  de la grammaire [Nouveau traité des participes et le mauvais langage corrigé] ; de la morale [Maximes des moralistes anciens et modernes] ; de la réédition de textes de Bernardin de Saint-Pierre, de Buffon, de Florian, de Fontenelle, de Benjamin Franklin, de Jean de La Fontaine, de Lhomond, etc.

Mais en même temps Adolphe Rion, en tant qu'éditeur de la Propagande républicaine, fait paraître des brochures, qui disent clairement son engagement républicain et sa sympathie pour la Société des droits de l'homme : Pourquoi nous sommes républicains et ce que nous voulons , par le citoyen Guérineau, ouvrier ; Procès des vingt-sept ou de la Société des droits de l'homme et des élèves de l'École polytechnique. Discours de Raspail ; Pourquoi le peuple est républicain, et quelle est la république que veut le peuple ; une édition de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, qui lui vaut un procès.
Quelques mois auparavant, en 1833, Adolphe Rion avait publié le prospectus de la collection Ouvrages républicains. Association de propagande démocratique.
Vers 1850, Adolphe Rion publiera, toujours dans la veine de l'édition bon marché et populaire, une Bibliothèque pour tout le monde.

1836. JOURNALISTE EN  PROVINCE.
En 1836, Eugène Bareste est pour quelques mois rédacteur de la partie littéraire du Journal de l'Aube, imprimé à Troyes. Il y fournit, de juillet à novembre une série d'articles sur la biographie des grands hommes du département.
Il y publie également, sur quatre articles, une biographie du savant mathématicien Jacques Antoine Joseph Cousin [1759-1800], puis des articles sur François Denis Camusat [1700-1732], dont la famille est originaire de Troyes, auteur d'une Histoire critique des journaux [1734], ouvrage posthume et paru sans nom d'auteur. En même temps il rédige des feuilletons historiques et publie des Lettres sur Paris.

1837. JOURNALISTE ARTISTIQUE A PARIS.
En 1837, Eugène Bareste est à Paris. Il collabore au journal Le Corsaire, journal des spectacles, de la littérature, des arts et des modes, créé en 1823, et d'opinion libérale ; ainsi qu'au journal La Paix, où il y traite de questions d'art. Dans ce journal donne des articles sur les expositions de l'Ecole des beaux-arts, qu'il signe Eugène B.

A partir de janvier 1837 également, il coopère à l' Artiste, journal de la littérature et des beaux-arts,  dont le numéro 1 paraît en 1831, et dirigé par François Fortuné Guyot de Fère. Il commence par publier des articles non signés, puis à partir de la mi-février jusqu'en mai 1837 une série de six articles sur l'Histoire de la peinture sur verre. Et en 1839, un article sur les Tapisseries.
De juin à août 1837, Eugène Bareste rend compte du Cours d'archéologie que Désiré Raoul Rochette, bientôt secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, assure comme professeur au cabinet des Antiques de la Bibliothèque royale [1828-1854], dont il est le conservateur depuis 1819.

1838-1840. COLLABORATION À LA REVUE DU XIX ÈME SIÈCLE.
Eugène Bareste y fait le compte-rendu de cours ou d'ouvrages à leur publication. Ainsi il rend compte d'un travail de Ferdinand de Lasteyrie [1810-1879] sur l'Histoire de la peinture sur verre, d'après ses monuments en France, qui préfigure la publication des deux volumes de l'Histoire de la peinture sur verre d'après ses monuments en France, par Ferdinand de Lasteyrie [Paris : impr. de Firmin-Didot frères, fils et Cie, 1853-1857].
De même,  écrit un article sur l'Introduction à la paléographie universelle , de MM. Silvestre de Sacy et Champollion-Figeac ; sur l'Histoire des Châteaux de France de Léon Gozlan [1803-1866] qui fera l'objet des deux volumes parus ultérieurement en 1857 :  Les Châteaux de France ; par Léon Gozlan [Paris : Michel Lévy frères, 1857].
Les articles se succèdent, parmi lesquels : des souvenirs de l'Empire ; le compte-rendu du Salon de 1840, sur les tableaux religieux et d'histoire.

1838. COLLABORATION A LA REVUE DE PARIS.
En 1838, Eugène Bareste écrit, dans la Revue de Paris, le compte-rendu d'un ouvrage de Charles Magnin Sur les Origines du théâtre.
Charles Magnin [1793-1862], conservateur au Département des Imprimés à la Bibliothèque nationale [à partir de 1832], élu en 1838 membre de l' Académie des Inscriptions et belles-lettres, a fait paraître en 1838 le premier [et unique] tome de son ouvrage Les Origines du théâtre moderne, ou Histoire du génie dramatique depuis le I er jusqu'au XVI ème siècle, précédée d'une introduction contenant des études sur les origines du théâtre antique, par M. Charles Magnin [Paris : L. Hachette. In-8, 5-XXXII-522 p. et 2 p. d'errata. 1838]. C'est la reprise de l'enseignement qu'il a assuré en 1834-1835, comme suppléant de Claude Fauriel [1772-1844], dans la chaire de Littérature étrangère de la Faculté des Lettres de Paris.

1839. REVUE ÉTRANGÈRE DE LA LITTÉRATURE DES SCIENCES ET DES ARTS.
La Revue étrangère opère un choix d'articles, extraits des meilleurs ouvrages et recueils périodiques publiés en Europe. [Saint-Pétersbourg : chez Fd. Bellizard et Cie, libraires-éditeurs. 1839].
Y paraissent, dans le tome trentième,  trois articles d'Eugène Bareste, dans la rubrique Beaux-Arts, sur le Salon de 1839.

1839. PROPHÉTIE SUR NAPOLÉON DANS LE JOURNAL LE SIÈCLE.
Joseph Marie Quérard [1797-1865], dans la notice détaillée qu'il consacre en 1840 à Eugène Bareste dans son tome 1 de La littérature française contemporaine du XIX ème siècle, signale d'autres articles : dans le Journal des Tribunaux des fragments sur le Tribunal révolutionnaire et une Histoire sommaire de ce tribunal ; dans le Journal général de la France une Histoire des architectes mécaniciens de la Renaissance ainsi qu' une Histoire des graveurs célèbres.

Mais surtout Joseph Marie Quérard indique une contribution de Bareste au quotidien Le Siècle, journal politique, littéraire et d'économie sociale récemment créé en 1836.
En effet, dans le dernier semestre de 1839, Eugène Bareste y fait paraître  en feuilleton : Une Prophétie concernant la famille de Napoléon et signée Un ancien sénateur.
C'est chronologiquement le point de départ de la série des publications qu'Eugène Bareste va consacrer par la suite, avec succès, au thème de la prophétie, démarrant avec un gros ouvrage historique consacré à Nostradamus.

1840. BARESTE ÉDITEUR D'UN NOSTRADAMUS.
En 1840, Eugène Bareste fait paraître, Nostradamus, par Eugène Bareste ; I. Vie de Nostradamus. II. Histoire des oracles et des prophètes. III. Centuries de Nostradamus. IV. Explication des quatrains prophétiques. Orné d'un portrait authentique de Nostradamus, par Aimé de Lemud [Paris : Maillet, éditeur, rue de l'Est, 31 et chez tous les marchands de nouveautés. In-12, XVIII-527 p., portrait. 1840].
Un texte d'avertissement, de deux pages, daté du 29 juin 1840, est placé en tête du volume : «[l'auteur] n'a pas voulu faire paraître son volume au commencement de janvier, afin qu'on ne le considérât point comme un de ses nombreux almanachs sans valeur, ou comme une de ces brochures prophétiques, qui ont toujours le grave inconvénient de compromettre la cause qu'elles veulent servir […]».

Réédité la même année, comme deuxième et troisième édition. Avec sur la page de titre un texte de Charles Nodier, mis en page sous forme d'un losange : Il est très facile/de comprendre le goût/de tous les peuples pour les/livres prophétiques. Cette manie est le/résultat tout naturel du plus naturel de nos/penchants : l'amour du merveilleux et de la curiosité./Ce sont là certainement de très grandes pauvretés de/l'esprit humain ; mais il est difficile de se défendre/de l'intérêt de curiosité qu'elles excitent/quand le hasard fait concourir la/prédiction d'un charlatan avec/l'histoire et, qui mieux/est, avec la vérité.

1840. PROPHÉTIES, LA FIN DES TEMPS.
La même année [1840] et sans doute en fonction du succès de librairie du Nostradamus, Eugène Bareste fait paraître : Prophéties. La Fin des temps, avec une notice, par Eugène Bareste [ Paris : Lavigne. In-18, XII-136 p., 1840]. Le livre reprend des thèmes déjà abordés dans le Nostradamus.
Réédité la même année, avec la même pagination, comme deuxième, et troisième édition. Une quatrième édition paraît en 1842 [Paris : Lavigne. in-16, XII-136 p., 1842]. Il existe une édition en contre-façon en 1849 [Bruxelles].

C'est le recueil d'une vingtaine de textes se rapportant à des prophéties échelonnées du XIII ème au XIX ème siècle, précédé d'un texte d'une huitaine de pages d'Eugène Bareste « A l' Éditeur ».
Contient des chapitres sur les prophéties de Cazotte [XVIII ème siècle], le Liber mirabilis (Jean de Vatiguerro et saint Césaire) [XIII ème siècle], l'abbé Werdin [XIII ème siècle] , Jérôme Botin [1410], le cardinal d'Ailly [1414], Jean Muller [1476], le moine de Padoue [XVI ème siècle], Lichtenberger [1526] , Pierre Turrel [1531], Richard Roussat [1550], Olivarius [1542], le solitaire d'Orval [1544], Torquatus [1555], sur l'avenir de l'Arabie, sur la Turquie [1561],  Nostradamus [1558], le seigneur du Pavillon, Prophétie sur la succession des papes (saint Malachie), la religieuse de Belley [1810], Martin le laboureur [1816], la croix de Migné [1819-1826], une ancienne religieuse [1829].

1840. UNE HISTOIRE ANCIENNE. RÉCIT SUR LA BRINVILLIERS.
Dans le tome troisième de Babel [4+452 p., frontispice et vignettes d'après Henri Monnier gravées sur bois par A. Gérard], publication de la Société des gens de lettres, société de défense du droit d'auteur qui vient juste d'être crée en 1838 [Paris : Jules Renouard et Cie, libraire de la Société des gens de lettre et de la Société de l'histoire de France, rue de Tournon, n° 6. In-8, 1840], revue regroupant à chaque fois quatre ou cinq nouvelles, Eugène Bareste fait paraître, à la première personne, un récit sur la terrible histoire  de Marguerite  d'Aubray, marquise de Brinvilliers, exécutée sur la place de Grève, comme empoisonneuse en série, le 16 janvier 1676.
Cette fiction historique, de près de quatre-vingt pages, mêlant l'horreur d'une histoire de crime et le destin tragique d'une femme, est intitulée  Une nouvelle histoire ancienne. Elle prend place dans ce recueil entre une nouvelle de André Delrieu [La Bête féroce], d'Eugène Chapus [L'Amour d'une créole] et Henry Monnier [Les mécontents, scènes populaires]. Eugène Bareste est en bonne compagnie : écrivent dans cette revue éphémère l'écrivain Jean Pons Guillaume Viennet, de l'Académie française ; l'auteur dramatique et romancier Alexandre de Lavergne ; le littérateur et critique d'art Louis Viardot ; le poète Victor Hugo. Eugène Bareste fera ultérieurement partie de la Société des gens de lettres.

Le texte d'Eugène Bareste est réédité à plusieurs reprises :
En 1851. La Marquise de Brinvilliers, par Eugène Bareste [Paris : Boisgard, rue Suger, n° 13. In-8, 16 p. Illustrations. 1851]. Dans une collection intitulée Publications illustrées, qui publie notamment Paul Féval.

En 1856. La Marquise de Brinvilliers, par Eugène Bareste [Paris : impr. de Gaillet. In-8, 16 p. illustrations. 1856]. Paraît dans une collection intitulée Illustrations littéraires.

Et encore, sans date : La Marquise de Brinvilliers, par Eugène Bareste [Paris : impr. de Pilloy frères. In-8, 16 p. illustrations. S. d.].

Il est à noter qu'un peu plus tard, dans la livraison de 1842 de l'Almanach illustré, Eugène Bareste tente de justifier la Marquise de Brinvilliers.

1841. PARTICIPATION A L'ÉCHO DES FEUILLETONS.
Eugène Bareste participe, avec une soixantaine d'auteurs, au premier numéro de l' Écho des feuilletons, recueil de nouvelles, contes, anecdotes, épisodes, etc. : extraits de la presse contemporaine : première année, par MM J.-B. Fellens et L.-P. Dufour [Paris : Chez les éditeurs, 30 rue Saint-Thomas-du-Louvre. Paris : Imprimerie de Sapia : 12 rue du Doyenné. In-8, 506 p., 1841]. Ce périodique paraîtra de 1841 à 1887.
Il y publie un texte court intitulé Nostradamus et Napoléon, pages 69-76 ; ainsi que Une Empoisonneuse sous Louis XIV, page 257-273 ; autrement dit réemploie des textes parus par ailleurs.
Il y voisine, entre autres, avec  Marie Aicard, Taxile Delord, Alexandre Dumas, Alfred des Essarts, Jules Janin, Eugène de Mirecourt, Charles Nodier, Eugène Scribe, Frédéric Soulié,

1841. L'ALMANACH PROPHÉTIQUE, PITTORESQUE ET UTILE.
Almanach Prophétique, Pittoresque et Utile pour 1841 , publié par Nostradamus. Sous ce titre, paraît chaque année, de 1841 jusqu'à 1861, de façon très régulière, une livraison brochée en petit format [in-16], tenant aisément dans la poche, de l'ordre de 192 pages, à chaque fois très abondamment illustrée d'une centaine de gravures sur bois. La brochure est en vente dès le mois d'octobre précédant la date de l'année portée sur l'Almanach, au prix de  cinquante centimes.

Avec, le plus souvent, une couverture jaune et un texte en rouge, illustrée d'un bois  gravé représentant un astrologue observant le ciel, ou assis à sa table du travail, supposé figurer Nostradamus.
D'autant que, de 1841 à 1848 inclus, le titre indique « publié par Nostradamus », puis à partir de 1849, le titre porte « publié par un neveu de Nostradamus ».

Sur les vingt ans présentés par la période 1841, année de la première publication, et 1861, année du décès d'Eugène Bareste, l'Almanach fait appel à à peu près cent-cinquante illustrateurs, qui fournissent des vignettes de petit format. En utilisant parfois des bois qui ont été déjà employés dans d'autres ouvrages, et dont les graveurs sont décédés.
Les collaborateurs les plus fréquents sont Pierre Alexandre Beulant [1822-1896], Louis Joseph Brugnot [1814-1845], Prosper Adolphe Léon Cherrier [1806-1875], Charles Geoffroy [1819-1882], Alexandre de Saillet [1811-1866], Joseph Louis Trimolet [1812-1843], Charles Vernier [1831-1887]. Presque tous travaillent pour d'autres publications, comme Le Charivari, le Magasin pittoresque, l'Illustration.
Certains des graveurs, dont les bois sont utilisés dans l'Almanach, sont très connus : Bertall [1820-1882],  Honoré Daumier [1808-1879], Gavarni [1804-1866], Tony Johannot [1803-1852], Célestin Nanteuil [1813-1873], Auguste Raffet [1804-1860].

Chaque numéro est placé sous le patronage de Nostradamus et donne une large place à l'astrologie, aux prophéties, aux tables tournantes, au spiritisme, à l'Illuminisme.
Ainsi qu'à des personnalités se rapportant à ces domaines : Alexandre de Cagliostro, Louis-Claude de Saint-Martin. Ou encore à des phénomènes supposés frapper l'imagination populaire et liés à l'astronomie : marées, éclipses, météores.
Les grands personnages sont célébrés : Joinville, Catherine de Médicis, Madame de Maintenon, Napoléon, Abd el-Kader, Bugeaud.
Des écrivains sont mis en avant : Rabelais, Silvio Pellico, Johann Joseph Gessner, Félicité de La Mennais, Alphonse de Lamartine.
Une certaine place est donnée à la peinture, domaine de compétence d'Eugène Bareste, critique d'art : David Téniers, Jacques Louis David, Théodore Chassériau, Jean-Baptiste Isabey ; à des pratiques insolites de cultures éloignées : derviches tourneurs, mormons.
Enfin, à partir de 1856, une rubrique nécrologie permet de traiter de personnalités connues du grand public, et d'affirmer un ancrage dans l'actualité : Charles de Lacretelle, Jacques Arago, Émile de La Bédollière, Alfred de Musset, le Baron Thénard, etc.

La publication se poursuit bien au-delà du décès d'Eugène Bareste [1861], et continue de paraître au moins jusqu'en 1903.
Cette modeste publication, qui s'inscrit dans la lignée de la littérature de colportage, aura un grand succès, à tel point que les commentaires d'Eugène Bareste sur Nostradamus, l'ont souvent fait surnommer par ironie Barestadamus.

1843. MÉMORIAL ET PROPHÉTIES DU PETIT HOMME ROUGE.
En 1843, Eugène Bareste fait paraître, sans nom d'auteur Mémorial et prophéties du Petit homme rouge par une Sibylle, depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la nuit des temps [Paris : Aubert et Cie. In-18, 126 p., 1843]. Huit figures hors-texte, gravées à l'eau-forte, dont une représente une exécution révolutionnaire, et deux autres Napoléon.

1842-1843. HOMÈRE ILLUSTRÉ.
Sous le titre générique Homère illustré, traduction nouvelle, précédée d'une introduction et ornée de 300 vignettes d'après les monuments grecs, Eugène Bareste fait paraître deux ouvrages séparés :

En 1842, Odyssée. Traduction nouvelle accompagnée de notes, d'explications et de commentaires, par Eugène Bareste, illustrations par Théodore Devilly et A. Titeux.
[Paris, Lavigne, 1 rue du Paon Saint André. In-8, 453 p., 1842]. Vignettes dans le texte et 12 planches hors texte gravées sur bois par [Jean] Achille Pouget, Jean Émile Montigneul.
L'ouvrage est dédié à « À MM. Les Membres de l'Académie française et de l'Académie des Inscriptions et belles-lettres. Messieurs, en vous dédiant cette nouvelle traduction de l'Odyssée, je crois remplir un devoir : car le plus grand des poètes de l'antiquité, le divin Homère, a toujours trouvé parmi vous, non-seulement des admirateurs judicieux, fervents, enthousiastes, mais encore de célèbres écrivains pour le défendre contre ses détracteurs, et de savants philologues pour détruire les malveillantes critiques qui ont été souvent dirigées contre les deux admirables chefs-d'œuvre de l'art grec.
Personne n'ignore, Messieurs, que les meilleurs travaux publiés sur l'Odyssée et sur l'Iliade sont sortis du sein de votre illustre assemblée.
Je sais, Messieurs, qu'en m'adressant à vous, qui faites autorité dans le monde littéraire et savant, je m'adresse à des juges éclairés, compétents et sévères. Mais, Messieurs, c'est parce que je compte sur votre généreuse impartialité que j'ai osé soumettre à vos lumières une traduction qui, bien que faite avec conscience et dans le but de populariser en France l'une des belles épopées homériques, n'en est pas moins l'œuvre d'un jeune débutant.
Messieurs, si vous daignez accepter cette dédicace et m'accorder vos suffrages, je me croirai assez payé de mes peines et de mes veilles ; je m'estimerai heureux d'avoir abordé un travail si long et si difficile, et de m'être imposé la rude tâche de donner une version fidèle de l'Odyssée d'Homère.
C(est en me soumettant d'avance au jugement que vous daignerez porter sur mon travail, que j'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Messieurs, votre très-humble et très-obéissant serviteur. Eugène Bareste ».

En 1843, Iliade. Traduction nouvelle accompagnée de notes, d'explications et de commentaires et précédée d'une introduction par Eugène Bareste, illustrations par MM. A. Titeux et A. de Lemud [Paris : Lavigne, 1 rue du Paon Saint André. In-8, 565 p., 1843].  Nombreuses vignettes gravées sur bois dans le texte et 12 planches hors texte gravées sur bois par [Jean] Achille Pouget, Émile Montigneul.
L'ouvrage est dédié à « M. Villemain, Pair de France, Membre de l'Académie française, Ministre de l'Instruction publique. Monsieur le Ministre, C'est en reconnaissance de l'accueil bienveillant que vous avez daigné faire à ma traduction de l'Odyssée que j'ai pris la liberté de placer sous votre illustre patronage mon humble traduction de l'Iliade.
Espérant, Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien accepter la dédicace d'un livre dont le seul mérite est d'être consciencieusement fait, j'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, De votre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur. Eugène Bareste ».

Ces traductions sont suffisamment appréciées pour que, dans une lettre de Gustave Flaubert à sa nièce Caroline, en janvier 1861, ce dernier lui déclare : « Tu t'imagines bien que je n'ai guère pensé à ton Homère. La meilleure traduction que je connaisse est celle de Bareste ; patiente un peu, je te la trouverai... ».

1850. BARESTE CALOMNIÉ.
En 1850, dans un pamphlet intitulé : Les Rouges peints par eux-mêmes, biographies intimes, par Charles de La Varenne [Paris : Allouard et Kaeppelin, 12 rue de Seine. 342 p., 1850], Eugène Bareste est dénoncé [page 284 sq.] tout à la fois comme républicain et plagiaire :
« […] le jeune Colvafru [...] jouit en revanche de l'estime (et quelle estime !) de l'acrobate sans-culotte Bareste, rédacteur en chef d'une République échevelée.
Eugène Bareste est une espèce de falempin littéraire qui débuta dans la basse librairie par une compilation malsaine des prophéties de Nostradamus. Après avoir prouvé suffisamment qu'il ne savait pas le français, le même Bareste voulut faire croire aux badauds qu'il savait le grec. Un libraire, trop confiant ou trop imbécile, se laissa affubler d'une traduction d'Homère de la façon de ce nouveau Lansberg. Or, voici comment procédait M. Bareste.
Il avait découvert un marchand de lorgnettes, nommé Wolff, qui ne portait pas de chaussettes, mais qui parlait le grec en vrai juif prussien.
Ce fils d'Israël traduisit de l'allemand l'Illiade et l'Odyssée, moyennant quarante sous par jour, que M. Bareste lui payait quelquefois […] ».
La diatribe continue sur ce ton, sur une page ou deux et fait écho à un passage de l'Histoire des sociétés secrètes et du parti républicain […] de Lucien de La Holde [Paris : Julien, Lasnier et Cie. 511 p., 1850] : « […] nous pourrions par exemple, tirer du fond d'une boutique socialiste, M. Bareste, et lui demander s'il n'a pas édité sous son nom, une traduction d'Homère achetée cent écus à un allemand du nom de Wolf, lequel allemand est venu depuis lui emprunter  cent sous qu'il n'a pas obtenu […] ».

1841. LA PRÉFACE DE BARESTE POUR LA PHYSIOLOGIE DU GOÛT.
En 1826, paraît de manière anonyme  Physiologie du goût, ou Méditations de gastronomie transcendante, ouvrage théorique, historique et à l'ordre du jour ; dédié aux Gastronomes parisiens par un professeur membre de plusieurs sociétés littéraires et savantes [Paris : A. Sautelet. Deux volumes in-8, XIV-390+442 p., 1826].
L'ouvrage, tiré à cinq cents exemplaires est mis dans le commerce en décembre 1825. Il paraît anonyme. Son auteur, le magistrat Jean Anthelme Brillat-Savarin [1755-1826], meurt le 1er février 1826 à Paris, quelques semaines après sa parution.
Le livre connaît un vif succès : il est réédité en 1828, précédé d'une notice sur la vie de l'auteur par le baron Richerand ; en 1829, avec des illustrations ; en 1834 ; en 1838.
En 1841, Eugène Bareste rédige une notice de présentation, pour les deux tomes qui paraissent en un seul volume [Paris : Lavigne. 176-186 pp., 1841], chez l'éditeur où Bareste a déjà fait paraître en 1840 son recueil Prophéties. La Fin des temps. Avec seize gravures sur bois hors-texte, y compris les deux frontispices.
La notice est piquante. Elle commence à peu près par ces mots : « Le 21 janvier 1826, tandis qu'on célébrait, dans l'antique abbaye de Saint-Denis, le service annuel de Louis XVI, trois magistrats furent atteints d'une maladie qui les conduisit au tombeau : c'étaient MM. Robert de Saint-Vincent, l'avocat général Machangy et le conseiller Brillat-Savarin.
La mort du spirituel auteur de la Physiologie du goût causa une vive sensation parmi les gens de lettres et les gens d'esprit […] ».

Paraît à nouveau en 1847, 1848, toujours avec la présentation de Bareste [Paris : Pigoreau. Deux tomes en un volume XI-176+185], en 1850, comme Supplément au journal l'"Estafette" du 28 janvier 1850. [Paris : Boulé, éditeur, rue du Coq-Héron, 5. In-8, 280 p., 1850] où l'on trouve comme imprimeur le nom de Boulé, plus précisément de Théodore Boulé, directeur du journal La République dont Eugène Bareste , entre 1848 et 1851, est le gérant  et le rédacteur en chef. Le même volume paraît en 1852 [même pagination], en 1861 [Paris : Vve A. Pigoreau, 1861], en 1865 [Paris : Bernardin-Béchet. In-32, XI-185  p., 1865]. Édition ornée de vignettes gravées sur bois.

1845. LE MONITEUR DES ARTS.
Eugène Bareste est également le rédacteur en chef du Moniteur des arts, de la littérature et de toutes les industries relatives à l'art.
Le premier numéro, en format in-4, paraît en février 1845 [Paris : Gide et Cie]. La publication, sous ce titre, se poursuit jusqu'en 1869.

1848. SUR ABD-EL-KADER.
En 1848, Eugène Bareste  publie : Abd-el-Kader, ses exploits et des conséquences de sa soumission […] par M. Eugène Bareste [Paris : Martinon. In-12, 52 p., portrait dessiné d'après nature par M. Seigne 1848].
L' Almanach prophétique de 1846 évoque la soumission d' Abd-el-Kader, qui interviendra en réalité le 24 décembre 1847,  auprès du général Lamoricière. Cette soumission est largement évoquée dans l'Almanach de 1850, qui consacre également un assez long texte intitulé  « Présages sur Abd-el-Kader ».
La tonalité générale des articles est favorable à Abd-el-Kader

1848. LA RÉVOLUTION ET LE JOURNAL LA RÉPUBLIQUE.
Le 24 février 1848 paraît un prospectus annonçant la parution d'un journal quotidien intitulé La République.
Théodore Boulé [1799-1877]en est juridiquement le directeur, et c'est sur ses presses, rue du Coq Héron, que le journal est imprimé. Eugène Bareste en est le rédacteur en chef, et le gérant.
Le premier numéro paraît le 26 février. Pendant deux mois et demi, jusqu'au 12 avril 1848 La République dispose d'une édition du matin et d'une édition du soir. Après le 12 avril La République dispose d'une édition quotidienne et une édition tri-hebdomadaire ; quant à l'édition du soir de La République elle est remplacée, à dater du 13 avril 1848 par Le Messager de la République : journal du soir, dont Auguste Dumont [1816-1885], beau-fils de Théodore Boulé, est le rédacteur en chef, tandis que Eugène Bareste en est le directeur de la publication.
L'imprimerie de Théodore Boulé, qui assure le tirage plusieurs journaux, dont La République, sera mise à sac le 13 juin 1849, par un détachement de la Garde Nationale, et l'indemnité promise par le ministre à la tribune de l'Assemblée ne sera jamais payée. Bien plus le brevet d'imprimeur fut retiré à Théodore Boulé en 1850.
Des hommes comme le fouriériste Jules Lechevalier [1806-1862] et Adolphe Guéroult [1810-1872], connus pour leur engagement saint-simonien, et qu'Eugène Bareste a fréquenté à Ménilmontant, au sein de la communauté constituée autour d' Enfantin, participent à la rédaction de La République. De même le journaliste républicain Jean Macé [1815-1894] qui, au cours de l'année 1851, s'occupera de la correspondance du journal dans l'est de la France.

Dans la Revue critique des journaux publiés à Paris, depuis la Révolution [de 1848], publié par l'écrivain catholique Jean Wallon [1821-1882], et rédigée dans une perspective anti-socialiste, il est écrit :
« Le 24 Février, au moment même où la République a été proclamée à l'Hôtel-de-Ville, le journal La République a été fondé.    
Le citoyen Eugène Bareste, son rédacteur en chef, publiait autrefois l'Almanach prophétique. C'est sans doute à cette circonstance qu'il  faut attribuer sa prudente et sage prévision, car tandis que le peuple se battait au Palais-Royal et envahissait les Tuileries, ce républicain de la veille et du lendemain préparait, comme on le voit, le journal la République. D'abord incertain sur la marche qu'il devait suivre, le citoyen Bareste se contente, dans les premiers numéros, d'approuver les actes et les tendances du gouvernement provisoire. — S'il les désapprouve quelquefois, c'est pour réclamer avec persistance le changement de tous les fonctionnaires de l'ancienne administration ; il semble ignorer qu'au 24 février il n'y avait pas en France assez de républicains pour occuper les emplois publics,et que bon gré mal gré on était obligé de conserver les fonctionnaires de la veille. « Si l'on veut pouvoir changer les choses, dit-il, il faut d'abord changer les hommes » - ce qui signifie : vite, donnez-nous des places, à nous et à nos amis ! — Malheureusement- et nous en avens fait la cruelle épreuve, tous ces hommes nouveaux étaient des hommes complètement neufs.
Peu à peu le journal la République a levé l'étendard du socialisme, et c'est à présent un des organes les plus répandus des doctrines démagogiques ».

A cette même époque, Eugène Bareste est, avec Joseph de Filippi, Édouard Hervé, Jérôme-Amédée Langlois, François-Simon Bernard, Jean Macé et Hector Gamet, un des fondateurs de La Propagande socialiste, sise au15 de la rue de la Coquillière. L'objectif  de cette association est de propager et diffuser gratuitement en province, « tous les ouvrages, toutes les brochures, tous les journaux indistinctement qui traitent du socialisme ».
Le journal paraît pendant quatre ans, jusqu'au 2 décembre 1851, date du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte renversant la République parlementaire.

1848. SIGNE CONTRE LES MESURES PRISES CONTRE ÉMILE DE GIRARDIN.
Le 24 juin 1848, au plus fort de l'insurrection ouvrière à Paris, Émile de Girardin est arrêté et le lendemain est conduit à la Conciergerie, en tant que rédacteur en chef de La Presse et à la même date le journal, créé en juin 1836, est supprimé sans cause. Dans La Presse, Journal quotidien, politique, littéraire, agricole, industriel et commercial, Émile de Girardin, son rédacteur en chef, s'oppose au général Cavaignac et au rétablissement du cautionnement qui limite la liberté de la presse.
Cette arrestation et cette suspension provoquent un tollé général. Et Eugène Bareste est de la soixantaine de journalistes qui signent immédiatement une protestation.
Émile de Girardin est libéré et La Presse reparaît le 5 août, quarante-deux jours après sa suppression.

1848. MEMBRE DU COMITÉ DE LA PRESSE DÉMOCRATIQUE ET SOCIALISTE.
Eugène Bareste est cité comme faisant parti du Comité de la presse démocratique et socialiste. Ce comité est fondé en décembre 1848. Il est composé des citoyens Langlois, Alfred Darimon, Charles Ribeyrolles, Coq, Victor Considérant, François Cantagrel, Théophile Thoré, Eugène Bareste, Hervé Chatard, Julvécourt, Jules Lechevalier, Vidal, Alphonse Toussenel, Louis Charles Delescluze, A. Raginel et Gabriel de Mortillet chargés de la propagande.
Les adresses de ce comité sont rue de Cléry et rue Neuve-des-Bons Enfants.

INTERVENTIONS SUR LE DROIT DE LA PRESSE.
Eugène Bareste fait paraître en tiré à part un article déjà publié par La République intitulé : Du Cautionnement et du transport des journaux, par Eugène Bareste [rédacteur en chef de La République] Articles extraits de La République. Paris : impr. Boulé, rue Coq-Héron. N° 3. In-8, 32 p., 1848]. Contient des textes d'Eugène Bareste se rapportant au cautionnement et un autre texte se rapportant au transport des journaux.

Publie également un texte Du droit de réponse dans les journaux, par Eugène Bareste [Paris : chez Lavigne, rue du Paon, n° 1], dans lequel il soutient que le droit de réponse doit être absolu et sans restriction.

En 1852, rédige une Note à M. le ministre des Finances sur les journaux exemptés du timbre.

1851. PRISON POUR DÉLIT DE PRESSE.
Un arrêt de la cour d' Assises de la Seine, en date du 7 novembre 1851, condamne Eugène Bareste, rédacteur en chef et gérant de La République, à six mois de prison et à cinq cents francs d'amende pour publication de fausses nouvelles, au sujet d'un article concernant le citoyen Michelot.
La condamnation porte aussi contre un certain Cailley, condamné pour sa part à quatre mois d'emprisonnement et à trois cents francs d'amende.
Ainsi Eugène Bareste se trouve-t'il en prison au moment du coup d' État. Ce qui lui évite sans doute le bannissement.
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